Jeudi 17 janvier 2008
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Le chanteur Carlos vient de mourir à 64 ans des suites d’un cancer, et non dans une suite après un concert, vient de nous apprendre ce matin
l’AFP.
Désassorti de l’humain moyen tel qu’on le représente dans les pages de la Redoute – celles qui ne sont pas collées, en tout cas -, Carlos a incontestablement marqué
son époque. Et influencé l’homme dans sa découverte de lui-même, de ses désirs et de ses expectatives.
« Tirelipimpon sur le Chihuahua » chantait-il à la foule admiratrice, en 1991, à Montréal, lors d’un colloque sur L’Approche linguistique du jugement
analytique. Depuis cette date, le discours n’a pas changé : Carlos et l’essence universelle de l’homme ne font qu’un. Son autopsie nous permet d’en savoir davantage
sur la complexité du personnage et de ses arcanes.
Textes, blagues, boyaux, chemises : les caractéristiques communes semblent se regrouper autour du mythe, semblent faire ressortir une définition. Or, dans
Carlos, la possibilité d’une essence immuable et perceptible se dessine avec difficulté. Le réduire à ses propriétés biologiques reviendrait à apparenter l’homme aux animaux que l'on définit eux
aussi par ces mêmes propriétés. Comme l’humain et le 9 par rapport au 3, l’entité Carlos est multiple.
Elle
est enfantine, espiègle, pouponne.
Elle renvoie à l’enfance, aux coussins péteurs dans le landau, à ces madeleines qu’on buvait chez Tante Léonie, le soir, et qui nous rendaient les vicissitudes de la vie indifférentes, les désastre inoffensifs, la brièveté de l’existence illusoire, de la même façon qu'opèrent l'amour et les baisers de Rosalie Rosalie-oh,
Rosalie Rosalie-ah.
Inconsciemment, l’homme est immature. Dans le couple, il endosse l’habit de protecteur ; pourtant, au fond de lui, tout ce qu’il
recherche, c’est une layette. Chez la femme, c’est la fonction de mère qui l’intéresse. Téter les seins maternels, retourner à l’ovule originel par tous les moyens, jouer du hochet comme un
signe de ralliement : telles sont les quelques quêtes (à prononcer vite pour rire un bon coup) de l’homme.
De là à considérer que, si la vérité sort de la bouche des enfants, c’est qu’en tout homme réside un pédophile, c’est un pas que nous ne…
ah ben si, que nous franchirons.
L’entité Carlos est femme, aussi.
Carlos est geisha, gai, gay : un côté bas résille, à l’heure où même les homosexuels peuvent accoucher. L’homme n’est pas seulement un tas de chairs noircies par
les rires gras. Il est émotif quand l’anecdote de Philippe Bouvard concerne un CSP-. Il pleure quand la blague de la bite qui poursuit un cul a été vraiment bien racontée par Sim. Il se maquille
avant de passer sur scène, déguisé en infirmières pour un sketch avec Guy Montagné. Il s’applique, consciencieux et professionnel. Car comme la femme, l’entité Carlos a peur du bide.
Elle est flic.
Sévère, mais juste. Sévère de contacts, lors de l’apéro, juste avant de verbaliser le jeune qui préfère rire de Gad Elmaleh ou de Florence Foresti. L’autre face de
Carlos, c’est le tas policier. La pile, c’est à ranger dans les cartons, par ordre chronologique. Il a été prouvé comme indubitable la destructuration subsémiotique de cette certitude. En cela,
Carlos est Sartre. Et en cela, Sartre est donc flic. Et, par conséquence, les flics habitent tous au Mans.
Elle est violente.
Primaire. Secondaire, si on pousse l’étude de l’artiste un peu plus loin que le CM2. Carlos a été gravé à l’image de l’homme : brut et brute. Façonné à la Pierre
Douglas, le roi des chansonniers français, mais marqué à jamais par les spasmes de la vie. Pour illustrer cette violence, quoi de mieux qu’une blague de Carlos ? « C’est un homme qui
entre dans une pharmacie et demande au pharmacien de lui donner du Viagra. Le pharmacien le regarde et lui fait : vous avez une prescription du médecin ? » Et l’autre répond :
« Non, mais j’ai une photo de ma femme ! »
5 choses que l’on ne savait pas sur Carlos
- Le vrai prénom de Carlos est Yvan-Chrysostome. Ceci expliquant finalement beaucoup de choses.
- Carlos a étudié la kinésithérapie à l’École française d’Orthopédie et de Masso-kinésithérapie
- Carlos était drôle. C’est juste qu’il était trop pudique pour que cela se voit vraiment.
- Carlos votait à droite.
- Carlos était schizophrène, comme le prouve ce dialogue MSN entre Carlos et son second-lui :
Salut l'artiste, et n'oubliez pas que la chemise à fleur reste le plus beau des hommages.
Je rends hommage à celui qui a su être le premier "ringard en chemise hawaienne", stéréotype largement repris depuis par les américains.
