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Revue de presse

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" Le meilleur site d'humour du web " - Guy Birenbaum (8.10.2007)
" Et dire que ce génie recherche un stage en presse écrite !"  - Guy Birenbaum (24.11.2007)
" Non, pas maintenant Myblack, j'ai la migraine" - Guy Birenbaum (21.12.2007)

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Mardi 15 juillet 2008

Les suspicions continuent autour de l’existence présumée de la petite amie de Myblack. Hier, des témoins auraient aperçu le blogueur en compagnie d’une brune avec une robe violette dans un restaurant du Faubourg Saint-Honoré. A plusieurs reprises les deux tourtereaux se seraient embrassés sur les lèvres en poussant des petits cris semblables à ceux poussés par les turbots les soirs de marée amoureuse.

 







Turbot, contrôleur général des finances sous Louis XVI.

 

Ce matin, en conférence de presse, Myblack a confirmé qu’il était bien de sortie ce soir-là, mais « avec un ami barbu possédant de nombreuses ressemblances physiques avec moi, en effet. » Questionné sur le port de la robe violette, Myblack a jugé « tout à fait normal de porter des robes en été », regrettant « le conformisme vestimentaire de quelques journalistes branchés sur canal vieille France ». Avant de quitter la salle à grands cris de « Bordel, j’ai quand même le droit de porter une robe violette, non ?!! On est en démocratie, putain ! En démocratie ! Je suis libre, vous m’entendez, libre ! Libre de porter des robes violettes ! Liiiiiiibre ! » Des arguments peu convaincants, quand on sait que Myblack ne porte jamais de robes violettes, mais uniquement des robes rouges.

par Myblack publié dans : Restes du frigo
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Vendredi 4 juillet 2008

L’être humain trime jour et jour – seules certaines professions dévalorisées triment jour et nuit, généralement dans des bars – pour satisfaire les besoins d’autres humains encore plus cons que lui pour obtenir suffisamment d’argent de manière à partir en vacances, où il fait généralement ses besoins dans des chiottes de camping après avoir fait la queue entre deux Hollandais.

 

Dit comme ça, la vie fait froid dans le dos.

 

Mais que serait la vie sans les vacances ? Hormis un monde sans Hollandais ?

Pour les vacances, j’ai failli partir aux Pays-Bas. Là-bas, même le racisme est Jean-Marie Delepenalisé : l’occasion rêvé pour Gérard Crobard d’exprimer ses talents d’orateur. Mais il a fait faux bond lorsqu’il a su que le canabis l’était également. Il est comme ça, Gérard : il n’aime braver les limites uniquement si elles s’accompagnent de courage. « Si c’est pour fumer à côté d’un marocain à crête sans qu’aucun flic ne viennent nous tabasser, autant rester chez soi et regarder Une famille en Or », me disait-il encore mercredi, en enfumant un terrier de marocain (XIIIème arrondissement, 14m², 540 euros/mois, libre à partir du 15 août le temps de refaire le papier-peint).

 

Nous sommes finalement allés à Clermont-Ferrand.

 

D’ordinaire, on ne va pas à Clermont-Ferrand. C’est Clermont-Ferrand qui vient à nous, tant l’idée de visiter Clermont semble absurde aux yeux des non-initiés.

Pour les initiés, elle l’est tout autant, comme le célèbre un fameux proverbe gaulois campé place de Jaude : « A Clermont-Ferrand, tu clairement fais rien. »

 

Et pourtant, dieu sait que la ville possède des charmes. Rien que l’an dernier, on a en recensé deux : une famille d’hollandais qui se rendait à Montpellier et dont les deux filles avaient malencontreusement osé demander leur route à la faune locale, qui n’avaient plus vu de charme depuis le petit cul de Jules César, dans les années – 50. Depuis cette séquestration estivale, cette famille préfère effectuer un détour par l’Allemagne pour se rendre dans le Sud de la France, pour plus de sécurité.

