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Contre les Ukrainiens du Tavria Simferopol, le Myblack FC sait ce qu’il lui reste à faire, demain soir, pour repartir de Crimée avec le ticket d’entrée de la Coupe OEFA (qui regroupe les 124 plus minables formations d’Europe) : résister, combattre, prier, survivre. Ce voyage aux abords de la mer Noire est tout sauf une partie de plaisir pour des Parisiens qui ont dû patienter jusqu’aux arrêts de jeu du match aller pour l’emporter (1-0). Ce succès microscopique, obtenu alors que le Myblack FC avait ligoté ses onze adversaires au poteau de corner, leur permet d’envisager le retour avec une pointe de confiance supplémentaire.
Grand amateur des filles de l’Est, l’entraîneur Jean-Michel Largué reste toutefois méfiant : «Il ne faut pas avoir peur d’aller à Simferopol mais je compte néanmoins emmener plusieurs caleçons de rechange et une valise remplie de crucifix. Ce match peut être un traquenard. Il y a trois semaines, les Hongrois du SC Bouhov avaient mordu la poussières et les jambes des Ukrainiens, énervés par l’humiliation reçue (0-5). Il faut savoir aussi que l’on a des joueurs qui découvrent à peine ce sport, mais qui, pour la plupart, ont fait de la prison pour trafic de drogues ou détournement d’armes. Je m’en remets à eux pour déjouer les pièges et passer ce tour.» Côté joueurs, justement, le club doit jongler avec l’état de forme encore incertain des recrues (Paul Newman, Aziz du Loft, un camembert au caramel) et les probables indispositions de Gérard Crobard (colique), de José Lima da Souza (décédé hier matin), et du Camerounais Pape M’Bolda, brûlé vif par Gérard Crobard. Mais Jean-Michel Largué pourra compter sur Jean-Michel Lapoisse, prêt à troquer son habit de technicien des surfaces (il est balayeur à Auchan à mi-temps) pour celui de guerrier. «À l'aller, dès que nous avons un peu baissé le pied et entamé un barbecue, ils ont réussi à prendre l'ascendant. Nous avions fait avec les moyens du bord, vu que Cédric avait oublié les côtelettes de porc et Daniel les merguez. La victoire est finalement venue sur un coup de pied arrêté. Alors, on devra encore se faire violence pour aller chercher la qualification. Il faudra avoir les 90 minutes dans les jambes, ou de la moutarde», prévient le milieu de terrain dans Pique-nique magazine.
Physiquement, Simferopol est affuté. Le championnat de 9ème division local a repris le 16 juillet, et les Ukrainiens, 14èmes du dernier exercice, ont tout pour ne pas inquiéter les ambitions françaises : un jeu axé sur les longs ballons dégonflés maladroitement lancés derrière les tribunes, une peur maladive de l’affrontement et une vivacité de myopathe cryogénisé sur les ailes. Pour ne pas brûler les siennes, le Myblack FC espère marquer, et vite. Jean-Michel Largué, qui avait mené son ancien club au dépôt de bilan en 2003, a toujours affirmé ne pas prendre l’OEFA par-dessus la jambe, et a adapté sa préparation en conséquence. «On n’a pas fait 5000 kilomètres pour voir l’adversaire jouer. Nous visons, dans une compétition faisant la part belle aux déplacements coûteux dans des pays du tiers-monde footballistique, un dépôt de bilan retentissant qui permettrait d’économiser les salaires des joueurs pour se payer une table de ping-pong», rappelle-t-il. Reste à espérer, pour le Myblack FC, que la Crimée va payer.
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