C'est à ma grande surprise que je viens d'apprendre l'annonce de ma mort :
Ainsi disparaît l'un des plus talentueux numismates de sa génération. Après avoir échappé à plusieurs attentats - culinaires, comptables, esthétiques - Myblack n'a rien pu faire pour éviter la fourberie d'un destin farceur, dissimulé sous les traits d'un dessin implacable.
C'est l'ensemble des créateurs de ce Blog qui est en deuil. Déjà, les messages de tristesses affluent de toutes parts, de Raymond Bounaffou à Jean-Michel Lapoisse. Les larmes coulent dans l'évier, les meubles se découvrent orphelin et la télévision dérive, délaissée par sa boussole. Cet homme si mystérieux a marqué une époque viciée par l'avènement de la télé-réalité et la fin du club Dorothée. Le Blog de Myblack s'associe à ce décès et présente ses plus sincères condoléances à soi-même.
Comme l'usage l'exige - à répéter 20 fois de suite pour les dyslexiques qui lisent ces lignes - voici un résumé condensé d'une vie pleine de rebondissements peu mouvementés et d'anecdotes moyennement savoureuses :
Nécrologie de Myblack
Ses origines
Myblack naît en Juin 1984 en plein France-Belgique, entre le 3ème et 4ème buts tricolore. D'abord très influencé par les textes de Guy Montagné, il se recentre à l'âge de six mois sur les écrits liturgiques de Coluche et de Pierre Desproges. Il passe les premières années de sa vie à documenter sur l'univers, collectant toute une somme d'informations sur la vie courante : il apprend à 1 an que le père noël est un imposteur, à 15 mois que la petite souris n'est qu'un concept et à 2 ans que Valéry Giscard d'Estaing n'a jamais existé. Ce n'est que vers 5 ans et demie qu'il se décide à marcher, pour faire plaisir à ses modestes parents qui l'élèvent tant bien que mal.
Son enfance
D'abord excellent élève - premier de la classe en CP, CE1 et CE2 -, il comprend progressivement l'inutilité du travail et choisit de mener une vie d'homme de l'ombre, entre le radiateur et les bavardages. La plupart de ses professeurs ignorent alors son visage, et le surnomme "vous, là-bas au fond, avec le pull rouge", pseudonyme qui le suivra jusqu'en 5ème.
Simultanément, il suit des études en "Histoire des coupes du monde de Football" (probablement conditionnées par sa naissance) tout en se moquant des bonnes soeurs qui pavoisent dans la cour de son école. Un jour, l'une d'entre-elles - Hélène - s'en plaint au directeur : violemment réprimandé, Myblack en gardera toute sa vie un profond méprit pour la religion et l'autorité.
La funeste Soeur Hélène, heureusement décédée en Mai 2004 des suites d'une tumeur au cerveau.
Son parcours scolaire
Au collège, il découvre avec horreur les cours de physique et l'adolescence tumultueuse de ses camarades. Plongé dans un monde qu'il ne comprend pas, il est alors obligé pour survivre de dépecer une vingtaine d'élèves par années, généralement les filles trop maquillées ou les rebelles qui muent. Il se lie d'amitié avec un philosophe bouddhiste (dont l'enseignement consistait essentiellement à rester assis sous le préau en attendant la fin de la récré). Ensemble, ils comptent les feuilles ou évitent de marcher sur les lignes des carrelages, en ne sachant pas pourquoi.
L'année 1997 est décisive : il crucifie un prof de technologie puis devient un des fers de lance des collectionneurs de POG. Il rachète à prix d'or les pièces les plus recherchées, pour les revendre six fois leurs prix. Un réseau est alors constitué, des succursales aux quatre points cardinaux de la cour sont établies qui permettent à Myblack de devenir, l'espace de quelques mois, l'un des plus influents apparatchiks de son collège.
La cour de son collège. Myblack y avait enterré deux professeurs de mathématique.
Au lycée, il tente un régime alimentaire équilibré mais l'abandonne rapidement, au bout d'une heure. Une période de sa vie teintée d'obscurité commence alors : les cours d'italien sont prétextes à des sempiternelles parties de morpion, ceux de mathématique à des mutilations intellectuels et le mardi 16 Février il loupe le bus, ce qui l'oblige à parcourir seul, dans un climat doux et tempéré, les 200 mètres qui le séparent du lycée. Contre toute attente, il abandonne la lutte gréco-romaine et choisit d'effectuer une terminale STT compta-gestion, en ne sachant pas pourquoi.
Il profite de l'année 2002 pour devenir le meilleur joueur du monde sur Age of Empire 1 : sous les nicks de Hoho, de Gzdir ou de Cam_Myblack, il sème la terreur sur les écrans de ses ennemis et acquiert une renommée et un charisme analogue à celui d'Alain Delon quand il va au Japon. Il humilie 49 fois consécutivement Jean-Claude Darcheville en duel, écrase COY en moins de 8 minutes et, se faisait passer pour un anachorète newbie, il vient à bout du redoutable Nain_Pact.
La veille du bac, il décide de réviser 30 minutes, au cas où : il obtient le diplome avec mention assez bien (pour 0,01 point), puis décide de continuer la comptabilité, sans savoir pourquoi.