Papayou, papayou lélé l'artiste, et big bisous.
PS: vous les buvez les madeleines vous? Vous vous fournissez à la maison de retraite?
Je voulais juste préciser que son site officiel (musicarlos), n'a toujours pas publié la nouvelle, et qu'il commence par "Bonne nouvelle! Le nouveau single de Carlos sort aujourd'hui".
Blagueur jusqu'à la fin, le bougre.
Le légiste qui va autopsier Carlos va tomber raide saoul, le pôvre. Et de deux morts! De là haut il va apprécier cet article qui lui va comme un gant. Pour une fois qu' il ressort bien habillé!!!
Alors, laissez l'Abbé Pierre où il est et veuillez comparer le comparable ! (en plus, Carlos était l'ami de Sylvie Vartan et Johnny ! Bouh le nase !)
Juste après Pavarotti, ce sont les porteurs de cercueil qui vont encore faire la gueule...
Je peux faire ami des Dolto, aussi. Si quelqu'un a leur adresse, je suis preneur.
Le monde est mal fait tout de même.
1° les albums de reprises ont le vent en poupe (Crâne d'Oeuf l'interdit de concert chante Polnareff, Crâne d'Oeuf l'exilé volontaire chante Brel, Lorie chante Barbara & Piaf [à paraître], Sheila chante Lorie histoire de relancer ses ventes [idem])...
2° les albums posthumes se vendent généralement mieux que les albums non posthumes (qui se sente glaireux expectore)
je propose la mise en chantier immédiate et juteuse d'un album hommage "thématique", sorte de Tribute to Carlos dont les plus GROS succès seraient intégralement repris par des chanteuses à l'indice de masse corporel tirant peu ou prou vers + l'infini.
Intitulé LES FEMMES FORTES CHANTENT CARLOS (oui, parce que les Grosses, ce serait à la fois inélégant, discriminatoire, vexatoire et un tantinet exagéré), il comporterait idéalement le tracklisting suivant :
1° LA CANTINE (collégiale)
2° BIG BISOUS par Rika Zaraï
3° PAPAYOU par Maurane
4° ROSALIE par Chimène Badi
5° SENOR METEO par Muriel Robin (sa tessiture lui permet cet effort)
6° TOUT NU TOUT BRONZE par Miss Dominique et Bibie (peut être éventuellement envisagé comme un trio virtuel avec Carole Fredericks)
7° TIRELIPIMPON (SUR LE CHIHUAHUA) par Magalie Vaé
8° LA BAMBOULA par Régine
9° LE KIKIYOU par Kenza Braïga (Loft Story 1)
10° JUSTE UN RIGOLO par Anne-Laure Sibon (StarAc4)
11° TU PEUX TAPER par Véronique Sanson (en remplacement de Marie T., indisponible depuis août 2003)
12° T'AS L'BONJOUR D'ALBERT par Sylvie Vartan, Chantal Goya et Jeane Manson (elles ont toutes les trois un peu forci, surtout des hanches, depuis les glorieuses années 70)
13° LE CHA-CHA DES THONS (collégiale par toutes les précitées, le tout bien évidemment sans rapport aucun avec le titre du morceau, mais cet incunable un peu oublié du grand Carlos se devait impérativement de clore l'album).
Tout rajout au présent tracklisting reste comme il se doit le bien venu. Ecrire à la maison de disques qui transmettra (ou pas).
Bonsoir.
Le lecteur un tant soit peu lettré (entendre : non fan de base du petit Grégory) l'aura rectifié de lui même : il fallait lire "indice de masse CORPORELLE" et non CORPOREL dans le post précédent.
Je propose donc qu'à dater de cette minute, les 9000 et quelques veuves éplorées de Petit Ange suivent mon exemple et rectifient d'elles-mêmes les milliards de fautes d'orthographe, grammaire, syntaxe et conjugaison accumulées dans leurs 9000 et quelques posts.
A bon entendeur... tâchez d'écouter autre chose que de la daube. Je vous bise.
J'aime beaucoup l'idée d'album hommage proposée par Langue de teupu. Toutefois, ne serait-il pas possible de réaménager un poil le tracklisting envisagé, ce de manière à y inclure Amel Bent, Marianne James, Mimie Mathy et Line Renaud dont l'absence me semble particulièrement injuste et déplacée ?
Un quatuor sur MALABAR ET ROUDOUDOU, FANFAN LA FANFARE, A LA QUEUE LEU LEU ou LES BILIBOULES (au choix) me semblerait à la fois judicieux et opportun. Avec une préférence coupable, je l'avoue, pour LES BIBIBOULES.
Je veux bien en reparler avec vous à l'occase.
Clarabelle.
Je pense avoir de l'humour mais je n'apprécie pas qu'on se moque d'un homme qui était bon, plein d'attention pour les copains en détresse, bref un gars bien et qui surtout, étant décédé, ne peut plus lacher une vanne sur des connards. On ne se moque pas des morts.