Curriculum vital

2030. Je travaille pour une boîte dont le produit est l’humain. Chaque jour, je supprime les produits périmés. C’est simple, il n’y a qu’à appuyer sur un bouton.

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Culture et Divertissement

Mardi 7 août 2007 2 07 /08 /Août /2007 00:23

 

corrida.jpg


S’il est encore délicat, de nos jours, d’assassiner en toute quiétude des personnes âgées en les jetant du haut de l'Empire Stade Building ou simplement des bambins en bas âge, il est par contre tout à fait légal d’embrocher des taureaux face à une foule en délire. Mise à mort symbolique de la supériorité de l’homme sur la bête, chaque assaut de banderilles récolte l’acclamation des connaisseurs. Liquidons le, puisqu’il a osé venir nous défier de son plein gré dans l’arène !
Effectivement : qui n’aurait pas envie de perforer un type avec une nappe de pique-nique rouge accoutré comme un flûtiste péruvien ? A part des Péruviens.
D’ailleurs, en Argentine, dans certaines corridas, les Péruviens remplacent les taureaux. Il faut dire qu’ils sont presque plus nombreux que les animaux, là-bas. On peut donc comprendre les Argentins.
 
 
mi-temps.jpg  En plein affrontement, des publicistes ambulants payés au SMIC risquent leur vie pour vanter les menus des brasseries du coin  
 
Les toreros sont des dieux, en Espagne. Beaucoup plus connu que Tony Parker, par exemple. Manuel Rodriguez Sanchez (1917-1958), premier matador de l’ère moderne, remporta 122 des 84 combats auxquels il a participé. Il ne se contentait pas de trucider les bovins, il écharpait certains privilégiés du public (généralement les premiers rangs, les plus fortunés), tout heureux de finir entre les mains d’un artiste aussi réputé. Mourir au contact de Manuel Rodriguez Sanchez représentait, au lendemain de la seconde guerre mondiale, un luxe que bien peu de pauvres pouvaient s’offrir. Manuel Rodriguez Sanchez voltigeait sur la piste, son costume en soie brodée d’or concordait idéalement avec la viande rougie au soleil étalée au sol, et on raconte même qu’il utilisait sa cape carmin pour conserver les morceaux au Valsaretros (petit frigo de poche chère aux matadors.)
 
don-diego-de-la-vega.jpg  Même Jane Birkin se laisse prendre au jeu de la tauromachie
 
 
Les corridas ont beaucoup d’opposants.
Je suis contre les corridas.
Pourquoi tuer des taureaux ? Les taureaux ne m’ont rien fait.
Je sais pas moi, quitte à tuer des animaux, autant tuer des caniches. Ou des fox-terriers.
Des prêtres.
Des choux de bruxelles.
L’indécise lutte dans l’arène entre l’humain et son ennemi juré, le chou de bruxelles. Le légume assassin pénètre sur le lieu du crime. Sous un air de paso noble, les picadors se réveillent et lancent leur venin. Le chou fracasse le sol. Ses tiges s’agitent en direction des pauvres créatures, il charge. Les spectateurs frémissent, tremblent, flageolent. Le chou fonce sur le torero qui ne peut l’éviter : il s’écroule. S’effrite. De Bruxelles.
 
La tauromachie ne fait plus rêver les foules. Elle lasse. Elle n’amuse pas. C’est triste, mais la carcasse d’un taureau s’avère incapable de séduire des gamins trop habitués à en voir d’autres à la télé. Si encore l'animal chantait du Julie Zenatti, pour attirer l'adolescente à posters... Mais non ! Il se contente de mourir, et on ne peut même pas voter la manière dont il le fait : comment voulez-vous passionner les jeunes, dans ces conditions ?
Heureusement, en France, des philanthropes réagissent. Bien conscients que la salut passe par davantage de violence bien sentie, il surenchérissent le drame et exalte la dramaturgie des pièces – de bœuf. Ils satisfont la haine de l’autre et jouent de la peur du voisin. Ils présentent Intervilles.
 
Une fine équipe de tueurs à gages du PAF (Tex, Julien Lepers, Nathalie Simon) initient actuellement les futurs cotisants de la sécurité sociale à la sinistre réalité de l’existence et aux drames dont elle est l’objet.
Intervilles, remarquable formateur de la férocité terrestre.
Il n’y qu’à regarder quelques minutes d’un Mont-de-Marsan-Saint-Amant-les-Eaux pour maudire à jamais l’espèce humaine.
Des couillons déguisés en pot de moutarde ou en morceau de fromage gesticulant sur un tapis fracassé à coups de pieds et tombant dans l’eau sous les rires d’autistes ayant payé 20 euros pour cette nomenclature de la connerie ne peuvent susciter que mépris et irrévérence de la part des gens de bonne foi, les vrais, ceux qui lisent Mozart et écoutent Marcel Proust.
Robert Wurtz mérite à lui seul une médaille.
Robert Wurtz est un ancien arbitre de football, un gueulard. Parfaitement conscient de sa mission auprès des jeunes, il exhorte les vertus ancestrales du combat, du cri, du pleur et du ouille.
 
wurtz-2.gif  « Allez les handicapés, je tape dans le ballon et on va le chercher ! C’est parti ! »
 
