Curriculum vital

2030. Je travaille pour une boîte dont le produit est l’humain. Chaque jour, je supprime les produits périmés. C’est simple, il n’y a qu’à appuyer sur un bouton.

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Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 00:00

 

 

dollar.jpg  La quasi-majorité des filles de la capitale sont inabordables, et le montant des études l’est tout autant. Le maigre testament de mamie – la vioque a tout dépensé dans les croisière romantique d’André Rieu  -, ne me permet aucun luxe. Mon trajet scolaire est entrecoupé de bobos gominés : impossible d’emprunter le moindre raccourci, ils refusent tout prêt. Pourtant, cela ne m’empêche nullement d’être brillant et talentueux. Car l’argent ne fait pas tout.
Mais que serait-il advenu de mon avenir professionnel si j’avais été comme eux ? La qualité de l’instruction est-t-elle corrélative à celle du patrimoine immobilier ? En clair, pour les lecteurs trop rustres du bulbe pour avoir compris la problématique : seriez-vous moins bête avec une famille aisée ?
 
Ca dépend. Il y a des gosses de riches qui sont très intelligents. Mais, comme les poissons volants, ils ne constituent pas la majorité du genre. Les riches n’ont de toute manière pas besoin de voler : les pauvres sont là pour ça.
Dans les classes argentées, l’appel s’effectue par numéro de carte bancaire, ça dure moins longtemps (les fils de riches ayant généralement des prénoms à rallonge). Avec ce qu’ils peuvent s’offrir en cours particuliers, les Jean-Charles ont généralement la moyenne. Par rapport aux Jean-Kader, en tout cas. Ou aux Jean-Roger. Et Jean oublie sûrement.
 
Selon Les Echos du 20 juillet 2007, 77% des progénitures de cadres ont accès à l’enseignement supérieur, contre seulement 35% de ceux d’ouvriers. Vous remarquerez que j’ai dis « progénitures de cadres », et non « progénitures d’ouvriers ». Oui : l’ouvrier n’a pas de progénitures. Il a des gamins. Question de standing.
A l’écrit, le riche a une écriture soignée. Le pauvre a bien trop de mal à se soigner convenablement pour venir au secours de son écriture.
A l’oral, le riche se moque bien de perdre ses moyens. Il en possède tellement.
Lorsqu’il lève la main pour répondre aux questions du prof, le riche est toujours interrogé. La grosseur de la bague, probablement. Le pauvre aimerait bien être interrogé. J’veux dire autrement que par la police, après un vol à l’étalage. Mais le temps qu’il se rachète une conduite, le contrôle est déjà fini. Le contrôle du prof, hein, pas de police. Quoique.
 
La facilité engendre souvent la facilité. Lorsque vos voisins ont de meilleurs trousses, de meilleurs cartables, de meilleurs profs, de meilleurs locaux, de meilleurs récrés, comment ne pas être assommé par l’inévitable injustice de la lutte des classes ?
Le problème du nanti, c’est qu’il n’a aucun problème : il les règle à coup de chèques sans transpirer. Du coup, une fois inscrit dans la vie active, il se retrouve désemparé face aux situations imprévues : comment affronter le regard d’un PDG cannibale qui menace de vous licencier, sans expérience du malheur ? Par chance c’est lui, le PDG. Mais sinon, comment aurait-il fait ?
 
N’allez pas croire pour autant que tout ce qui naît pauvre est digne d’intérêt. Des tas de miséreux de mon âge sont particulièrement stupides. Enfin j’imagine, vu que je ne fréquente que les gens plus cultivés que moi (heureusement, je suis misanthrope).
Ils vivent des bourses puis dépensent l’argent qu’ils n’ont pas dans de l’alcool bon marché. L’espace d’un instant, grisés par le vin, ils en oublient qu’ils ne sont pas riches. Les pauvres. Quelquefois, ils économisent sur leurs heures de travail pour se payer des mauvaises notes : ça ne loupe jamais.
Mes rares amis fainéantent grassement, se vautrent dans les liasses de la paresse sans regretter une quelconque vie de privilégié. La fainéantise est attractive car libre d’accès. Elle n’est pas communautaire, mais généreuse. Par essence, l’homme est paresseux. Le travail l’asservit, sans filer de pourboires. Pourquoi s’épuiser à l’attache si on peut s’épanouir loin des cordes du boulot ? Pourquoi continuer cet article alors que sa chute imminente risquerait de me faire tomber ? Surtout vu le salaire qu’on me donne !
Au final, on constate qu’étudier médiocrement coûte plus cher que flâner efficacement.
Qu’il est gratuit de ne rien faire, quel que soit le milieu.
Disons, pour simplifier, que l’enfant aisé se donne les moyens de ne pas travailler, en oubliant parfois de les distribuer aux nécessiteux.
Qui n’ont pas forcément envie de travailler non plus.
 
