Curriculum vital

2030. Je travaille pour une boîte dont le produit est l’humain. Chaque jour, je supprime les produits périmés. C’est simple, il n’y a qu’à appuyer sur un bouton.

Rémunération de l'auteur

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Avis aux retardataires

Pour une meilleure compréhension du récit, veuillez vous rendre ici et lire à partir de l'article le plus vieux.
Vendredi 30 novembre 2007
 
24-h-bauer-copie-2.jpg  Ces évènements se sont déroulés le 21 novembre, en France. 
Prière de lire auparavant : 
- L'épisode 1
- L'épisode 2
 
18 : 00
 
J’apprends que Myblack a été critiqué par un ancien lecteur, qui déplore « la perte totale d’humour » des derniers articles. La cellule m’impose de ne plus être drôle jusqu’à la fin de l’épisode, afin de montrer à ce récalcitrant la réelle différence entre un article involontairement pas marrant et un article volontairement sans humour.
 
18 : 25
 
Tony Almeida, à qui j’ai filé le signalement de l’homme détenant le brownie capable d’atomiser Paris, parvient à décrypter son identité : il s’agirait de Jules Williams, un ancien militaire britannique.
 
18 : 32
 
J’hèle un taxi pour me rendre à la résidence de Jules Williams. Il n’y est sûrement pas à l’heure actuelle, mais sans doute un ordinateur portable m’y tend les bras. L’endroit est éloigné, en banlieue parisienne, dans une zone de non-droit. Les volets sont clos. Les murs sont défraîchis. J’entre, inquiet.
 
18 : 48
 
Rien de vraiment intéressant. Des feuilles en vrac, quelques miettes. Les mains dans les poches, je sors de la demeure. Des jeunes entourent la voiture, en riant grassement.
-        « Bonjour. Ici Jack Bauer. »
-        « Oué ? Kes tu ve ? »
-        « Le véhicule motorisé dont vous semblez apprécier la pertinence semble m’appartenir. »
-        « Lol oué ok. D’akord. T’es de la police ou koi ? »
-        « Oui. Enfin non, je travaille pour le gouvernement, pour être plus précis. »
 
18 : 53
 
Je décède dans d’atroces souffrances, le corps en lambeaux, massacré à coups de cutter, de pieds et de crachats.
 
FIN
Par Myblack - Publié dans : Culture et Divertissement
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Mardi 27 novembre 2007
24-h-bauer-copie-1.jpg  Ces évènements se sont déroulés le 21 novembre, en France.

Prière de lire auparavant l'épisode 1 : sinon vous allez rien piger
 
10 : 00
 
Ici Jack Bauer. Je dois me rendre au plus vite au 24, rue Grégory Lemarchal, pour intercepter un brownie piégé capable d’atomiser Paris. J’achète un plan de la capitale et tente de me guider parmi les méandres des pages. Au même instant Chloé, de la cellule, m’envoie par erreur une photo libidineuse mélangeant sans retenue un hippopotame et Yasser Arafat. Elle s’excuse par SMS puis m’informe qu’elle a ses règles, représentation en 3D à l'appui.
 
10 : 11
 
Je regarde ma montre : il est 10 heures 11.
 
10 : 12
 
Un taxi doit m’attendre à la surface ; en plein escalator, je tombe sur Clémence, en larme. Dans l'épisode précédent, ses parents ont été tués par un membre de la cellule. « Jack, Jack ! C’est affreux ! Mes parents ont été tués ! »
 
bauer-ne-part-pas.jpg  « C’est arrivé tout à l’heure, un voisin vient de m’avertir. Je… Bon sang, Jack, je suis déboussolée ! »
 
Ses tétons pointent farouchement dans ma direction. J’ai envie de l’embrasser en lui caressant la peau, cette peau avenante et sensible baignée de pluie, puis me rends compte que les scénaristes axent trop la narration de la série sur le cul. Je console discrètement Clémence en lui pelotant les fesses puis la confie à Tony Almeida, qui attendait hors plateau.
 
10 : 17
 
Voilà le taxi. Dans son sein – décidemment -, se cache les Grosses Têtes, jouées à la radio. Le conducteur me demande si je suis du coin. Afin de conserver mon anonymat, je me fais passer pour l’amant d’Arlette Laguiller. Il ne dira plus rien jusqu’à la fin du trajet.
 
10 : 40
 
24, rue Grégory Lemarchal. Nous y sommes. Une rue tranquille, typiquement parisienne. A quatre pattes, je longe la façade de la boutique, m’autorisant par à-coups des regards en périscope. Pas de clients, simplement une vendeuse plutôt moche.
 
10 : 50
 
chapeau-copie-1.jpg  « Bon, récapitulons : j’entre à l’intérieur de cette pâtisserie et je fais exploser le comptoir, ainsi que la vendeuse. »
 
10 : 54
 
malade.jpg  Apparemment, ce n’était pas une vendeuse, mais un vendeur. Encore un qui ne gonflera plus le trou de la Sécu. Parmi les éclats de verres brisés et les baguettes décomposées, je recherche mon fameux brownie.
 
10 : 57
 
Il n’y a rien, ici, seulement des téléphones portables, des recharges et des vieux Minitel. Perplexe, je sors du magasin. Merde ! J'ai défragmenté une agence SFR ! La boulette.
 
11 : 04
 
En fait je m’étais trompé de rue, lol. Bon, cette fois-ci c’est la bonne. Néanmoins, je débute une rapide filature, la plus discrète possible. Une seconde erreur serait rédibhitoire. J'ai jamais su écrire ce mot, comme plein d'autres d'ailleurs. Vous croyez que c'est facile de lire des livres quand on sauve le monde tous les ans ? Non ? Alors MrCQFD, par avance, la ferme !
 
11 : 13
 
Un monsieur entre dans le magasin et s’offre un éclair à la vanille. J’en averti Tony Almeida.
 
11 : 14
 
tony.jpg  « Ouais Tony ? De quoi ? Tu peux pas me parler là ? T’es occupé avec Clémence oui de quoi ? Tu l’interroges ? Comment va-t-elle ? Pardon ? Tu sens que ça viens ? Comment ça ? Comme une reine, tu dis ? Bon, d’accord, je vais te laisser. Salut Tony ! ». Je reconnais bien là le grand professionnel, prêt à tout pour noyer le poisson.
 