 
Il emmerde l'abruti qui se plaint et envoie chier, avec un sens de la répartie absolu, celui qui ose contester la marche en avant du monde et les décisions de la justice. Se plaindre ne sert à rien, puisque j’ai raison, nous enseigne Wurtz.  Il remet en place les étudiants barbus peints en bleu qui prétendent, si si monsieur l’arbitre, avoir gagné le point.
 
wurtz-enfant.gif  « Si un gamin entre en piste avant que je ne l’ordonne, je vous préviens, je le noie !! Compris ?? Coommmppris ??! »
 
 
Tout serait plus facile avec un Robert Wurtz qui nous dicte la marche à suivre sans que l’on cherche vainement à y comprendre les règles. La vie est compliquée : Robert se charge d’être le guide, bénévolement, pour l’amour du jeu. Les tête à tête amoureux seraient si simples, avec un Robert Wurtz aiguillonnant le couple sur la route de l’amour. « Par là ! Par là ! Non, non, pas ce chemin, pas là ! Attention Carcassonne, Attention ! Pas sur l’eau, non ! Gare au fossé, Carcassonne, gare au fossé ! ». Mon dieu, je l’entends déjà, mon héros.
 
 
wurtz.gif  « Le premier qui réussit quatre contrôles orientés de la poitrine en mangeant des chipolatas suivi d’une série de trente-cinq dribbles autour de la surface de réparation située à l’ouest en évitant les tacles assassins d’Eric di Méco remporte l’épreuve ! Prêt ? Prrêêêêt ??? C’est parti ! C’est paaartiii !!! »
 
 
Mettez un Robert Wurtz dans chaque classe, et adieu rap, r’n’b, piercings et chaussettes remontées au nez.
Quand Robert Wurtz n’est pas là, les souris dansent.
Si Copernic n’était pas là, Robert Wurtz tournerait autour de la terre.
A-t-on déjà pensé à Robert Wurtz pour venir à bout du chômage ?
Et Robert Wurtz, dans tout ça ? 




P.S : On vient de me signaler la mise en repos forcé de Robert Wurtz. Oubliez tout ce qui vient d'être dit, si ce n'est pas déjà fait.

P.S numéro 2 : Serait-il possible de m'expliquer mon propre jeu de mot du titre, je ne l'ai moi-même pas totalement compris. Merci.

 
 
 
 
Par George-Alain Moustiquaire - Publié dans : Culture et Divertissement
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Jeudi 5 juillet 2007 4 05 /07 /Juil /2007 00:18

A l’instant même où Shrek 3 sortait en salles, Amel Bent débitait son nouvel album : A 20 ans
20 ans, l'âge des conneries. Ce disque en est une belle, mélange de démagogie douteuse et de propagande atlantique.
 
« On n’en a enfermé pour moins que ça », regrette l’ex-boyfriend d’Amel, en tôle pour avoir assassiné un maghrebin de 30 ans – et sans transformateur électrique, s’il vous plait.
 
Ce coup-ci, après avoir exhibé en début de carrière ses penchants sexuels (« viser la lune, ça me fait pas peur »), Amel s’engage. Elle couine, quand on appuie dessus, et s’engage. Passons rapidement sur le duo avec Diam’s, la boulette, aussi violente pour les oreilles qu’une attaque de l’US Army – les Irakiens, surtout petits, ont cette fâcheuse tendance à crier de manière peu harmonique lorsqu’ils se font tirer dessus. Ecartons également les restes de poubelles dérobés à trois heures du mat’ chez Maria Carey, pour se concentrer sur le single.
 
Nouveau Français. Une chanson engagée écrite par Pascal Obispo. Un peu comme si Brassens se mettait à faire du hip-hop. Tourné entre deux visites au parloir, le clip est à l’image de sa vedette : une accumulation de fautes de goût trempées dans de l'aïoli. Amel Bent est peut-être une enfant de la France, mais sûrement pas une enfant de la frange : à croire qu'il n'y a pas que les voitures qui sont brûlées en banlieues, mais aussi les coiffeurs. 
Après consultation du vomi, saluons l’analogie parfaite entre Amel Bent et sa conception du nouveau français : le nouveau français est obèse, riche, stupide, écoute du R’n’B, du rap, et danse comme un jambon.
Le nouveau français est américain, donc.
 
De là à dire qu’Amel Bent est américaine, ce serait exagéré : non seulement elle ne parle pas l’anglais – heureusement, d’ailleurs, son français ressemblant à du belge -, mais elle n’est pas si refaite que ça. J’ai vu sa vidéo où elle essaye des strings, à moitié nue, croyez-moi, elle est plus proche de l’Amel Bentlay que de la belle américaine.
 
Dans le clip, donc, on aperçoit une parade directement importée de Broadway, des habits de marins, des couleurs étoilées conclues par un salut américain ; ne manquait que les hamburgers, qu’Amel a probablement dévoré dans la loge. L’intermiteuse du spectacle se permet même de collaborer – c’est le mot – à la chorégraphie, et cette vision d’un cygne bouffi vous prend le cœur et fait remonter le ketchup. 
De Dijon, le ketchup. 
Car, pour être franc, Amel Bent aime aussi la France. J’invente rien, j’y ai trouvé dans le texte, en marchant dessus dans la rue. Je me suis essuyé puis penché sur les paroles, qui valent le coup. Sincèrement. On dirait du Henri Guaino, le parolier de Sarkozy. Sauf qu’à côté, la merde d’oiseau est gracieuse.
 