 

J’ai déjà grillé un jour de vacances en écrivant cet article, alors je préfère me taire et vous offrir une séance diapo animée, qu’on peut éventuellement considérer comme un film de vacances en mettant un peu de crème solaire sur les lunettes des critiques des Cahiers du Cinéma.



par Myblack publié dans : Restes du frigo
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Mercredi 2 juillet 2008

« Docteur, j’ai un problème. »

« Ecoutez, mon collègue m’a téléphoné hier à propos de l’épineuse question de votre priapisme, mais je ne me suis pas encore penché sur le dossier, si j’ose dire. »

« Non, je parlais d’autre chose. Cela concerne mon Blog. »

« Votre Blog ? »

« La taille de mon blog. »

« Il vous complexe ? »

« Non, il est complexe : à force de jongler entre les personnages, ma schizophrénie a atteint ses limites ; à force de gagner en popularité, mon cerveau s’est anormalement hypertrophié. »

« A quoi voyez-vous ça ? »

« A mon ego. »

« J’ai pas dit . J’ai dis à quoi. Je me fous que vous ayez visité Monte-Carlo et ses environs récemment. »

« Lorsque j’entends des applaudissements dans la rue, je deviens rouge et je supplie les gens d’arrêter, parce que c’est gênant. »

« Les gens vous applaudissent dans la rue ? »

« Non, ils tapent des mains pour écraser les mouches qui me suivent. Mais cela reste gênant, au moins pour ces pauvres mouches. »

« Comment se porte votre Blog ? »

« Couci-couça, docteur. »

« C'est-à-dire ? »

« Un coup bien, un coup moins bien. Couci-couça est une locution adverbiale couramment utilisée pour exprimer le… »

« Je sais ce que veut dire couci-couça. Mais développez sur ce mal-être. Votre Blog ne vous satisfait-il pas entièrement ? »

« Je crois qu’il me trompe, docteur. »

« Avec qui ? »

« Avec l’absurde. J’ai plus de lecteurs que lorsque J’avais 80 de Blog-rank, et pourtant j’en suis dorénavant à 70. C’est totalement Illogique. »

« Je rappelle que vous vous occupez d’un blog absurde. »

« Oui mais c’est gênant. »

« Je sais. Pardon pour les mouches, mon déo est polonais. Désirez-vous que je ferme la fenêtre ? »

« Si possible, oui. Et si vous pouviez-dire à Carlos Santana de quitter cette pièce, sa présence me perturbe un peu. »

« Excusez-moi, j’attendais le bus. Je reviendrais quand la séance sera terminée. »

« Merci. »

« Merci. Reprenons, Monsieur Myblack. Bien. Ressentez-vous une certaine lassitude avec votre Blog, au bout de presque deux ans de vie commune ? »

« Bien sûr. »

« Ressentez-vous un certain découragement à la vue de certains de vos articles écrits en deux heures qui n’obtiennent qu’en récompense qu’une dizaine de commentaires ? »

« Bien sûr. »

« Pensez-vous que le temps passé sur votre blog vous empêche d’exercer d’autres activités, telles que l’écriture d’un roman ou la rédaction de nouvelles ? »

« Bien sûr. »

« Vous comptez me dire bien sûr jusqu’à la fin de cette séance ? »

« Bien sûr. »

« Je vois. Vous avez besoin de repos. »

« Merci docteur, mais je vous assure que je ne suis pas en érection ce coup-ci »

« Et ce coup-ça ? »

« Non plus. Et concernant mon blog ?»

« Du repos aussi. »

« C'est-à-dire ? »

« Postez-moins. Faites des breaks. Marquez des pauses. »

« Comme Nike, vous voulez-dire ? »

« Avec ce genre de jeu de mot, c’est vos lecteurs qui auront besoin d’un psychiatre pour les comprendre.»

« Docteur, j’ai besoin de poster. Je prends du plaisir en le faisant. »

« En arrêtant tout, vous serez en manque. Et si vous ne le faisiez que deux fois par semaine ? »

« Deux fois par semaine ? Je ne pourrais jamais tenir, docteur. »

« Il y a des Blogueurs très bien qui font ça deux fois par semaine. »

« Oui mais ils n’ont pas de priapisme. »

« Vous n’avez qu’à rédiger des articles moins pénétrants, je ne sais pas moi, putain vous m’emmerdez à la fin ! Est-ce que je vais chez vous vous ennuyer avec vos petits tracas personnels, moi, hein ? Et mon intimité, vous y pensez à mon intimité ? Merde, c’est chiant le sans-gêne qu’ont les gens, à la fin, bordel ! »

« Docteur, je ne suis pas psychiatre, moi. »