11 : 19
 
Salut jovial, sourire assuré : je ne dois rien laisser transparaître de ma mission. « Bonjour, un brownie s’il vous plait », je quémande à l’employée, lui montrant le dessert par le biais de mon pistolet tâché de sang. « Et avec ça, ça sera tout ? » « Oui, merci. » « Ca fera 1 euros 20 » « Très bien, attendez. » Je cherche dans mes poches. Tiens. A court. Merde. J'ai pourtant pas dépensé beaucoup, si ? 23 euros ? Le titre, connard ? Ah oui, le titre de la série. Merde. « Ca fera 1 euros 20 », me répète la commerçante. «Ecoutez je vous rembourse dans la saison 8, ça marche ? ». Dodelinement de tête horizontal.
 
12 : 41
 
Près d'une heure vingt que je fais l’aumône, déguisé en Africain grâce à du cirage à chaussure. Les gens du nord ne me regardent même pas, la tête dans le vide et le pas de Calais. Et pendant ce temps, mon dessert patiente...
 
12 : 51
 
Je décide de changer de tactique et me lave le visage, pour redevenir un SDF européen.
 
12 : 53
 
Une vieille dame m’offre un billet de dix euros. A moi le brownie !
 
13 : 01
 
Enfer et damnation : la relique chocolatée s’est volatilisée ! J’interroge la commerçante. « Oui, effectivement, un homme a acheté le dernier brownie. Oh, je dirais il y a 20 minutes. » Les dialogues sont creux, l'intringue est balbutiante. Je crois que j'aurais dû accepter de jouer dans ce remake de Pif de Hercule, avec Al Pacino. Les premiers regrets arrivent, et il n'est que 13 heures.

 
13 : 04
 
Je suis dans la merde. Je vais encore me faire engueuler par l’agent X. Dire qu’à Paris circule actuellement un dangereux criminel en possession d’un brownie dévastateur. Je dois agir. Je débusque non sans mal un Cybercafé et file sur Emule, où, logiquement, cet épisode devrait déjà être en ligne depuis trois jours. Oui ! Il l’est ! Normalement l’achat du terroriste a dû être filmé, si… Oui ! Parfait ! Je capture l’écran avec mon appareil photo numérique 3G-9x3L et paye les 50 centimes de pourboire à la tenante du bordel informatique.
 
homme-mysterieux.jpg  « Ce mec porte un bonnet. Hum… Sûrement un préfet… »
 
13 : 12
 
Je maîtrise dorénavant le visage de ce malandrin. Ne me reste maintenant plus qu’à le croiser par hasard dans la rue pour l’interpeller. La température s’est envolée ; la chaleur me remémore ces missions de jeunesse où je sauvais des gazelles des griffes de contrebandiers britanniques. Les tribus locales me défiait, j’étais leur sauveur. Ah, les Africains… L’avantage avec Paris, c’est que je ne suis pas dépaysé.
 
13 : 25
 
Nicolas Sarkozy vient de demander que les responsables des sabotages soient punis « avec la plus extrême sévérité ». Il préfère se taire pour l’instant concernant l’affaire du brownie piégé. Une émeute de plus d’évitée.
 
 
 
13 : 43
 
Alors que je scrute chaque quidam en le comparant précautionneusement avec mon portrait-robot, je tombe nez à nez avec une manif anti-grèves. « Nous sommes pris en otage ! Nous sommes pris en otage ! », gueulent-ils comme un seul vieux. Etrange. Je ne vois pourtant aucun musulman à l’horizon.
 
14 : 00
 
Mon orientation vacille : le possesseur du brownie se fait taiseux. En voulant  essuyer ma bouche pleine de barbe à papa - je n'y résiste pas -, j'ai sali le portrait-robot : du coup, je suis obligé de rajouter de la barbe à papa sur le visage de chaque humain que je rencontre pour le comparer avec la photo. Peu pratique. Je décide de manger la photo.

14 : 11
 
J’aperçois Oussama Ben Laden dans un photomaton. Moment d’angoisse. Blanc dans la conversation. Il me confirme n’avoir jamais aperçu l’inconnu au brownie. « Très bien. Merci quand même, monsieur Ben Laden. »
 
14 : 16
 
Incroyable ! Quelle chance ! Une veine pulmonaire ! C’est lui ! Le robot du portrait ! Sans plus attendre, je lance une grenade lacrymogène près de la poubelle, pour l’immobiliser. Il en réchappe, malgré les bras d’innocents implorant à l ‘aide. Le filou grimpe l’escalator, à pleins tubes, comme un petit filou tube

14 : 17

La cellule me bigophone et m'implore d'arrêter les jeux de mots merdiques. Très bien.
 
14 : 18
 
Course-poursuite effrénée à travers la moquette de la galerie marchande. Les touristes se jettent à terre comme si leur vie en dépend ; remarquez, c’est le cas. Les balles fusent. J’inaugure un tir de mortier qui pulvérise un fleuriste. Les onagres ennemis manquent de m’assombrir à jamais. Je déploie les archers en diagonale. Expérimenté, rengorgé d’audace, il ne se laisse pas faire : il dépose son cavalier près de ma tour. Mon fou est bloqué. Seule ma reine résiste à ses avances, cette frigide. Tant pis, je cours le risque. Touché ! Décontenancé, il s’enfuit vers l’ascenseur.
 
14 : 25
 
Nous prenons l’ascenseur ensemble. 3ème. Ambiance tendue. On ne sait jamais quoi dire dans ces moments-là. Ah. La porte s’ouvre : il redémarre en trombe ! Le centre commercial est bordé d’achoppes tapageuses nuisant à la lisibilité du parcours. Par chance mon sprinteur a marché en plein sur une marmite du Nutella négligemment laissée à l’abandon par Louis la Brocante. Je peux ainsi suivre ses pas parmi la foule copieuse.
 
