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Cela commence vraiment à être problématique, ce manque d’intimité.
Ma petite amie lisant mon blog – elle me l’a avoué alors que je lui faisais l’amour pendant la cuisson des œufs -, je ne peux plus évoquer mes penchants
secrets, mes désirs inassouvis et toute anecdote concernant une cohorte de femelles à franges qui, plusieurs fois par décennies, s’évanouissent dans l’ascenseur en m’apercevant. Ou alors c’est la
faute de mon after-shave, et je m’en excuse.
Mon père lisant mon blog – il n’hésite carrément plus à sortir, à table, des jeux de mots copyright Myblack, du genre «Tu veux passer du
coca-light ? », clin d’œil à l’appui -, je me refuse aujourd’hui à soliloquer sur la vacuité des cours de mon école et de ses professeurs nés, pour la plupart, dans les années 1870. Ou
alors cette odeur de poisson pané périmé imprégnant la classe provient de leur after-shave, et je m’en excuse.
Ma mère, à la lecture de « J’ai bien
compris qu’il fallait des carottes pour motiver ces bourriques à commenter » (article Myblack répond présents)
a extrapolé que ma petite amie m’obligeait à manger des légumes, ce qui n’est qu’en partie véridique – je les mange de
moi-même, c’est ça ou pas de dessert ensuite.
Je me sens comme cette femme sous sa douche, scrutée de toute part. A la seule différence qu’on ne m’utilise au titre de « femme à poil » pour
illustrer un article de blog dans le seul but d’attirer des lecteurs.
Hier, au boulot, mon patron m’a dit : « Ah au fait je ne savais pas pour votre
père. » Il est probablement tombé sur mon blog via ma pace facebook et a lu l’article où je raconte que mon père me violait. Bon, remarquez, il était si peiné à mon égard qu’il m’a filé
un CDI. C’est bien la première fois que je remercie mon père de m’avoir violé.
Un stagiaire beaucoup moins talentueux que moi n’a pas hésité, après avoir suivi le même chemin que mon patron, a me lancer en plein milieu de la cantine un
« AH COMME CA C’EST TOI L’ESPECE D’ENCULE QUI DETESTE GREGORY LEMARCHAL? ». Tous les regards se sont braqués sur moi, insistants. Je ne savais plus où me mettre. Une chance qu’il
n’était pas myopathe, j’aurais été obligé de lui voler
son fauteuil et de le pousser dans les céleris rémoulade pour réchapper à ma gêne.
Je suis donc contraint d’emprunter des trappes pour ne pas subir les ricochets acérés de mes écrits.
Désormais, seuls les initiés pourront lire les épisodes de mon existence effrénée, dont voici dès maintenant la nouvelle mouture codifiée :
L’édredon masqué sortira à l’aube de sa tanière.
Comprenne qui pourrave.
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