Mercredi 23 mai 2007
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17:00
Salut, c'est Georges
Chetochine, spécialiste du décryptage du comportement. Vous avez notamment pu m'apercevoir dans l'émission "Y pas photo", de Bataille & Fontaine. Pour le Blog de Myblack, je vais analyser la
photo officielle de Nicolas Sarkozy, destinée à nos mairies, écoles et futurs livres d'histoire.
Réalisée par Philippe Warrin, de l'agence Sipa, le cliché frappe d'emblée par la posture droitière de notre président. Icône glaciale et monotone des lendemains qui déchantent,
dans une pièce faiblement éclairée par l'espoir incarné par la gauche de remporter les prochaines législatives.
L'image est immobile : le président, inerte, semble déjà dépassé par son rôle. Dans son smoking au couleur de l'orage, il esquisse faiblement un demi-sourire de victoire. Manque de
dynamisme coupable, antinomique à l'homme.
Placé devant le drapeau français, il entend redonner la prédominance du chef de l'état sur sa nation. La présence de drapeau européen inquiète : veut-il signifier à ses collègues
du vieux continent que, désormais, il dictera la marche à suivre, au premier plan ? Posture napoléonienne, corps orienté à droite, menace planante sur la Turquie. Les étoffes semblent d'ailleurs
couchées, mortes, endormies à jamais sur la bibliothèque : le président Sarkozy fera de son règne une monarchie, et gare à ceux qui se mettront sur sa route ! Le blason faisant office d'oreille
est révélateur : à l'écoute, attentif aux bruits de couloirs et aux critiques, il fera de son quinquennat un modèle de régime contrôlé par la presse et les médias.
Regardons attentivement sa main : l'auriculaire, accoudé au pouce, exprime, dans la liturgie indienne, l'ambition. On le sent sur ses gardes, anxieux, contrarié par la pose :
l'homme aurait tant aimé être ailleurs, en train de pourchasser les inégalités ou les sans-papiers.
La bibliothèque de l'Elysée manque de vie. Nicolas n'est pas très cultivé, nous le savons bien. Au microscope, les poussières se dessinent sur les livres : ils n'ont pas été
caressés depuis un moment, les pauvres. Ces bouquins donnent une impression de grandeur qui colle mal au personnage.
Son début de bedaine est troublant, pour un sportif de ce rang. Il rappelle le vorace président Chirac, affalé sur ses dossiers et ses quatre-fromages. Beaucoup moins svelte qu'une, prenons un
exemple au hasard, Ségolène Royal, il décalque mal son portrait entretenu durant sa campagne. Cette gravure est, en réalité, la véritable allégorie de Sarkozy. La triste et sinistre réalité.
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