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Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /Oct /2008 00:00

De Jean-Louis Grandjean et Gérard Chautard sur une musique de Sylvie Vartan, Poluche, l’histoire d’un mec, est sorti aujourd'hui dans toutes les salles de ciné. Ce biopic d’une heure trente-cinq, fort d’un budget de vingt millions d’euros, est annoncé comme le premier blockbuster de l’automne.

 

Des hordes de cinéphiles avertis se sont rués dans les Pathé de campagne, et aussi dans ceux des villes, même si c’est moins drôle. «On attendait énormément de ce film», lançait la semaine dernière dans Ouest-France le gars qui présentait une émission, là, avant, qu’on regardait pas trop ok mais de cinéma, si, le brun, là, bon enfin tout sauf un charlot, quoi, le type.

 

Magnifié par l’interprétation émouvante d’un José Garcia plus [insérez ici l’adjectif éculé de votre choix] que jamais, Poluche, l’histoire d’un mec retrace l’existence d’un homme à la vie tumultueuse, traversée par le rire, les doutes, les pleurs et les odeurs, celle du plus grand éboueur français de tous les temps.

 

«Poluche, c’est l’histoire d’un mec… qui ramasse les poubelles » résume sans détour un José Garcia qui aura perdu 4000 mots de vocabulaire pour endosser un rôle ô combien exigeant. Dès l’intro du film la première réplique tout en sobriété donne le ton : «L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. C’est pourquoi, moi, René Poluche, 56 ans, célibataire, sans enfants, moustachu et gros, protecteur de la veuve et du Sopalin, je parcourrai monts et décharges pour accomplir cette noble tâche qui m’a été incombée ! Michel, démarre et touuuuurne à gauche, c’est déjà 11h28 bordel !! »



 




Des scènes à couper le souffle, et d'autres moins, comme celle-là.



« Ordure », s’étaient insurgés les politiciens de tout bord, à l’aube des années 80, lorsque René Poluche menaça d’entamer, avec l’aide de ses confrères, une grève nationale qui aurait paralysé la France plus de trois semaines, la rendant aussi insalubre que l’anus de Marion Cotillard au petit matin. Son mariage avec Thierry Le Furoncle, alias le plus grand podologue de l’histoire, avait connu un écho retentissant dans au moins six communes de la Creuse.

 

Poluche, l’histoire d’un mec retrace la merveilleuse épopée d’un agent de la propreté urbaine au service des autres, tout d’abord révélé dans les bas-fonds du café de la gare, puis éclos près des poubelles de l’Olympia, un soir d’octobre 1982 plongé dans les déjections et les bouteilles en fin de règne. L’acmé de sa carrière prendra place aux Restos du Cœur, avec lesquels il acceptera de collaborer pour fournir la nourriture manquante.



 


Les connaisseurs savoureront la bande-son signée Sylvie Vartan (en photo) : "Ce soir je sors les poubelles pour aller danser, hé hé hé, danser, hé, bordel, Michel, tourne à gauche, à gauche j'ai dit !". A noter également un morceau de NTM intitulé "Dans ma benne, benne, benne"



Renversé par un camion-poubelle un vendredi de RTT, Poluche restera à jamais dans le cœur de millions de clochards purulents de l’hexagone. Nul doute qu’ils seront les premiers à se précipiter autour des accoudoirs, en fans éternels de l’artiste. Prévoir donc, en plus du billet d’entrée, quelques pièces de monnaie.


 

 

Par Gérard Crobard - Publié dans : Culture et Divertissement
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