Oui, « faut pas qu’on oublie » qu’on est français avant tout et qu’on est tous assis « sous le même drapeau », chante-t-elle à son public, eux, ces adolescentes embouteillées dans des immeubles sans verdures qui voient parfois des mercedes égarées dans la brume banlieusarde. Oui, Amel, « sans même un besoin de reconnaissance ! », oses-tu affirmer, comme philosophie !
C’est bien vu : y a même plus besoin d’être raciste, si les étrangers se mettent à penser comme nous.
 
Amel Bent, tu l’aimes ou tu la quittes. Mes valises sont prêtes.
Par George-Alain Moustiquaire - Publié dans : Culture et Divertissement
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Dimanche 1 juillet 2007 7 01 /07 /Juil /2007 15:59

Ad

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"Ad", le dernier opus des Gumnha's Banana, le groupe d'Andrew Screwdriver, vient de garer ses sillons dans votre FNAC la plus proche. Les auteurs de No Way to Say Shoehorn récidivent pour l'incommensurable bonheur des oreilles de leurs millions de fans. Devenu aussi orgueilleux qu'Oasis, les Australiens nous livrent seize comptines rivalisant d'héroïsme, croustillant sandwich mêlant gourmandise vocale et assaisonnement rythmique.

"It's so exciting for me to be working with phlegmatic sausage", a déclaré l'artiste lors d'une gigantesque conférence de presse organisée dans la chambre à coucher d'Alain Madelin. "France is such a hairy country.", précisa-t-il, avant d'ajouter, répondant à une question de la journaliste de Bilto Régine Debanane : "I know the time will come. That's why i don't make boogie-woogie before doing my evening prayer."

Pour la première fois de leur carrière, à la grande surprise des écouteurs, les Gumnha's Banana se mettent à chanter. Si ce choix téméraire déconcerte au début, en raison de la voix criarde et ingrate d'Andrew Screwdriver, on s'habitue rapidement au bout d'une douzaine d'écoutes attaché à une chaise par une corde de marin. 

C'est avec malice qu'on se surprend à chantonner les seize morceaux d'Ad, comme autant de reprises décoiffantes ayant trait à la société de consommation qu'Andrew Screwdriver se plait à brocarder. "I will do you do you Saint-Tropez", avait-il prévenu ses admirateurs, sur son site perso. On aurait tendance à le croire, tellement il prend un malin plaisir à jouer de subversion. Le second degré prend tout son sens quand, au détour d'un riff hasardeux du bassiste, il entame pour la 73ème fois l'unique phrase du single de l'album, William Saurin, salade gourmande, provençale ou au poulet

Rapidement, les Gumnha's Banana s'accordent sur la marche à suivre, et procèdent de la même façon pour les quinze morceaux suivants : assimilation du refrain, appropriation de l'univers, interprétation du produit. On apprécie ainsi particulièrement le clip de Du Leerdammer, ou je fais un malheur où Andrew Screwdriver, déguisé en fromage, se retrouve poursuivi par les autres membres du quatuor sur une nappe à carreaux de pique-nique géante sensée représenter le continent nord-américain. Le ton est donné.

Le disque en déroutera certains, mais ne laissera pas indifférent ceux qui n'auront pas eu le cran de l'écouter.


Les titres de l'album :

1 : William Saurin, salade gourmande, provençale ou au poulet
2 : Va donc, va donc chez Speedy, Speedy !
3: On va fluncher ! Faites-vous plaisir, mangez équilibré
4: On se lève tous pour Danette, Danette, Danette
5: Si Juvabien, c'est Juvamine
6: Oh, Oh, Oh, Oh, Oh, Oh, Oh, Géant Vert
7: Du Leerdammer, ou je fais un malheur
8: Jouez à Destin, pour changer de vie
9: Quand je bois Contrex, je me sens bien
10: Une baguette Baguépi, elle est cuite dans mon fournil, oui oui oui oui !
11: 118 218, 118 218, 118 218, 118 218
12: Nana Invisible Ultra technologie Securefit
13: Zéro tracas, zéro blabla, MMA
14: Maggi, Maggi, et vos idées ont du génie
15: Action Man, le plus grand de tous les héros
16: Il vient toujours au bon moment, avec ses pains et ses croissants, l'ami du petit déjeuner, l'ami Ricoré.

Par Henri-Fabien Shwepps - Publié dans : Culture et Divertissement
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Dimanche 24 juin 2007 7 24 /06 /Juin /2007 09:23

J'ai attentivement, d'une loupe  affûtée, regardé Secret Story. 119 "putain", "78 " super", 37 "sa mère", 26 "t'as vu", un candidat androgyne qui souhaite changer de sexe, des êtres physiquements irréprochables répondant parfaitement aux exigences de la race aryenne, des strip-teaseurs, mannequins et fêtards écervelés : la nouvelle télé-réalité de TF1 se révèle finalement sans surprises.