14 : 32
 
Des jeunes font du micro-trottoir. Ils sont quatre. Deux groupes de deux. Je dois prendre à gauche pour les éviter, vite, vite ! « Bonjour monsieur, c’est juste pour une question ! » Je n’ai pas le temps !! Cassez-vous !! « Ca ira vite : que pensez-vous de la politique nucléaire guatémaltèque et de ses répercussions sur la mer Caspienne ? » Tir de mitraillette ; leurs papiers voltigent. Je m’écroule sur les cadavres qui entassent désormais le parquet. Au loin mon acolyte me bras-d'honneure, fier comme un Turc. Il a gagné la guerre. Mais il n'a pas remporté le combat. Non euh attendez c'est l'inverse il a gagné la... Bref.
 
15 : 00
 
[En raison de la grève des scénaristes et de l’intensité de la vie amoureuse de Myblack, cet épisode sera privé de péripéties de 15 heures à 17 heures. Avec toutes nos excuses.]
 
17 : 01
 
Hôpital Julien Dray, paris 5ème. Dans la bataille, des miettes de brownie se seraient détachées du reste de la pâtisserie. Un homme aurait été contaminé. Je m’approche du patient.  
 
miettes.jpg  « Je…. dites à ma femme… dites à ma femme que je crois aux chances du Modem pour les prochaines municipales… »
 
Le pauvre homme délire. La sueur perle son front. On se croirait en plein bassin olympique, du chlore sous les narines. « Je… je t’aime, Charlotte. », m’affirme-t-il. Je rougis, un peu gêné : on ne m’avait jamais parlé comme ça.
 
17 : 21
 
Retour au centre commercial. J’examine les quelques miettes éparpillées sur le sol. Une enquête minutieuse se prépare. Qui ne sert probablement à rien, mais de toute manière je n’ai rien de mieux à faire, alors…
 
17 : 38
 
Voilà. J’ai terminé. Bon. Je ne me sens pas très bien. Une sorte de malaise. Un sentiment d’évanescence des fonctions vitales. Burp.
 
17 : 42
 
Le capuccino de ce matin a envie de s’expulser des frontières de mon corps. Ce sac à main, peut-être… hum… Non, je suis filmé et vu par des millions de téléspectateurs, mauvaise idée. Gaouga vite je commence à… Ce centre commercial est gigantesque, bordel…
 
17 : 43
 
« Poussez-vous, poussez-vous, que je pousse à mon tour ! » Les toilettes sont là-bas, prions pour éviter le mirage ! Poussez-vous !! Qu’est-ce que… ??
 
fou.jpg  « Plus un geste ! Je suis un méchant, et vous le gentil ! Et je tiens une autre gentille ! »
 
Clémence, tenue en joug par un méchant. Je reconnais ce lascar, il avait effectué une apparition dans la saison 2. « Jack Bauer ! Donne-moi les codes de la bombe nucléaire, ou je descends cette poufiasse ! » La situation se crispe. Et cette envie de… qui m’oppresse… Enfoirés de scénaristes !
 
17 : 44
 
« Jack, Jack, ne lui dis rien ! Laisse moi et vas t-en ! », m’hurle Clémence. Je n’en demandais pas tant : à toute vapeur je me faufile entre les balles et me réfugie, bienheureux, dans les toilettes.
 
17 : 59
 
Oulla. Ca va mieux. Et ben. C'est pas joli-joli. Le prochain qui passera ici ne sera pas déçu du voyage. Un peu honteux, je m’extirpe du cabinet, prêt à attendre le dernier épisode de la saison. Oh, bonjour mademoiselle. Vraiment charmante. Un sourire maquillé de sous-entendus. Non attendez mademoiselle, pas par là ! Non !! Nooon !!

nonnn.jpg  « Nooon ! L’autre cabinet ! L’autre !! Pas celui-là ! Nooooooooooon ! »
 
 
A suivre
Par Myblack - Publié dans : Culture et Divertissement
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Dimanche 25 novembre 2007

24-h-bauer.jpg  Ces évènements se sont déroulés le 21 novembre, en France. 

 
Mercredi 21 novembre
 
1 : 00
 
Ici Jack Bauer. J’apprends par le gouvernement que des lignes TGV seraient sur le point d’être sabotées par des terroristes de Sud-Rail. Leur leader Christian Mahieux, un ancien membre des FARS (Force Anarcho-révolutionnaire syndicaliste), demanderait 37,5 ans de cotisation de rançon. Une offre jugée « inacceptable » par le gouvernement, qui me demande d’intervenir au plus vite. Rentrant tout juste d’une soirée Erasmus, je décide de m’accorder 20 minutes de repos, une micro-sieste récupératrice.
 
4 : 00
 
Et merde : mon réveil n’a pas fonctionné. Sonné par le gouvernement – un appel de l’agent N -, je dois me rendre Gare d’Austerlitz pour y rencontrer X, un intermédiaire à la solde de l’Etat. Sur mon répondeur, j’apprends que ma fille a été capturée par des pirates somaliens pour la 5ème fois de la semaine. Interloqué par ce non-évènement, j’actionne la cafetière puis me rends aux toilettes.
 
4 : 02
 
Je fais caca.
 
4 : 35
 
cafetiere.jpg  « Boum ! » Je sors précipitamment des chiottes, alerté par le bruit. Palsambleu ! La cafetière vient de me rendre l’âme. Une erreur de dysfonctionnement du fil dentaire, probablement. Décidément… Sabotages, explosions… Ne manquent plus que les Allemands pour que la fête soit complète.
 
4 : 42
 
Me préparant à partir, je remarque, bondissant sur un radiateur, une araignée. Elle est petite mais vivace. Il s'agit probablement d'une Pisaura mirabilis.
 
4 : 44
L’araignée, immobile, est désormais sur la table basse. Elle m’observe.
 
4 : 49
 
m--tro-bauer.jpg  L’insecte s’en prend maintenant à ma lampe, au plafond. Subjugué par sa prestance, j’hésite à tout foutre en l’air et arrêter ce métier débile. Le doute fait place à la certitude et l’envie de tout plaquer s’imprègne en moi.
 
4 : 53
 
Finalement l’araignée a été mangée par un varan qui l’attendait, silencieux, derrière l’imprimante. Je peux partir d’ici, l’esprit libéré.
 
5 : 36
 
Zone d’ombre sur la ligne 10. Autour de moi règne un silence de cathédrale, Bruno Pelletier en moins. Les humains paraissent avoir été sacrifiés de la place. Ont-ils été atteints par un gaz toxique ? Par un sketch de Michel Boujenah ? Devant le manque d’informations de la part du guichet 3, je choisis de tenter la ligne 9.
 
