Dimanche 20 mai 2007
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Immense raclette que le Parti Socialiste, assemblage de politiciens essayant de tirer toutes les spatules de leur côté, quitte à provoquer l’indigestion des électeurs. Illisibilité totale,
incarnée par son premier secrétaire François Hollande, incapable de fédérer les forces de la gauche pour la sortir du micmac où elle est empêtrée depuis la retraite sportive de Lionel
Jospin.
« Tout va très bien », madame la marquise Hollande, tout va très bien en dépit d’une 3ème élection présidentielle perdue malgré une conjoncture favorable. Son
« grand parti socialiste qui couvre tout l'espace de la gauche jusqu'au centre-gauche» conforte le PS dans son antagonisme. Trop de courants, trop de formules, de menus :
ça sent le fromage.
Un fromage à pâte molle pour Hollande, le rassembleur du Congrès du Mans de novembre 2005, artisan de la synthèse fourre-tout ébauche au pacte de Ségolène Royal. A vouloir
satisfaire à tout va, on s’enlise dans l’immobilisme. Tant que le PS n’établira pas un projet commun, clair et établi, la droite aura les coudées franches. Hollande, malgré 10 ans passés à sa
tête, n’en a pas été capable. La gauche qui plaît à Sarkozy est celle des époux Royal, impuissante, qui gouverne en solitaire. Ségolène jouait beaucoup trop esseulée face à l’équipe UMP dévouée à
son numéro 10.
Un problème d’emmenthal pour Dominique Strauss-Kahn. Il s’oppose à Hollande, mais a refusé l’alliance bayrouiste. Il rêve de la social-démocratie, sans oser passer à la réalité.
Qu’attend-il ?
Défenseur du « non » à l’Europe, Laurent Fabius est un peu le camembert du parti, renfermé. Une tendance au repli sur soi, au protectionnisme européen. La France
avant tout ! Déçu de ne pas être Président à la place du Lepetit de l’UMP. Comme Jack Lang, le vieux bris un peu faisandé.
Julien Dray est le Saint Sectaire, le gentil qui diabolise le Satan Sarkozy, stratégie destinée à contourner l’incohérence et la faiblesse du programme de sa madone. Maintenant que
l’enfer a gagné, prends garde à tes plumes, Julien.
Du Bleu aussi, avec Arnaud Montebourg, le maladroit porte-parole. Limite de l’amateurisme, insouciance de la jeunesse ne pouvant résister à la tentation de l’humour chez Denisot.
Problème de compréhension avec le premier secrétaire. Il aurait du s’inspirer de Roselyne Bachelot, la Vache qui Rit, qui ne fait jamais d’ombre à ses supérieurs. Problème : pendant la
campagne, les ténors de la gauche roulaient tous pour Royal, mais sans passer par le même chemin. Crash au rond-point prévisible, finalement.
Le PS est un gruyère dont les membres s’échappent par les trous. Beau, fort, Kouchner a ainsi déserté le frigo pour la table d’en face. Il n’est plus membre du parti, lourdé par
Hollande. Motif ? On ne collabore pas avec l’ennemi. François s’est d’ailleurs plaint des « débauchages individuels » de Sarkozy. C’est Ségolène qui va être contente en lisant ça,
elle qui s’est échinée à draguer du centriste devant des millions ( ?) de téléspectateurs. La Chabichou du Poitou souhaiterait se voir confier la tâche de rénover le parti, dépoussiérer les
meubles. Mais avant de réformer la cuisine socialiste, il faudra d’abord penser à s’occuper du cuistot.
Pour éviter, en 2012, de finir en fondue.
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