Le BTS de Comptabilité
Rare sont les témoins encore en vie se souvenant d'avoir croisé Myblack à cette période de sa vie. Fuyant les cours de comptabilité qu'il déteste, il aurait entrepris plusieurs voyages initiatiques devant, selon lui, "le mener jusqu'à la vérité". Est-il allé au Tibet rencontrer le lama, comme le prétendent certains ? S'est-il égaré en Amazonie pour tailler bavette à Raoni ? A-t-il visité les coins branchés du New Jersey, comme l'affirme Jean-Claude Darcheville - un des lecteurs de son blog ? Ou bien simplement s'est-il contenté de zoner autour des ruelles de sa maison, comme le pensent ces parents ? Nul ne le sait. Quoi qu'il en soit, après 8 mois d'errance, il effectue un come-back tonitruant dans la cour de son lycée, où personne ne le reconnaît. Déguisé en indien, il va voir la directrice et lui assène un direct du gauche, puis séquestre ses furtifs collègues de promotion avec divers outils de jardinages. Il hésite à s'engager dans les troupes télévisuelles de Laurent Ruquier mais, heureusement, la raison le rappelle à lui et Myblack s'inscrit alors en fac d'histoire, sans savoir pourquoi.
Les années Fac
Libéré du carcan comptable, il se remet à parler à un être humain, pour la première fois depuis deux ans et demie. Quelquefois, il mange au Flunch, et y oublie sa carte d'étudiant. Devant l'austérité des cours d'histoire médiévale et l'incompétence des secrétaires de l'université, il mène une vie partagée entre grasse matinée sur les bancs de l'amphi, sieste récupératrice en séance de TD et repos régénérateur chez lui. Il consacre sa deuxième année à l'étude des livres anciens de la bibliothèque, en partie parce qu'il a réperé une fille qui les empruntent. Après 8 mois de repérages et de phrases répétées dans sa tête, il se décide enfin à s'assoir à sa table : mais nous sommes alors en Juillet, et Myblack est seul dans la bibliothèque.
Début Août, Myblack trouve un job de superhéros à mi-temps, lui permettant d'assouvir temporairement sa passion pour les légumes et les costumes ridicules.
Sa troisième année est entièrement consacrée à la mise en pratique des préceptes acquis :
- se promener dans le rayon fruits et légumes du supermarché voisin pour rigoler devant les ananas et les aubergines.
- rester assis sur un banc du parc jouxtant la fac pour y mater les passantes - en les notant sur 20.
- jouer à Pro Evolution Soccer 4.
Finalement, il obtient sa licence d'histoire, sans savoir pourquoi, puis, après avoir un tant hésité à devenir mascotte officiel du Clermont-Foot, il s'inscrit dans une école de bibliothécaires-documentalistes, sans savoir pourquoi.
La descente en enfer
Il débarque à Paris plein d'illusions désuètes, désireux d'y rencontrer l'amour, la gloire et Régis Laspalès. Il bivouaque dans un studio lilliputien, se préparant à ses futures études qu'il espère constructives et enrichissantes. Au bout d'une semaine, il comprend s'être trompé d'orientation.
Myblack poursuit néanmoins les cours pour tenter de séduire une camarade de classe qui refuse de céder à ses avances, tout en se perdant six fois dans le métro en moins d'un mois. Il entame alors ce blog en y pensant trouver paix de l'âme et contemplation : hélas, il est rapidement jalousé par les autres bloggeurs du web, qui décident à l'unisson de formenter un coup d'état. Le lundi 22 Janvier 2007, en rentrant d'une séance d'épilation nasale, il est sauvagement abattu par un agent du KGB tchadien. Une semaine après, il apprend sa mort en parcourant le blog de cet agent, et rédige son autohagiographie, laissant derrière lui boîtes de conserves, télécommande et manettes de jeux vidéos.


Après avoir profité en 32ème de finale de l'abandon par gastro-entérite du suisse Michel Vaunien ("le cygne du Lac Léman") et de la suspension pour dopage inopinée du Canadien Johnny Gregg ("la truite du Lac Majeur"), il n'a pas tremblé en 1/8ème contre l'épouvantail péruvien Izala Araes ("le caniche nain du Lac Titicaca"). Son jeu plein d'imprévu et de déplacement invraisemblable a eu raison du sud-américain affilié FO. Durant ce match, Raynard Pletzel a eu de l'audace, de l'audace, toujours de l'audace : ses déplacements latéraux de pions sur 7 cases et sa manière si cavalière d'avaler les cavaliers adverses ont montré à quel point il possédait un sens tactique novateur - ainsi qu'un estomac en béton.
La 1/2 finale constitua le point d'orgue de son parcours : quel retournement de situation quand, acculé en défense, ne lui restant qu'un roi et 2 pions, il eut un retour de biberon en plein sur l'échiquier : l'arbitre, en vertu du réglement, dû refaire la partie. Le français Bernadette-Sylvain Morvaron ("la coquille Saint-Jacques du marais poitevin"), ne supporta pas cette décision et insulta le corps arbitral : regrettable bourde, puisqu'il fut immédiatement disqualifié et extradé en Nouvelle-Zemble.
Dallus en 439, gravure de la basilique Saint-Pierre. Il traversait à cette époque une terrible crise de spiritualité - et d'identité capillaire.
Selon le Canard Enchaîné, Michèle-alliot Marie consommerait fréquemment de l'erbok.
La sexualité chez le décapsuleur, un sujet encore tabou.

Ils étaient plus de 72, hier, à la salle des sports Jermaine Jackson de Châteauroux. Simples sympathisants, membres actifs, SDF venus chercher un peu de chaleur, journalistes s'étant trompés d'endroit : Raymond Bounaffou était attendu au tournant, et il n'a pas déçu.
"Ensemble, nous vaincrons peut être ! Je suis fin prêt à représenter tout ceux qui on en assez d'affronter sans relâche les plaies du quotidien, ces tartines beurrées qui tombent du mauvais côté, ces gens qui traversent au feu orange, ces digicodes cabalistiques que l'on fracassent à coup de chaussures pour rentrer ! Combattons l'incombattable ! Votez pour moi, même sans savoir pourquoi, mais votez ! Je suis l'homme qui séduira les français en cette année d'érection !", à-t-il clamé, en commettant un regrettable lapsus.
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