« De toute manière la séance est terminée. »

« Attendez, avant de partir,  je voulais m’entretenir avec vous d’un petit soucis de vidéo rejetée par Youtube pour cause de non-respect des conditions d’utilisations. »

« En quoi cela me concerne-t-il ? Je ne suis pas informaticien. »

« Non, mais ce n’est pas la première fois qu’elle est rejetée. Tout a commencé en 1993, lors de la rentrée de cm2. Nous étions assis autour d’un feu de camp que des professeurs ravivaient en jetant des directives de L’Education Nationale, quand un nuage se forma dans… »

« Jeannine, annulez tous mes rendez-vous de l’après-midi. Je tiens là le plus beau cas de ma carrière. Poursuivez. »

« … la netteté du ciel. Catherine était différente des autres. Elle n’avait pas véritablement d’amis. …. »

« Bien, bien, poursuivez. »

« Vous savez comment sont les gosses, à cet âge. Toujours à vadrouiller au lieu de rester sagement assis à écouter les émissions d’Yves Calvi sur les drames du réchauffement planétaire ou de la froideur électorale des sympathisants communistes. Catherine était pourtant une vidéo comme les autres, bien qu’un poil légèrement plus bâclée que les autres. »

« Comment ça ? »

« Elle avait été tournée par un Sony Cyber-shot S750 à 117,50 euros alors que ses camarades avaient pour géniteur un Olympus E-420 à 469,80 euros. »

« Votre vidéo n’était pas du même niveau sociale que ses copains de classe, ce qui provoquait en elle une appréhension qui, je pense, devait se ressentir. Etait-elle appréciée des professeurs ? »

« Oui, surtout du professeur de Français, qui adorait son ton iconoclaste, l’approximation revendicatrice de ses travellings, sa perception décalée du monde, alors que ses camarades se contentaient de filmer sans flou l’insipide réalité normale du quotidien. Catherine souffrait de cette incompréhension. Elle aurait tant voulu être comme tout le monde, être acceptée des autres. Je pense que le déclic est intervenu un jeudi. »

« Un jeudi ? Oui ? Je vous écoute ? »

« Et je sais pas ce qu’il se passe ensuite, la vidéo se termine là, j’ai plus de batterie. »

par Myblack publié dans : Restes du frigo
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Lundi 30 juin 2008

L’article « Idées reçues » du 15 juin a été censuré par Over-Blog. Il comportait des scènes ayant choqué un public non averti, qui a pris peur devant les mots « noir », « juif » et « sexe ». Pour guise d’unique avertissement, j’ai reçu cet après-midi ce mail de la part de Nicolas d’Over-blog :

 

Bonjour,
Un certain nombre de propos tenus sur votre blog sont de nature illicite et doivent êtres retirés.
Voici l'adresses de l'article relevé par des internautes et manifestement illicite :
http://www.myblack.org/article-17340451-6.html

Votre blog a été suspendu, merci de nous informer dès lors que l'article litigieux aura été supprimé.

Cordialement,
L'équipe d'Over-blog

 

 

J’ai dû envoyer deux mails à ce préposé au civisme mou dans l’espoir d’obtenir l’annulation de la suspension de mes identifiants pour réparer l’outrage.

Oui, chez Over-blog, non seulement ils vous demandent de supprimer l’article, mais en attendant ils vous éliminent votre Blog et changent vos identifiants. Pratique, pour supprimer un article.


Que la frontière entre le premier et le troisième degré soit parfois mince, je le concède volontiers, mais j'aimerais la prochaine fois que je dérape un minimum de politesse. Jouez au shériff, pourquoi pas, mais seulement si les indiens ont le temps de fuir pour sauver leur peau.

Mon cher petit Nicolas, je tiens à te dire qu'il est hors de question que je m'abaisse à rédiger un Blog sur la cuisine de poisson ou les fournitures de bureau écologique pour dormir dans tes petits-papiers.

L’article de la honte se trouve désormais sur le Blog de mon confrère Gérard Crobard. Refusant pour ma part de sucrer un article, je vous propose une version allégée du vilain petit canard :

___________________________________________________________________

 

Impossible de circuler sur Internet sans tomber nez à nez sur des préjugés douteux. Rien que sur ce blog, entre les blagues de Gérard Crobard et les assertions de Guy Birenbaum, le discernement est un art à lequel bien peu s’essaye. Les clichés ont la cote et on ne sait même plus quand Myblack est réellement raciste ou quand il fait semblant de ne pas l’être.

