Curriculum vital

2030. Je travaille pour une boîte dont le produit est l’humain. Chaque jour, je supprime les produits périmés. C’est simple, il n’y a qu’à appuyer sur un bouton.

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Restes du frigo

Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /Nov /2008 00:00

 

 

Alexandre, pour une fois, s’était lâché à quelques confidences sur sa vie et son histoire amoureuse avec le nouveau pompier de la ville, un type plutôt brun et bien tourné. Firmin connaissait ce sapeur. En civil, il le trouvait gandin et arrogant. Etre pompier, disait-il, c’est vivre du malheur des autres en attendant les flammes pour s’embraser. Enfin Firmin ne disait pas tout à fait cela, mais c’était plus joli en le disant ainsi.

Firmin est un gentil garçon mais, comme tous les gens dont la description commence en ces termes, n’est ni beau, ni drôle, ni particulièrement intéressant, ni particulièrement pompier. Firmin était l’extrême opposé d’un pompier. Autant le pompier était vaillant, volontaire, envoûtant et sculpté, autant Firmin adorait Winnie l’Ourson. Sa grotte fourmillait de pots de miel en pâte à modeler ; sa bibliothèque lisait Walt Disney sur trois étages, le quatrième étant réservé à Maupassant, pour faire genre. Sur son lit à une place, un sourire s’affichait sur une peluche jaune au regard béant. Au centre de son dressing pendaient quatre gilets rouges, copies conforme de celui de Winnie. Il partageait avec lui une gémellité intrigante, et même, selon les dires des moutons de Lazenet, village situé à quelques bêlements de son appartement, une dangerosité certaine. Winnie donnait à croire aux gosses qu'une vie pleine d'oisiveté et de luxure avec la nature était possible sans cotiser à la sécurité sociale. A 46 ans, Firmin n’était plus un gosse, mais appliquait la recette sans modération, quitte à s’engrosser aux dépends des autres. Claudine était l’une de ces autres.

 

Firmin avait faim, de midi à minuit, et n'aurait refusé pour rien au monde cette nouvelle invitation chez un parasite aussi doué pour l’art de la table. Claudine savait recevoir : des louanges drapés dans de la soie, simples remerciements de convives au comble de la satisfaction. Au sommet des accessits : sa tarte aux prunes. Sur son lit à deux places, un sourire s’affichait régulièrement à la lueur de la veilleuse, au crépuscule de la soirée, quand la digestion plongeait dans le sommeil. Le club des cinq se réunissait deux à trois fois par mois. Alexandre en était la tête d’affiche. Il jouissait d’une réputation d’acteur de premier plan à l’échelle du village : lorsque Lionel Jospin était venu en campagne, en 2002, c’est ce bon vieux Alex qui avait ainsi décroché, au terme de castings éprouvants, la lourde tâche de faire coucou derrière la caméra de France Télévisions.

Benoit, lui, jouissait. Avec Véronique, dont les talents d’actrices ne sont plus à prouver, particulièrement au lit. Mais aussi avec Sylvie, 38 ans, dont la carrière d’héroïne littéraire s’arrêta net le jour où Claudine décida de ne pas l’inviter à sa table. En tant que frère du feu mari de l'amphitryon, Firmin s'asseyait à sa droite, près de l'horrible dessin représentant Henri IV orné de dreadlocks. Une composition de son petit-neveu, passionné d’Histoire.

- « Tiens, Firmin, passe moi le pain, s’il te plaît. »

Firmin n’appréciait Benoît qu’avec parcimonie. Il trouvait son couple hypocrite, et Véronique particulièrement laide depuis que cette dernière lui avait servi un dîner loupé, en avril. Firmin se souvient très bien de cette soirée-là : tout du long il avait senti comme une odeur de souffre entre les invités, une animosité larvée prête à bondir à la moindre anicroche. En réalité, c’était le gigot de Véro qui brûlait.

« - J’espère que tout va bien », demanda Claudine, faussement inquiète, pour jauger la température de la table, légèrement plus ardente que sa sauce aux morilles.