5 : 51
 
Foule massive et compacte sur le quai. Les odeurs de transpiration m’assaillent de toutes parts. Les petits vieux se mêlent aux étudiants pour former un fil barbelé ; face à eux se dresse le calme, entrecoupé d’annonces apocalyptiques. « En raison d’un mouvement social, le service sur la ligne 9 est quasi-nul. » « « En raison d’un mouvement social, le service sur la ligne 9 est quasi-nul. ». Pris de panique, j’abats une grosse rousse.
 
6 : 17
 
Appel du gouvernement. Mon portable retentit froidement (j’ai réglé la sonnerie sur « Happy Loop »). « Jack Bauer ?! Des lignes viennent d’être détruites ! Qu’est-ce qu’vous foutez, bordel de merde ? », me demande l’agent N « J’attends le métro, je réponds. Dites, la ligne 9 elle s’arrête à Raspail ou pas ? J’ai un doute ». Il raccroche, furieux.
 
6 : 34
 
Toujours pas de métro. Finalement, je crois que j’aurais dû prendre l’hélicoptère garée sur le toit de mon immeuble. L'ambiance s'est appesanti. Les Parisiens autour de moi sont furax, dépités, en larmes. On implore de l’aide, des secours. On crie, on hurle, on gigote. Un handicapé perd l’équilibre après s’être vu fauché ses béquilles. Le chien d'un clochard, ne sachant plus où donner du sifflet, se met à coasser. Sagement, je rentre chez moi.
 
m--tro.jpg  Certains usagers, lassés de patienter vainement, mettent fin à leurs jours.
 
7 : 00
 
C’est pas pour me vanter, mais fait vraiment pas chaud ce matin. Les rues sont étrangement endormies. L’aube effectue un jogging discret m’incitant, assoiffé, à pénétrer dans le premier café venu.
 
jack-bauer-entre-dans-le-m--tro.jpg  « Que personne ne bouge ! Filez-moi immédiatement un capuccino avec deux sucres ! DEUX sucres j’ai dit, DEUX ! »

7 : 23

J'apprends en écoutant France Inter que des centaines de français se disent "otages" des grévistes. J'en informe la cellule et met six hommes sur le coup.
 
7 : 28
 
J’achète l’Etudiant Magazine, un spécial dossier sur l’orientation. 4 euros. Ca pourra toujours servir, si jamais cette nouvelle saison tourne mal à cause de la grève des scénaristes hollywoodiens.
 
7 : 48
 
En fait il ne s’est pas vraiment passé grand-chose, j’ai juste marché jusqu’à mon immeuble puis pris l’ascenseur et un escalier pour accéder au toit. L'hélicoptère est banal. Le pilote est difficile à décrire, son physique n’a rien de signifiant. Il est noir, mais c’est presque la norme, sur Paris. On s’est juste salué puis échangé quelques banalités sportives.
 
7 : 56
 
L’hélicoptère décolle. J’observe le sol de la capitale en lisant mon magazine. Ah, quel sentiment de pouvoir, de se sentir ailé, de se sentir supérieur à tous ces déchets humains qui achètent sans compter les DVD et se répandent dans des forums de fans ! L’hélicoptère remue grandement. Une pièce de deux euros tombe de ma poche et pénètre par une feinte pour finalement s’enfuir de l’appareil. Je supplie le pilote de la récupérer. Mais il ne veut rien entendre. « Sale nègre », je marmonne, pendant la coupure pub.
 
8 : 15
 
L’hélico se gare au milieu d’Austerlitz, ce qui me permet de faire un jeu de mot moyen sur le mot gare. Tiens, un chewing-gum déglutine mes semelles ; ah non, simplement les restes de deux chauves, écrasés par Mégarde (John Mégarde, le nom du pilote). Les risques du métier. Bon. Je cherche l’agent X. Selon la description fournie par le stagiaire plateau, il aurait « une écharpe ridicule recouvrant un début de goitre aussi peu sexy que le reste de son corps, surmonté d’une toison capillaire particulièrement risible. » La moitié des hommes de la gare semble lui correspondre.
 
8 : 19
 
« Bonjour, êtes-vous l’agent X ? », je demande à un petit vieux bousculé par sa propre valise. Il me demande si mon accent est américain. Il en sait visiblement trop : je l’emmène derrière un bosquet puis lui tranche la gorge avec une cuillère en bois.
 
8 : 46
 
J’ai aperçu une charmante brune, probablement une figurante. Dix minutes que j’attends son intervention. A-t-elle du texte ? Par chance, je suis le héros : je m’approche et l’invite à prendre un verre.
 
8 : 58
 
Discussion charmante. Selon mon enquête, elle s’appellerait Clémence. Obnubilé par ses seins, je n’ai malheureusement pu retenir d’autres informations.
 
9 : 04 
 
J’appelle Tony Almeida pour qu’il prenne en otage les parents de Clémence, pour la forcer à me donner son téléphone. Finalement, sans même la menacer, elle m’offre ses numéros. Nous fixons un cinéma vendredi prochain, le prochain film de Ben Stiller. Je l’embrasse sur la joue, tout émoustillé.
 
9 : 07
 
Tony m’informe que les deux parents de Clémence ont été exécutés par un membre de la cellule trop zélé. Je vais devoir agir vite.
 
9 : 09
 
J’achète un préservatif. 2 euros.
 
9 : 10
 
Je téléphone à Clémence et lui propose d’aller voir le film de Ben Stiller dès maintenant, chez moi, au calme. Elle me répond « que le film de Ben Stiller ne sort que la semaine prochaine ». Pas décontenancé pour un sou, j’enchaîne : « La semaine prochaine la saison sera terminée. Faut qu’on baise aujourd’hui, car après les terroristes vont débarquer, je les connais, ils débarquent toujours une fois que le théâtre de la saison est planté, et le moment approche. J’ai acheté des capotes, dans dix minutes y a un focus sur Tony Almeida, on aura le temps de baiser ok ? Allo ? Clémence ? Pourquoi je ne t’entends plus ? Allo ? »
 
9 : 29
 
Huitième appel à Clémence, qui refuse de décrocher. Tant pis. Encore une qui finira caissière chez ED.
 
