Jeudi 5 juillet 2007
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A l’instant même où Shrek 3 sortait en salles, Amel Bent débitait son nouvel album : A 20 ans.
20 ans, l'âge des conneries. Ce disque en est une belle, mélange de démagogie douteuse et de propagande atlantique.
« On n’en a enfermé pour moins que ça », regrette l’ex-boyfriend d’Amel, en tôle pour avoir assassiné un maghrebin de 30 ans – et sans transformateur
électrique, s’il vous plait.
Ce coup-ci, après avoir exhibé en début de carrière ses penchants sexuels (« viser la lune, ça me fait pas peur »), Amel s’engage. Elle couine, quand
on appuie dessus, et s’engage. Passons rapidement sur le duo avec Diam’s, la boulette, aussi violente pour les oreilles qu’une attaque de l’US Army – les Irakiens, surtout petits, ont cette
fâcheuse tendance à crier de manière peu harmonique lorsqu’ils se font tirer dessus. Ecartons également les restes de poubelles dérobés à trois heures du mat’ chez Maria Carey, pour se
concentrer sur le single.
Nouveau Français. Une chanson engagée écrite par Pascal Obispo. Un peu comme
si Brassens se mettait à faire du hip-hop. Tourné entre deux visites au parloir, le clip est à l’image de sa vedette : une accumulation de fautes de goût trempées dans de l'aïoli. Amel Bent
est peut-être une enfant de la France, mais sûrement pas une enfant de la frange : à croire qu'il n'y a pas que les voitures qui sont brûlées en banlieues, mais aussi les
coiffeurs.
Après consultation du vomi, saluons l’analogie parfaite entre Amel Bent et sa conception du nouveau français : le nouveau français est obèse, riche, stupide, écoute du R’n’B,
du rap, et danse comme un jambon.
Le nouveau français est américain, donc.
De là à dire qu’Amel Bent est américaine, ce serait exagéré : non seulement elle ne parle pas l’anglais – heureusement, d’ailleurs, son français ressemblant à du belge -,
mais elle n’est pas si refaite que ça. J’ai vu sa vidéo où elle essaye des strings, à moitié nue, croyez-moi, elle est plus proche de l’Amel Bentlay que de la belle américaine.
Dans le clip, donc, on aperçoit une parade directement importée de Broadway, des habits de marins, des couleurs étoilées conclues par un salut américain ; ne manquait que les
hamburgers, qu’Amel a probablement dévoré dans la loge. L’intermiteuse du spectacle se permet même de collaborer – c’est le mot – à la chorégraphie, et cette vision d’un cygne bouffi vous prend
le cœur et fait remonter le ketchup.
De Dijon, le ketchup.
Car, pour être franc, Amel Bent aime aussi la France. J’invente rien, j’y ai trouvé dans le texte, en marchant dessus dans la rue. Je me suis essuyé puis penché sur les paroles, qui valent le
coup. Sincèrement. On dirait du Henri Guaino, le parolier de Sarkozy. Sauf qu’à côté, la merde d’oiseau est gracieuse.
Oui, « faut pas qu’on oublie » qu’on est français avant tout et qu’on est tous assis « sous le même drapeau », chante-t-elle à son public,
eux, ces adolescentes embouteillées dans des immeubles sans verdures qui voient parfois des mercedes égarées dans la brume banlieusarde. Oui, Amel, « sans même un besoin de
reconnaissance ! », oses-tu affirmer, comme philosophie !
C’est bien vu : y a même plus besoin d’être raciste, si les étrangers se mettent à penser comme nous.
Amel Bent, tu l’aimes ou tu la quittes. Mes valises sont prêtes.
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