La question n’avait pas de sens, sauce aux morilles exceptée. Le plat principal donnait à la succulence sa véritable signification. Les fromages rivalisaient en saveurs, amoureusement accompagnés de Bordeaux. Et le dessert, ce dessert ! aurait même plu à un parisien participant à Un Dîner presque parfait, l’émission culinaire d’M6. Seul Firmin semblait déçu. A la fin du repas il avait jeté un œil dans la cuisine et l’avait aperçue, tellement désirable. Elle l’ignorait, involontairement peut-être, tout en se sentant exquise et irrésistible. Cette fois-ci, contrairement à la semaine dernière, elle n’avait pas fait immersion dans la soirée. Lorsque la porte se referma, Firmin eut des regrets de ne pas avoir osé l’attaquer et rentra chez lui, tout penaud, câliner sa peluche.

 

Cinq semaines durant les sorties chez Claudine se succédèrent. Systématiquement, à la fin du dessert, c’est la déception qui dominait. A contre-courant de l’opinion des autres invités, il maugréait contre sa lâcheté qui l’empêchait d’agir. Ses nuits furent tornades. Il repensait à elle, invariablement, autant que ses draps ne pouvaient le supporter. Pourquoi Claudine la cachait-elle ainsi, à l’abri des bouches incestueuses ?

Un jour, il avait semblé la voir dans une boulangerie. Mirage. Un autre, au supermarché. Mirage. Encore un autre, aux abords d’une église. Mariage. Son goût l’obsédait. Il voulait la prendre, pour lui tout seul. Les journées de Firmin se résumaient par son absence, et il souffrait de ne pouvoir la revoir. Jusqu’au soir où il décida de violer le destin en prenant ses rênes.

 

Ce n’était pas un soir de film d’horreur. Annibal Lecteur dînait chez sa mère, l’orage avait un rencard dans un autre coin du pays et Firmin s’était passé sur le visage une crème anti-boutons pour masquer ses défauts. La réception se déroula normalement. Firmin en sortit le dernier. Là, derrière l’abribus jouxtant la rue Lanceau, sa cachette lui permettait d’être à l’affut des lumières. Une luciole armée d’un couteau. Un bus de nuit éteignit son songe. Il fit un pas de côté. Puis deux. La lumière entoure toujours la maison. Un peu comme un enfant, il marche sur ce chemin de pierre qu’il avait précipitamment fuit vingt minutes auparavant.

- « Elle doit probablement nettoyer »

En effet, Claudine nettoyait. N’aimant guère le désordre, elle s’était occupée des assiettes dès le dernier invité parti, puis s’échinait maintenant à épurer la table de ses miettes. Firmin l’observait consciencieusement. A 9 ans, il avait tranché le corps d’une araignée de taille moyenne sans ressentir la moindre peur, juste pour savoir, comme ça. Il était ensuite passé aux chenilles, par facilité, puis aux souris, par sa cave, avant, vers sa majorité, de s’en prendre aux lapins. Il trouvait les lapins stupides, surtout ceux de son oncle. Firmin n’avait jamais tranché de Claudine, encore moins de Claudine épurant une table de ses miettes. Disons qu’il la trouvait plutôt ingrate, malgré sa générosité. Ses mains ressemblaient à des ventouses, trouvait-il. Firmin préférait de loin Pétunia, sa fleuriste.

