- Maintenant que nous savons que Myblack n'étiez pas mort abattu par le KGB Tchadien, il...
- N'est.
- ... va falloir pardon ? Nez ?
- N'est. Que Myblack n'est pas mort. Vous avez dit "n'étiez pas mort". C'est incorrect.
- Non, non, j'ai dit "n'est pas mort". "Que Myblack n'est pas mort".
- Bon, de toute façon on s'en fout, ça n'a pas vraiment d'importance.
- Ecoute mec, je t'affirme que j'ai dit "N'est pas mort" ! Je suis pas gâteux, merde !
- Ok, Ok inspecteur. Donc alors ?
- Bien. Donc, il va falloir qu'on essayez de savoir ce qu'il s'est passé, une fois le retour de Myblack dans son appartement.
- Ouais.
- Ok. Ca marche.
- On fait comme ça.
- Voilà.
- C'est clair.
- Bon. Vous avez une idée de comment faire ?
- C'est vous l'inspecteur, Derrick. C'est votre série. C'est vous le héros.
- Rahh, toujours cette même rengaine ! Soyez moderne, mon vieux ! Changez de coupe de cheveux ! Be a winner ! Just do It !
- Ok... Et donc, pour Myblack, que fait-on ?
- J'ai un coup de fil important à passer, attendez.
- Ah ? Un homme haut placé qui pourrait nous renseigner sur cette mystérieuse soirée du 1er Février ? Le ministre de l'intérieur ? Jack Bauer ? Raymond Bounaffou ?
- Non, le livreur de Pizza Hut : il a oublié la sauce piquante, cet empoté.
-------------------------------------------------
- Oh regardez, un zèbre !
- Oui, et donc il est venu, j'ai payé sa pizza, mais en oubliant la sauce piquante. Et depuis impossible de le joindre. Comment ? Le licencier ? Ecoutez, je ne sais pas, c'est votre employé après tout, cela ne me regarde pas oui virez moi ce connard.
- Cette ballade sur les quais nous a fait du bien, Derrick.
- J'ai les pieds en compote. Un conseil, vieux : ne chaussez jamais du 36 si vous faites du 41.
- Inspecteur, vous voyez ce truc, là-bas ?
- Le zèbre ?
- Non, l'autre truc.
- Votre doigt ?
- Non.
- Votre ongle ?
- Non, après le doigt.
- Le pigeon ?
- Non, pas ça.
- La poubelle ?
- Non plus.
- L'arbre ? Cet arbre ?
- Non.
- Cet arbre-là ?
- Non, ce n'est pas un arbre.
- L'immeuble ?
- Pas exactement.
- Dedans l'immeuble ?
- Pas tout à fait.
- La fenêtre fermée ?
- Non, pas la fenêtre fermée.
- Le toit de l'immeuble ?
- Non, plus bas.
- Le trottoir de l'immeuble ?
- Plus haut.
- Le balcon ?
- Non, à gauche.
- Le pot de fleurs du balcon ?
- Non, à gauche du balcon.
- Je vois pas.
- A gauche du balcon.
- Non, je ne vois pas. Je suis désolé.
- A gauche du balcon, inspecteur !!
- Ah, la fille qui exhibe sa poitrine ?
- Oui ! Putain ! CETTE FILLE ! A SA FENETRE !!
- Et bien ? Pensez-vous qu'elle a un lien quelconque avec l'enquête ? La disparition de Myblack ?
- Euh... Non, mais elle ne semble pas très farouche, on est deux, elle est nue, j'avais pensé que...
- Cette attitude est déplorable. Vous devriez avoir honte de représenter la police. Quelle indécence ! Pitoyable ! Un homme tel que vous ! Comment osez vo...
- Je ne dirais rien au sujet de votre moumoute.
- Très bien, allons z'y.
----------------------------------------------------
- Je suis vraiment désolée, inspecteur. J'ignorais que vos cheveux... Enfin... Ne se...
- La vie ne m'a pas gâté, jeune fille. Je suis allemand, j'aime la paella, j'ai des auréoles de sueurs sous ma chemise. Vous êtes jeune, vous êtes belle, je comprends qu'un homme tel que moi ne correspond pas à vos attentes.
- Ce n'est pas ça... Comprenez-moi... Je... Je...
- Oui ?
- Je suis centriste.
- Mon dieu.
- C'est affreux. Et c'est donc par dépit que vous vous exhibez sur les façades des immeubles ?
- Exactement.
