Vendredi 29 février 2008
Au loin gisent les montagnes lisboètes, hautes de 7500 mètres. Entre les poils et le fado, Raymond Bounaffou crapahute sa terre natale, au Portugal. « Oui
bon ok le Portugal n’est pas vraiment ma terre natale, mais c’est toujours mieux que l’Auvergne, hein ? », concède l’ancien candidat aux présidentielles de 2007.
Ils nous ressert pour la 6ème fois de la soupe aux potirons ; nous acceptons poliment. Sur les murs se dévoilent les images d’un passé révolu :
son discours grandiloquent à la salle des sports Jermaine Jackson de Châteauroux, son voyage
gastrono-politique au Groenland, sa rencontre mouvementée avec PPD, en direct à la télévision, sa masturbation filmée à son insu sur le plateau d’On a tout à essayé.
Bien loin des strass de la TV et de ses Valérie paillettes, Raymond Bounaffou profite du bon temps en compagnie de Lulu, un orque nippon qu’il héberge depuis deux
mois. L’ancien touriste du Darfour vole désormais de ses propres ailes : devenu aviateur, comme
Saint-Exupéry. « Et je m’y connais en mouton : j’ai quand même obtenu 16,6 % des voix ! ». La semaine dernière, il a survolé le journal Libération pendant trente
minutes, sans y trouver la moindre piste d’atterrissage. « Y avait bien l’édito de Laurent Joffrin, mais c’était casse-gueule ». D'ailleurs, en parlant de ça, sa vie
de député ne lui manque-t-elle pas ? « Pas autant que les nibards de ma sœur », affirme celui qui a tout abandonné pour s’installer ici, son blog en tête.
« Cette expérience de député c’était sympa, jusqu’au moment où je me suis aperçu que la meuf la plus baisable du lot était Valérie Pécresse. Qui n’est même
pas députée ! » Pourtant, son œil se mouille. De ses hublots opaques on aperçoit la faille, l’indicible souvenir de la notoriété. Avec plus de 102 visiteurs répartis en 4 mois, le
Blog de Raymond Bounaffou était jadis un chef-lieu de canton de l’humour. « Et quand on aime, on ne canton pas ! Ha, ha, ha Heerk Heeeerk », manque t-il de
s’étrangler par la faute d’un os de perdrix, fort répandu dans la région. Car Raymond Bounaffou, revenu sain et sauf de l'agitation parisienne, possède désormais les codes de la capitale - en
tout cas de celui de l'immeuble de l'appartement de Myblack, pour se loger. Il s'estime plus neutre que jamais, plus confiant, plus mature. Le mois dernier, il a acheté son premier vêtement sans
sa mère. Un signe fort, à 35 ans passés.
Ressurgira-t-il pour les municipales ? Difficile à dire pour le moment, le planning des articles n’est bouclé que jusqu’au 4 mars. D’ici-là, tout peut
arriver.


Sur cette vue
aérienne du réceptacle, on peut apercevoir le fantastique tohu-bohu du complexe.
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