Si certaines idées reçues ont une légitimité, la plupart défèquent leur lot de balivernes et ne sont que salmigondis.

Je sais pas trop ce que signifie ce mot mais ça m’a l’air bien dégueulasse, en tout cas.

Il est grand temps d’assassiner en plein cœur de leur syntaxe ces stéréotypes pas top, ou du moins les opérer sans anesthésie pour savoir de quoi elles retournent.

 

 

1) Les [poulpes] sentent mauvais                 VRAI

 

Après un match de football ou tout autre effort corporel, la transpiration provoque chez l’homme plusieurs odeurs désagréables pour ses contemporains restés propres. Les aisselles – plus communément appelés « dessous de bras » en jargon scientifique – sont ainsi une zone particulièrement sensible, et les [poulpes] n’y font pas exception.

 


2) Les Allemands sont des [poulpes]                       FAUX

 

Avec les beaux jours de l’Europe des 27, les nationalités ont pratiquement disparu de la carte. Tout le monde est européen, unis dans la même culture, la même monnaie. L’Allemagne n’est donc plus qu’une entité étriquée qu’il est difficile de relier à une idéologie telle que le [poulpes]

Ainsi, il est faux de dire que les Allemands sont des [poulpes]. Par contre, la phrase « Un certain nombre d’européens sont des [poulpes] » est hautement véridique.

 

 

3) Les gens beaux sont [poulpes]      VRAI

 

Les gens beaux n’ont pas besoin d’être intelligent pour réussir dans la vie : il n’y a qu’à voir les [poulpes]  de M6 ou les [poulpes] de la Redoute. Par contre, les métiers indignes et dégradants nécessitant de longues études tels que [poulpes], [poulpes] de Sans Aucun Doute ou [poulpes] de droite sont monopolisés par les moches. De plus Myblack est particulièrement [poulpes]. Des signes qui ne trompent pas.

 

 

4) Les asiatiques ont un petit [poulpes]                   FAUX

 

Proportionnellement à leur taille, ridiculement concise, les asiatiques ont un [poulpes]  parfaitement adapté. Bien sûr, sur un corps d’Américain standard ou de Français lambda il paraîtrait grotesque, mais en Chine ou au Japon il ne choque personne. En tout cas pas les femmes chinoises ou japonaises. Ou alors elles ne l’ont pas encore fait savoir.

 

 

5) Les [poulpes]  volent                    VRAI

Mais il n’y a pas qu’eux. La plupart des communautés s’adonnent au vol, que ce soit dans la rue ou dans les campings. Moi-même, à l’âge de 11 ans, j’ai volé des bonbons chez un buraliste un peu trop distrait. Et pourtant je ne suis pas un [poulpes]. Enfin je crois, vu que les flics m’ont relâché.

 

 

6) Les conducteurs de [poulpes]  ont une vie sociable   FAUX

 

A part Eric Vergoux, en Haute-Loire. Mais, à ma connaissance, c’est le seul.

 

 

7) On a le droit de se moquer des [poulpes] VRAI

 

Il est tout à fait possible de se moquer des [poulpes], comme nous avons la permission de nous moquer des non [poulpes]. Les morts ont également le droit à la critique, de même que les [poulpes] nains, les [poulpes] chauves, les [poulpes] bègues ou les [poulpes] cons. Par contre évitez de jeter des [poulpes]  en fauteuils roulants en haut d’un escalier en poussant des rires sataniques : c’est un peu trop voyant – et ça dérange les voisins qui aimeraient bien dormir.

 

 

8) Les [poulpes]  ignorent que Dieu n’existe pas    VRAI

 

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui les poussent à être [poulpes], outre les draguées et les hosties distribuées lors de la messe. Même si certains [poulpes]  sont des gens bien – oui, c’est de toi dont je parle -, ils sont parfois lassants à croire en des choses inventées à une époque où Internet n’était que spermatozoïde. D’ailleurs, pour beaucoup d’entre eux ce Blog n’existe pas.

