Mémorandum : L'Inspecteur Derrick a été engagé pour retrouver Myblack, le créateur de ce Blog, annoncé comme mort depuis trois semaines. Le Professeur Whitman, celui qui l'a remplacé, est l'un des suspects.
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-Bonjour madame. Veuillez nous laissez-nous entrer, nous sommes de la police.
- Montrez-moi votre papier... Hé mais attendez, il s'agit d'un coupon de réduction pour des pâtes aux oeufs ! En quoi cela vous autorise-t-il à pénétrer chez moi ?
- Merde, j'ai pas pris la bonne carte, inspecteur.
- Si c'est pour me vendre des encyclopédies ou des bouquins de Laurent Ruquier, cassez-vous ! Ou j'appelle les flics !
- Ecoutez Madame, nous voudrions interroger votre fille, au sujet de la mort de Myblack... Selon des sources françaises, elle aurait côtoyé Myblack peu avant sa disparition brutale. Cela serait-il possible de la rencontrer ?
- Elle mange de l'herbe dans le jardin. Vous pouvez aller lui parler, si vous n'avez rien de mieux à faire. Mais... votre visage ne m'est pas indifférent... Et cette cravate... Vous ne seriez-pas...
- Si, c'est bien moi, le seul, l'extraordinaire, l'uniqu...
- Thierry Beccaro, de Motus !! Mais que faites-vous là ? Oh, si vous saviez, j'ai tout vos disques, monsieur Beccaro, je...
- Au revoir madame, merci de votre coopération.
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- Alors comme ça, vous connaissiez Myblack ?
- J'étais l'une de ces camarades de classes, effectivement.
- Vous étiez très intime, tous les deux ?
- Disons qu'il tentait de me séduire depuis maintenant 4 mois et que, malgré un charme évident, je refusais de céder à ses avances. Quand j'y repense... quelle erreur !
- Et ce sinistre jour de 1er Février, quand Myblack a disparu, avait-il tenté une approche ?
- Oh, comme tous les jours. Il m'avait proposé un concours de brouette. Vous savez, on attrape l'autre par les jambes qui doit faire la brouette avec ses mains.
- Oui, je vois...
- J'ai prétexté un cours de yoga, il a insisté deux fois, et après trois autre refus il a finalement lâché prise. On s'est alors dit au revoir, puis il est parti de l'école dans le mutisme le plus total, en ne parlant à personne, évitant le moindre regard.
- Et ça ne vous a pas inquiété ?
- Oh non, il se comporte toujours ainsi.
- D'accord. Si vous voulez de l'aide pour franchir cet escalier... Je vois que vous êtes en chaise roulante...
- Ne vous en faites pas pour moi, je ne suis pas handicapée, c'est juste un "genre" que je me donne pour trouver des places de parkings.
- Très bien. Et sinon, vous êtes célibataire ?
- Pardon ?
- Je demandais si vous étiez célibataire.
- En quoi cela vous regarde-t-il ?
- Euh... je... c'est pour l'enquête. Ouais. Pour l'enquête.
- Je ne coucherais pas avec vous, si c'est ça que vous voulez savoir.
- Elles disent toujours ça au début, et ensuite, une fois que le charme agit, une fois que la sensualité s'installe, une fois que je déboutonne ma...
- Inutile d'insister, je serais inflexible.
- Soit. Pas de problème. Mais que faisiez-vous dans la nuit du 26 Septembre 1994 au 14 Décembre 2002 ?
- Dans la... Euh... Je ne sais plus trop, à vrai dire...
- Veuillez immédiatement me suivre en poste. Vous êtes en état d'arrestation, mademoiselle.
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- C'est troublant, inspecteur, vous paraissez plus jeune que sur la photo précédente.
- Vraiment ? Sans doute un effet de lumière.
- Magie du direct...
- Cela provient sûrement de ces pilules que je prends contre le mal de mer.
- Tout s'explique. Et alors cet interrogatoire avec l'invalide, ca a donné quoi ?
- Que dalle. Elle a refusé de céder à mes avances. Si tu veux mon avis, elle est frigide.
- Mais concernant l'enquête ? Elle a t-elle évoqué le nom d'éventuels complices ?
- J'en sais rien, elle arrêtait pas de crier. Impossible de la faire taire. Et elle mord, en plus !
- Bon sang... Nous sommes coincé...
- Non, t'en fais pas. On n'a qu'à attendre la prochaine photo, on verra bien ce qu'il se passe ensuite.
- Pas con ! Bravo Derrick !