9 : 37
 
Enfin ! J’aperçois l’agent X !
 
x-b.jpg  « Pas de doute, c’est bien lui. »
 
Après une vive engueulade d’usage, il m’informe que les sabotages n’étaient qu’une diversion, pour éloigner les regards de leur objectif principal : faire exploser Paris à l’aide d’un brownie piégé. Le dessert dormirait dans une petite boutique au 24, rue Grégory Lemarchal. J’y fonce !
 
9 : 48
 
Merde. Une pervenche a foutu une prune à mon hélicoptère. Le pilote s’est tatoué absent. Bordel, un sabot immobilise l’appareil ! Je tente de le détruire avec un pin's parlant, mais Roger Zabel ne m'est d'aucune aide, cette fois-ci.
9 : 55
 
michael-youn.jpg  « Ne prenez pas peur, je ne suis pas Michaël Youn. Je suis simplement un être à la recherche d’un pilote d’hélicoptère. Y a-t-il quelqu’un dans cette gare qui sache piloter un hélicoptère ? Allo ? Non, je ne suis pas chanteur de Partenaire particulier non plus, monsieur, laissez-moi tranquille ! »
 
9 : 59
 
Bon l’épisode est enfin terminé, faut que j’installe un faux suspense pour la prochaine fois. « Non, ne bougez pas ! » Bon sang ! C'est affreux ! Rattrapons ce… Ce… Ce mec qui… oué bon à suivre, quoi.
Par Myblack - Publié dans : Culture et Divertissement
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Samedi 24 novembre 2007

« Dieu est célibataire ». L’affirmation, proclamée hier matin dans la chambre 209 de l’hôpital Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band de Valenciennes, a fait grand bruit. Le fautif ? Jean-Michel Lapoisse, le chroniqueur sexe & séductions du Blog de Myblack, dans le coma depuis plus de deux mois – ici en photo. 

gars-en-slip-manif.jpg  Jean-Michel Lapoisse, en slip (mars 2004). Quelque part dans le tas.
 
Miraculeusement réveillé, l’homme semble avoir récupéré de son voyage au paradis. Dans la petite chambre aux rideaux fleuris se dressaient face à lui 560 croyants qui priaient pour son salut. Leurs angélus n’auront pas été inutiles.
Un moine évangéliste, présent dans la pièce, s’est échiné à retranscrire la scène. Nous avons réussi à lui casser la gueule à obtenir ses annotations bibliques :
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Jean-Michel Lapoisse leur apparu à 2 heures 45 [heure de Jérusalem], peu avant la météo de Patrice Drevet. Vêtu d’un drap blanc et sous perfusion, l’homme se leva et approcha sa paume d’Adam vers une Eve prosternée à ses pieds. La jeune femme – Fabienne Martougale, 21 ans, Cahors, étudiante en géographie, physique proche de celui d’Alyssa Milano – baissa les yeux, intimidée par l’hommage. Pourquoi l'avait-il choisie en particulier, elle, cette fille de rien ? Les apôtres de Lapoisse ne pipaient mot. [Une auréole s’était formée sur son t-shirt et] Jean-Michel Lapoisse se cura le nez. Une lumière divine entoura son doigt purificateur ; c’était la femme de ménage, ouvrant les rideaux. [Quelques secondes plus tard], leur gourou caressait maintenant le visage de Fabienne. Des larmes de pluies, aussi pures que celles des chansons de Brel, recouvraient le carrelage cramoisi de la chambre. Il demanda alors [à ses hommes] de partir, en priant à voix basse. Nul ne [daube de boeuf] savait ce qu’il disait, sauf la jeune femme, dont les cheveux se retrouvaient concassés entre les ongles de Jean-Michel. Un par un les fidèles s’en allèrent de la pièce, à quatre pattes. Je fis de même.
Vingt minutes après il [Jean-Michel Lapoisse] ouvrit la porte, le pantalon à terre, puis demanda à l’un d’entre-nous (Mathieu) un café sans sucre. Par la fente de la porte j’entraperçu, avachie sur le lit, Fabienne, totalement nue, fumant une cigarette. « Par la grâce du Saint-Esprit, qu’avaient-ils bien pu faire pendant notre absence ? », j’interrogeais le seigneur. En vain. Après plusieurs heures de méditations, [il] demanda à Mathieu de rentrer dans la chambre, en enlevant ses vêtements. Nous ne le revîmes jamais.
 
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Bon, euh. Hum. Le retour de Jean-Michel Lapoisse bouleverse les plans de ce Blog : le calendrier 2007-2008 ne prévoyait plus d’articles Séductions. Sa résurrection impromptue m’oblige à lui accorder au moins une chronique par mois, vu sa notoriété nouvelle.
Il serait en effet idiot de se priver d’un tel charisme.
Salué des deux côtés du Tropique du Capricorne, Jean-Michel Lapoisse est désormais le bassiste du trio Père-Fils-Saint-esprit. Une fête nationale a même été décrétée en son honneur en Croatie, tous les 34 du mois.
Maintenant qu’il a vu Dieu en chaire et en os – c’est pas une énième faute d’orthographe, juste un jeu de mot pour intellectuel -, Jean-Michel Lapoisse est une icône. Le monde religieux célèbre la survivance du nouveau prophète.
Les catholiques du planisphère ne jurent plus que par lui (du moins quand ils jurent. Ca jure pas souvent, un catholique).
Les animistes ont jeté leurs cailloux difformes et se prosternent dorénavant devant des roches ressemblant à son visage.
En Iran, l’imam Mustapha Romai’oh a repris deux fois des frites, en plus des vermicelles – les légumes étaient à volonté mais ce n’était tout de même pas une raison !
 
la-cr--ation-d-adam.JPG  
Au Vatican, le plafond de la chapelle Sextine s’est paré de ses plus beaux atouts 
 
 
 
Pour ma part pas de traitement de faveur : étant persuadé que Dieu n’existe pas, je soupçonne Jean-Michel de s’être inventé trois mois de coma bidon et une fausse rencontre divine uniquement pour se pécho des meufs. Faut pas me la faire non plus à moi, hein.
Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Jeudi 22 novembre 2007