Si le  concept du jeu, dans ses grandes lignes, ne  se distingue en rien de ses précédesseurs notoires, le mystère apporté par les secrets peut toutefois  être  considéré comme une innovation.  La promotion de la soupe tient en cet arôme chatouillant par ses effluves le voyeurisme humain.

Les 13 participants portent en eux le sceau de l'énigme, celui dont on fait les histoires de feux de camps  de scouts. Je ne  prétends évidemment  pas exercer l'art de la vaticination aussi  bien que la rubrique  Transferts de l'Equipe, mais, par simple étude du  comportement, du CV, j'ai exhumé des pistes.  Puisque l'été sera rythmé  par la  dissimulation, j'ambitionne de la  divulguer dès  fin juin, maintenant,  pour  contrecarrer les plans  de TF1 et couper l'herbe  sous les pieds de Morandini, le grand visionnaire purulent des médias.

Les  concepteurs du  jeu, en  dévoilant dors  et déjà le poivre et le sel de leur produit, ont  voulu berner  les téléspectateurs. Qu'un des compétiteurs soit, dans l'intimité, escort Boy ou playmate ne surprendra personne : c'est le lot traditionnel des panels de ces jeux. Mais je ne suis pas dupe. Même si vous n'êtes plus dans les hémisphères du diable, je ne boirai pas de votre Coca-cola, Patrick Le Lay !

Divulguer au monde ébahi les 13 véritables secrets inavouables de ce nouveau siècle, tel est mon projet. La supercherie ne passera pas !

Néanmoins, je m'autorise deux choix pour chaque candidats : même l'infaillibilité pose ses réserves, après tout.

maryline.jpg Maryline, 26 ans

Se définissant elle-même comme "quelqu'un de très simple" et "d'un peu blonde", Maryline confirme immédiatement les espoirs placés en son look d'adolescente attardée. Adorant les cactus et vendant des jouets sexuels par correspondance - ces deux apostolats étant probablement liés -, elle affirme avoir "rencontré quelqu'un" qui a changé sa vie.

SECRET 1 : Maîtresse de François Hollande
SECRET 2 : Maîtresse de Ségolène Royal


nicolas.jpg Nicolas, 24 ans

Tout droit sorti d'un reportage coupé au montage de Confessions intimes, Nicolas, chippendale, vit encore chez sa maman Roselyne qui lui prépare amoureusement ses doses d'anabolisants. "J'ai toujours voulu être une star", témoigne-t-il, en se trémoussant comme un jambon à l'os sur une scène morbide devant des filles apathiques mouillées par les traces de sueurs de la vedette, enfin pas que.

SECRET 1 : Il possède cinq testicules
SECRET 2 : Il prostitue sa mère pour jouer à Euromillions

tatiana.jpg Tatiana, 25 ans

Riche, parisienne, refaite ("elle a fait peau neuve", confie la voix off de la présentation), étalon de la féminité, mannequin, elle pose à la télévision pour vendre du parfum. "J'assume mon corps, mon visage", expose-t-elle courageusement devant plusieurs millions de moches à gros bides bossant au Crédit Agricole pour subsister. Mais voilà : malgré tout, Tatiana doute, se plaint d'une vie qui ne lui a rien épargné. Mouais. Encore une qui s'est fait violer par son père à 13 ans et qui n'assume pas.

SECRET 1 : Jean-Luc Lahaye a abusé d'elle
SECRET 2 : Elle trouve Christophe Willem sexuellement attirant

  xavier-copie-1.jpg  Xavier, 29 ans

Présenté comme basketteur professionnel à Levallois, ce gaillard à l'humour lourdingue a grandi dans l'antre malfaisant du 93. Sorte de gourou des quartiers, son teint quelque peu basané laisser penser qu'il est musulman. Un danger pour la république, donc

SECRET 1 : Ancien tôlard, il se fait passer dans la vie pour Patrick Sébastien
SECRET 2 : Pilote de l'un des avions du World Trade Center

maxime.jpg Maxime, 21 ans

Peu d'informations sur Maxime, malgré un prénom charmant. Il réside à Londres depuis maintenant 4 ans, ayant quitté précipitamment la France. Secret bien gardé (il "prend des risques en le dévoilant"), Maxime porte un halo de mystère sur ses T-shirts à 40 euros pièce. Pourquoi ce départ ? Que fuis-tu, Maxime ? QUE FUIS-TU ?

SECRET 1 : Son nom est cité dans l'affaire Clearstream
SECRET 2 : Rédacteur en chef adjoint du journal Libération

marjorie.jpg Marjorie, Cyrielle et Johanna, 23 ans

Tiens, des triplés. Ca manquait. Génétiquement pas modifiables, ces manipulatrices - elles ont joué de leur triplicité lors des épreuves du bac - portent les mêmes habits, bijoux et souliers. Ne doutons pas qu'elles s'échangent également leurs petites culottes rose bonbon et poussent le vice à dormir ensemble, par symbiose.