- Aucun mérite : j'ai lu le scénario avant de venir.
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- Alors comme ça, vous êtes numismate ?
- Pardon ? Non, non, mais attendez où suis-je ? Que fais-je dans un commissariat ?
- Ne changez pas de sujet ! Nous savons que vous connaissiez Myblack ! Ne niez pas !
- Myblack ? LE Myblack ? Celui qui illuminait mes jours à chacun de ses mots, celui qui séduisait mes zygomatiques à coup de bons mots soigneusement préparés avec amour ? Celui qui me rendait fou d'allégresse ?
- Je crois qu'il bluff, Derrick.
- Possible. Quand l'avez-vous vu croisé pour la dernière fois ?
- Au rayon fromage de chez Monoprix. Il tâtait un Saint-Nectare en sifflotant du Michel Jonasz.
- Sûrement une phrase codée...
- Du Michel Jonasz... Je cherche la contrepètrie mais...
- Pardon ?
- Tant pis, nous allons devoir vous abattre d'une balle en pleine tête.
- Ah ah ! Je m'en fous, ce n'est qu'un article de blog ! Vous ne me tuerez jamais !
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- Dire qu'il se pensait invincible... Quel con !
- Heure du décès : 15 heures 72. Au 4ème top, il sera l'heure d'aller goûter.
- Alors toubib, quelle heure est-il ?
- Je viens de le dire.
- Non mais j'ai sauté une réplique, en fait, j'aurais du la dire avant.
- Ah. C'est fâcheux. De quoi cet homme est-il décédé ?
- Difficile à dire.
- Oui, très difficile. D'ailleurs nous ne le diront pas, c'est vraiment trop difficile.
- D'après ce trou en plein milieu du crâne, il semble avoir été transpercé par quelque chose... Hum... Une spatule à raclette, je dirais... Quoique, la largeur de l'orifice est trop faible...
- Peut-être avait-il simplement de la migraine.
- Ouais.
- Cela m'étonnerait beaucoup, j'aurais retrouvé un sachet de Doliprane dans sa poche de veste. J'espère que sa mort n'a pas de rapport avec celle de Myblack ?
- Si ! Mais comment savez-vous ça ! C'est incroyable ! Quelle coïncidence, justement nous...
- Moi aussi j'ai lu le scénario. Je suis un figurant destiné à faire avancer l'enquête.
- Ah, parfait. Et donc ?
- Je connais un homme qui a assisté au meurtre de Myblack. Il saura vous en dire davantage, j'ai oublié la fin de ma réplique.
- Lamentable... Même Clovis Cornillac aurait fait mieux...
- Vous êtes odieux !
- Allons-y, Derrick, les lecteurs commençent à s'impatienter.
- A la menthe.
- Quoi ?
- Non, oubliez. C'était de l'impro.
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- Dansez-vous le cha-cha-cha ?
- Non, mon père est osthéopate.
- Désolé, je l'ignorais.
- Moi aussi, je vient seulement de l'apprendre.
- Qu'il est osthéopate ?
- Non, que j'ai un père.
- Derrick, et si on lui parlait de Myblack ?
- De Myblack ? Ah oui, de Myblack. Bonne idée. Selon une source fiable que nous connaissons à peine, vous auriez assisté au meurtre de Myblack. Est-ce véridique ?
- Ah non, pas du tout.
- Vraiment ? Ce n'est pas le cas ?
- Hein ? Ah, si, si pardon. Oui, j'ai tout vu, ce soir-là.
- Mais vous venez de nous dire que vous n'aviez pas assisté au meurtre...
- Non mais c'est le mot véridique que j'avais pas compris, en fait, c'était pour ça.
- Très bien. Et alors, qu'avez-vous donc vu ce soir-là ?
- Rien.
- Non mais allez sérieux.
- Rien.
- Ecoutez, si c'est parce que je ressemble à Thierry Beccaro que vous vous foutez de moi, c'est vraiment pas très sympa. Je mérite le respect, comme tout être humain.
- Il ne s'est rien passé, ce soir-là. Myblack n'a pas été abattu, contrairement à ce qu'affirme le dessin funeste. Il se promenait près du mur, en baissant la tête, dans son style si caractéristique, mais aucun agent du KGB ne l'a assassiné. Il est simplement remonté dans sa résidence, comme tous les autres soirs, tu vois. Genre no problem les gars me voilà. It's ok. Je suis vivant, tranquille, quoi. Genre O-bla-di O-bla-da. La-la-la personne ne m'a tué, tout va bien, bloup-bloup je...