Avant de quitter les lieux, il avait pris soin de laisser ouverte la fenêtre de la chambre d’amie, davantage pour pénétrer ensuite en secret dans la maison que pour en aérer l’odeur de bison. Firmin avait découvert ce stratagème dans un polar américain des années 50 diffusé sur le câble, entre deux épisodes de Winnie. La fenêtre n’était pas bien haute, à quelques enjambées du sol, et il arriva à ses fins sans se casser la margoulette. Par contre, il endommagea une latte du lit en se réceptionnant. « En passant par le salon, je pourrais me cacher derrière le canapé », songea-t-il, en dévisageant des deux côtés le couloir aux joues dorées. De la déco, il ne voyait en fait que le doré. Son souffle se faisait de plus en plus prégnant, militaire. Ses lèvres battaient la mesure, accompagnant la lourdeur de ses pas. Il n’avait rien d’un assassin, n’avait ni leur grâce ni leur intelligence d’esprit, mais vivait au XXIème siècle, à une époque où tout le monde se sentaient capables d’incarner tout le monde et d’ouvrir une porte de cuisine. Ca y est. La porte de la cuisine n'existe plus. Les chaises, la litière du chat, le Paic citron dégoulinant près de l'évier s'écartent pour ne laisser dans son champ de vision qu'un arôme terroriste encore introuvable dans le commerce. Elle patiente, au bord de la table. Sa peau l'attire comme un aimant et l'enivre ; ou est-ce ce citron couleur de miel embrassant le lointain ?
Rarement Firmin ne s'était senti assez bien. Lestement, il raccourcit la distance le séparant de l'irréparable. «J'ai envie de la trancher, se dit-il, j'ai envie de la trancher.» Sa robe vire au violet. Des turgescences se font plus précises, et quelques miettes l'entourent. Elle se sait déjà morte, c'est certain. L’aiguillon de la faim le provoque, le brave. Il cède et l'entaille d'un coup bref en plein milieu de la chair. Elle est un peu dure, résistante, comme il les aime. On aurait dit un vagin tellement elle était douce, des cils tellement elle irradiait.

Il émettait de sa bouche des sons venus de l’espace quand Claudine intercepta l’éruption extatique de ses vaisseaux.

- « Firmin ! Qu’est-ce qui t’arrives ? »

Firmin consommait sa gourmandise. Il s’excusa poliment en lâchant sa proie.

- « Excuse-moi, mais je n’avais pas le choix », manquait-il de pleurer.

Claudine ne comprit pas. L’un de ses meilleurs amis avait souillé son bébé, sans raisons.

- « Je suis désole, Claudine, je, je… »

- « Il suffisait de me le demander, tu sais, murmura-t-elle. Pourquoi ne m’as-tu rien dit ? »

En contemplant cette tarte aux prunes, Firmin eu quelques regrets. Il en avait mangé un bon quart, s’était goinfré en égoïste, et, même si elle était aussi bonne que dans ses souvenirs, regrettait pour cela d’avoir cassé une latte de lit.

-« Elle est pour mon petit-neveu. Il n’habite pas loin et vient toujours les dimanches me voir. Il adore les tartes aux prunes. »

L’univers entier adorait ses tartes aux prunes. Claudine restait gentille, malgré la colère. Elle avait enfilé un pyjama jaune, qui soulignait non sans amertume ses formes replètes. De près, on aurait cru voir un pot de miel. Le même ton, les mêmes odeurs, la même stature. Claudine était un pot de miel et l’on approchait de minuit, l’heure du goûter nocturne. Firmin reprit son couteau.

Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 15:28


Le retour du Canard Libéré m'enchante : il m'offre un quatrième blog à visiter pendant mes heures de boulot. Plus que 6 490 et je pourrais tournoyer sur le web toute une journée sans lever le pouce. J'apprécie ce site, et j'avoue même m'en être inspiré pour baptiser mon site. Le Blog du Myblack est bien évidemment un hommage au fameux Blog de foie gras de Canard, mais également une référence musicale au Max d'Hervé Cristiani qui, comme mon confrère, est libre. J'ignore pourquoi je parle de ça mais, dans tout les cas, leur dernier article proposait 10 bonnes raisons de porter des Converse. Il m'a moyennement intéressé vu que je ne porte pas de Converse au pied, mais des barquettes de roquefort Société. Voici donc 10 bonnes raisons de m'imiter :



- L'odeur du fromage macéré masque aisément celle de vos panards

- Imiter le look d'un star est un excellent moyen de devenir populaire et de se faire des meufs, du moins si elles aiment le roquefort

- Doper les ventes des producteurs de fromages auvergnats, forts sympathiques,  tout en provoquant la chute des confectionneurs de chaussures, dont l'un des représentants du syndicat possède une fille qui n'a pas voulu m'embrasser sur la bouche en 4ème.

