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2030. Je travaille pour une boîte dont le produit est l’humain. Chaque jour, je supprime les produits périmés. C’est simple, il n’y a qu’à appuyer sur un bouton.

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Lundi 1 septembre 2008 1 01 /09 /Sep /2008 00:02

 


Edward A.Hodson n’a jamais couché avec Madonna. Pourtant, chaque soir, il passe sa main dans sa petite culotte, en hume la texture, caresse les idéogrammes qui l’habillent avec la même émotion que la première fois. La main d’Edward n’est pas bien grande, poilue à son milieu et couronnée d’ongles rongés. Pourtant, la petite culotte de Madonna lui obéit au doigt et à l’œil – car Edward aime la regarder, lorsqu’il la tripote.

 

Quand Madonna lui a donné sa petite culotte, sa vie a changé du jour au lendemain. Il s’est découvert une âme. Une identité. Coucher avec une star planétaire, même par procuration, le rend heureux et fier. 

Le lancer de Madonna est resté célèbre, mais d’autres, plus secrets, méritent le détour. Nous vous présentons les trois principaux :

 

 

 

Numéro 1 

 

Trente minutes déjà qu’Iggy Pop extermine l’ennui, à Détroit. Le Michigan, d’ordinaire simplement entouré par les Grands Lacs, se borde maintenant de passion, de folie. Dix, vingt minutes qu’il braille et embraye les morceaux. Ca y est, un cap est franchi : il déboutonne son jeans puis, les globes oculaires révulsés, le lance près de son batteur attitré ; Eric Donwlon ne s’en émeut guère : il a l’habitude des frasques adolescentes de son partenaire. Mais, ce soir-là, Iggy Pop est particulièrement excité. Serait-ce le carpaccio qu’il a englouti peu de temps avant dans une brasserie, pour à peine cinq dollars ? Ou tout simplement la chaleur, suffocante, provocatrice, qui le pousse à agir de la sorte ? Les spectateurs du premier rang n’ont pas le temps d’y réfléchir : aveuglés par une lumière intense, ils voient arriver devant eux le sexe du chanteur, délaissé de son corps, projectile à deux versants d’un rockeur devenu eunuque. « C’est comme si j’avais vu la vierge », déclara après coup Denis Williams, 31 ans, qui reçu l’engin en pleine poire. Il n’avait, lui, le modeste instituteur de Brendwood, jamais vu son idole d’aussi près.

Depuis, chaque matin, au moment du petit-déjeuner, quand les enfants de Denis Williams se réveillent et franchissent le salon à destination de la cuisine, ils aperçoivent, empaillé au-dessus de l’entrée, la bite d’Iggy Pop qui leur sourit.

 

 

Numéro 2 :

 

Trente minutes déjà qu’Edith Piaf extermine l’ennui, à Beauvais. L’Oise, d’ordinaire simplement entourée par l’A1 et l’A16, se borde maintenant de passion, de folie. Dix, vingt minutes qu’elle braille et embraye les morceaux. Ca y est, un cap est franchi : elle retire sa robe puis, les globes oculaires révulsés, la lance près de son batteur attitré ; Jean-Firmin Clotard ne s’en émeut guère : il a l’habitude des frasques adolescentes de sa partenaire. Mais, ce soir-là, Edith Piaf est particulièrement excitée. Serait-ce le carpaccio qu’elle a englouti peu de temps avant dans une brasserie, pour à peine cinq-cents anciens francs ? Ou tout simplement la chaleur, suffocante, provocatrice, qui la pousse à agir de la sorte ? Les spectateurs du premier rang n’ont pas le temps d’y réfléchir : aveuglés par une lumière intense, ils voient arriver devant eux le sexe de la chanteuse, délaissé de son corps, projectile à deux versants d’un oiseau qui a perdu sa queue. « C’est comme si j’avais vu la vierge », déclara après coup Marcellin Ribouchou, 31 ans, qui reçu l’engin en pleine poire. Il n’avait, lui, le modeste instituteur de Noyon, jamais vu son idole d’aussi près.

Depuis, chaque matin, au moment du petit-déjeuner, quand les arrières-petits-enfants de Marcellin Ribouchou se réveillent et franchissent le salon à destination de la cuisine, ils aperçoivent, au-dessus de l’entrée, la bite d’Edith Piaf qui leur sourit.

 

Numéro 3 :

 

Trente minutes déjà que Miss Dominique extermine l’ennui, debout sur sa pile de petits pois en boîtes, au supermarché de Brifouille. La salle de concert, d’ordinaire simplement entourée par les voitures garées sur le parking, se borde maintenant de passion, de folie. Dix, vingt minutes qu’elle braille et embraye les morceaux. Ca y est, un cap est franchi : elle retire son costume de saucisse sèche puis, les globes oculaires révulsés, le lance près de son batteur ; l’intermittent du spectacle ne s’en émeut guère : il dort. Mais, ce soir-là, Miss Dominique est particulièrement excitée. Serait-ce le carpaccio, le sanglier, le cassoulet, la fondue et la farandole des desserts qu’elle a englouti peu de temps avant dans une brasserie, pour à peine 75 euros ? Ou tout simplement la chaleur, suffocante, provocatrice, qui la pousse à agir de la sorte ? Les spectateurs du premier rang n’ont pas le temps d’y réfléchir : aveuglés par une lumière intense, ils voient arriver devant eux la chanteuse, projectile cataclysmique d’un horizon désormais bouché.

Le bilan fera état de 204 morts, étouffés ou tout simplement écrasés.

 

 

Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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