- Vous avez conscience que vous êtes particulièrement lourd ?
- Oui, je sais. Et j'en ai honte.
- Cette sincérité me touche... Souhaitez-vous m'épouser ?
- On va y aller, inspecteur, il se fait tard. Je vous avais prévenu de ne pas reprendre un second cocktail à la noix de coco, pourtant.
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- Maintenant que nous savons que Myblack n'étiez pas mort abattu par le KGB Tchadien, il...
- N'est.
- ... va falloir pardon ? Nez ?
- N'est. Que Myblack n'est pas mort. Vous avez dit "n'étiez pas mort". C'est incorrect.
- Non, non, j'ai dit "n'est pas mort". "Que Myblack n'est pas mort".
- Bon, de toute façon on s'en fout, ça n'a pas vraiment d'importance.
- Ecoute mec, je t'affirme que j'ai dit "N'est pas mort" ! Je suis pas gâteux, merde !
- Ok, Ok inspecteur. Donc alors ?
- Bien. Donc, il va falloir qu'on essayez de savoir ce qu'il s'est passé, une fois le retour de Myblack dans son appartement.
- Ouais.
- Ok. Ca marche.
- On fait comme ça.
- Voilà.
- C'est clair.
- Bon. Vous avez une idée de comment faire ?
- C'est vous l'inspecteur, Derrick. C'est votre série. C'est vous le héros.
- Rahh, toujours cette même rengaine ! Soyez moderne, mon vieux ! Changez de coupe de cheveux ! Be a winner ! Just do It !
- Ok... Et donc, pour Myblack, que fait-on ?
- J'ai un coup de fil important à passer, attendez.
- Ah ? Un homme haut placé qui pourrait nous renseigner sur cette mystérieuse soirée du 1er Février ? Le ministre de l'intérieur ? Jack Bauer ? Raymond Bounaffou ?
- Non, le livreur de Pizza Hut : il a oublié la sauce piquante, cet empoté.
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- Oh regardez, un zèbre !
- Oui, et donc il est venu, j'ai payé sa pizza, mais en oubliant la sauce piquante. Et depuis impossible de le joindre. Comment ? Le licencier ? Ecoutez, je ne sais pas, c'est votre employé après tout, cela ne me regarde pas oui virez moi ce connard.
- Cette ballade sur les quais nous a fait du bien, Derrick.
- J'ai les pieds en compote. Un conseil, vieux : ne chaussez jamais du 36 si vous faites du 41.
- Inspecteur, vous voyez ce truc, là-bas ?
- Le zèbre ?
- Non, l'autre truc.
- Votre doigt ?
- Non.
- Votre ongle ?
- Non, après le doigt.
- Le pigeon ?
- Non, pas ça.
- La poubelle ?
- Non plus.
- L'arbre ? Cet arbre ?
- Non.
- Cet arbre-là ?
- Non, ce n'est pas un arbre.
- L'immeuble ?
- Pas exactement.
- Dedans l'immeuble ?
- Pas tout à fait.
- La fenêtre fermée ?
- Non, pas la fenêtre fermée.
- Le toit de l'immeuble ?
- Non, plus bas.
- Le trottoir de l'immeuble ?
- Plus haut.
- Le balcon ?
- Non, à gauche.
- Le pot de fleurs du balcon ?
- Non, à gauche du balcon.
- Je vois pas.
- A gauche du balcon.
- Non, je ne vois pas. Je suis désolé.
- A gauche du balcon, inspecteur !!
- Ah, la fille qui exhibe sa poitrine ?
- Oui ! Putain ! CETTE FILLE ! A SA FENETRE !!
- Et bien ? Pensez-vous qu'elle a un lien quelconque avec l'enquête ? La disparition de Myblack ?
- Euh... Non, mais elle ne semble pas très farouche, on est deux, elle est nue, j'avais pensé que...
- Cette attitude est déplorable. Vous devriez avoir honte de représenter la police. Quelle indécence ! Pitoyable ! Un homme tel que vous ! Comment osez vo...
- Je ne dirais rien au sujet de votre moumoute.
- Très bien, allons z'y.
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- Je suis vraiment désolée, inspecteur. J'ignorais que vos cheveux... Enfin... Ne se...
- La vie ne m'a pas gâté, jeune fille. Je suis allemand, j'aime la paella, j'ai des auréoles de sueurs sous ma chemise. Vous êtes jeune, vous êtes belle, je comprends qu'un homme tel que moi ne correspond pas à vos attentes.