Par Myblack - Publié dans : Actualité
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Commentaires

M'enfin, Myblack !!
"Quel    que soit le milieu", bien sûr.
Voyons !
Allez trois coups de fouet et on n'en parle plus.
Commentaire n°1 posté par Fred le 18/12/2007 à 01h47
Merci.
Réponse de Myblack le 18/12/2007 à 07h44
C'est amusant, je me suis senti concerné, surtout vers la fin de l'article...
Commentaire n°2 posté par l'oncle Dick le 18/12/2007 à 08h51

Salade composée

Réponse de Myblack le 18/12/2007 à 20h48
Salauds de nantis ! Encore des cheminots, ça.
Commentaire n°3 posté par Nico le 18/12/2007 à 08h56
Tiens c'est bizarre , ce dernier paragraphe me touche aussi particulièrement.
Commentaire n°4 posté par Teckel Enragé le 18/12/2007 à 12h30
Vous comptez travailler à Libé après vos études de journaliste ou au Canard enchaîné parce que dans Capital y a pas de jeux de mots, je vous préviens.

Jean-Joël Gurviez
Commentaire n°5 posté par C le piston qui fait avancer la machine le 18/12/2007 à 12h59
Niveau piston j'ai déjà Guy Birenbaum, un seul suffit. 

Mais y a moyen de conclure avec vous ?
Réponse de Myblack le 18/12/2007 à 20h48

Pour les jeux de mots y'a pas mieux que 20 min.

En tout cas dans l'Huma il font les mêmes fautes d'ortho que vous, donc c'est peut-être un bon plan.

Commentaire n°6 posté par Lulla Paf le 18/12/2007 à 14h32
L'Huma est clairement un bon plan, mais je crois pas qu'ils recrutent.
Ah, selon mon piston G.B, ils recrutent autant de nouveaux journalistes que de nouveaux militants. Oué, cherchons ailleurs
Réponse de Myblack le 18/12/2007 à 20h50
Sinon, pour les jeux de mots et l'humour pourri, il y a le 13h de M6
Commentaire n°7 posté par Nico le 18/12/2007 à 17h24
Ben moi j' habite un quartier de riches, d' ailleurs ils m' ignorent totalement, je ne suis pas des leurs. 
Ben je préfère vous dire que dans la vraie vie, ils sont sales, pas polis, mal élevés, radins à mourir, prétentieux, se croient tout permis et j' en passe.
Sont même pas intelligents ni instruits, donc votre tableau je sais pas d' où vous le tirez mais sûrement de vos rêves les plus flous, ça c' est sûr!
Tiens, c' est bizarre, j' en viens même à vous vouvoyer, c' est vous dire cher ami, comme vous me semblez sinistre sur ce coup là.
Commentaire n°8 posté par Nandou Guanaco le 18/12/2007 à 18h02

Je vous assure que je ne suis pas sinistre, sauf accident.
Dans ces cas-là voyez avec la MMA

Réponse de Myblack le 18/12/2007 à 20h55
Je sens une nécrologie de carla bruni dans l'air.
Je sens aussi dans cet article un retour aux sources de votre part, cher mb. Je suis ému.
Commentaire n°9 posté par nolife le 18/12/2007 à 21h59

Pouvez-vous vous présenter succintement, nolife ?

10 lignes, environ
Si ca me plait je publierai.
Les autres peuvent en faire autant, que je fasse un article "CV des lecteurs" sans me forcer

Commentaire n°10 posté par Myblack le 18/12/2007 à 22h41
Viens, viens avec moi draguer les nénettes. Je t'attends, j'ai un téléphone portable, maintenant.

Nous pourrions sortir ensemble tous les jours,
Je t'aime mon choupinet !
Je suis trop love de toi.

Ton François,
Commentaire n°11 posté par François-Robert de Kartapus le 19/12/2007 à 12h34
La seule chose qui m'intéresse est "comment être rémunéré à ne rien faire?". Hors-sujet, je l'avoue.
Commentaire n°12 posté par Lily Marlene le 19/12/2007 à 13h55
"Si ca me plait, je publierai".
Flagornerie mise à part (ou pas), je ne prendrai en aucun cas le risque de vous déplaire, cher mb.
Commentaire n°13 posté par nolife le 19/12/2007 à 16h05
"Au boulot les feignasses (Myblack), à la maison les pétasses (Lulla Paf), pour les clodos plus de vinasse (Oncle Dick) !
La rupture faut qu'on la faaaaaaassssseeeeee."

Michel Sardouille
Commentaire n°14 posté par Hell Man le 19/12/2007 à 17h37
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