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Dans une chanson française recouverte de crachin, Bruno Selsvestroni agit comme un essuie-morve salvateur.
L’ancien maçon, devenu mélomane un peu par hasard, se livre sans retenu au détour de dix chansons retraçant les heures sombres de sa vie. Un album touchant d’authenticité, pomme et poire,
mi-aigre, mi-doux, mi-santhrope.
Les premières écoutes de Quand on chante, on a toujours 20 ans
surprennent par la tonalité des propos, magnifiée par la voix noire de Bruno Selsvestroni. De ses soirées qu’il a longtemps tenu secrètes, le Corse a su en dévoiler l’essentiel, l’intensité
profonde. On reste parfois estomaqué par l’interprétation sur le fil du rasoir du présumé assassin de la petite Hélène, 2 ans, disparue en 1997 dans un camping du Vaucluse. Un souvenir si fort
pour le chanteur qu’il en a d’ailleurs tiré Le caillou du bosquet, incipit de l’album dont voici un extrait :
Elle avait des cheveux blonds, sur son front un dessein
Une jupe bleu roi soulevée par les orgues, les cithares
Qu’on regarde en souriant, une pelle à la main
Sous ce ciel électrique je chevauche une guitare
Repensant aux mimiques du si joli bébé
Désormais enterré sous le caillou du
bosquet.
Lorsqu’on repose sur sa table de chevet la pochette du CD, mosaïque audacieuse de tatouages échancrées, on
est pris de panique à l’idée de partir ; et puis l’on replonge, une dernière fois, une dixième fois, pour un dernier braquage à l’oreille. Sur les routes des vacances sifflotent les
quatre-roues, autoradios branchés sur les deux minutes trente de Tu l’avais cherché, Gégé :
T’avais beau crié, Gégé, Gégé, on l’entendait pas
Le fils que t’avais eu avec la métisse du second
T’avais beau crié Gégé, Gégé, on l’entendait pas
La métisse qui venait de perdre ton fils, ce jeune con
T’avais beau crié Gégé, Gégé, on t’entendait pas
La faute au concierge dont c’était le bâton
Certes, Bruno Selsvestroni la joue parfois un peu facile, comme si le débutant était épris d’une expérience du micro. On appréciera malgré cela Un dimanche entre nous, que les téléspectateurs assidus de Faites entrer l’accusé reconnaîtront sans peine :
Deux petites mains dans un sac en plastique
Ce qu’il reste de mon frère, de ma sœur, de mon père
Deux petites mains dans un état critique
A la recherche d’un index gauche et
d’un auriculaire
Clou du spectacle, enfin, cette reprise du « Chanteur » de Balavoine, dont les paroles ont été
touillées à la sauce Selsvestroni. Un énième flash-back sur sa vie pour un artiste que les fans pourront retrouver en concert à la prison de Mantes-la-Jolie du 18 juin 2008 au 18 juin 2028 (sauf
remise de peine).
Un extrait de L’innocent, Bruno Selsvestroni
Monsieur le juge, c’est vrai, je suis innocent
Promis, j’vous jure, j’ai pas tué vos parents
Vos parents-ents
Ou alors, j’ai pas fait exprès
J’en sais rien, j’cueillais du muguet
Du muguet-hé-hé-hé
Moi tout ce qu’j’veux, c’est qu’on me laisse tranquille
Que je retrouve mon petit Emile
Qui a douze ans et de si belles dents
Et plus d’pantalon-lon-lon, on-on-on
On-on-on
Vous faites fausse route, scorpy.
Quel age avez vous ? Vos parents sont au courant que vous venez ici ?
Ca vous direz qu'on se rencontre pour parler de mon blog dans un café, ou chez moi ?
PS1: je savais pas quel verbe mettre
PS2: je changerai de pseudo puisqu'il semble que je passe pour un morveux. c'était juste un hommage (tout a fait ce blog est propice aux hommages) à une série
Pardon.