Curriculum vital

2030. Je travaille pour une boîte dont le produit est l’humain. Chaque jour, je supprime les produits périmés. C’est simple, il n’y a qu’à appuyer sur un bouton.

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Mardi 26 février 2008 2 26 /02 /Fév /2008 00:00

 

Avec toutes les conneries du couple Sarkozy et les bousculades américaines maintes et maintes fois ressassées dans les médias, on en a presque oublié le Darfour.
Si, vous savez, le Darfour, le joujou qui était à la mode en 2007.
La guerre civile du Darfour n’a pas encore été gazée, mais j’ai les mains pleines de ses cendres en lisant les journaux qui n’ont font ni l’écho, ni les coups.
 
Bon, je vous comprends un peu, aussi : s’ingérer chaque semaine les 200 000 morts du drame en est devenu rébarbatif. Moi-même je prends aujourd’hui plus de plaisir à lire de la natation synchronisée dans l’Equipe que de me replonger au Soudan. Déjà que la BD pâtissait de la redondance des cases – du sang, du sang, du sang, c’est lassant -, s’il faut en plus relire l’album en oubliant les nouveautés d’à-côtés, à quoi bon ?
D’autant plus que la Nouvelle Star a débuté depuis peu, avec un nouveau jury, des nouveaux candidats, des nouvelles gamelles si drôles et inventives que notre canapé en redemande, que la télécommande s’hypnotise devant la télé. Au Darfour, une fois le 40ème noir abattu, on zappe.
 
Ashley MacLaren, que j’ai eu le bonheur de croiser à Paris, rappelle le chiffre de « 2,5 millions de personnes déplacées de leur maison », approximativement le nombre de personnes qui regardaient Cauet l’après-midi sur TF1. « Les Etats unis ont reconnu ça comme génocide en 2004, poursuit-elle de son accent fort charmant, et la Chine mais également l'Egypte donnent de l'argent au gouvernement du Soudan ».
 
Bôôf.
Si encore le Soudan était en Bretagne, je dis pas. Mais là, l’Afrique… C’est loin, comparativement à ma vie pré-professionnelle et sentimentale. Comment voulez-vous intéresser un public dans le long terme avec aussi peu de stars ? J’en parlais récemment à Idriss Déby, qui tient un blog de 10 millions d’habitants, et qui a su, lui, trouver en Eric Breteau un excellent projecteur. Il manque un Daniel Cohn-Bendit au Darfour pour passionner le chaland, un Arthur pour captiver la ménagère.
L’ONU, la ménagère, ça ne lui parle pas.
Envoyez Arthur au Darfour.
Même s’il échoue, on aura pas tout perdu.
Par Myblack - Publié dans : Actualité
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