Tarfine
Combat à mort pratiqué par les voituriers d’hôtels de luxe
La concurrence régnant sans relâche dans le milieu de l’hôtellerie de luxe et plus particulièrement au sein de la corporation des voituriers a poussé ces derniers à user de méthodes subreptices pour s’assurer la place du chef, sur le siège avant, près du volant en cuir.
Les arrivées tapageuses de stars aux fesses blanchâtres au seuil des hôtels ont conduit les voituriers, historiquement calmes et flegmatiques, à adopter un virage plus marqué dans la violence et le combat de coq. Dans le code interne des voituriers, la taille, la marque, l’identité du propriétaire du véhicule pris en charge est proportionnelle au statut social. C’est ainsi que, pour départager les voituriers en rut, s’est progressivement imposée la technique de la tarfine, un combat à mort particulièrement violent, surtout pour celui qui le perd.
Lors d’une tarfine, les voituriers en opposition installent au sommet de leurs crânes deux rétroviseurs de Mercedes. Rabotant le sol avec leurs chaussures italiennes, ils se toisent du regard en émettant un son proche du vendeur de bouillabaisse. Puis, alors que le ciel se gonfle de soufre, les deux hommes chargent à coups de peignes beiges. Les morsures, les tâches sur le pantalon et les doigts dans les yeux ne sont alors plus que la partie visible de cet iceberg ensanglanté où l’un des deux gladiateurs, trop jeune ou frêle, devra céder son rang dans la file pour laisser son assassin accueillir, avec l’héroïsme du soldat en cravate, Paris Hilton.
______________________________________________________________________
Droutmahj
Médecin mozambicain spécialisé dans le traitement du priapisme
La protubérance arrogante des sexes africains cache, taille oblige, un autre versant moins appréciable de l’appendice reproductif masculin de cette partie du globe : le priapisme.
Fort développé au Mozambique, le priapisme est un trouble sexuel dans lequel le pénis se complaît à rester en érection, même devant Simone Weil.
Les médicaments prescrits par l’association « Erection sans frontière » se sont révélés impuissants pour faire face à problème touchant pas moins de 26% de la population de Maputo, dont 4% des femmes.
Pour régler cette situation gênante lors des heures de repas, le gouvernement de Luisa Diogo a investi dans un coûteux programme de formation de médecins spécialisés – les droutmahj - qui commence en 2008 à porter ses fruits.
Le droutmajh possède quelques rudiments thérapeutiques qui ne lui sont d’aucun secours pour soigner le priapisme. Par contre, son physique affreusement laid a pour effet d’entraîner la verge des patients dans une débandade bienheureuse.
____________________________________________________________________
Clarouette
Blague douteuse de stagiaire provoquant généralement le renvoi de celui-ci.
Le rédac chef de Myblack : « Hier, je suis allé voir le Dîner de cons. »
Myblack : « Et c’est vous qui interprétiez le rôle du con ? »
La clarouette de trop de Myblack, le 3 mai 2008
________________________________________________________________
Sougnion
Faux portefeuille aux couleurs flashy que les Parisiens utilisent comme leurre à pickpocket.
S’estimant à juste titre lésé par la perte intempestive dans le métro de ses portefeuilles successifs, un entrepreneur parisien a commercialisé en 2005 un faux portefeuille destiné à berner les traqueurs de manteaux : le sougnion. Disponible dans plusieurs coloris (vert pomme, rouge framboise, jaune mirabelle), il comprend plusieurs fausses cartes de visites, des billets de banques sans la moindre valeur, des permis de conduire récupérés sur des enfants du Darfour, un Pass Navigo bidon, des clés d’appartement en plastique et une vingtaine d’autres éléments tous plus inutiles les uns que les autres. Le sougnion, aussi gros qu’un dictionnaire Larousse, dépasse largement de la poche et se montre ainsi une cible de choix pour les brigands de la RATP.
« Depuis que je porte sur moi un sougnion au lieu d’un vrai portefeuille, je ne crains plus les pickpockets. Je ressens même une certaine empathie pour eux, surtout depuis que je me suis mis à voler les vrais portefeuilles pour pouvoir payer mes tickets de métro », extrait d’une interview d’un possesseur de sougnion, Libération, 15 mai 2008.
__________________________________________________________________
Marchallow
Règle orthographique suisse consistant à accorder approximativement les adjectifs en fonction de l’importance sociale de celui qui écrit la phrase.
L’énonciation elle-même approximative de cette règle orthographique et sa difficile application incite certains professeurs suisses à l’ignorer purement et simplement de leurs cours élémentaires. Ces professeurs sont alors approximativement renvoyés.
Pour illustrer cette règle, rien de mieux que quelques exemples tirés du programme scolaire :
15/b) Le balayeur noir a nettoyé la cour de l’école
On n’accordera pas l’adjectif noir car le balayeur est situé en bas de l’échelle sociale dont il n’a d’ailleurs toujours pas enlevé la poussière. On pourra même corriger la phrase en omettant d’employer l’adjectif noir, car il est ici synonyme du mot balayeur, auquel il se rapporte.
58/g) Mon père alcooliquessss a violenté sa femme de ménage
Ici, l’adjectif alcoolique prend quatre s car 1) mon père boit vraiment beaucoup ; 2) ce n’est pas la première fois de la semaine qu’il tape sa femme de ménage ; 3) mon père est banquier, et il t’emmerde.
1943/r) C’est alors que je dénonçai à la police cet homme au pardessus râpé
L’adjectif râpé ne prend qu’un seul e car l’homme est un cadre CSP+ de Genève qui va perdre son travail lorsque son patron apprendra qu’il s’est fait arrêter par la police pour possession d’héroïne. On peut éventuellement remplacer l’adjectif râpé par le mot rappeur, à condition que le pardessus sache rapper. Le début de cette phrase (C’est alors que je dénonçai à la police cet homme au pardessus) peut éventuellement être substitué par le mot gruyère, à condition que son auteur l’écrive pendant les heures de repas.



Martine lit Mein
Kampf, le célèbre poustillon de la médiathèque Paul Wermus de Boulogne-Billancourt – actuellement emprunté par Robert Médard.
Commentaires