- Ce n'est pas ça... Comprenez-moi... Je... Je...
- Oui ?
- Je suis centriste.
- Mon dieu.
- C'est affreux. Et c'est donc par dépit que vous vous exhibez sur les façades des immeubles ?
- Exactement.
- Quelle perspicacité, Derrick !
- Bon. C'est pas tout ça, mais en quoi cette femme peut-elle faire avancer l'enquête ?
- Parle ! Parle ! Tu vas parler, salope !!
- Que voulez-vous savoir ?
- Comment expliquer les deux buts de Thuram lors de France-Croatie, en 98 ? Pratiquement les deux seuls de sa carrière, et il les plante en demi-finale de la coupe du monde ! C'est fort, ça ! Ca m'a toujours intrigué, ce truc ! Mais comment a-t-il fait ??? Répondez-moi !!
- Un état de grâce inexplicable, une magie de l'instant, l'élan de la victoire, l'esprit de revanche de Thuram, défenseur batailleur, qui ne renonce jamais. Ce jour-là, un souffle éolien avait envahi le Stade de France. Rien ne pouvait stopper la marche en avant des hommes de Jacquet. Rien, sauf Slaven Bilic, bourreau de Laurent Blanc, le privant de la finale et offrant à Leboeuf, cet incapable, le France-Brésil d'Anthologie.
- Hé ben.
- Impressionnant.
- Au niveau de la culture footballistique, Myblack m'a tout appris. Il fut mon mentor.
- Vous le connaissiez donc ?
- Depuis longtemps. Il venait chez papa pendant les vacances, se ressourcer. Un homme formidable, ce Myblack.
- Je ne vous le fait pas dire.
- Ah, ça, il était le plus grand d'entre nous tous.
- Peut-être voulez-vous parler à mon père ? ...
- Et ce charisme... Ce charisme !
- Comment vouliez-vous lui résister ?
- ... Non ? Il pourrait vous mieux vous renseigner, je pense.
- Je l'ai jalousé dès la première minute.
- Quand il me parlait corn-flakes, c'était comme si l'univers arrêtait son expansion.
- Je crois que papa fait un bowling. Vous le trouverez sûrement là-bas.
- Sa blague des belges qui font du ski résonne encore en moi comme un écho d'enchantement.
- Il était le père, le frère et la soeur que nous n'avions plus.
- Même ses gâteaux secs sentaient bon le bonheur.
- Bon, allez, moi je me casse. Vous m'avez soulée.
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- C'est bon, j'ai retrouvé mon slip, il était derrière la quille numéro 6.
- Derrick, bordel, revenez !
- Ouais attendIUHUAO saloperie de rhumatismes ! J'arrive ! Quoi ?
- J'ai r...
- Quoi ?? Qu'y a-t-il ??
- ..encont...
- QQUOI??? RENCONTREZ QUI ?? TELL ME WHAT !!
- Mais laissez moi finir ma phrase, merde !
- Excusez-moi, j'ai surjoué mon personnage. Cela ne se reproduira plus.
- J'ai rencontré le père de la jeune fille.
- Quelle jeune fille ?
- Celle de la photo précédente.
- Ah ok. Et donc ?
- C'est Bernard Montiel.
- Bernard Montiel ? Myblack passait chez vacances chez Bernard Montiel ?
- Apparemment.
- Wow. Je comprends qu'il n'en ait jamais parlé à personne... Bernard Montiel... la honte...
- En tout cas, celui-ci m'a parlé d'un autre type avec une écharpe autour du cou.
- Un socialiste, donc.
- Oui, un socialiste. Un socialiste qui a des infos à nous passer.
- Bordel, mais qui a fait le scénario de cette enquête ? Ils ont tous un truc à nous passer ou quoi ? C'est le 5ème intervenant qui soit-disant à des révélations capitales à nous faire, ça commence vraiment à me ca...
- Calmez-vous, Derrick, votre coeur.
- ...sser les couilles et merde je l'ai dit.
- C'est malin. On va être interdit de diffusion par France 3, avec ce gros mot.
- Oh, c'est juste une expression familière. C'est pas comme si j'aurais dit "bite".
- Vous l'avez dit.
- Et merde.
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- Et donc, selon vous, Myblack n'est pas mort ?
- Ah c'est déjà à moi ?
- Bah c'est vous le socialiste, non ?
- Oui, oui. Non mais d'accord, ok, c'est parti.
- Je refais ma réplique ?
- Oui.
- Et donc, selon vous, Myblack n'est pas mort ?