LA HALLE AUX CHAUSSURES / CHAUSSLAND
Date : 15/11/2007
RESPONSABLE DE MAGASIN H/F - CDI
Référence : RM/PARIS
Paris - 75
 
 
Filiale de Vivarte, la Halle aux Chaussures et Chaussland : c'est 600 magasins présents sur toute la France et 4000 collaborateurs qui contribuent chaque jour à notre réussite. Découvrez notre site sur http://www.lavictoireauboutdupied.com

Vous avez envie d'un métier dynamique ? La notion de performance est pour vous un élément clé de votre épanouissement ? Quelle que soit votre formation, à la Halle aux Chaussures ou chez Chaussland, nous vous accompagnons pour relever le défi : devenir responsable de l'un de nos 600 points de vente. Animer votre équipe, organiser le bon fonctionnement de votre magasin, mettre en place votre merchandising et vos opérations commerciales sont les challenges que vous relèverez au quotidien.
 
Vous avez une première expérience du commerce ou de la restauration rapide et ça vous a plu ! Vous avez goûté au management et vous êtes faits pour ça !
Date de prise de fonction immédiate.
Poste à pourvoir à Paris.
Permis de conduire souhaité

                                                                                                                                 

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Monsieur de chez la Halle aux Chaussures ou de chez Chaussland,
 
Souhaitant à long terme rester au chômage et vivre des allocations de l’UNEDIC, je vous informe par la présente lettre de démotivation que votre offre d’emploi ne m’intéresse absolument pas.
 
Passionné de match de football à la télé, mon quotidien est diamétralement opposé à celui d’un magasin de chaussures, enseigne m’insupportant au plus haut point. Doté d’un caractère plutôt terne, j’estime ne pas correspondre au pedigree d’un responsable commercial. Sans aucune expérience de la vie et des relations avec autrui, je déteste l’être humain dans sa globalité et considère l’existence comme une plaie.
Je doute fortement de ma faculté d’intégration et estime être incompétent pour environ 98% des boulots existants. De plus, je chausse du 46, et vous n’avez jamais de 46 en stock.
 
La perspective de ne pas collaborer avec une organisation faiblement reconnue comme la vôtre m’amène à ne pas solliciter un entretien afin d’envisager la manière dont mon absence de dynamisme et mes capacités proches de celles de la limace asthénique peuvent ne pas répondre à vos besoins.
 
Veuillez agréer, Monsieur de chez la Halle aux Chaussures ou de chez Chaussland, l’expression de ma désinvolture grossière.

                                                                                                                             Myblack
 
 
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Monsieur Myblack,
 
Votre lettre m’a particulièrement touché. Chez la Halle aux Chaussures, nous exigeons de nos employés trois choses :
- De la franchise, afin d’aider au mieux des clients parfois un peu irréalistes quant à leur pointure ou leurs besoins matériels.
- Du caractère, pour survivre dans ce monde impitoyable et querelleur du commerce.
- De l’humour, pour soulager par le rire la détresse vécue par nos clients célibataires qui s’avèrent incapables de trouver chaussures à leurs pieds.
 
Selon notre responsable des ressources humaines, vous détenez ces trois qualités.
Serait-il possible de vous rencontrer afin d’évoquer, au cours d’un entretien chaleureux, les conditions de votre futur emploi parmi nous ?

                                                                                               Justin Lablêk, PDG du groupe Vivarte. 

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Monsieur Justin Lablêk,
 
Je crois n’avoir pas été suffisamment clair au niveau de mes motivations personnelles : je ne souhaite aucunement rejoindre votre groupe, et cela de manière irrévocable.
 
Si j’ai pris soin de vous envoyer la semaine précédente une lettre de démotivation, c’est pour vous assurer de mon entière détermination dans cette décision et vous faire comprendre que vous pouvez vous mettre votre job où je pense, avec un chausse-pied si vous voulez que ça passe mieux.
 
Je coule actuellement des jours heureux au crochet d’un copain de fac et je n’envisage nullement de quitter cette condition de profiteur pour m’échiner à la tâche devant des malotrus débiles ne sachant choisir une paire de baskets sans demander la permission à un vendeur à cravates que vous souhaiteriez que j’incarne.
 
J’ai goûté au management l’espace d’une semaine et j’ai encore conservé le parfum de merde qui s’y colle au cul. De plus, je ne possède ni permis de conduire ni casier verge. J’ai une fâcheuse tendance au laxisme, et mon hobby de surfer sur le net à la recherche des sites pornographiques risque, à mon humble avis, de constituer un frein à mon recrutement.
 
Veuillez donc de ce fait accepter la considération de mon total mépris vous concernant.

                                                                                                                                          Myblack

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Monsieur Myblack,
 
Votre lettre datée du 17 novembre m’est bien parvenue ce jour.
 
Après un examen attentif de vos nombreux desiderata, j’ai le plaisir de vous faire savoir que je ne peux réserver une suite favorable à votre refus d’accepter un emploi dans notre compagnie.
 
Cette année, j’ai déjà eu la chance de recevoir un nombre exceptionnellement grand de lettres de démotivation. La votre se détache sans contexte du lot.
 
Je dispose donc d’une réserve variée et prometteuse de candidats et il m’est malheureusement impossible d’accepter tous les refus.
 
Malgré vos faiblesses évidentes, votre médiocrité apparente et votre expérience plus que mitigée de la vente, je regrette de constater que votre refus ne rentre pas dans le cadre de mes besoins actuels.
 
Par conséquent, je suis obligé de vous considérer comme nouveau membre de notre compagnie, même si cela ne semble pour le moment guère vous satisfaire. Vous entrerez en fonction très prochainement. Je serais très heureux de vous rencontrer bientôt pour discuter de votre futur salaire.


                                                                                                Justin Lablêk, PDG du groupe Vivarte.
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Monsieur Justin Lablêk,
 
Vous commencez sérieusement à me casser les couilles.
 
