Bernard Laporte vient de donner sa liste des soldats engagés sur le front de la prochaine Coupe du Monde de Rugby. Grand ami de Nicolas Sarkozy et futur collaborateur du
gouvernement au côté de Roselyne Bachelot, Laporte apprécie notre nouveau président. « C'est un homme charismatique, qui prend des responsabilités mais n'agit pas par
intérêt », avouait-il en mars à l’Express (1). C’est donc une liste très légèrement influencée par cette sympathie que nous a concocté l’ami Bernard :
Pilier : Eric Besson, Philippe Seguin, Roselyne Bachelot
Poste de spécialistes, dévoué à des forces de la nature, le pilier se doit d’être solide et hargneux en phase de conquête. Chiper les balles en mêlée par des coups tordus, ne
douter de rien en voyant défiler devant soi des ailiers néo-zélandais, le pilier est généralement fou, endurant et vicieux. Un animal politique redoutable qu’incarne à la perfection Eric Besson,
prêt à sacrifier son âme pour le besoin de sa carrière. La sélection de Roselyne Bachelot s’explique ici par sa constitution physique impressionnante.
Troisième ligne aile : Brice Hortefeux, Arno Klarsfeld, Jean-François Copé
Prince du plaquage et de l’intervention décisive, le troisième ligne aile n’hésite jamais à maltraiter les demis d’ouverture adverses pour faire triompher l’équipe. Une belle bête
de combat vive et robuste, capable d’intervenir sur tous les fronts. Ses interventions sont ainsi particulièrement redoutées, et son sens de la répartie fait souvent mouche dans les plateaux
télévisés. Même si, à vouloir trop déverser sa morve calculatrice, le troisième ligne aile se les brûlent occasionnellement – Laporte aura donc pardonné à Hortefeux sa médiocre sortie sur les
proportionnelles.
Troisième ligne centre : Jean-Claude Gaudin, Michèle Alliot-Marie
Joueur d’expérience, le numéro 8 dirige ses coéquipiers en mêlée. Braillard et puissant, il n’est pas très sensuel, mais apprécie les challenges difficiles et les postes à
responsabilités. S’il ne sera jamais chef d’orchestre, à son grand dam, on peut compter sur lui dans les moments difficiles pour conserver un score favorable ou lancer une pique qui fait mouche
en plein second tour des législatives.
Talonneur : André Santini
Cacique de la mêlée, le talonneur tient un rôle de l’ombre pourtant primordial. Ce n’est pas celui qui fait bander, pas celui qui vend des maillots, et pourtant : par ses
facultés de percussion, il assomme les adversaires par ses pointes d’esprits et ses coups de tête dans la tronche. Bon vivant, excellent camarade, le talonneur rayonne le vestiaire et contribue à
la bonne humeur essentielle pour la victoire. Un Candela ovale qui sied parfaitement à André Santini.
Deuxième ligne : Philippe Douste-Blazy, Patrick Devedjian
Le plus souvent très grand pour aimanter les ballons en touche, les tâches ingrates et les dossiers secondaires ne lui font pas peur. Si on lui accorde la permission, il se joint
aux offensives pour porter l’estocade décisive. Mais voilà : il n’est qu’en deuxième ligne, pas en première. Pas suffisamment décisif et manquant de personnalité, il n’est qu’un rouage de la
machine.
Demi de mêlée : Nicolas Sarkozy
Charnière de l’équipe, plus petit que ses coéquipiers, il brandit son agilité et sa vivacité. Il commande ses avants, face au jeu, profitant de son intelligence tactique
supérieure. Il profite du travail de labour de ses camarades pour décider de l’orientation du jeu et des stratégies de campagne. Il aime surprendre l’adversaire en jouant au pied, en se mettant
parfois à dos le public et les opposants par ses choix téméraires. Bernard Laporte espère que l’état de grâce actuel du nouveau président se perpétuera jusqu’en septembre.
Demi d’ouverture : Claude Guéant, François Fillon, Henri Guaino, Alain
Finkielkraut
Il influe directement sur la marche à suivre, le plan de bataille. Lié au demi de mêlée comme un vautour à son cadavre, l’ouvreur déploie sur le terrain ses flèches grâce à un
admirable jeu au pied. Occuper le terrain, trouver les angles d’attaques, les touches parfaites, les discours rassembleurs et les idéologies douteuses : voilà son credo, sa mission.
Centre : Hervé Morin, Christian Blanc
Pouvant perforer les lignes adversaires, il n’hésite pas à recourir à la force pour sauver les situations périlleuses. Polyvalent, hâbleur, cultivant le goût du sacrifice pour son
maître, le Centre est le parfait garde du corps du deuxième rideau. S’il possède un bon jeu au pied, il en laisse généralement le soin au demi d’ouverture, occasionnant là quelques
rancoeurs : ambitieux mais devant respecter l’équilibre de l’équipe, le Centre est versatile.
Arrière : Alain Juppé, Jean-Louis Borloo
Dernier défenseur et premier attaquant, l’arrière est souvent en retrait, laissant la lumière à ses camarades. Si besoin est, le surnombre l’appelle et il participe alors à la
construction, s’intercale. Face au jeu, il voit tout et sert de phare – tel le crâne de Juppé, reflétant parfaitement la lumière du jour. Intelligence et sang-froid de rigueur – la réception des
chandelles n’étant pas à la portée du premier André Santini venu -, l’arrière peut également taper les pénalités et les transformations, se substituant ainsi au demi d’ouverture. C’est, en
quelque sorte, un ministre-bis.
Ailier : Bernard Kouchner, Rachida Dati, Valérie Pécresse, Christophe Dominici
Rapide, toujours en mouvement, il vise l’essai et profite du boulot de ses amis pour finir le travail, Jouant sur ses appuis et sa tonicité, l’ailier, une fois lancé, est
difficilement rattrapable. Opportuniste, il n’est jamais là où on l’attend, prenant à contre-pieds les adversaires pour filer droit au but. Généralement mince et sexy comme un Dominici, l’ailier
est la touche glamour de l’équipe, celle qui fait chavirer le public inculte et influençable.
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