- Je l'affirme haut et fort : il ne l'est pas ! Une fois rentré chez lui, il a surfé sur le net pendant 5 heures, comme d'habitude, puis est parti se coucher. Seulement, le lendemain matin, il n'était plus dans son lit.
- Plus dans son lit ?
- Plus dans son lit.
- Plus dans son lit. Hum...
- Oui, plus dans son lit.
- C'est bon, on a compris, je crois. Mais comment le savez-vous ?
- Je l'espionnais.
- Comment ??
- Oui. Je l'espionnais. Je m'étais caché dans une de ses canettes vides : parmi le gigantesque monticule, j'étais invisible. Je voulais découvrir son secret, le secret de son humour.
- Comme je vous comprends... Et alors ?
- Et alors, donc, il n'est pas mort, mais...
- Non mais on s'en fout de ça ! Le secret de son humour, c'est quoi ???
- Ah, bah aucune idée. Mes recherches ont toutes été vaines.
- Et merde. Bon, tant pis. Alors, comme ça, le lendemain, il s'était volatilisé ?
- Oui. J'ai tout notifié sur cette feuille. Tenez. Euh, pour la tâche, c'est du nutella, j'ai pas réussi à la faire disparaître.
- Même avec Le Chat Machine ?
- Le nouveau Le Chat Machine ? Avec les agents désincrustants ?
- Ouais. Avec les agents désinscrustants. Ceux qui sont planqués. Les agents secrets désincrustants, quoi.
- Pas mal.
- Merci. J'ai déjà fait mieux.
- Prenez cette feuille, et suivez les inscriptions.
- Qui êtes-vous pour me parler sur ce ton ?
- Pardon ? Je ne parlais sur aucun ton, vraiment je suis confus, je...
- Je déconnais. Allez, file la moi ta feuille, qu'on s'en finisse, j'en ai marre de montrer du doigt sans aucune raison.
- Attention ! Voilà Bernard Montiel !!
- Hein ? Ou ça ?
- Là ! Merde !
- Putain de bordel de mer...
- Il vient de me voler la feuille !
- Ordure ! Reviens-ici !
- Rattrapez-le !!!
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- Rends toi, Montiel, tu es fait comme un rat !
- Vous l'avez pas trouvé bidon, cette course-poursuite ?
- N'essaye pas de me distraire, je suis un professionnel : j'ai vu tous les films de Belmondo.
- Non mais on a rien vu. Le coup où j'arrive pour voler la feuille, en toute fin, uniquement pour...
- Chut... Tu perds ton temps.
- En plus, je m'en contrefous de cette feuille, moi. J'passais juste dans l'coin.
- Bon sang mais tais toi...
- Non parce que si c'est pour se faire buter à cause d'une feuille à carreaux, ça vaut vraiment pas le coup. Moi j'dis ça, j'dis rien, hein, après tout vous...
- BORDEL MAIS TU VA LA FERMER, TA GRANDE GUEULE ? ALLEZ, PRENDS TOI CA, VERMINE CAPITALISTE !
[Pan ! Pan !]
- Que Vidéo Gag ait ton âme.
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- Et finalement, après moult péripéties, les indications écrites sur cette feuille m'ont amené à vous. Passionnant, n'est-ce pas ?
- Non.
- Ah. Et donc, cette cassette va me dire le secret de la mystérieuse disparition de Myblack ? Me dévoiler où il se trouve actuellement, si jamais il est encore vivant ?
- Ouais. Enfin j'crois.
- Vous croyez ? Comment ça, vous croyez ?
- Disons que je pense avoir effacé les preuves, l'autre jour, en voulant enregistrer un film avec Clara Morgane. Alors par moment ça saute, les images sont pas nettes, mais bon vous verrez, hein.
- En tout cas merci, frérot.
- C'est con, fallait me le dire que tu cherchais des renseignements sur cette affaire. Je te l'aurais donné, moi, cette cassette. Ca nous aurait épargné deux articles et des litres de dialogues incohérents.
- Ouais. J'ai pas osé, en fait. Bon, on se voit demain, chez mémé. @+
- Bye ^^
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- Après visionnage de la vidéo, j'ai enfin pu boucler cette enquête. Ma première réussie en 36 ans de carrière. Je serais à Francfort dans deux jours, pour le procès du Professeur Whitman. Je compte bien y révéler à la foule incrédule le produit de mon labeur : la vérité n'a pas de prix, moins mes honoraires, évidemment.
Tremble, Whitman, j'arrive.
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