Jeudi 13 septembre 2007
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Initialement Raymond Bounaffou aurait dû écrire, aujourd’hui sur ce Blog, un article sur l’absentéisme à l’école. Ayant longuement étudié le dossier tout au long de sa jeunesse, il
voulait mettre cette expérience au service des lecteurs. Le sujet le passionnait, lui collait tellement à la peau qu’il ne se lavait plus, de peur de l’endommager. Mais voilà : le fainéant a
séché l’indispensable mise en page de l’article. On ne se refait pas.
Du coup j’ai dû me coltiner cette notule sur la rentrée universitaire. Pour beaucoup d’entre vous elle n’est qu’un prolongement des vacances, le parasol en moins. Les cours de
monsieur Bouchard en plus. « Je veux pas y aller, j’veux pas y aller ! », gémit-il à sa femme, le matin du jour fétidique. « Ils vont encore se moquer de
moi ! ». Possible. Les étudiants sont généralement sur les nerfs et agressifs, lors de la rentrée. Quand ils y vont.
Il est pourtant essentiel d’aller à l’université. Votre avenir en dépend. L’université vous donne les clés pour lutter dans le monde professionnel et vous offre tout un bataillon
de culture générale indispensable pour la suite de votre carrière putain faut vraiment que j’arrête de prendre mes lecteurs pour des cons.
Le Blog de Myblack n’ignore rien de votre penchant pour la flemmardise et souhaite vous aider à démarrer du bon pied. Non à l’abstinence, même scolaire !
Notre site se doit d’être un exemple pour la jeunesse, malgré le cursus mouvementé de certains de ses rédacteurs – la plupart d’entre eux ignore quelle formation ils suivent actuellement.
Ah, qu’elle est belle, la première heure de la rentrée, aussi longue que les deux mois de congés qui la précède. Hey ! bonjour, petite table gribouillée de hiéroglyphes, comme
on se retrouve ! Oh, te revoilà, admirable porte de la salle 204 ! Où es-tu allé pendant l’été ? Ce superbe amphithéâtre parfumé par les odeurs de transpirations et les
échantillons gratuits de parfums à l’abricot, que demander de plus ?
Finalement, la rentrée n’est qu’une corrida où le taureau s’appelle monsieur Bouchard. Les centaines de toreros n’osent tout d’abord regarder la bête dans les yeux, comprimés par
la pression. Mais une fois l’anxiété évacuée, le spectacle se passe sans encombre.
Selon un rapport paru cet été, les universités françaises sont dépassées. Par les Américains. Remarquez c’est facile pour eux, ils roulent en 4&4. On ne peut
être qu’à la traîne. Comment réformer la fac ? Comment lutter contre l’absentéisme ? Aucune idée. Je sèche, une fois de plus.
Oui, la vie à la fac n’est pas toujours rose. Plutôt morose. Au début on ne connaît personne, on se demande s’il faut parler avec ce manteau noir qui dévisage votre poitrine sous
prétexte qu’il appartient à votre groupe de travaux dirigés. Et puis on craque. Mais ça passe vite. Chacun doit prendre sur soi, en plus du poids indécent du sac à dos.
La vision effroyable des nouveaux élèves dont il faudra feindre l’amitié pour tenter de ne pas être seul lors des groupes de travaux dirigés : voilà un challenge
palpitant ! La société est broutée par les moutons : évitons, par simple esprit de contradiction, d’agir en brebis galeuse. Eviter la fréquentation des salles de classe vous rendra
rapidement infréquentable. Les gens n’aiment guère les fugitifs. Voulez-vous vraiment retrouver votre photo d’identité dans les toilettes aux côtés des numéros de téléphone
irrévérencieux ?
Ne soyez pas le bourreau qui tranchera la tête du lymphatique système universitaire français. De toute manière l’hydre repoussera.
Nous ne vous demandons pas d’être parfait, brillant et appliqué ; ça serait comme demander à l’extrême gauche d’être réaliste. Non, nous espérons simplement un pointage
régulier à l’usine, un petit bonjour hypocrite aux voisins de tables voire, soyons fou, un exposé rédigé sans Wikipedia.
Faire semblant de baisser la tête lors des interrogations orales n’est guère fatiguant. La relever pour admirer le mur lors des exposés non plus.
A défaut d’être assidu dans l’effort, contentez-vous d’être assis : l’acte de présence est plus que symbolique. La rentrée sociable arrive sous peu : comment organiser
efficacement les prochaines grèves, si vous ignorez tout de la topographie des lieux ?
Comment donner un sens aux secrétaires d’universités si personne ne se plaint de leur incompétence ?
Comment s’insurger de la négligence du corps professoral si on l’évite ?
Comment manifester couché sur le sol de la fac si on lévite ?
Est-il possible de savourer l’absence d’un cours quand on ne sait pas de quoi il parle ?
Allez à la fac, on vous offre des cafés si vous êtes jolie.
Allez à la fac, les émissions intéressantes à la télévision ne commencent pas avant 18 heures.
Allez à la fac, on y lit aussi le Blog de Myblack.
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