Moral, éthique, conscience, humanisme : tous ces mots vide de sens que l'on rencontre partout, encastrés sur les murs de nos villes, et qui nous briment, nous dépriment. Ce respect des codes, cette passivité devant la bêtise alors que, bon sang, quoi de plus jouissif que d'utiliser la nature humaine pour gagner sa vie ? C'est ce que ce sont dit certains hommes, ignorant tout des règles, bafouant le civisme le plus élémentaire, profitant des faiblesses d'autrui pour devenir riche, très riche.
Le Blog de Myblack est parti, en bus, à la rencontre de 5 de ces opportunistes sans scrupules :
Jean-Norbert Flafla, 39 ans, ancien informaticien intérimaire chez Saupiquet.
- Je cherchais un moyen simple et astucieux de devenir multimillionnaire en me servant de l'incrédulité des gens. Je me suis donc naturellement tourné vers le droit, et j'ai constaté qu'aucune lettre de l'alphabet n'était déposée.
- Comment ça ?
- Hé bien tout le monde était libre d'utiliser le "J", le "D" ou le "R", pour ne citer que ces lettres, sans redevoir quoique ce soit à personne. J'ai alors eu l'idée de déposer à mon nom la lettre "E", au début de l'année 2001. A partir de cette date, toute personne qui utilisait le "E" dans un courrier, un livre ou même dans une dictée devait me reverser un droit d'utilisation et d'image équivalent à 0,01 centime. Je pouvais ainsi à loisir estropier des textes entier qui ne me plaisait pas, et ce en toute impunité, puis que j'étais couvert par une loi absurde.
- Et ça a marché ?
- Bien sûr que ça a marché ! Je suis rapidement devenu l'égal de Crésus en moins d'un mois, contrairement à un collègue qui, quand à lui, avait déposé la lettre "W"... L'idiot...
- Pensez-vous en rester là ?
- Non, bien sûr que non. Je prévois d'acquérir prochainement les droits de certaines phrases usuelles du pathétisme du quotidien, comme "Quelle heure est-il ? ", " Il fait beau, vous ne trouvez-pas ? " et " Comment ça va ? ". Je déteste "Comment ça va ?", c'est si ridicule, si cynique, cette question, comme si la personne allait vous répondre "Très mal, ma vie sexuelle est lamentable". Cette question, c'est une offense à la décence, vraiment. Maintenant, pour l'utiliser, il va falloir payer cher, très cher.
- Mais commnt avz-vous fait pour qu prsonn n l rmarqu ? Il s'agit d'un trs grav scroquri, vous l savz ? t qui m dis qu vous racontz vraimnt la vrit ? H mais attndz qu'avz-vous fait d... ?
- Notre entretien s'arrête ici, monsieur. Ca vous fera 14 centimes.
Etienne Sapin, 28 ans, fouteur de merde.
- J'exerce la profession de fouteur de merde depuis maintenant 6 ans. On m'appelle généralement par vengeance personnelle, ou bien simplement pour pourrir une ambiance trop festive qui ne le mérite pas.
- D'où provient cette vocation ?
- Hé bien, tout petit déjà, je tirais les shorts de mes camarades en cours de gym, je balançais des morceaux de gommes dans les capuches, remplissait les cartables de feuilles mortes, enfin ce genre de petit gestes qui foutent la merde, quoi. On ne devient pas fouteur de merde, on naît fouteur de merde.
- Une anecdote à nous raconter ?
- Le mois dernier un type qui participait à mariage m'a contacté : il était coincé à une table avec un invité qui abusait de blagues particulièrement lourdes et de jeux de mots très moyen, et pourtant il faisait rire tout le monde, sans raison. Je suis venu et j'ai commencé à rire bruyamment à chacune de ses interventions. A la moindre tentative d'humour de sa part, je riais si fort qu'on entendait que moi dans la salle. On a alors commencé à m'engueuler et j'ai fait semblant de m'énerver, en jetant le gâteau meringué sur la mariée : inutile de dire que la cérémonie a été proprement foutu en l'air, grâce à moi.
- Mais on dirait que cela vous plaît, d'emmerder les gens ?
- Pour être épanoui, il est important d'exercer une profession dans laquelle on sent pleinement heureux. Ce métier de fouteur de merde, il m'était destiné. Vous savez, j'ai toujours été ce genre de personne qui double les autres à la caisse des supermarchés ou qui secout les canettes de Coca avant de les offrir. L'amateur du geste gratuit, qui ne sert à rien, sauf à nuire, quoi. Alors oui : j'adore emmerder les gens.
- Et bien merci à vous, on...
- Et sinon, concernant la fille que vous tentez de séduire depuis 1 mois en cours ? Ca en est ou ?
- Hein ? Ce n'est ni le lieu, ni l'endroit pour en parl...
- Elle m'a dit qu'elle vous trouvait sans le moindre intérêt et qu'elle regrette d'avoir fait votre connaissance. J'envisage d'ailleurs de venir dans votre classe pour exhiber vos penchants sexuels particulièrement avilissant pour la femme.
- Mais arrêtez ! Vous êtes une ordure !
- Ah bon dieu que c'est bon !
Samuel Guillaumin, 24 ans, ami à louer.