SECRET 1 : Elles sont lesbiennes et incestueuses
SECRET 2 : Elles repassent les chemises du chanteur Carlos

nadege.jpg Nadège, 20 ans

Posant dans des magazines de fesses, Nadège gagne du blé en mettant les siennes sur une chaise pendant qu'un coiffeur servile se croyant talentueux lui roule des mèches sur la tête. Célibataire, riche et jolie, on rêve tous de la pousser dans une cuve d'alcide sulfurique pour la défigurer. Le genre de petite fille modèle - c'est d'ailleurs son métier - qui s'attriste de la misère du monde en donnant des coups de talons aux SDF bloquant l'entrée de sa limousine.

SECRET 1 : Elle a renversé en voiture Guillaume Depardieu
SECRET 2 : Elle a écouté en entier le dernier album d'Amel Bent

fred-copie-1.jpg Fred, 38 ans

Ah, qu'elle était belle la compassion, quand Benjamin Castaldi se foutait de sa gueule en plein direct, en plein plateau ! Oui, Frédéric a rencontré les extra-terrestres. Et alors ? Ce n'est pas le pire : il porte des polo orange, adore la campagne, les animaux, la nature. Un beau petit bébé bobo déphasé par la réalité, future risée de la France sur les plages de Camargue.

SECRET 1 : Candidat du Modem à Bourg-Péronnas
SECRET 2 : Il vient en réalité d'Astronus 234, un astéroïde de la galaxie d'Echerrios, à 350 milliards d'années-lumières de la terre.

ophelie.jpg Ophélie, 23 ans

La candidate qu'on a déjà tous oublié, elle compris. Battante, hyperactif, sportive (fallait bien dire quelque chose), il lui manque ce petit travers de porc indispensable à la réussite. Du coup, les pronostics les plus audacieux frappent à l'entrée : cette banalité cache forcément quelque chose de terrible, mais quoi ?

SECRET 1 : Elle a écrit le spectacle de Charlotte de Turckheim
SECRET 2 : Elle possède l'intégrale des 9 saisons de "Sept à la maison"

julien.jpg Julien, 26 ans

Luxe et raffinement sont les deux membres de ce dandy chineur. Le compagnon idéal pour se la péter en dîner : il vous parlera avec délectation de ses vases chinois et autres objets rares qu'il possède par centaines, en bon historien de l'art qu'il est. Le petit plus : il prend des cours de cuisine

SECRET 1 : Collectionneur de maquettes d'hydravions japonais de la seconde guerre mondiale
SECRET 2 : Diététicien de Diam's

erwan.jpg Erwan, 19 ans

Née fille, elle veut devenir garçon, enfin il veut, c'est d'un compliqué. Quoiqu'il en soit, poupées gothiques dans sa chambre et capuche noire, nous avons affaire à un machin très tourmenté. Joli coup pour TF1, qui se sert de ce pauvre hère pour exploiter le filon de l'ouverture d'esprit racoleuse, très porteur en terme d'audience.

SECRET 1 : Il a piégé les toilettes de Claude Sarraute à la dynamite
SECRET 2 : Réincarnation bouddhiste d'Adolf Hitler

laly.jpg Laly, 26 ans

Caractère de merde, insupportable au volant, perdant rapidement patience, colérique voire violente, Laly tient malgré tout à préciser qu'elle est une femme, ce que la jupe ras la frontière authentifie. Le week-end, elle organise des faux combats en armures et épées en plastique avec des amis de petite taille dans un jardin sous le regard incrédule des voisins paniqués. Une geek ayant trop abusé de Warcraft, clairement.

SECRET 1 : Prédit l'avenir dans l'huile de fondue bourguignonne
SECRET 2 : Connaît par coeur les répliques du film " La 7ème compagnie au clair de lune"

gabriel.jpg Gabriel, 25 ans

Inventeur, comédien, peintre, zébulon accompli, Gabriel vole l'argent des honnêtes citoyens en abusant de son statut d'intermittent du spectacle. Terriblement exigeant ("je cherche la perfection chez la femme"), Gabriel a l'art d'énerver en restant gentil. Votre meilleur ennemi, pour la vie.

SECRET 1 : Il est juif et antisémite
SECRET 2 : Il peint les boules numérotées de Motus en noir

 

Par Henri-Fabien Shwepps - Publié dans : Culture et Divertissement
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Vendredi 8 juin 2007 5 08 /06 /Juin /2007 00:00

 

Je trouve qu'on ne parle pas suffisamment de jeux vidéo et de ma vie sexuelle, sur ce blog, vous ne trouvez pas ? Il faut que cela change. Je vais donc parler un peu de jeux vidéo. (*)

(*) introduction piquée à Kolia.

 

Ce mois-ci sont sortis ribambelle de nouveaux jeux. La plupart sont des pompes à frics, les autres sans intérêts. Des adaptations de films à succès, des suites de glorieux succès d'antan, des Need for Speed 12 ou des Command & Conquer 74. Pourtant, en cherchant bien, avec lampe torche, casque de mineur et coup de bol légendaire, quelques pépites sommeillent au sein de tous ces noms ronflants (oui, je sais, cette phrase est géniale). Myblack, qui a longtemps joué à Age of Empire sur le net, est presque aussi incollable sur les jeux vidéos que sur l'anatomie de ses voisines de classe. Bon joueur, je vous livre mon best-of. Enclenchez les manettes et les Heineken, les gars, j'arrive.