- Une Barquette c'est comme une basket, mais avec une lettre de différence et 80 euros en moins.

- Plus besoin d'appeler votre mère pour faire ses lacets !

- Joindre l'utile à l'agréable face aux chômeurs : au lieu de simplement avoir mal en se prenant votre pied au cul, ils auront certes toujours mal mais pourront se consoler en grignotant les traces de semelles.

- Il est extrêmement difficile de tartiner une tranche de Converse sur du pain, même en insistant.

- Faire découvrir aux petits enfants chinois, indonésiens, indiens ou laotiens le charme gustatif du fromage, entre deux coups de fouet

- Joindre l'utile à l'agréable face aux
petits enfants chinois, indonésiens, indiens ou laotiens, lors de vos voyages en Chine, Inde, Indonésie ou au Laos, en leur permettant de grignoter eux aussi des traces de semelles.

- Merci de m'aider pour la 10ème.

Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 11:35

J'ignore si les murs ont des oreilles, mais ce dont je suis certain, c'est que la chambre de ma mère est recouverte de cérumen. Mon père étant aussi doué en papiers-peints qu'en bricolage, nous mangeons tous les jours debout à midi près de morceaux de chaises en décomposition. Du moins lorsque je mangeais encore avec mes parents.

L'avantage de vivre en couple avec une personne du sexe opposée, c'est que personne te demande en plein dîner «alors, ça en est où avec ta nouvelle copine ?» Ou alors la personne avec laquelle tu vis en couple est vraiment open, mais ce n'est pas mon cas. Je vais pas vous faire la blague du «chez moi on se partage les tâches : ma femme prépare la bouffe et moi, je la mange», mais elle correspond parfaitement à la réalité.

D’ailleurs, je rédige cette note succincte en attendant que son omelette cuise, et pour patienter, je chante, à défaut de l’aider.

Il est bientôt midi si vous êtes abonné à ma newsletter et que vous consultez souvent vos mails, alors je vous propose de deviner le titre de ma chanson par une charade approximative.

Bon appétit à tous.

 


Mon premier est ce qui voile la lumière
Mon second est la coiffure de tintin
Mon troisième est ce qu'on met dans la bouche des enfants
Mon quatrième vit dans un igloo.

Mon tout correspond aux premières paroles d’une chanson française célèbre.

Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Lundi 13 octobre 2008 1 13 /10 /Oct /2008 00:00

Coucou les amibes, j’ai moi aussi succombé à la mode des tags. Yahou !!

Si, vous savez, ces questionnaires internet à transmettre de mails en mails, voire de blogs en blogs.

 

Comme j’ai construit ma réputation et 90% de mes articles à copier les idées brillantes des autres, je ne vois pas pourquoi je n’en ferai pas de même pour les tags. «Tu n’es pas assez interactif », me reproche mon ami Jean-Michel Lapoisse. Il a raison !

C’est pour cela que je demande aux blogueurs suivants :

- Les chroniques de Frimousse
- Le Teckel Enragé
- Bon pour ton poil
- Come on Parky !
- Max Lector

 de répondre à ce petit questionnaire et de le transmettre à trois de leurs amis, hihihi !

 

Votre parfum de glace préféré 

Ah oui alors moi c’est le citron, ou la noix de coco. Sans hésiter !

 

L’humoriste masculin que vous trouvez le plus drôle

J’aime bien Amanda Lear.

 

Votre maladie vénérienne favorite

La syphilis

 

Une qualité que vous appréciez le plus chez Kim Jong-Il

Le port parfait de la veste militaire

 

Le pays que vous aimeriez raser de la carte, hormis la Pologne

Tous les pays sauf le Portugal, car là-bas y a vraiment trop à raser.

 

La catastrophe naturelle célèbre à laquelle vous auriez aimé assister

La destruction de Pompéi par l’éruption du Vésuve.

 

Votre pire plaie du quotidien

Aller acheter un timbre à la Poste

 

Un argument pour le retour des essais nucléaires français, en Picardie.

Faire baisser le taux de chômage national.