Je vous répète pour la 150ème fois que mon profil diverge beaucoup trop de vos attentes.
J’ignore pourquoi vous tentez tant à m’enrôler. Ca me gonfle de faire des lettres pour un type dont la sale gueule me pousse
à l’éviter.
Vous m’empêchez de profiter à 200% de mon ADSL. Je vous rappelle que je refuse tout déplacement susceptible d’harasser
mon corps.
Ma misandrie me poussant à rejeter tout contacts avec l’autre, je suis dans l’obligation de refuser toute accointance avec le
premier panard venu.
Néanmoins, qu’entendez-vous par « futur salaire ? »
                                                                                                                           Myblack
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 Monsieur Myblack,
 
C’est avec bonheur que je prends acte de votre dernier courrier.
 
Afin de combler les doléances qui animent un homme tel que vous, je vous propose de travailler pour notre entreprise en tant que « responsable des relations éloignées avec la clientèle absente ».
 
Vous serez chargé de veiller, confortablement étalé sur votre chaise, aux besoins inconnus de nos clients n’existant pas. Ce travail étant facultatif, il vous est tout à fait possible de jouer à la PSP pendant les heures de boulot.
 
Pour répondre à votre question, nous vous proposons un salaire compris entre 2800 et 3600 mensuels, selon vos préférences. Cette offre vous satisfait-elle ?
 
                                                                                           Justin Lablêk, PDG du groupe Vivarte
 
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Monsieur Justin Lablêk,
 
C’est un peu désappointé que j’accepte votre proposition d’absence d’emploi rémunéré à hauteur de 3600/mois. Vous avez su convaincre mes réticences originelles en exploitant avec maîtrise mes penchants primaires.
 
En surfant sur Internet avec l’ADSL de mon pote de fac, j’ai découvert l’existence dans votre famille d’une personne de 17 ans du sexe féminin, probablement votre fille. J’aimerais inclure, en clause du contrat, la possibilité de coucher avec elle.
 
Merci de répondre favorablement à ma requête et de m’envoyer trente litres de crème caramel par Chronopost le plus rapidement possible.

                                                                                                                                    Myblack

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Monsieur Myblack,
 
Je ne peux hélas vous donner la main de ma fille et tout ce qui s’en suit. Par contre, en échange, je vous propose le poste de président-directeur-général du groupe Vivarte.
 
Ce poste nécessite de hautes qualifications, et c’est pourquoi j’assumerais, en sous-main et pour un salaire équivalent à celui du SMIC, l’ensemble des tâches s’y rapportant.
 
Un confortable bureau en noyer vous attend au 48, rue Michel Le Tellier, délicatement sublimé par les rayons du soleil qui transpercent des rideaux en organdi.
 
Des masseuses éthiopiennes, nourries au grain et élevées au fouet, vous attendent avachies sur le canapé faisant face au bar où Isaac de La Croisière s’amuse s’entraîne déjà à préparer ses cocktails.
 
Huit cents préservatifs extra lubrifiés avec réservoir sont d’ores et déjà en sommeil dans vos tiroirs.
 
A bientôt, cher maître.
                                                                                                                         Justin Lablêk
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Monsieur Justin Lablêk,
 
Merci pour votre offre.
 
J’attends toujours ma crème caramel.
                                                                                                       Myblack, PDG du groupe Vivarte
 
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Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Mardi 20 novembre 2007

Nous fêtons aujourd’hui le centenaire de l’invention du Yau-de-Poêle, l’une des plus grandes créations humoristiques du XXème siècle.
Sorti de l’imagination fertile de Richard Fipouli en 1907, le Yau-de-Poêle marque un tournant dans l’histoire du rire mondial. Point de départ de toute une salve de jeux de mots médiocres, il est directement à l’origine des Monsieur et Madame, des charades, des devinettes et de l’humour absurde. Le Blog de Myblack ne pouvait donc que saluer l’anniversaire.
 
RICHARD-fipouli.JPG  Richard Fipouli, inventeur du Yau-de-Poêle, au volant d’une cocotte-minute
 
 
 
Au 19ème siècle l’humour est encore rudimentaire. Les gags les plus évolués consistent à tomber sur des arrosoirs (voir l’Arroseur arrosé) ou à toucher les fesses des filles dans la rue. Dans les débuts du Paris de la Belle Epoque on se pète à la gueule, on se rote entre les gencives, on se croche-pattes en pissant sur les habits : le summum du rire est atteint lorsque Gustave Eiffel, en 1893, dégueule dans le sac à main de Sarah Bernhard. La blague fait alors le choux gras des journaux qui se délectent des mésaventures de la comédienne - un autre humoriste célèbre, Edmond Chamonlou, poussera même le vice à lui rouler dessus en vélocipède.

Richard Fipouli ne navigue pas sur ces eaux-là. Son éducation bourgeoise l’oblige à un certain standing qu’il se plaît à promouvoir dans des soirées mondaines qu’il organise avec l’aide d’un amant de Sarah Bernhard – ce qui était plus ou moins la norme à l’époque. Richard est fin, distingué, gentleman. Son humour pince-sans-rire qu’il tient d’un oncle londonien séduit les femmes. En 1896 il intègre la rédaction du mensuel « le canard hilarant », où ses chroniques burlesques sur l’odeur des juifs et l’indigence des politiciens lui confèrent une notoriété grandissante. Recruté en 1903 par l’illustre Almanach Vermot, il en profite pour lancer plusieurs comiques troupiers tels que Bernard Panard (l’homme aux vingt-sept doigts de pieds) et Gaston Melon (crucifié en 1905 sur l’hôtel de ville de Paris après une blague sur l’épouse du maire de la capitale).

Richard Fipouli doit supporter, en ce début de siècle, les lourdeurs de ses collègues persistant à vomir en plein bureau. Le public en raffole, pourtant, mais Richard n’en a cure : il se sent investi d’une mission divine : donner ses lettres de noblesse à son art, enfin, une bonne fois pour toute.
Il s’isole de septembre à octobre 1907 dans sa résidence secondaire de Cambrai et élabore, dans le plus grand secret, son premier Yau-de-Poêle. Le dialogue met en scène deux hommes. L’un est vêtu d’un canotier et marche dans la rue en direction du second, qui le salue en disant « comment vas-tu, yau-de-poêle ? ». Le type au canotier répond alors « bien et toi, le-à-matelas ? ». Ca y est : l’humour à la française est né !
 