  

 Fondue Savoyarde 2007

Qui fera tomber son pain dans le fromage ? Telle est l'éternelle question que pose Fondue Savoyarde 2007. Pour ce 5ème opus de la série, plusieurs améliorations ont été effectuées : possibilité aux joueurs de choisir la couleur de leurs piques à fondue, de conserver en stock 8 croûtons (au lieu de 5) et de débrancher la prise de l'appareil pour ennuyer et retarder vos concurrents. De nouveaux gages sont maintenant disponibles : outre les traditionnelles lapidations et blagues de Laurent Ruquier, tout un éventail de supplices vexatoires est entre vos mains, à condition d'utiliser correctement les raccourcis clavier. Bien sûr, Fondue Savoyarde 2007 ne vaut pas son rival Pro Evolution Raclette 7, mais les fondus - haha - de poilade et d'amusement bon enfant seront servis ! - accompagnés d'un verre de vin. 

 

Graphismes : Au niveau des graphismes, rien à dire : on ressent même l'odeur de l'Emmenthal en s'approchant des enceintes. Par contre, le vin blanc tire un peu sur le gris selon les cartes vidéos.

Bande-son : les mastications des autres joueurs sont parfaitement reproduites, de même que le bruit du pain tombant dans la fondue (à condition de régler les enceintes au maximum).

Note générale : 14/20

 

LES-SIMS.jpg  The Pims Endlösung

Après "The Pims Chiens et Chat", "The Pims à l'université", The Pims Surprise-party" et "The Pims en vacances" (entre autre), voici la 28ème mouture du célèbre jeu originel des Pims. Guider un personnage en 2D dans sa vie de tous les jours, en satisfaisant ses besoins primaires, tel est encore une fois votre objectif. Ce coup-ci, The Pims revisite l'Europe d'avant 1950. Voyages en train, villages gigantesques pouvant accueillir des centaines de personnes, nouveaux motifs décoratifs (tatouages, croix) : le connaisseur appréciera le réalisme de la chose. Si le principe du jeu est toujours aussi répétitif (on fait l'appel, on ordonne aux gens d'aller dans un endroit, on actionne le bouton adéquat), on se prend peu à peu à l'action, casquette en avant, prêt à tout pour faire de son Pims le plus beau de tous !

 

Graphismes : on regrettera les pixels un peu grossiers des fils barbelés, et, surtout, l'impossibilité d'admirer l'intérieur des fours crématoires.

Musique : sublime ! Envahir les Sudètes sur du Wagner et du Berlioz, que demande le Reich ? Les cris des prisonniers sont fidèlement retranscris mais, étrangement, les tirs aux fusils manquent d'impacts sonores.

Note générale : 17/20

 

  lepers.jpg  Julien Lepers Raider

Tout aussi sexy que Lara Croft, voici le jeu où vous êtes le héros. Sous les traits de Julien Lepers, vivez l'existence de l'animateur de "Questions pour un Champion". Réveil en fanfare (avec préparation de questionnaires), présentation des candidats ubuesques, enregistrement de l'émission puis dîner chez Stéphane Bern : le challenge est corsé. S'il est possible de faire participer Julien à l'émission, sa faible intelligence artificielle vous obligera à actionner les cheat-codes. Mon préféré : ENTR+ALT et tapez GIGOT, qui vous qualifie directement pour la finale, faisant ainsi oublier la douloureuse épreuve du 4 à la suite. Le jeu est en effet très difficile. Les niveaux sont rébarbatifs et complexes - conforme à l'univers du héros - et rapidement l'ennui nous guette face à la déferlante de questions sur la Mésopotamie ou les animaux à carapaces.

 

Graphisme : Ah, ces cravates ! 400 à votre disposition, à motifs imaginatifs : de ce côté-là, le joueur est verni. On regrettera néanmoins les couleurs criardes de la loge des candidats et l'impossibilité de modifier la couleur des fiches.  

Musique : Si la voix-off présentant les cadeaux offerts aux candidats est inimitable ("Bravo Jocelyne, vous remportez un magnifique dictionnaire sur l'art de la broderie au Gabon"), le son des buzzers est décevant. De plus, probablement pour satisfaire leurs futurs acheteurs (75++), les concepteurs du jeu ont réglé le son au maximum : impossible ici de le rabaisser. Du coup, le bouton RESET n'est jamais loin.

Note générale : 7/20

 

 

rome.jpg  Total Wargame Nations III Dark Crusade of Empires Napoleon's Battle 1914

 

Jusqu'où s'arrêteront-ils ? Le nouveau jeu de stratégie des concepteurs de "Battlefight Galactica VI Warrior annihilation" était très attendu. Les fans seront comblés : plus de 160 millions d'unités affichés en temps réel, 89 000 peuples, 140 550 cartes disponibles, 300 modes de jeu, 200 végétations différentes, 2500 batailles à recréer, un éditeur à la richesse infini et encore je ne vous dit pas tout, petit veinard ! Des heures, que dis-je, des années de jeu en perspective !