 

Un compliment à adresser à Raymond Domenech

Tu as vraiment bon goût pour les femmes, mon cochon

 

Votre manière de rompre la moins classe

Un jour, j’ai renversé ma petite amie dans les chutes de Niagara. Son coup et sa colonne vertébrale se sont brisés sur les rochers et elle s’est finalement noyé tout en bas pendant que je finissais la lecture de Télé Stars.

 

Ce que vous pensez réellement quand les gens de votre classe/bureau vous saluent le matin

Un jour, faudra quand même que je leur demande leurs prénoms.

 

A partir de combien d’argent seriez-vous prêt à faire caca dans un Monoprix ?

5000 euros, parce qu’en ce moment avec la crise, niveau finances, j’en chie pas mal

 

A partir de combien d’argent seriez-vous prêt à faire caca dans les toilettes d’un kebab ?

1 millions d’euros.

 

L’endroit où vous cacheriez le corps de votre enfant que vous venez de tuer, pour échapper à la police.

Mon placard où je range mes caleçons : personne n’aurait l’idée d’y fouiller, et l’odeur déjà présente masque sans peine celle de n’importe quel cadavre

 

Le nom du blog que vous aimez le moins parmi ceux dont vous avez demandé de répondre à ce test.
Les chroniques de Frimousse

Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Lundi 1 septembre 2008 1 01 /09 /Sep /2008 00:02

 


Edward A.Hodson n’a jamais couché avec Madonna. Pourtant, chaque soir, il passe sa main dans sa petite culotte, en hume la texture, caresse les idéogrammes qui l’habillent avec la même émotion que la première fois. La main d’Edward n’est pas bien grande, poilue à son milieu et couronnée d’ongles rongés. Pourtant, la petite culotte de Madonna lui obéit au doigt et à l’œil – car Edward aime la regarder, lorsqu’il la tripote.

 

Quand Madonna lui a donné sa petite culotte, sa vie a changé du jour au lendemain. Il s’est découvert une âme. Une identité. Coucher avec une star planétaire, même par procuration, le rend heureux et fier. 

Le lancer de Madonna est resté célèbre, mais d’autres, plus secrets, méritent le détour. Nous vous présentons les trois principaux :

 

 

 

Numéro 1 

 

Trente minutes déjà qu’Iggy Pop extermine l’ennui, à Détroit. Le Michigan, d’ordinaire simplement entouré par les Grands Lacs, se borde maintenant de passion, de folie. Dix, vingt minutes qu’il braille et embraye les morceaux. Ca y est, un cap est franchi : il déboutonne son jeans puis, les globes oculaires révulsés, le lance près de son batteur attitré ; Eric Donwlon ne s’en émeut guère : il a l’habitude des frasques adolescentes de son partenaire. Mais, ce soir-là, Iggy Pop est particulièrement excité. Serait-ce le carpaccio qu’il a englouti peu de temps avant dans une brasserie, pour à peine cinq dollars ? Ou tout simplement la chaleur, suffocante, provocatrice, qui le pousse à agir de la sorte ? Les spectateurs du premier rang n’ont pas le temps d’y réfléchir : aveuglés par une lumière intense, ils voient arriver devant eux le sexe du chanteur, délaissé de son corps, projectile à deux versants d’un rockeur devenu eunuque. « C’est comme si j’avais vu la vierge », déclara après coup Denis Williams, 31 ans, qui reçu l’engin en pleine poire. Il n’avait, lui, le modeste instituteur de Brendwood, jamais vu son idole d’aussi près.

Depuis, chaque matin, au moment du petit-déjeuner, quand les enfants de Denis Williams se réveillent et franchissent le salon à destination de la cuisine, ils aperçoivent, empaillé au-dessus de l’entrée, la bite d’Iggy Pop qui leur sourit.

