Ce curieux concours de circonstances ("le seul qu’il n’ait jamais réussi" précise le critique cinéma de Marianne) va l’entraîner dans un univers inconnu où le stress de sa jeunesse deviendra strass, où l’atmosphère viciée de la classe deviendra tour à tour vicieuse, crasse et classe.
Sortie aujourd’hui sur les écrans français, cette comédie est portée par un acteur au talon déjà très prometteur - six centimètres - et révélé par son rôle dans la comédie « High School Musical », des studios Disney, où il jouait l’un des sept nains.
Le personnage a gardé de son transfert d’un corps à un autre son impétuosité juvénile, qu’on distingue de-ci de-là dans plusieurs scènes. Lors de la gigantesque bataille de purée qui ouvre le film, son dynamisme vient ainsi à bout de tous ses adversaires, dont le plus redoutable : la dame de la cantine. Jouée par Ségolène Royal, une semi-débutante révélée dans le court-métrage « Un tramway nommé Désirs d’avenir », elle reviendra par à-coups dans le film, comme un running-gag à l'effet comique incontestable.
Emporté par la fougue, Nicolas Sarkozy conquiert alors Panam, Panam, Panam puis l'Hexagone entier, sous les yeux d'un François Bayrou contraint au redoublement dès le premier tour (son 5 en gym et son 7 en françé-euh ne pouvant rattraper son 18 en opportunisme).
C’est un enfant de sept ans qui se retrouve quant à lui plongé dans le corps de François Bayrou (à droite, en orange). Sa disparition tragique survenue peu après l'élection présidentielle est l'un des passages les plus poignants du film.
Bien sûr, on est si frappé par l’insouciance de cet héros branché sur 100 000 volts que l’envie de le débrancher durant une prise ou deux gagne parfois la salle. Mais les perpétuels rebondissements et les policiers équipés de Taser Gun nous poussent à rester en place.
Bousculé, l’adolescent mue et se découvre, de découvertes en découvertes. Les premiers émois amoureux, lorsqu’il sort avec Carla Bruni, la plus belle fille du lycée. Les seconds, en voyage de mer à Clermont-Ferrand en compagnie de Brice Hortefeux. La confrontation avec les médias, souvent difficiles, comme dans cette scène tragique où Nicolas insulte le rédacteur en chef ajdoint du magazine 20 ans parce qu'il lui aurait volé ses Lego.
Mais « 17 ans encore », c’est aussi l’amitié. Brice, évidemment, mais aussi Xavier, qui inspire cette réplique à notre héros « C’est toujours pratique d’avoir un copain un peu gros, il sert de bélier pour entrer dans l’amphi. » Xavier, mais aussi Jean-Louis, qui l’initie aux pratiques illicites (l’alcool, l’écologie chez la droite, les rencontres du Valenciennes FC). Jean-Louis, mais aussi un fils avec lequel la complicité, même âge aidant, s’installe rapidement.
Zac Efron interprète Jean Sarkozy avec classe, Armani et élégance.« 17 ans encore », pour Nicolas, c’est aussi la fin des booms sur BB Brunes, remplacés par du Didier Barbelivien plus vraiment brun. C’est la fin des voyages à l’arrière de la Twingo de maman, des fiches de lecture à rendre avant jeudi prochain, des jupes insolentes qui se refusent aux mains.
C’est le début d’une nouvelle vie, celle, selon le critique cinéma du journal Libération, "d'un adulescent qui a grandi trop vite"
De la meuf aussi sur M6, puisque Nathalie
Renoux officiera, avec, en seconde partie de soirée, Marco Fogiel. Les deux finalistes de la Nouvelle Star de la politique émergeront lors d'une spéciale "municipale" impliquant la
plupart des locataires de la chaîne : Mac Lesggy se chargera de déclamer avec sa précision légendaire les scores exactes de chacun des candidats (à la virgule près), Valérie Damidot (reine
de la déco d'intérieur) ira relooker le siège de campagne du malheureux 3ème et Thierry Roland se livrera au petit jeu de l'analyse technico-tactique, en prenant soin d'incriminer l'arbitre
de la rencontre (probablement les restes du Modem en décomposition).
Sur Canal J, le débonnaire Casimir annoncera à 21 heures tapantes les
résultats. Rappelons que l'animal s'était fait viré de la chaîne parlementaire après avoir ouvertement déclaré "qu'il voterait Gérard Crobard par goût de la numismatique". Pour équilibrer la
balance, Titeuf (représentant l'extrême gauche) interviewera Lulla Paf, invitée de l'émission, l’unique escapade télévisuelle nocturne de la dame aux camés las (les autres chaînes préférant, à
juste titre, se palucher devant la brune).
Les hautes pointures de l'analyse
politique exerceront leur bagout sur FillesTV, en talons et en jupes fushia. Déborah prévoit ainsi "que ouais Myblack il peut gagner, enfin sauf si Gérard Crobard le devance. Pour ma part, je
vote Royal ! Elle est pour les pauvres et vous avez vu son trench coat rose ? De quoi ? Ah ouais, elle se présente pas ?" Guy Birenbaum en frémit déjà.
Enfin, sur Pink TV, Steevy Boulay devait
initiallement donner sa vision des résultats en direct, jugements à l'appui, prévisions sur l’avenir du perdant et auto-dissertation sur le taux d'abstention. Finalement, après
avoir bien réfléchi, la chaîne a programmé un film de cul.
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