 

Graphisme : Un moteur 6D ultra-performant, du moins si l'on possède 1500 GHz, et 40 000 Mo de RAM sur le disque dur. Un moteur vraiment performant, un peu trop peut être : devant la médiocrité des ordinateurs actuels, il faudra attendre 2029 pour réellement profiter de "Total Wargame Nations III Dark Crusade of Empires Napoleon's Battle 1914". Les concepteurs avait d'ailleurs, en toute franchise, intitulé leur jeu "Lag Conquest VII". Mais Sega est passé par là...

Musique : Le jeu ne possède pas de musique, hélas, mais des bruitages efficaces. Ainsi, les "PUTAIN DE CON DE JEU DE PD TU VAS AVANCER OUI OU MERDE ?" des joueurs frustrés par la lenteur de l'application rythmeront la partie, à défaut de raviver l'action.

Note générale : 10/20

 

  tracteur.jpg  Grand Theft François Bayrou Auto

Parti doucement, intercalé au centre de la grille de départ, François Bayrou est progressivement remonté pour monter brillamment sur le podium de l'élection présidentielles 2007. En tracteur (le Bellérophon de Bayrou), en bus au colza ou en voiture repeinte à l'orange, devenez l'espace d'une course le troisième homme. Si certains concurrents sont sans danger - le pauvre vélo de Besancenot, notamment -, la difficulté explose au moment du sprint final, opposé à Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Après des premiers tours de circuits accessibles aux débutants - en raison de la faiblesse de Royal, englué dans ses cours de démocratie participative -, la tension monte effectivement peu à peu. Le manque de programme et l'opportunisme inhérent à votre candidat centriste exhorte vos rivaux : plusieurs membres de votre équipe rejoignent ainsi les rangs de l'ennemi UMP, à la carrosserie bleue. Parviendrez-vous à éviter l'échec ?

 

Graphisme : Bon sang, ce orange qui dégouline de l'écran. Une plaie pour les yeux. S'il est possible de faire l'amour avec les militantes garagistes avec des cheats codes, les ébats seront malheureusement floutés. Encore heureux que la tête en gros plan de François Bayrou nous aura été épargné ! 

Musique : Sorti des clichés classiques ("La Marseillaise"), la bande-son recèle de surprises : "Stuck in the middle", de Mika, "Je me sens si seul", de Marc Lavoine, "Petit avec des grandes oreilles", de Bill Baxter. Le problème : les discours de Bayrou, qu'on doit se coltiner sous peine de pénalité dans les stands.

 

Note générale : 12/20

   

Par Myblack - Publié dans : Culture et Divertissement
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Samedi 26 mai 2007 6 26 /05 /Mai /2007 00:00
 
 
 
 
 
 
On espérait énormément du septième film de Marcel Caravanion. Ce stakhanoviste de la pellicule, fils du rédacteur en chef de Télérama, avait su séduire les critiques d’ordinaires réticents par une facilité de la mise en scène déconcertante. Maître de la contre-plongée, troubadour du gros plan, Caravanion exploite tout le potentiel du 7ème art pour mener à bien ses projets. Son « Siège éjectable », Crevette d’Osaka en 2003, n’avait pourtant pas été retenu, à l’époque, dans le festival cannois. C’était en quelque sorte une revanche qui nous était donnée de voir, avec son nouveau projet : « Erreur de casting ».
 
« Erreur de casting » porte malheureusement bien son nom. Par ce titre, Caravanion comptait surprendre le spectateur. Trop efficace, ce postulat de départ nuit hélas à la crédibilité de l’histoire.
 
1959. Une jeune vietnamienne (jouée par Jean-Pierre Castaldi) travaille dans les rizières avec son amie Aniha, 17 ans (interprétée par Eddy Mitchell). Son père (Sarah Bernhardt) l'élève seul depuis son divorce avec Liomihu, sa femme (un pneu neige Dunlop). C’est alors qu’intervient l’armée américaine, commandée par le général John E.Focks (la chanteuse Priscilla). Sous les bombes et les balles, naîtra un amour tumultueux entre un des soldats US (Marthe Mercadier) et Aniha.
Acteurs à contre-emplois, surprises scénaristiques, dialogues inappropriés : « Erreur de casting » force le spectateur à l'attention la plus absolue pour rester pendu au fil de l'histoire. Tel cet échange du milieu du film entre Bradson, colonel de l'armée (un chorizo au cidre) et Matawa, une vieille femme du village (Gérard Darmon) :
Bradson - " Et voici Moussa, le géant africain, qui parcoure les champs-élysées son sexe à la main, tel Ross dans Friends se rendant chez Rachel."
Matawa - "Excusez-moi, mais que faites-vous dans ce village ?"
Brandson - "Oui, le samedi."
Une fondue de poireau aux noix - "Une société finit toujours par atteindre un moment de crise où la réforme s'impose. Nous l'avons connu avec l'arrivée de Mme Thatcher, après trente ans de déclin économique"
Matawa - "Sans doute parce qu'il reste de l'huile dans le moteur"
Bradson - "Mais cette machine dans ma tête, machine sourde et tempête. Cargo de nuit."
Matawa - "Cargo de nuit."
Un ours polaire - "Cargo de nuit."
François Fillon - "Cargo de nuit".
Une fondue de poireau aux noix - "Cargo de nuit"
 
