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2030. Je travaille pour une boîte dont le produit est l’humain. Chaque jour, je supprime les produits périmés. C’est simple, il n’y a qu’à appuyer sur un bouton.

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Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /Sep /2008 00:00

Le scoop commence à Dati, mais je crois que Rachida attend un enfant. Ou alors il faut absolument qu’elle arrête la bière.

 

D’après une de mes voisines qui cherchait depuis quelques temps déjà le nom du présentateur de Questions pour un Champion, ce serait Julien le père.

 

Problème : même si j’apprécie énormément le jeu de mot précédent, je ne vois aucun Julien qui ait pu enfanter Madame la ministre de la justice. Ou alors Julien Dray, mais il faut absolument qu’elle pense à avorter si c’est le cas.

 

A France Soir, où je stage depuis le début du mois, le sujet nous intéresse. Il a même mérité la Une avec le chapeau suivant : « Après Nicolas enculant les Français, qui s’est chargé de Rachida ? ». Au début le rédacteur en chef avait proposé « déchargé sur Rachida », mais l’une des SR a protesté au motif que les vieux – le public majoritaire du journal – ne comprennent pas toutes les significations du verbe décharger.

Pour ma part, je suis intégré à la rubrique Sport, mais j’ai mes entrées dans la rubrique peopolitique (anciennement rubrique politique). C’est l’ancienne rédactrice en chef adjointe de Closer qui s’en charge. Parfois des stagiaires proposent des interviews de Xavier Bertrand et Manuel Valls, mais ils se font régulièrement remballés : pas assez vendeurs. Et puis bon, ils ne sont que stagiaires.

 

En collaboration avec un autre stagiaire de la rubrique peopolitique, je suis en mesure de vous présenter une interview exclusive avec le père de l’enfant de Rachida Dati :

 

« Bonsoir. »

« Salut. »

« C’est donc vous qui avez ouvert le tribunal de Rachida Dati ? »

« Ah bah c’est du propre, bravo. »

« Répondez à ma question. »

« Oui. Je l’ai fécondé. »

« Vous avez surtout fait l’con. »

« C’est une femme vraiment charmante qui ne demande qu’à être connue. »

« Je crois qu’elle est suffisamment connue comme ça. Dans quelles conditions avez-vous rencontré Rachida Dati ?»

« Au travail. »

« Ah oui ? »

« Oui. Je bosse pour une entreprise américaine basée en France. »

« A Paris ? »

« En région parisienne. »

« Une entreprise célèbre ? »

« Très. »

« J’ai lu dans un article que 75% des rencontres amoureuses se faisaient au boulot. »

« Qu’est-ce que vous voulez que ça me foute ? »

« Bien. Racontez-nous cette première rencontre, alors. »

« Je bossais dans un coin avec mon collègue, j’avais un peu chaud, il y avait beaucoup de monde autour de moi. Le sol grouillait, excité par l’arrivée de deux prestigieux hôtes : Nicolas Sarkozy et sa femme. »

« Ah ouais ? Putain carrément. Vous vous torchez pas avec des tracts de la LCR, vous ! »

« Mais derrière leurs bras tentaculaires qui agrippaient le moindre des attentions de la foule, je l’ai remarquée, discrète et maghrébine, sac à main Louis Vuitton en bandoulière. C’était elle. »

« Racontez-nous votre première nuit à deux. »

« Très bien. Elle possédait de la famille là-bas. Ce n’est pas une ville que j’aime beaucoup, même si la simplicité des gens y est attachante. »

« A deux. Pas de votre première nuit à Dreux. »

« Ah, oui, pardon. Ce ne fut pas une nuit que j’ai beaucoup aimé, même si elle s’est facilement laissé attacher. Vous savez, la première fois, on ne connaît pas très bien la personne. C’est souvent rapide et minable. Les préservatifs sont percés, on glisse, on se trompe de trou, on se raccroche à ce qu’on peut. J’ai passé la nuit à m’excuser, à pleurer de tout mon chêne (mon hêtre avait été tronconné la veille), à lui promettre que je ferais mieux la prochaine fois en sachant pertinemment que cela n'arrivera jamais. J'ai été minable, couard, pleutre, numismate, tout ce que vous voudrez. Je ne tiens pas véritablement à en parler, au fait. » 

« Je comprends. Et donc, qu’est-ce qu’elle aime chez vous, en dépit de... problème ?»

« Oh, je ne sais pas trop… Je n’aime guère me mettre en avant. Je crois que nous partageons les mêmes valeurs.»

« Comme elle, vous avez les dents longues. »

« Oui, c’est vrai que j’ai les dents longues. »

« L’ambition, toujours l’ambition. »

« Pas vraiment. C’est juste que c’est plus facile pour ouvrir les noisettes. »

« Les noisettes ? »

« Ben ouais. Les noisettes. »

« Les habitantes de Noisy-le-Grand ? »

« Ah, oui, j’adore ça, les glands. Je vous que vous êtes bien informés. »

« Et donc avec Rachida, vous allez vous marier ? »

« Oh, je ne sais pas trop. J’ai une vie à mener également. Elle ne semble pas trop open pour vivre dans la forêt, entre les champignons et les feuilles. »

« Vous vivez dans la forêt ? »

« Ben ouais. Tu crois que je crèche dans le VIème ou quoi ? Tu me prends pour Picsou ? »

« Non, non, bien sûr que non. »

« Tiens c’est marrant, quand on parle du Loulou, enfin de son grand-oncle, voici qu’il m’appelle. Ouais !! J’arrive !!! »

« Ah… L’heure, c’est l’heure… »

« Hé ouais gamin. La parade va commencer. »

« Amusez-vous bien. »

« Pff… Si tu crois que ça m’amuse de me faire tripoter la queue par des gamins. Enfin bon, la crise de la presse touche même la BD, on est bien obligé de s’adapter. »

« No soucy. Et encore merci pour cet entretien exclusif, monsieur Tac. »

 

 

 

 

 

 

Par Myblack - Publié dans : Politique
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