Dimanche 18 novembre 2007
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La grève des cheminots est reconduite. Mais pas à la frontière, malheureusement.
Les six fédérations de cheminots (CGF, FO, CFE-CGC, Sud, CFTC et Unsa) ont décidé de remettre ça. Demain, le trafic tirera encore la tronche. Comme un lundi, quoi. La
RATP prévoit une rame de métro sur cinq sur toutes les lignes, hormis la 1 (deux sur trois) et la 14. La SNCF envisage gracieusement un TER sur deux en moyenne, 76 liaisons Corail et 300 TGV sur
700, des nombres vérifiés et confirmés par Bertrand Renard des Chiffres et des Lettres.
Bonne nouvelle pour les gens possédant une vie : les syndicats pique-niqueront mercredi avec Xavier Bertrand sur une table ronde, ou quelque chose comme ça.
Risque de bouchons dans la cave à vins de Jean-Louis Borloo.
La veille, les fonctionnaires seront dans la rue pour dénoncer les suppressions de postes (entre 30 000 et 40 000 prévues pour 2008) et exiger l'ouverture
de négociations salariales. Pendant ce temps, les universités sont bloquées : elles exigent simplement l’ouverture, sans plus de précision à l’heure actuelle.
Message aux manifestants : si la grève est reconduite, l’étranger peut l’être aussi. Les Français sont à la frontière de l’exaspération. Une contre-offensive menée
par Hortefeux n’est pas à exclure – au moins une qui ne risque rien, c’est toujours ça.
La contestation est en marche ; en même temps elle n’a pas trop le choix, le métro est en rade. Les mécontents grognent : dimanche, plusieurs milliers de
manifestants anti-grève ont secouru Paris aux cris de « Les métros, au boulot ! ». De 5000 à 20.000 selon les organisateurs, 8.000 selon la préfecture de police, un sur six selon la
RATP.
Sommes-nous au bord de la guerre civile ? Les Français sont sur les nerfs. A Paris, sortir à visage découvert après 16 heures de l’après-midi est devenu une
épreuve de Fort Boyard, un tête à tête amoureux avec La Boule. L’humus a peur, il se décompose. Il se cloître chez lui et observe, les jumelles en érection, la dangerosité de la jungle urbaine.
Les lions marchent en baggy et font wesh au téléphone ; la végétation est luxuriante, ils ont des poils aux pattes. L’herbe est haute, comptez environ 32 euros. Il faut se méfier de tout, y
compris du reste. Surtout des vieux, bien éloignées des préoccupations du terrain social. Leur peur n’est qu’éphémère, elle n’est qu’insecte : fragile et écrasable. L’avantage d’être vieux,
c’est que tu passes dans les micros-trottoirs de TF1. Leurs opinions comptent double. Et avec l’allongement de la durée de la vie, ils ont largement les moyens de faire savoir le leur.
Probablement pour ça qu’ils ont massivement voté pour Sarkozy : comme animal politique, y pas mieux.
Et si on faisait travailler les vieux pour financer la retraite des actifs privés de boulot ?
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