 

 

9) Les [poulpes]  ne savent pas ce qu’elles veulent   VRAI

 

Les [poulpes]  ne peuvent prendre une décision sans avoir auparavant changé d’avis une multitude de fois. Les hommes, au contraire, agissent sans réfléchir en se moquant des conséquences, laissant les [poulpes] disserter sans fin. Lorsqu’un homme décide de se jeter la tête la première sur un buisson épineux, la femme hésite, se tâte, triture son sac à main. Du coup, la question se pose : si les [poulpes]  ne savent pas ce qu’elles veulent, est-ce tout simplement parce qu’elles ne veulent rien ?

 

 

10) Cet article foutra la merde          FAUX

 

Rien de bien polémique là-dedans. Les populations concernées, épargnés par l’article, ne s’en offusqueront pas. A moins qu’un poulpe porte plainte pour diffamation.

par Myblack publié dans : Restes du frigo
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Lundi 23 juin 2008

 

[Et nous retrouvons sans plus attendre Guy Dumin, l’animateur vedette de Scoop à la Une. L’émission des révélations en cascade qui n’a pas peur de noyer ses téléspectateurs sous une pluie de confidences.]

 

 

Guy Dumin : Bienvenue à tous pour ce nouveau numéro de Scoop à la Une, l’émission calibrée spécialement pour faire de l’audimat. Confortablement installé dans mon studio chauffé au feu de bois, je m’avance vers le téléphone et demande, d’une voix grave, à mon envoyé spécial de l’autre bout du monde : « Patrick, alors, quoi de neuf chez vous ? »

Patrick Bouchard : J’ai du mal à vous entendre. Il semble y avoir quelques secondes de décalage au décollage.

Guy Dumin : Je disais : « Patrick, quoi de neuf chez vous ? ». Je rappelle qu’ici, de Paris, les spectateurs ne vous voient pas.

Patrick Bouchard : Oui. Oui, je vous entends. C’est extraordinaire ce qu’il se passe actuellement, ici, en Afghanistan ! Je suis dans le sud du pays, sous le flanc d’un rocher où pendent des outres de chèvres, et j’aperçois, oui, j’aperçois actuellement Ahmad Marahan, l’un des chefs talibans recherchés par les Etats-Unis.

Guy Dumin : Vraiment ?!

Patrick Bouchard : Tout à fait. Ah, attendez, il semble qu’il parle. Oui, il parle, apparemment, l’homme barbu parait s’adresser à quelqu’un ; mais mon champ de vision réduit m’empêche de déterminer la cible.

Guy Dumin : Et en bougeant un peu ?

Patrick Bouchard : J’essaye, mais… Non, c’est lui. Il reste immobile. Qu’attend-t-il ? Il regarde dans le vide, maintenant.

Guy Dumin : Dans le vide ?

Patrick Bouchard : Ecoutez, je pense être tombé en plein trafic d’armes. Un rendez-vous de contrebandiers. Il a tout du terroriste qui attend son fournisseur. Hum, mon flair me trompe rapidement.

Guy Dumin : Décrivez-le nous, ce Ahmad Marahan. Comment est-il ?

Patrick Bouchard : Assez moche. Très moche, même. Ouh-là-la qu’il est laid.

Guy Dumin : A ce point ?

Patrick Bouchard : Un mix entre Brigitte Fontaine et un Sandwich Daunat. Le nez trapu, les mâchoires véhémentes. Tout droit sorti de Prison Break. Une barbe imposante, des cheveux en batailles, normal, pour un taliban, en batailles. Des yeux assez inexpressifs. Il est assis, là, je ne me rends pas bien compte de sa taille.

Guy Dumin : Il est assis ?

Patrick Bouchard : Oui, c’est étrange. Il est assis. Il semble attendre quelque chose, quelqu’un. Son visage se marque d’interrogations.

Guy Dumin : Vraiment ? C’est étonnant.

Patrick Bouchard : Il ne semble pas très sûr de lui. J’ai du mal à percevoir un quelconque charisme de là où je suis placé.

Guy Dumin : Vous le voyez bien ?

Patrick Bouchard : Très bien, même ! Oh !

Guy Dumin : Oui ?

Patrick Bouchard : Il se gratte le nez.

Guy Dumin : Ah. Et que fait-il, sinon ?

Patrick Bouchard : Pas grand-chose. Il attend.

Guy Dumin : Il est tout seul, actuellement ?