- Quelle perspicacité, Derrick !
- Bon. C'est pas tout ça, mais en quoi cette femme peut-elle faire avancer l'enquête ?
- Parle ! Parle ! Tu vas parler, salope !!
- Que voulez-vous savoir ?
- Comment expliquer les deux buts de Thuram lors de France-Croatie, en 98 ? Pratiquement les deux seuls de sa carrière, et il les plante en demi-finale de la coupe du monde ! C'est fort, ça ! Ca m'a toujours intrigué, ce truc ! Mais comment a-t-il fait ??? Répondez-moi !!
- Un état de grâce inexplicable, une magie de l'instant, l'élan de la victoire, l'esprit de revanche de Thuram, défenseur batailleur, qui ne renonce jamais. Ce jour-là, un souffle éolien avait envahi le Stade de France. Rien ne pouvait stopper la marche en avant des hommes de Jacquet. Rien, sauf Slaven Bilic, bourreau de Laurent Blanc, le privant de la finale et offrant à Leboeuf, cet incapable, le France-Brésil d'Anthologie.
- Hé ben.
- Impressionnant.
- Au niveau de la culture footballistique, Myblack m'a tout appris. Il fut mon mentor.
- Vous le connaissiez donc ?
- Depuis longtemps. Il venait chez papa pendant les vacances, se ressourcer. Un homme formidable, ce Myblack.
- Je ne vous le fait pas dire.
- Ah, ça, il était le plus grand d'entre nous tous.
- Peut-être voulez-vous parler à mon père ? ...
- Et ce charisme... Ce charisme !
- Comment vouliez-vous lui résister ?
- ... Non ? Il pourrait vous mieux vous renseigner, je pense.
- Je l'ai jalousé dès la première minute.
- Quand il me parlait corn-flakes, c'était comme si l'univers arrêtait son expansion.
- Je crois que papa fait un bowling. Vous le trouverez sûrement là-bas.
- Sa blague des belges qui font du ski résonne encore en moi comme un écho d'enchantement.
- Il était le père, le frère et la soeur que nous n'avions plus.
- Même ses gâteaux secs sentaient bon le bonheur.
- Bon, allez, moi je me casse. Vous m'avez soulée.
------------------------------------------------------------
- C'est bon, j'ai retrouvé mon slip, il était derrière la quille numéro 6.
- Derrick, bordel, revenez !
- Ouais attendIUHUAO saloperie de rhumatismes ! J'arrive ! Quoi ?
- J'ai r...
- Quoi ?? Qu'y a-t-il ??
- ..encont...
- QQUOI??? RENCONTREZ QUI ?? TELL ME WHAT !!
- Mais laissez moi finir ma phrase, merde !
- Excusez-moi, j'ai surjoué mon personnage. Cela ne se reproduira plus.
- J'ai rencontré le père de la jeune fille.
- Quelle jeune fille ?
- Celle de la photo précédente.
- Ah ok. Et donc ?
- C'est Bernard Montiel.
- Bernard Montiel ? Myblack passait chez vacances chez Bernard Montiel ?
- Apparemment.
- Wow. Je comprends qu'il n'en ait jamais parlé à personne... Bernard Montiel... la honte...
- En tout cas, celui-ci m'a parlé d'un autre type avec une écharpe autour du cou.
- Un socialiste, donc.
- Oui, un socialiste. Un socialiste qui a des infos à nous passer.
- Bordel, mais qui a fait le scénario de cette enquête ? Ils ont tous un truc à nous passer ou quoi ? C'est le 5ème intervenant qui soit-disant à des révélations capitales à nous faire, ça commence vraiment à me ca...
- Calmez-vous, Derrick, votre coeur.
- ...sser les couilles et merde je l'ai dit.
- C'est malin. On va être interdit de diffusion par France 3, avec ce gros mot.
- Oh, c'est juste une expression familière. C'est pas comme si j'aurais dit "bite".
- Vous l'avez dit.
- Et merde.
-------------------------------
- Et donc, selon vous, Myblack n'est pas mort ?
- Ah c'est déjà à moi ?
- Bah c'est vous le socialiste, non ?
- Oui, oui. Non mais d'accord, ok, c'est parti.
- Je refais ma réplique ?
- Oui.
- Et donc, selon vous, Myblack n'est pas mort ?
- Je l'affirme haut et fort : il ne l'est pas ! Une fois rentré chez lui, il a surfé sur le net pendant 5 heures, comme d'habitude, puis est parti se coucher. Seulement, le lendemain matin, il n'était plus dans son lit.