 
 
 
 
Et je vous cite-là l'un des passages les moins controversés ! Moi qui ai toujours défendu l'originalité à la française, la "French Touch" de Tati, de Truffaut, je ne peux cautionner un tel ramassis de conneries, même émanant de Marcel Caravanion. Le tournoi de domino arbitré par Claude Sarraute au milieu des bombardements, dans une ville à feu et sang, me semble vraiment sujet à caution, presque autant que les kilts drapant les soldats américains. Et si l'on peut sourire de l'interprétation de Mireille Mathieu (en dictateur béninois pêchant à la ligne des brosses à dents le long d'une ligne de chemin de fer désaffectée), que penser de Jean Rochefort, mimant avec plus ou moins de conviction une course de grand prix à la force de ses bras ? Et ces centaines d'enfants imitant Bourvil en plein champ de bataille... Pourquoi ?
Michel, toi qui m'écoutes, toi qui me lis, pourquoi Larusso en hippopotame ? Pourquoi des mille-feuilles à la provencale en lieu et place des chenilles de tank ? Pourquoi cette bande-son horripilante, ces "Maîtresse oh ma maîtresse" en plein massacre de vietnamiens, gâchant par cet acte assassin toute l'intensité de la scène ?
J'ai du mal à saisir la pertinence d'Edouard Balladur en patron de sex-shop, même affublé d'une perruque. Je veux bien qu'on se foute de la gueule du public, mais en faisant en sorte qu'il ne s'en rende pas compte ! Un film incomplet, incompréhensible, voué à l'échec commercial. Le genre de machin tout juste bon à nettoyer ce qui sert d'hangar à marin à Paris Hilton. Un concours de pet multimédia.
Mon favori pour la palme d'or, donc.
Par Gérard Crobard - Publié dans : Culture et Divertissement
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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /Mai /2007 00:00
Gérard Crobard, l’éminent critique cinéphile du Blog de Myblack, présentera cette semaine les 4 films français en compétition au festival de Cannes. Troisième volet aujourd’hui, avec l'œuvre de Josette Chaplan. 
 
 
19 heures. Nous étions, mes ennemis critiques et moi, confortablement avachis dans les fauteuils rouges du Palacio, l’énorme salle de cinéma de la Croisette. L’attente, insupportable, avant le lever de rideau salvateur qui tardait à ouvrir ses paupières. Qu’espérions-nous ? Le dernier Josette Chaplan, la petite pépite du festival. Un film pressenti comme un grand, tant par ses acteurs aux sommets de leur art que grâce à une mise en scène annoncée comme étourdissante, tempête pelliculaire sur nos crânes dégarnis bardés des lunettes. Mes glaces Max au chocolat commençaient à fondre, et mes poils de bras quémandaient la tombée de la nuit, l’aube cinématographique qui se refusait à nous. Acclamée à Berlin, applaudie à Venise, magnifiée par Le Creuzot, Josette se faisait languir par les doigts cannois. Aucun d’entre-nous n’avait vu son film, bien évidemment, comme toujours, ce qui ne nous avait pas empêché d'en faire l'écho dans la presse. Excellemment. Nous savions que l’amertume avait déclaré forfait, mais pas Josette. Et finalement, après plusieurs heures de retard, elle est arrivée, excuses sous la main, cheveux blonds en pagailles, en nous présentant son bijou tant attendue: « J’ai oublié la bobine ».
 
 
« J’ai oublié la bobine » ne déçoit pas. S’il y a parfois des films qui trompent sur la marchandise, force est de constater que Josette Chaplan respecte le bon de commande avec brio ! Une œuvre courte (5 minutes, le temps de quitter la salle), des acteurs qui ont su se faire oublier, aucune fausse note à regretter. Bien sûr, l’absence d’image peut troubler le novice. Evidemment, les sifflets belliqueux de certains manifestants, peu enclins à l’innovation artistique, gâchent la fête. Mais de tout temps la créativité fut confrontée à l’obstacle de rigoristes rabat-joies. « J’ai oublié la bobine », ou l’étourderie incarnée, incroyable répartie fellinienne. A des années-lumière de l’évidence française, éloigné des archétypes américains, « J’ai oublié la bobine » éblouit le critique pointilleux davantage intéressé par la sobriété du décor que par l'accumulation héroïque à caractère ensanglantée.
Un film neuf, frais. Jamais les rendez-vous galants cinématiques préliminaires de sodomie n'auront été aussi courts. Bravo, Josette. Grâce à toi, les couples se tenant par la bouche au ciné ne feront plus chier les autres. Tu nous évites, enfin, par ton talent, le crépitement assourdissant des papiers de bonbons qu'on enlève de la poche. Tu libères l'impatience et conforte le puriste. Tu satisfaits le spectateur qui a envie de pisser, le soulageant ainsi d'une séance interminable et d'un concert de genoux qui s'entrechoquent deux heures durant. Bravo Josette. Bravo Josette. Bravo et merci.
 
 
J’ai oublié la bobine
De Josette Chaplan
En salle le 12 juillet
 
 
 
Par Gérard Crobard - Publié dans : Culture et Divertissement
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