 

 

Numéro 2 :

 

Trente minutes déjà qu’Edith Piaf extermine l’ennui, à Beauvais. L’Oise, d’ordinaire simplement entourée par l’A1 et l’A16, se borde maintenant de passion, de folie. Dix, vingt minutes qu’elle braille et embraye les morceaux. Ca y est, un cap est franchi : elle retire sa robe puis, les globes oculaires révulsés, la lance près de son batteur attitré ; Jean-Firmin Clotard ne s’en émeut guère : il a l’habitude des frasques adolescentes de sa partenaire. Mais, ce soir-là, Edith Piaf est particulièrement excitée. Serait-ce le carpaccio qu’elle a englouti peu de temps avant dans une brasserie, pour à peine cinq-cents anciens francs ? Ou tout simplement la chaleur, suffocante, provocatrice, qui la pousse à agir de la sorte ? Les spectateurs du premier rang n’ont pas le temps d’y réfléchir : aveuglés par une lumière intense, ils voient arriver devant eux le sexe de la chanteuse, délaissé de son corps, projectile à deux versants d’un oiseau qui a perdu sa queue. « C’est comme si j’avais vu la vierge », déclara après coup Marcellin Ribouchou, 31 ans, qui reçu l’engin en pleine poire. Il n’avait, lui, le modeste instituteur de Noyon, jamais vu son idole d’aussi près.

Depuis, chaque matin, au moment du petit-déjeuner, quand les arrières-petits-enfants de Marcellin Ribouchou se réveillent et franchissent le salon à destination de la cuisine, ils aperçoivent, au-dessus de l’entrée, la bite d’Edith Piaf qui leur sourit.

 

Numéro 3 :

 

Trente minutes déjà que Miss Dominique extermine l’ennui, debout sur sa pile de petits pois en boîtes, au supermarché de Brifouille. La salle de concert, d’ordinaire simplement entourée par les voitures garées sur le parking, se borde maintenant de passion, de folie. Dix, vingt minutes qu’elle braille et embraye les morceaux. Ca y est, un cap est franchi : elle retire son costume de saucisse sèche puis, les globes oculaires révulsés, le lance près de son batteur ; l’intermittent du spectacle ne s’en émeut guère : il dort. Mais, ce soir-là, Miss Dominique est particulièrement excitée. Serait-ce le carpaccio, le sanglier, le cassoulet, la fondue et la farandole des desserts qu’elle a englouti peu de temps avant dans une brasserie, pour à peine 75 euros ? Ou tout simplement la chaleur, suffocante, provocatrice, qui la pousse à agir de la sorte ? Les spectateurs du premier rang n’ont pas le temps d’y réfléchir : aveuglés par une lumière intense, ils voient arriver devant eux la chanteuse, projectile cataclysmique d’un horizon désormais bouché.

Le bilan fera état de 204 morts, étouffés ou tout simplement écrasés.

 

 

Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Jeudi 21 août 2008 4 21 /08 /Août /2008 00:00

De retour d’un tour de monde intense, Myblack a retrouvé son appartement les bras chargés de cadeaux pour ses lecteurs. « J’ai bien compris qu’il fallait des carottes pour motiver ces bourriques à commenter. Alors j’ai mis les petits plats dans les grands », nous a confié Myblack en pleine vaisselle.

 

 Après 24 ans sans possibilité d’amour, et plusieurs expériences traumatisantes dans les bras de femmes cherchant en vain à empoigner la vie, Hell Man possède enfin une bitte digne de ce nom.

 

Pour Lounna, que le soleil matraque souvent au grand dam de sa peau délicate, quoi de mieux qu’un Bob ? C’est d’ailleurs ce qu’elle me disait l’autre jour : « Quoi de mieux qu’un Bob ? » Vous voilà désormais au septième ciel.

 

 Le Teckel Enragé est un grand fan de musique : il possède tous les CD de Joe Cocker, Mike Burger (le Michel Berger allemand) et Samantha Fox. Par contre, étrangement, sa collection de Shirley Bassey est aux aboie. L’erreur est réparée.

 

 Nico est un garçon exigeant mais qui persiste à côtoyer cet endroit malgré quelques phrases moyennement hilarantes. C’est dommage : en se tenant davantage informé de la concurrence, il se rendrait compte à quel point elle est misérable et se réjouirait chaque jour de connaître le Blog de Myblack. Pour l’aider dans ce chemin, nous lui offrons deux places pour voir le Jamel Comédy Club. Inutile de me remercier : vous ne comptiez pas le faire de toute manière.