- Plus dans son lit ?
- Plus dans son lit.
- Plus dans son lit. Hum...
- Oui, plus dans son lit.
- C'est bon, on a compris, je crois. Mais comment le savez-vous ?
- Je l'espionnais.
- Comment ??
- Oui. Je l'espionnais. Je m'étais caché dans une de ses canettes vides : parmi le gigantesque monticule, j'étais invisible. Je voulais découvrir son secret, le secret de son humour.
- Comme je vous comprends... Et alors ?
- Et alors, donc, il n'est pas mort, mais...
- Non mais on s'en fout de ça ! Le secret de son humour, c'est quoi ???
- Ah, bah aucune idée. Mes recherches ont toutes été vaines.
- Et merde. Bon, tant pis. Alors, comme ça, le lendemain, il s'était volatilisé ?
- Oui. J'ai tout notifié sur cette feuille. Tenez. Euh, pour la tâche, c'est du nutella, j'ai pas réussi à la faire disparaître.
- Même avec Le Chat Machine ?
- Le nouveau Le Chat Machine ? Avec les agents désincrustants ?
- Ouais. Avec les agents désinscrustants. Ceux qui sont planqués. Les agents secrets désincrustants, quoi.
- Pas mal.
- Merci. J'ai déjà fait mieux.
- Prenez cette feuille, et suivez les inscriptions.
- Qui êtes-vous pour me parler sur ce ton ?
- Pardon ? Je ne parlais sur aucun ton, vraiment je suis confus, je...
- Je déconnais. Allez, file la moi ta feuille, qu'on s'en finisse, j'en ai marre de montrer du doigt sans aucune raison.
- Attention ! Voilà Bernard Montiel !!
- Hein ? Ou ça ?
- Là ! Merde !
- Putain de bordel de mer...
- Il vient de me voler la feuille !
- Ordure ! Reviens-ici !
- Rattrapez-le !!!
-----------------------------------------------------------
- Rends toi, Montiel, tu es fait comme un rat !
- Vous l'avez pas trouvé bidon, cette course-poursuite ?
- N'essaye pas de me distraire, je suis un professionnel : j'ai vu tous les films de Belmondo.
- Non mais on a rien vu. Le coup où j'arrive pour voler la feuille, en toute fin, uniquement pour...
- Chut... Tu perds ton temps.
- En plus, je m'en contrefous de cette feuille, moi. J'passais juste dans l'coin.
- Bon sang mais tais toi...
- Non parce que si c'est pour se faire buter à cause d'une feuille à carreaux, ça vaut vraiment pas le coup. Moi j'dis ça, j'dis rien, hein, après tout vous...
- BORDEL MAIS TU VA LA FERMER, TA GRANDE GUEULE ? ALLEZ, PRENDS TOI CA, VERMINE CAPITALISTE !
[Pan ! Pan !]
- Que Vidéo Gag ait ton âme.
----------------------------------------
- Et finalement, après moult péripéties, les indications écrites sur cette feuille m'ont amené à vous. Passionnant, n'est-ce pas ?
- Non.
- Ah. Et donc, cette cassette va me dire le secret de la mystérieuse disparition de Myblack ? Me dévoiler où il se trouve actuellement, si jamais il est encore vivant ?
- Ouais. Enfin j'crois.
- Vous croyez ? Comment ça, vous croyez ?
- Disons que je pense avoir effacé les preuves, l'autre jour, en voulant enregistrer un film avec Clara Morgane. Alors par moment ça saute, les images sont pas nettes, mais bon vous verrez, hein.
- En tout cas merci, frérot.
- C'est con, fallait me le dire que tu cherchais des renseignements sur cette affaire. Je te l'aurais donné, moi, cette cassette. Ca nous aurait épargné deux articles et des litres de dialogues incohérents.
- Ouais. J'ai pas osé, en fait. Bon, on se voit demain, chez mémé. @+
- Bye ^^
-----------------------------------------
- Après visionnage de la vidéo, j'ai enfin pu boucler cette enquête. Ma première réussie en 36 ans de carrière. Je serais à Francfort dans deux jours, pour le procès du Professeur Whitman. Je compte bien y révéler à la foule incrédule le produit de mon labeur : la vérité n'a pas de prix, moins mes honoraires, évidemment.
Tremble, Whitman, j'arrive.
Commentaires