Votre humble serviteur a interviewé les Hushpuppies, son groupe préféré. Le second album des rockeurs français manifeste à partir du 5 novembre contre la
médiocrité du paysage musical actuel. Autour de trois 1664 resplendissantes de sincérité, les Perpignanais ont subi le matraquage médiatique de mes questions, aussi indécentes qu’une émission de
Cauet.
Paris, bar Le Magenta, 18 octobre 2007
Votre nouvel album Silence is golden sort le 5 Novembre. En quoi se distingue-t-il de The Trap, le précédent ? A-t-il un fil
conducteur ?
Le premier album en avait un. Il était plutôt continu dans le sens où l’on pouvait retranscrire une énergie live du moment. Pour le second, on a un
peu plus poussé chaque composition et chaque son. On l’a composé tous les cinq, en mettant vraiment nos idées à plats, pour que chaque chanson possède son propre univers. On tire vraiment notre
force de ce travail à 5.
Pourquoi avoir intitulé l’album Silence is golden ?
Parce qu’on adore les pommes en fait ! Non, plus sérieusement, c’est par rapport à tout ce qui se passe aujourd’hui. Dans notre pays, on a
l’impression qu’on ne peut pas tout dire et que tout n’est pas bon à dire. Le silence est d’or parce qu’on te garde la tête sous l’eau en ne t’informant pas. C’est aussi une réponse aux non-dits
et aux tensions qui ont traversé notre groupe et qui ont fait, à un moment donné, qu’il y a eu clash.
Vous êtes un groupe de scène, vous prenez votre pied sur scène. Vous faites beaucoup de tournée : avez-vous remarqué une différence entre le public parisien et son
homologue de province ?
Oui, chaque ville, chaque région de France a une conduite propre. Les Bretons sont assez anglais, très rock. On se fait plaisir, là bas, les gens s’y dépensent un max en concert et
ont vraiment une attitude qui fait plaisir à voir. Ils dansent, ils bougent, ils crient. Le public parisien est davantage introverti. Il est plus respectueux, aussi.
Je parle de mon cas personnel : être journaliste, avec les filles, ça aide. Pour les rockeurs, c’est pareil ?
Au début ça n’aide pas du tout, car quand tu commences vraiment à jouer ce sont plutôt les mecs qui sont en train d’écouter ton concert qui emballent.
Mais ensuite, lorsque les gens viennent pour toi, à la fin du concert des filles attendent que t’as fini… Les groupies ne sont pas une légende !
Que ce soit dans vos clips, ou sur la pochette de vos deux albums, les décors, vos costumes sont toujours noirs. C’est pour donner une image visuelle au groupe
?
Non. Ou alors inconsciemment, peut-être, à force de travailler avec des gens baignant dans cet univers. Nos chansons peuvent aussi être noirs, parfois.
Votre premier album s’est vendu à 25 000 exemplaires, un chiffre très satisfaisant. Pourtant, vous êtes encore peu médiatisé en France. Comment
l’expliquez-vous?
La France a un problème avec les groupes chantant en Anglais. En France, nous avons une tradition des mots, une culture poétique très axée sur la
signification, la beauté des mots. Et le rock, qu’on le veuille ou non, s’accommode quand même relativement mal de cette tradition là. On a essayé des chansons en français, mais ça n’a jamais
fonctionné.
La chanson Natacha est écrite en français…
Le choix de ne pas la mettre dans le premier album était réfléchi, parce qu’ensuite les radios la récupère alors que ce n’est pas du tout
représentatif de ce qu’on veut faire. Ils travestissent notre image, notre style. On ne correspond pas aux groupes de rock français, on ne fait pas la même musique !
L’Angleterre a une culture beaucoup plus rock que la France. Vous êtes Français et chantez en anglais. Vous avez essayé de percer en
Angleterre ?
Il faudrait tout recommencer. Aller dans les bars pour se faire connaître, devant vingt personnes pendant six mois jusqu’à ce que quelqu’un te repère. Ca prendrait plusieurs mois,
au mieux. On a pas le temps ni l’argent pour le faire. On a autre chose à foutre. On a des contacts, on a des licences, des productions à faire... Là, on a une
tournée en Asie, on est bien distribué en Allemagne, également. Ca serait trop risqué de repartir à zéro.
Votre site Myspace est très actif. Jugez vous indispensable, aujourd’hui, pour un groupe, d’être sur le
net, de se constituer un réseau ?
Oui, bien sûr. Depuis le début même avant que Myspace existe, on a créé notre propre site assez rapidement, on envoyait des mails aux gens, on répondait
à ceux qui nous envoyait des mails. L’ère numérique permet de toucher un large public et offre une visibilité. Mais cela ne suffit pas ! Ca fait parti
d’un tout oui, tu dois le faire ; Maintenant, un groupe se crée en faisant un album.
Deux de vos chansons (You're gonna say yeah ! et Bassautobahn) ont même été reprises par la publicité…
Ca fait plaisir. On écrit de la musique pour qu’elle soit véhiculée. C’est un excellent moyen de propagation de notre musique ; elle touche ainsi des gens
facilement.
Un autre moyen de toucher davantage de public serait de participer à la Star’Ac. Et si on vous le propose ?
Le problème de ces émissions, c’est que tu y perds ta crédibilité. Et ça peut casser notre image. Prends l’exemple de Manu Katché qui est jury dans la
Nouvelle Star, je crois. Le mec je suis désolé on l’a jamais vu jouer de la batterie, on ne sait pas que c’est un bon musicien à la base. J’suis pas sure que ça lui ait apporté de la crédibilité
et autre chose que de l’argent. Il est devenu célèbre, ça permet d’aller chez Ardisson mais pas de faire de nouveaux disques avec des gens intéressants. Enfin il me semble.
Un dernier mot pour conclure ? (*)
Boulon (*)
(*) Question et réponse rajoutés au montage sans l’accord du groupe
Les Hushpuppies seront à la Cigale le 4 décembre. Prix des places : 24 euros. Je cherche une fille nue pour m’y accompagner.
Commentaires