 

 Ce Shäpwelnok rotatif à dérivation inversé ravira à coup sûr Nandou Guanaco, si jamais elle comprend à quoi il sert et arrive à s’en servir sans perdre aucun de ses dix doigts. En tout cas, ici, à la rédaction, nous avons laissé tomber.

 

 

 Fred est un homme bourré d’esprit. Chez lui, les bouquins d’érudits s’affichent avec les dictionnaires en tout genre. Pour ne pas déroger à ses habitudes, et accessoirement pour placer une femme à poil dans cet article, je lui ai ramené Sabine. Au pire, elle servira de presse-livre.

 

 ;  La betterave anarcho-syndicaliste est un homme bourré tout court. Pour ne pas déroger à ses habitudes, voici un mousseux et un canard, avec lesquels il pourra s’exercer à ses deuxième et troisième activités favorites : les jeux de mots et la nourriture.

 

 

 

 

Les autres ne méritent rien si ce n’est une paire de baffes dans la gueule. Ca leur apprendra à être timide, ces petits cons.

Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Dimanche 17 août 2008 7 17 /08 /Août /2008 00:03

Myblack sera demain à 10 heures l’invité du Collège de France pour une conférence sur le thème suivant : « Vie sociable et blog : dichotomie indissoluble ou axiome labile ? »

Message à ses amoureuses : inutile de tous venir, l’amphi ne contient que 3500 places.

Fort de bientôt deux ans d’expérience de gestion de blog, et après 455 articles dont la plupart ont engendré des commentaires passionnés, Myblack exposera sa vision de la vie privée adaptée à celle du blogueur. Cette conférence parisienne marque le point de départ d’un véritable tour du monde, puisqu’il se rendra également à l’université du Cap, de Cambera, de Montevideo, d’Oslo, de Bombay, de Vienne, de Lima, de Pluton, de Niamey, d’Alger, de Beverly hills, de Birmingham et d’Oulan-Bator, et ce en moins d'une semaine.

« J’aurais voulu en faire davantage, mais je suis l’ennemi public numéro 1 dans bien trop de pays pour laisser mes vagabondages sans muselière », a déclaré l’émérite étudiant, visiblement ému, peu après avoir effectué un croche-patte à un handicapé borgne qui descendait en boîtant un escalier glissant.

  

Pays où la tête de Myblack est mise à prix. Si vous savez à quoi correspondent les couleurs, prière de nous le préciser en commentaire.

 

L’incompatibilité entre relations humaines et administration de site web a longtemps souffert des clichés véhiculés par le tout-à-l’égout et les émissions de Jacques Legros. Pourtant, derrière ce prisme disloqué par les douteuses manipulations des médias, bondit la réalité des témoignages : des hommes, des femmes, des adolescents tourmentés au sexe encore incertain, des cherro’s au chocolat. Ils accompagnent Myblack comme des ampoules aux pieds, courageux et volontaires, déterminés à voir triompher la vérité, leur vérité. Myblack n’est pas seul : dans les confins du web et même au-delà, trois hommes parlent. Sans retenue. De leur sexualité déficiente. Trois hommes dans un confins. Ca y est, je l’ai enfin placée ! Des témoignages comme celui de Guy Birenzaum (*le nom a été volontairement changé*).

  

 « Depuis 3 ans que je trifouille sur le net, je n’ai guère eu de vie sexuelle. Oh, quelques papillons de temps en autre, des blattes ou des chenilles, oui, vous savez, ces chenilles au regard si doux, à la pelure multicolore, ces chenilles vivaces enfermées dans les chrysalides de l’intelligentsia capitaliste à la solde de l’état sarkozyste de masse excusez-moi quel était le début de ma phrase, déjà ? »


 

Vous comprendrez dès lors aisément l’absence d’articles dans les 4 prochains jours : en effet, il m’est impossible de conjuguer voyage et postage en même temps, surtout dans une période aussi creuse que peut l'être le département du même nom.

Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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