Samedi 15 septembre 2007
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Depuis plus d’une semaine se joue à l’Olympia Nicolas Sarkozy vous emmerde, la nouvelle comédie musicale de Gérard Presgurvic. Le spectacle, programmé jusqu’au 30
octobre, nous fait revivre les cent premiers jours du président Sarkozy.
Le tour de chant s’ouvre sur une introduction rapide à forte coloration de campagne électorale où Christian Clavier, incarnant Nicolas, vient à bout de l’horrible Ségolène Royal
après un combat à l’épée. Autour d’une figurine ensanglantée de François Bayrou dansent de façon désarticulée des sosies d’Alain Duhamel et d’Arlette Chabot, habile métaphore de la marionnette
médiatique. La victoire acquise, la troupe se réunit autour du ponton de l’Elysée en carton-pâte, où un Claude Guéant méconnaissable (joué par Lukas de la Star Ac’) entonne la
chansonnette, pour le plus grand plaisir des spectateurs.
Dans ce costume présidentiel taillé sur mesure, Christian Clavier est divin. Omniprésent sur la scène, il semble ne faire qu’un avec le public. Au prix de quelques séances de
gymnastique et grâce à l’aide de l’ingénieur lumière, l’acteur perd même ses disgracieux bourrelets, accentuant ainsi le mimétisme. Son rôle central éclipse par moment le reste du casting, un
casting d’ouverture mêlant chanteurs débutants et choristes confirmés piqués aux théâtres voisins.
Les scènes se succèdent au gré des chorégraphies, toutes plus décomplexées les unes que les autres. Ici intervient Brice Hortefeux (Emmanuel Moire) en imperméable, dans un hangar
reconstitué. Entouré d’une dizaine de jeunes comédiens (des intermittents du spectacle d’origine maghrébine, pour la plupart), il interprète avec perfection le bruit lancinant du moteur d’avion
prêt à décoller. Ailleurs apparaît un yacht en or massif : à l’avant un pseudo-Vincent Bolloré (Faudel) lance des lecteurs de Libération en papier sur le centre de l’estrade. Christian
Clavier les nargue, leur marche dessus, sous les vivats d’une Cécilia plus ressemblante que nature – habillée, petit clin d’œil du metteur en scène, en infirmière.
Difficile de détacher un membre de ce squelette où le Français moyen se retrouve avec ivresse. Le plateau de l’acte 3 réunissant Nicolas et Guy Môquet (admirablement incarné par un
Jean-Michel Aphatie à contre-emploi) nous appose les larmes aux yeux ; sa chanson, une ballade signée Obispo, clôt la troisième partie de manière dramatique, inoubliable.
Quelques faiblesses ensuite, à mettre au crédit de la piètre performance des acteurs interprétant les caciques du Parti Socialiste : la chorégraphie est confuse, brumeuse, les
danseurs se marchent sur le pied, trop désireux d’occuper le devant de la scène. Presque trop ressemblante, finalement. Fort heureusement les minutes qui lui succèdent sont exquises. Ah, cette
sérénade improvisée à Rachida Dati, toute de cuir vêtue ! Ah, ce rock impérieux célébrant les miracles de Nicolas à propos de l’Europe ! Et cette chanson terminale, point d’orgue du show,
entraînante comme le discours de la porte de Versailles ! Preuve de cette réussite : les journalistes présents qui n’ont pas été censurés ont majoritairement approuvé le spectacle, dont une
prochaine diffusion à 20h50 est déjà à l’étude du côté de la première chaîne.
Amis de droite, reprenons tous en chœur les paroles du tube de l’automne :
Le roi du monde, vit au sommet
Il a la plus belle vue, depuis le 16 mai
Il sait très bien ce qu’on pense de lui
Mais il s’en moque, il a plein d’amis
Le roi du monde fait tous ce qu’il veut
C’est pas Marianne qui va lui donner des bleus
Y a du monde autour de lui, et on danse, et on rit
Pendant qu’en bas, eux, ils vivent du RMI
Nous on fait l’amour, on vit la vie
Jour après jour nuit après nuit
A quoi ça sert d’être sur la terre
Si c’est pour faire vos vies à vous
On sait que le temps c’est comme le vent
Faut vivre y a que ça d’important
On se fout pas mal de leur morale
Ils peuvent s’en prendre qu’à Ségolène Royal
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