- Certains êtres humains n'ont aucune vie sociale. Ils passent leurs journées à surfer sur le net ou à écrire sur le blog pour une trentaine de visiteurs grand maximum. Ils n'ont donc pas le temps de constituer un réseau d'amis intimes, de connaissances soudées, et se retrouvent dépourvues dès que l'envie de communiquer avec de vrai gens leur prend.
- Voyons, ce genre de personne n'existe pas, tout le monde le...
- Détrompez-vous. Ces gens-là sont comme les autres, sauf qu'ils sont différents. Ils ont juste besoin d'un peu d'amour, d'amitié, même falsifiés. Je leur fourni ce mensonge, pour seulement 20 euros TTC l'heure. Je ris à leurs blagues pas drôles, je fais semblant de m'intéresser à leur vie - comme le font les élèves quand un prof donne un cours - et je fournis même un sachet de pistache gratuitement (en échange des frais de port).
- 20 euros l'heure ? C'est cher, non ?
- L'amitié n'a pas de prix, mon bon monsieur.
- Très bien, Samuel. Et sinon... comment dire... J'organise un anniversaire, ce soir, et pour le moment ben y a perso...
- Vous pouvez comptez sur moi.
Stanislas Cornev, 44 ans, vendeur d'anecdotes.
- Vous vendez des anecdotes ?
- Oui, c'est marqué à côté de ma photo, regardez.
- Non mais c'était pour introduire l'interview que je disais...
- Ah, oui, pardon. Oui, je vends des anecdotes. Dès l'adolescence, j'ai remarqué à quel point les soirées entre amis, les repas de midi, les têtes à têtes dans les ascenseurs pouvaient être ennuyeux. J'ai alors décidé de vendre des anecdotes, mais je suis aussi spécialisé sur les sujets de conversations.
- Comment procédez-vous ?
- Dès qu'un grand moment de silence apparaît en France et que, par conséquence, tout le monde cherche une anecdote croustillante pour ranimer la joute oratoire, mon agence le sait et intervient. Nos tarifs sont évolutifs, concernant les anecdotes : 30 euros la simple remarque sur l'actualité, 100 euros le commentaire inspiré, voire 400 euros l'histoire drôle impayable qui fera de vous l'homme de la soirée. Mais nous intervenons également sur des cas plus ciblés.
- Comment ça ?
- Et bien imaginons que vous tentez désespérément depuis maintenant 1 mois de séduire une fille qui, malgré votre charme évident, persiste à vous ignorer. Mon agence vous propose tout un éventail de sujets divers et variés, allant de "Qu'est-ce que tu as fait, auparavant, comme études ?", à " Au fait, tu venais d'où, avant de t'installer sur Paris ?", vous voyez ?
- Je vous recontacterai prochainement.
Henri Chifflon, 52 ans.
- Comment êtes-vous devenu riche ?
- Rien de bien sorcier : j'aide les écrivains, journalistes, hommes de lettres, à trouver une chute pour leur article.
- Une chute ?
- Oui. Prenons un journaliste. Très souvent, une fois son article rédigé, il lui manque la fin, une chute, la petite phrase qui conclut brillamment sa conclusion. Or, la plupart du temps, il la torche à la vie-vite, extunué par le reste de son travail, en se disant " tant pis pour la chute, ce n'est pas grave." Mais si c'est grave ! Bien sûr que si !
- Ah bon ?
- Mais oui ! La chute, c'est la dernière chose que lit, que voit le lecteur, la dernière chose qu'il retient ! Si la chute est minable, le reste de l'article en pâtira ! La chute, c'est le gâteau sous la cerise, en quelque sorte.
- Vous voulez dire la cerise sur le gâteau ?
- Non non : le gâteau sous la cerise. La chute fait tout ! Tout ! D'ailleurs j'attends vivement la votre, elle approche, étant donné que je suis le dernier interviewé.
- Euh... C'est à dire que... Voyez-vous, j'ai pas trop le temps de fignoler mes articles, cette semaine, donc...
- Je vous en vends une pour moins de 5 euros. Ca vous dit ?
- Ca marche.
Ainsi, les relations franco-rwandaises restent marquées par le souvenir du soutien français au régime de l'ancien président hutu. Sa disparition avait été le prétexte avancé par les extrémistes hutus pour massacrer les Tutsis, à qui ils attribuaient la responsabilité de l'assassinat. Le génocide a fait d'avril à juillet 1994 environ 800 000 morts, essentiellement tutsis, selon l'Onu. Hé mais attendez cette chute n'a rien à voir avec l'arti... Hé ! Revenez ! Sortez de cette voiture ! Revenez ! Revenez ! Escroc !

De notre correspondant à Londres, Thierry Henry
" J'ai l'intime conviction que nous ne sommes pas seuls dans l'univers ", nous déclare le chercheur grenoblois Jean-Ludovic Xrtoou.
Les Wurst, où quand musique rime avec saucisse.
Cet homme est dépressif car :
A quoi sert cet objet mystérieux ?



Qui est la personne habilement dissimulée par l'auteur de ce Blog derrière une fausse barbe dessinée sous Paint ?
Le plus tragique, dans cette photo :
Ces hommes sont habillés en bleu car :
Commentaires