Patrick Bouchard : Exactement. Seul, aussi seul qu’un Myblack.

Guy Dumin : Myblack, le pédoph... ? Attendez, attendez, que je consulte mes fi…

Patrick Bouchard : Oh !!

Guy Dumin : … chQUOI ?

Patrick Bouchard : J’ignore pourquoi, mais il vient d’agripper une feuille de papier ! Mes jumelles ne peuvent m’en dire plus. Probablement un plan !

Guy Dumin : On dirait que la rencontre se précise. Entendez-vous un bruit de jeep, Patrick, un signe annonciateur de la venue d’un éventuel trafiquant d’armes ?

Patrick Bouchard : Non. D’ailleurs il vient de poser ses feuilles. Il est retourné dans sa posture d’attente.

Guy Dumin : Ecoutez, peut-être pouvons nous l’arrêter ? S’il est recherché par les USA ?

Patrick Bouchard : Ok. Je transmets ses coordonnées. La Force internationale d'assistance à la sécurité dirigée par l’OTAN ne doit pas être loin. C’est parti. Latitude, longitude, taux de cholestérol, pointures de sandales, ça y est, c’est envoyé !

Guy Dumin : Nous allons vivre une arrestation de terroriste en direct ! Ne zappez pas ! Un grand moment de télévision ! L’arrestation d’Ahmad Marahan, en direct !

Patrick Bouchard : Guy, Guy !Ahmad Marahan semble se douter de quelque chose ! Il s’est levé de son siège, survolté ! Il remue les bras avec discordance, excité, il a dû se douter d’un truc !

Guy Dumin : Merde ! Merde !

Patrick Bouchard : Il n’arrête plus ! Qui a pu donc l’avertir ? Bon sang, et si j’étais épié ? Guy, est-ce que vous m’entendez, Guy ?

Guy Dumin : Oui Patrick, je vous entends !

Patrick Bouchard : Il semble survolté ! Ce n’est pas normal, Guy ! Quelque chose cloche !

Guy Dumin : BORDEL DE MERDE ! Ahmad Marahan prend-t-il la fuite ?

Patrick Bouchard: Non, aucunement. Il se contente de zigzaguer dans une espèce de plateau. Je le distingue mieux : il porte une chemise, une cravate. Une cravate avec des Mickeys.

Guy Dumin : Une cravate avec des Mickeys ?

Patrick Bouchard: Oui, des Mickeys. Des Mickeys qui jouent au golf.

Guy Dumin : Patrick, est-ce qu’Ahmad Marahan se gratte encore le nez, là ?

Patrick Bouchard : Attendez, je regarde… Oui ! Oui ! Il se regratte le nez, effectivement !

Guy Dumin : Est-il en train d’insulter une jeune femme blonde tenant un expresso ?

Patrick Bouchard : Incroyable ! Il le fait ! Diantre, comment le savez-vous !  

Guy Dumin : Vous regardez depuis tout à l’heure le retour plateau, Patrick.

Patrick Bouchard : Comment ça ?

Guy Dumin : L’image dans le petit moniteur. Le monsieur dedans.

Patrick Bouchard : Ahmad Marahan ?

Guy Dumin : Non. C’est moi, le monsieur dedans. Pas Ahmad Marahan.

Patrick Bouchard : En tout cas il tire une tronche pas possible, le taliban.

Guy Dumin : Patrick, je suis Amhad Marahan.

Patrick Bouchard : C’est vous, le terroriste ! Bon sang !! Quand votre femme va savoir ça !

Guy Dumin : Non ce n’est pas moi, vous m’avez pris pour lui. L’homme que vous regardez depuis dix minutes dans le moniteur, c’est moi, Patrick.

Patrick Bouchard : Oui. Bien sûr, mister Marahan. Bien sûr.

Guy Dumin : Puisque je vous répète que je ne suis pas ce type !

Un soldat de l’OTAN : Mister Marahan, put your hands on the dancefloor !

Guy Dumin : Quoi ? What ? Qui are you ?

Patrick Bouchard : Tiens, mais voilà les troupes de l’OTAN !

 

Un autre soldat de l’OTAN : Shut up, motherfucker !

Guy Dumin : Ecoutez, il s’agit là d’une regrettable méprise.

Le même soldat : Suck my dick, asshole !

