Le mois d’août et moi aussi. Ce stage n’est qu’un long clip interminable de Sylvie Vartan avec Carlos en arrière-fond. Une suite d’imitations de Gérard Dahan
sponsorisée par NRJ. Un enfer, un calvaire, un courant d’air que je souhaite fermer. Par n’importe quel moyen.
Le mois d’août s’échauffe depuis onze jours et me brûle, m’asthénie. Je suis si faible que je ne peux mâcher mes yaourts. Ce sont eux qui le font. Chaque jour de
plus est un jour de moins. On devrait interdire l’été, il ressemble trop à mes hivers.
Le mois d’août porte des tongs mais ne fait pas les courses. C’est un égoïste, et il se prélasse au milieu du calendrier en demandant des panachés à septembre et
juillet. Le 15, en son équateur, il proclame la fête de la sanction en dévoilant ses vierges ; et je suis trop laid, trop faible pour les conquérir.
Août est le mois des vacances, des torses découverts, des beaux. Son arrogance le rend hautain, son accent circonflexe l’habille de pouvoirs, du v renversé de la
victoire. Par sa fougue, il déstabilise ses 11 camarades.
Janvier le lèche, s’agenouille. Il change les années et souhaite la santé aux Roumains qui dorment à ses pieds, dans le froid. Janvier est hypocrite : il énonce
ses bonnes résolutions en roulant dessus, en pneus neiges. La morosité accompagne ses jours et, pourtant, il les dissimule sous la pesanteur de la frangipane. Lorsqu’on se dit que la vie prend un
tour meilleur, Janvier nous rappelle au malheur et invite les cousins éloignés à la table.
Février a une petite bite. On le raille, il est plus court que les autres. Frustré, il se venge en violant le calendrier, exhibant sa bissextile en fin de repas.
Février baise moins que les autres ; il a moins de jours pour le faire. Les amoureux de la Saint Valentin le narguent. Alors, il profite du Mardi gras pour se parer du costume du séducteur,
mais échoue : les séducteurs ont besoin d’une grosse bite, pour réussir.
On sait depuis longtemps qu’il n’y a pas une once de vie sur mars. La preuve ? Il fête les grands-mères. Mars se sait dépressif. Il agite le printemps pour se
sauver mais se sert du changement d’heure comme d’une corde ; tant pis si son cadavre gêne la circulation. Il ne sait quoi faire de sa vie, perdu entre l’hiver et l’été, le fromage et le
dessert, la tête et les jambes. Perdu entre la tête et les jambes, pile poil sur le poil. Difficile de supporter la vie, dans ces conditions.
Avril est un boulet. Un gros. A force de parapher les vestes avec des poissons, il attise la haine. Il se chatouille le nombril en racontant des blagues sur les
blondes, et on fait ha-ha avec lui en cherchant la sortie. Il célèbre la résurrection du Christ et oublie celle des Stones, ce con. Comme tout beauf, il épouse les bars et délaisse sa moitié.
Pour sa femme le ménage, pour Avril la vigne. Oui, Avril est capable de raconter n’importe quoi pour placer un jeu de mot.
Mai est un branleur. Il regarde « Sous le Soleil » par anticipation et refuse de bosser le premier. Il fout sa merde en jouant les anars, libéré de
l’occupant le 8, et balance du muguet à la tronche des patrons. Mai pisse sur les murs en attendant la fin des cours, en réfléchissant à la manière de planquer ses feuilles de pompe.
Et lorsque survint la moindre décision constructive à prendre, il hésite et laisse couler, comme tout anar.
Juin est heureux. Il rêve, il plane, d’où son nom. Du coup, il éparpille ses fêtes à la con en pensant qu’elles intéressent le commun des mortels, plus terre à terre.
Il emmerde les voisins en tapant sur des caisses par sympathie musicale, et embrasse sur la joue ses parents qui lui paye son loyer, ses habits et son avenir. Les mois heureux heureux m'emmerdent.
Juillet est un vantard. Il se la pète en sortant le week-end avec l’armée et marche sur les champs-elysées en demandant aux nantis de se pousser. Il part en vacances
à la mer et revient au boulot pour narguer les collègues sur ses coucheries de plage. Au centre de l'année, au centre des mois, bronzé et chéri par les femmes en maillot, il agace mais se rend
indispensable.
Septembre est raciste. Le ramadan lui donne des ailes patriotiques. Il en a assez de ces musulmans qui se retiennent quand il invite. Marre d’acheter des saucisses
cocktails pour rien. Depuis 2001, le onze l’irrite. Il n’aime pas les gens, c’est comme ça. Alors il impose les rentrées pour humilier les lycéens sans amis, en gerbant sa haine sur ceux qui
n'ont rien demandé.
Octobre est schizophrène. A force de se déguiser en sorcière ou en citrouille, il s’oublie dans l’automne et s’invente de l’anecdote pour se donner bon genre. Triste
comme une révolution, rouge de honte, il a conscience de sa futilité et aimerait changer de peau. A quoi sert Octobre, sérieusement ? Il bouchetronne, tremplin maladroit avant le saut vers
janvier, incapable de se démarquer. Saleté de malade.
Novembre a la goutte. C’est un vieux con. Il pactise avec les morts, toussaint et un pour tous, et célèbre un armistice que les jeunes ont depuis bien longtemps
effacé de leur mémoire. Novembre a sans doute Alzheimer, et tout ce qu’il a trouvé pour combler ses petits-enfants est Thanksgiving, une fête à oublier. Il commence à avoir froid, il se plaint de
la pluie, de ses rhumatismes : l'année courbe le dos, et, tout ce qu'il désire, au fond, c'est d'en finir le plus vite possible.
Décembre est pédophile. Il exploite Noël pour satisfaire les pulsions infantiles. Les jeunes ouvrent la bouche en voyant son sapin et avalent sans sourciller son
histoire du Père Noël. Qu'il est facile de corrompre la jeunesse, avec un peu d'argent et de bons sentiments... La dinde farcie sur la table, les dindons de la farce dans leur chambre, à profiter
de leurs jouets trois, quatre jours, guère davantage. Puis on passera à autre chose. A l'an prochain.
> Message de Gérard Crobard : George-Alain, essaye d'être drôle la prochaine fois. On s'en fout que tu déprimes, ton stage se termine prochainement.
> Réponse de George-Alain Moustiquaire : Va chier, ducon
> Réponse de Gérard Crobard : Peut pas, y a déjà quelqu'un.
> Réponse de Sylvie Vartan : Ouep, désolé. J'ai presque terminé.
> Réponse de Gérard Crobard : Sylvie Vartan ? Qu'est-ce... Qu'est-ce que vous foutez-là ?
> Réponse de Sylvain Vartan : Ca se voit pas, peut-être ? Vous voulez que je vous fasse un résumé ?
> Réponse d'une mousseline de crevettes : Après c'est mon tour, capiche !?
> Réponse du Général Foch : Soldats, en avant !!
> Réponse de George-Alain Moustiquaire : Et allez ! Comme d'ab mon article se fait bousiller à la fin ! Marre putain, marre !
Commentaires