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2030. Je travaille pour une boîte dont le produit est l’humain. Chaque jour, je supprime les produits périmés. C’est simple, il n’y a qu’à appuyer sur un bouton.

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Vendredi 29 février 2008 5 29 /02 /Fév /2008 00:00

Au loin gisent les montagnes lisboètes, hautes de 7500 mètres. Entre les poils et le fado, Raymond Bounaffou crapahute sa terre natale, au Portugal. « Oui bon ok le Portugal n’est pas vraiment ma terre natale, mais c’est toujours mieux que l’Auvergne, hein ? », concède l’ancien candidat aux présidentielles de 2007.
 
  
bounaffou.JPG  Le 3ème homme de la cambrousse avait échoué comme une merde contre Sarkozy et Royal, à une marche de la finale. « J’aurais mieux fait de prendre l’escalator », rumine, plus de six mois après la déroute, l’ancien allié de Myblack. Onze heures. Raymond Bounaffou nous reçoit en slip, un livre de Lao-Tseu (Tao-te king) à la main. Exercice de méditation, séance de spiritualité, retour aux vraies valeurs ? « Non, c’est pour caler l’étagère qui est branlante », explique-t-il en gloussant tel l’adolescent puceau qu’il est, au fond, toujours resté – quoi qu’adolescent, c’est pas certain.
 
Ils nous ressert pour la 6ème fois de la soupe aux potirons ; nous acceptons poliment. Sur les murs se dévoilent les images d’un passé révolu : son discours grandiloquent à la salle des sports Jermaine Jackson de Châteauroux, son voyage gastrono-politique au Groenland, sa rencontre mouvementée avec PPD, en direct à la télévision, sa masturbation filmée à son insu sur le plateau d’On a tout à essayé.
 
 
bulletin-de-vote-bounaffou.JPG  Le bulletin introduit sans vergogne par Myblack, le midi du 1er tour. Les tâches séminales ont été gommées pour les besoins de la reconstitution.
 
 
Bien loin des strass de la TV et de ses Valérie paillettes, Raymond Bounaffou profite du bon temps en compagnie de Lulu, un orque nippon qu’il héberge depuis deux mois. L’ancien touriste du Darfour vole désormais de ses propres ailes : devenu aviateur, comme Saint-Exupéry. « Et je m’y connais en mouton : j’ai quand même obtenu 16,6 % des voix ! ». La semaine dernière, il a survolé le journal Libération pendant trente minutes, sans y trouver la moindre piste d’atterrissage. « Y avait bien l’édito de Laurent Joffrin, mais c’était casse-gueule ». D'ailleurs, en parlant de ça, sa vie de député ne lui manque-t-elle pas ? « Pas autant que les nibards de ma sœur », affirme celui qui a tout abandonné pour s’installer ici, son blog en tête.
 
« Cette expérience de député c’était sympa, jusqu’au moment où je me suis aperçu que la meuf la plus baisable du lot était Valérie Pécresse. Qui n’est même pas députée ! » Pourtant, son œil se mouille. De ses hublots opaques on aperçoit la faille, l’indicible souvenir de la notoriété. Avec plus de 102 visiteurs répartis en 4 mois, le Blog de Raymond Bounaffou était jadis un chef-lieu de canton de l’humour. « Et quand on aime, on ne canton pas ! Ha, ha, ha Heerk Heeeerk », manque t-il de s’étrangler par la faute d’un os de perdrix, fort répandu dans la région. Car Raymond Bounaffou, revenu sain et sauf de l'agitation parisienne, possède désormais les codes de la capitale - en tout cas de celui de l'immeuble de l'appartement de Myblack, pour se loger. Il s'estime plus neutre que jamais, plus confiant, plus mature. Le mois dernier, il a acheté son premier vêtement sans sa mère. Un signe fort, à 35 ans passés.
 
Ressurgira-t-il pour les municipales ? Difficile à dire pour le moment, le planning des articles n’est bouclé que jusqu’au 4 mars. D’ici-là, tout peut arriver.
Par Myblack - Publié dans : Politique
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