L’histoire, publiée dans l’Almanach Vermot de 1908, provoque scandales sur scandales. Richard Fibouli est descendu par les gazettes qui ne comprennent pas le gag, qui ne saisissent pas le pouvoir du « tuyau de poêle » et du « toile à matelas ». Les deux premiers jeux de mots de l’histoire mettront six mois à conquérir le cœur des Parisiens, avant d’envahir le reste de la France.
 
Richard Fipouli lancera ensuite plusieurs variantes de son bébé (« Bonjour à vous, te-plantaire ! Mes amitiés à votre épouse, de bambou » ; « Ca va ce matin, tin-au-tibet ? Ouais, comme sur des roulettes, it-be-whispers-were-the-wisdom-let-it-be ») qui n’obtiendront pas le succès escompté. Il se suicidera finalement en 1923 en avalant du cirage à chaussure, comme tous les personnages inventés par Myblack.
 
 
Quels sont les héritiers du Yau-de-Poêle ? Quand est apparue la descendance ? Ce 100ème anniversaire est l’occasion rêvée d’évoquer les accouchements de ces blagues populaires qui font aujourd’hui le charme, et le ferons jusqu’à la fin des temps, des discussions entre amis et des dialogues par MSN.
 
 
1936 - « Accroche toi au pinceau, j’enlève l’échelle ».
 
La réplique du fou qui repeint son plafond est tirée d’une histoire vraie. L’archiduc d’Hanovre, dont le manoir vétuste collait mal avec son pedigree, décida un beau jour de repeindre son habitat. C’est pendant qu’il peignait le dessous de sa toiture que son rival le prince de la Saxe lui déclama la fameuse tirade, en prenant soin d’enlever la dite échelle par laquelle se suspendait les pieds de l’archiduc. Cette mort brutale et stupide a donné naissance à l’histoire, qui sera enjolivé ensuite par les historiens du régime nazi pour sauver la face.
 
 
1947 - «  Dis camion. »
 
 
Thomas S. Wellimson n’est encore qu’un modeste tisserand de l’Utah lorsqu’il invente sans le savoir la spirituelle plaisanterie du « Dis Camion ». Alors qu’il regarde passer par la fenêtre de son magasin les voitures, il aperçoit un imposant camion d’où sort une mince et sublime jeune femme au corps envoûtant. Thomas, poète à ses heures, lui déclare alors ses sentiments en tercets. Face à la méfiance de la camionneuse, il lui pince les miches ; elle le gifle et lui hurle, outrée : « Non mais ça va pas ? Qui êtes-vous pour faire ça ? ». La réplique de Thomas S. Wellimson (« Un poète, un poète ! »), transformée par les années, fait depuis le bonheur des couples du monde entier.
 
 
1997 – « J’ai décidé de dissoudre l’Assemblée Nationale »
 
La paternité du gag est disputée, mais il semble bien que Dominique de Villepin en soit l’instigateur. Mais les paroliers sont rarement ceux que la postérité retient, et c’est finalement le show-man Jacques Chirac qui va tirer bénéfice de la poilade en cohabitant durant cinq ans avec Lionel Jospin, autre clown de la politique française. J'assume l’entière responsabilité de lol putain quel con quand même, ce Jospin, il était fort quand même.
Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Dimanche 18 novembre 2007

La grève des cheminots est reconduite. Mais pas à la frontière, malheureusement.
 
Les six fédérations de cheminots (CGF, FO, CFE-CGC, Sud, CFTC et Unsa) ont décidé de remettre ça. Demain, le trafic tirera encore la tronche. Comme un lundi, quoi. La RATP prévoit une rame de métro sur cinq sur toutes les lignes, hormis la 1 (deux sur trois) et la 14. La SNCF envisage gracieusement un TER sur deux en moyenne, 76 liaisons Corail et 300 TGV sur 700, des nombres vérifiés et confirmés par Bertrand Renard des Chiffres et des Lettres.
 
Bonne nouvelle pour les gens possédant une vie : les syndicats pique-niqueront mercredi avec Xavier Bertrand sur une table ronde, ou quelque chose comme ça. Risque de bouchons dans la cave à vins de Jean-Louis Borloo.
 
La veille, les fonctionnaires seront dans la rue pour dénoncer les suppressions de postes (entre 30 000 et 40 000 prévues pour 2008) et exiger l'ouverture de négociations salariales. Pendant ce temps, les universités sont bloquées : elles exigent simplement l’ouverture, sans plus de précision à l’heure actuelle.
 
Message aux manifestants : si la grève est reconduite, l’étranger peut l’être aussi. Les Français sont à la frontière de l’exaspération. Une contre-offensive menée par Hortefeux n’est pas à exclure – au moins une qui ne risque rien, c’est toujours ça.
La contestation est en marche ; en même temps elle n’a pas trop le choix, le métro est en rade. Les mécontents grognent : dimanche, plusieurs milliers de manifestants anti-grève ont secouru Paris aux cris de « Les métros, au boulot ! ». De 5000 à 20.000 selon les organisateurs, 8.000 selon la préfecture de police, un sur six selon la RATP.
 
Sommes-nous au bord de la guerre civile ? Les Français sont sur les nerfs. A Paris, sortir à visage découvert après 16 heures de l’après-midi est devenu une épreuve de Fort Boyard, un tête à tête amoureux avec La Boule. L’humus a peur, il se décompose. Il se cloître chez lui et observe, les jumelles en érection, la dangerosité de la jungle urbaine. Les lions marchent en baggy et font wesh au téléphone ; la végétation est luxuriante, ils ont des poils aux pattes. L’herbe est haute, comptez environ 32 euros. Il faut se méfier de tout, y compris du reste. Surtout des vieux, bien éloignées des préoccupations du terrain social. Leur peur n’est qu’éphémère, elle n’est qu’insecte : fragile et écrasable. L’avantage d’être vieux, c’est que tu passes dans les micros-trottoirs de TF1. Leurs opinions comptent double. Et avec l’allongement de la durée de la vie, ils ont largement les moyens de faire savoir le leur. Probablement pour ça qu’ils ont massivement voté pour Sarkozy : comme animal politique, y pas mieux.
Et si on faisait travailler les vieux pour financer la retraite des actifs privés de boulot ?
Par Myblack - Publié dans : Actualité
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