Partager l'article ! Sous le signe du jumeau: Bon bah voilà les présidentielles sont terminées. On remettra une couche d'élection les 10 et 17 ...
Bon bah voilà les présidentielles sont terminées. On remettra une couche d'élection les 10 et 17 juin, comme ça, pour occuper le calendrier, mais d'ici-là on est relativement tranquille. Le plus dur est derrière nous, et n'y voyez aucun fantasme de ma part. Avant de refermer le dernier des volets de cette fenêtre, ayons une pensée pour les malheureux battus. Non, pas Royal ni Bayrou. Ceux qui ont été humiliés. Ceux qui attendaient monts et merveilles du dépouillement et sont revenus la queue entre les jambes, frustrés. Que vont-ils donc devenir, les pauvres ? Leur seule et unique issue, pour capitaliser leur relative notoriété, est de changer de voie. Télévision, bande dessinée, radio, cinéma : tout est possible ! Le Blog de Myblack a choisi, humaniste qu'il est, de leur faciliter la tâche. Voici donc, pour chacun des candidats, le profil d'artiste - au sens large du terme - leur correspondant le plus.
Gérard Schivardi /
Greg le
Millionnaire
Troublante ressemblance entre l'ex loser de l'élection (0,3%... on en rit encore dans les chaumières) et le pathétique candidat de la télé-réalité. Avant de devenir célèbre, les deux compères exerçaient le métier de maçon - selon Télé 7 jours -, profession rapidement délaissée par le succès et les poignets de mains des foules admiratives. Pugnaces (dans l'acharnement à se présenter comme le "candidat des maires" pour l'un, dans la ténacité à draguer Marjolaine pour l'autre), Greg et Gérard ont su faire oublier un vocabulaire déficient et un illettrisme coupable pour mettre en avant une sympathie travaillée à la force du poignet. Charisme, problèmes financiers, col de chemise déboutonné : les points communs fourmillent. Il ne reste plus, pour Schivardi, qu'à signer dans la nouvelle mouture du Loft sauce TF1 et d'y baiser une rousse dans la piscine pour que la fête soit complète.
Marie-George Buffet /
Laurent Ruquier
Aux convictions dépassées (Communisme 1919 pour Buffet, Almanach Vermot 1932 pour Ruquier), ces deux binoclars aux cheveux blonds cachent leur mal être par une félicité factice. Entourés par des grincheux indéfectibles (Robert Hue, Gérard Miller), les deux leaders font peine à voir. C'est pourtant Ruquier qui s'en sort le mieux : l'audience de son émission se maintient, contrairement à celle du Parti Communiste. Favorable au mariage des couples homosexuels, Marie-George a bien tenté un rapprochement avec l'humoriste : hélas, il ne mange pas de ce pain-là (il vote Royal).
José Bové /
Popeye
Il serait trop simpliste de réduire l'absence de dichotomie entre José Bové et Popeye par la présence d'une simple pipe. Tout deux gros bouffeurs de légumes, ils sont adeptes d'un look, d'une façon de vivre étrange. Si Popeye préfère terrasser le méchant Brutus qu'un MacDo, c'est parce que son ami Gontran adore se goinfrer d'hamburgers. Fiancé à ce laidron d'Olive, Popeye est simplement un amoureux de la nature et de la mer qui n'hésite pas à se montrer colérique si on le prend par les sentiments : un peu comme José, finalement, dont les prises de positions le mènent tout droit en prison. Seule différence, mais de taille : si Popeye le marin navigue à bon bord, Bové a profité des présidentielles pour couler.
Arlette Laguiller /
Madonna
Dernier bastion encore en vie des troublantes années 80, Madonna possède une arme que Laguiller ignore : la chirurgie esthétique. Du coup, elle cache l'affadissement de sa carrière et les rides artistiques qui l'accompagnent par des baisers sur la bouche avec Britney Spears. Arlette s'en inspire : elle aussi souhaite passer la main à une jeunette pour l'avenir. Mais à force de s'auto-imiter, la sirène de LO est maintenant éteinte : dur, dur d'être encore concurrentielle face à un rappeur de la révolution comme Besancenot - deux excellents albums à son actif, à près de 5% d'exemplaires vendus.
Dominique Voynet /
Un Bisounours
Elle a toujours le sourire, Dominique. Une vraie Bisounours de la politique, convaincue que l'avenir réside dans l'éolienne et les parterres de fleurs en plastique. Dans le monde merveilleux de l'écologie politique, entourée de ses amis Mamère, Cochet et Lipietz, Voynet fait de sa candeur un atout, au risque de tomber bien bas : 1,57%, plus précisément. Discours assommant, électeurs qui baillent : allez, à peluche, Do-Do.
Frédéric Nihous /
Un réchaud à fondue
Le défenseur de la ruralité a passé sa campagne à broyer du Vert. Cible prioritaire : Voynet, bien entendu. Des attaques cinglantes ayant animé les vacances électorales d'un gars pas si bourrin que ça, en réalité : président d'une association de chasseur de pigeons, mais titulaire d'un DEA en droit économique. Le lien avec le réchaud à fondue, me direz-vous ? Aucun. La ressemblance est, ici, purement physique.
Jean-Marie Le Pen /
Le Capitaine Haddock
Personne n'est dupe : sous sa casquette, Haddock cache un racisme virulent. S'en prenant fréquemment au pauvre Tryphon Tournesol (d'origine bulgare) et au malheureux Abdallah (un arabe, tiens...), le capitaine est un proche de Tintin, célèbre pour ses frasques colonialistes au Congo. Ecumant les mers de la politique depuis plus de quarante ans, Le Pen, comme Haddock, apprécie l'inventivité de la langue françaises : les insultes antisémites du fougueux marin ne sont pas sans rappeler les dérapages verbaux du pirate borgne. Replié dans son château de Moulinsart, à l'abri des invasions barbares, il faut le voir s'exciter dans l'album "Les bijoux de la Castafiore" en apercevant les tziganes s'installer dans le jardin ! Mais si, en 2002, c'est Le Pen qui aboyait le plus fort, en 2007 le stentor est dorénavant... Milou.
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