Guy Dumin : Auriez-vous l’amabilité de réitérer votre requête, s’il vous pl…

Un soldat de l’OTAN : Kill him ! Kill Him !

[tirs de mitraillettes dans la salle]

Les soldats de l’OTAN : Nice job, guys !

Guy Dumin, en sang : Rahhhh… je… je… à vous les studios… argh…

Patrick Bouchard : On l’a eu, cet enculé ! On l’a eu !

par Myblack publié dans : Restes du frigo
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Lundi 9 juin 2008
La science a offert à l’humain dégénéré le satellite, les cartouches couleurs d’imprimantes et la bombe insecticide. Elle a aussi mis fin à l’obscurantisme des religions en démontrant que l’existence de Dieu découlait des peurs de l’orage, de l’inexplicable des maladies et de la propagande idéologique des gouvernants du passé. Enfin disons qu’elle aurait dû y mettre fin.
 
Après des années de recherche top secrètes dans des laboratoires où jamais l’homme n’aurait eu l’idée de fouiller (la bibliothèque d’Eve Angeli, le pressing de Michael Youn, la penderie de ma petite amie), la science a effectué un nouveau pas dans la luminosité de la compréhension planétaire en dévoilant au grand jour les ramifications du cerveau de Myblack.
 
Le cerveau de Myblack comporte 7 cellules nerveuses tout à fait exceptionnelles, qui font de lui un être envié de la terre entière et régissent le fonctionnement de son Blog, la construction de ses articles et l’articulation de son humour.
La différence entre son cerveau et le vôtre est subtile, aussi subtile que l’évolution de l’Australopithèque en Homo Sapiens.
 
 cerveau-myblack.JPG
 
 
 
1 : Le Sébastien lobe. Héréditaire, il a été légué à Myblack par son père dès sa naissance en échange de 20% des dividendes de son succès futur. Myblack l’utilise pour trouver les innombrables concepts de ses chroniques sans le moindre labeur et savoir à l’avance ce qui sera susceptible ou non de plaire à son public. En cas de guerre atomique annihilant 98 % de l’espèce humaine, ce lobe sera implanté dans la boîte crânienne de tous les représentants de la nouvelle race pure – dont Benjamin Castaldi sera le modèle.
La position du Sébastien lobe – tout en haut du cerveau, loin des autres - justifie la réputation d’égocentrique solitaire accolée à son détenteur.
 
2 : Muscle du Gevouzanmairdhe. Constamment insulté dans la rue, Myblack s’en sert pour épurer tous les reproches passant près de ses oreilles. Il peut ainsi continuer son chemin sans se soucier du qui dira-t-on et vagabonder en écrasant les tabous, les pauvres et les conventions. Sans le muscle du Gevouzanmairdhe, Myblack se serait déjà suicidé 38 fois. Grâce à lui, Myblack ne se froisse jamais, n’entre jamais en colère, ne montre aucune susceptibilité. Il se sert des critiques pour avancer, pas pour déprimer. Sauf quelquefois, où le cortex de la misanthropie se met alors en marche (voir 5).
 
3 : Compartiment à légumes. A l’origine du goût infondé de Myblack pour l’humour absurde. Sont rangés ici les innombrables aliments se mettant à discourir en plein débat sur l’esclavage ou bien encore les bassistes de Superbus coincés dans les estomacs des malades. S’il a tendance à s’atrophier à mesure que les années de faculté s’éloignent, le compartiment à légumes ressurgit de temps dans des endroits inopportuns, tels que des rendez-vous amoureux ou des examens de concours de journalisme. Comme la mousse de la bière, il faut faire avec.
 
4 : Neurone du Yau-de-poêle. Sorte de gigantesque caisson à jeu de mot constitué de 103 millions de vaisseaux se connectant simultanément à la vitesse de l’éclair. Etrangeté de la nature, 8ème merveille du monde, sa prééminence tend parfois à interagir trop violemment en société : mais, avec l’expérience, Myblack a appris à se contrôler. Le neurone du Yau-de-poêle distille environ cinquante jeux de mots/secondes à Myblack, qui n’a ainsi plus qu’à choisir le plus approprié au contexte. Poil au sexe.
 
5 : Cortex de la misanthropie. Capital, il est à la source des articles les plus polémiques de Myblack. Nourrissant sa sincère haine des gens à mesure des rencontres, le cortex de la misanthropie est notamment à l’origine de l’incendie Grégory Lemarchal et des dérives de Gérard Crobard. Par chance, le cortex de la misanthropie entre en hibernation à chaque fois qu’une fille se met à parler à Myblack ; il rentre pour ainsi dire très peu en hibernation.
 
6 : Gêne du plaisir. Explique le trop-plein de sexe dans les articles de Myblack. La gêne du plaisir s’active généralement lors de paragraphes faiblards, provoquant un afflux de mots salaces destinés à rehausser la jauge de rire potentielle. On pourrait s’étonner, connaissant l’anatomie de Myblack, de sa relative petite taille. Mais, comme dit le proverbe : là où il y a trop de gène, il n’y a pas de plaisir.
 
7 : Tumeur décelée la semaine dernière.
 
 
 
 
 
 
(en collaboration avec les frères Bogdanoff pour les termes scientifiques à la con)
par Myblack publié dans : Restes du frigo
commentaires (12)    ajouter un commentaire
Mercredi 4 juin 2008

-  Et ici, mesdames et messieurs, vous pouvez entrapercevoir une inscription picturale de la fin du XXème siècle.
-     On dirait du Braque, non ?
-        L’auteur de cette œuvre est malheureusement anonyme, chère madame.
-        Ce rose n’est-il pas un tantinet trop néoclassique ?
-        Il faudrait pour cela demander à l’auteur, madame…
-        Monsieur le guide ?
-        Oui ?
-        Qu’est-ce que c’est, ça ? En bas du tableau ? N’est-ce pas le nom de l’auteur ?
-        Ca ? Non, pas du tout. Il s’agit de l’endroit où la pièce a été conçue. Le village ou le département de naissance de l’artiste, probablement, même s’il est difficile d’en être totalement certain.
-        Givenchy ?
-        Dans le Rhône.
-        Ce qui expliquerait sa pollution ! (rires)
-        Excellent, vraiment excellent. Bien, poursuivons la visite, je vous en prie. Voici un second tableau, d’influence hollandaise. Sa perspective est vraiment inhabituelle, et s’organise autour de trois niveaux de profondeurs. Au premier plan une jeune femme aux habits absents attend son mari parti à la guerre. Au second plan, des biches violettes jouent au Docteur Maboul en sirotant des Yop. Enfin, la lumière discrète rend hommage aux veilleurs de nuits bretons qu’on peut discerner à l’arrière-plan.  
-        C’est étrange. 
-        Oui ?
-        Cela ressemble quand même vachement à une publicité pour Eurodisney. Enfin je dis ça peut-être ça parce que j’y connais rien en peinture, du coup enfin je vois pas les mêmes choses que vous, qui vous y connaissez vachement.
-        Tout à fait.
-        Ah ok.
-        Ce bruit lancinant fait-il également partie de la visite ?
-        Cet espèce de frottement vrombissant saupoudré de murmures impalpables, vous voulez dire ?
-        Oui.
-        Oui, mais nous irons à sa rencontre tout à l’heure, en fin de journée. Le musée est si grand, chaque chose à la fois. Ah, voici une fresque rupestre datant de la fin de la préhistoire. Vous pouvez voir les ravages du temps dans hé restez à l’arrière !!
-        Ah, pardon. Je voulais simplement voir de plus près…
-        Il est interdit de toucher aux pièces de l’exposition !

 

 













-
       
Ok, ok. Pardon…
-        C’est beau, ces couleurs d’époque.
-        Elles semblent si proches de nous et si loin à la fois.
-        Oui, surtout avec la distance de sécurité imposée par le guide.
-        Une vraie toile de maître.
-        En effet. D’ailleurs je le vois même écrit en bas du tableau : « va te faire mettre »
-        Pour une première à Paris, nous sommes gâtés !
-        Cet amas de culture à portée de doigts, pour presque rien !
-        Bernard, quel est le nom de l’artiste ?
-        Attends chérie, je me rapproche… Alors… Renoi.
-        Auguste Renoir ?
-        Non. Renoir. Sale Renoi. Son frère, peut-être.
-        Bon, bon, changeons de salle. Allez, tout le monde me suit !
-        Ou son oncle, peut-être.
-        Sa mère ?
-        Son chien ?
-        Oh, regardez !