Curriculum vital

2030. Je travaille pour une boîte dont le produit est l’humain. Chaque jour, je supprime les produits périmés. C’est simple, il n’y a qu’à appuyer sur un bouton.

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Restes du frigo

Lundi 21 janvier 2008 1 21 /01 /Jan /2008 10:00
Vous désirez faire connaître votre Blog ?
Malgré le militantisme de vos copains Fabrice et Patrice, commentateurs acharnés, il stationne engourdi dans l’ombre, ne dépassant pas les 100 visites mensuelles ?
Et, bien entendu, vous en avez assez ?
Assez de rouler sur des blogs comme le mien, meublés d’articles en simili, et qui pourtant dépassent fréquemment vos compteurs de vitesses ? « Je n’y arriverai jamais, vous mâchez à chaudes larmes,  je n’y arriverai jamais ».
 
C’est normal, c’est ce que pensent généralement les losers.
 
Par chance, l’égoïsme n’est pas l’un de mes défauts les plus paroxystiques.
Voici donc quelques conseils pour médiatiser votre blog, de manière simple, sans même utiliser de mots compliqués comme paroxystique.
 
 
1)     Soyez inventif dans votre intrusion
 
Combien de fois ai-je zappé les « super ton blog, passe donc sur le mien » qui m’étaient pourtant adressés ? Quand on rentre chez un inconnu, la moindre des délicatesses est de ne pas chier sur le canapé – ou alors en accusant le chien ou l’adolescent du coin, éventuellement. Se démarquer, proprement, poliment, est indispensable.
 
La ligne de démarcation entre les méritoires résistants de l’originalité et les collabos du régime des gros lourds doit être franchie avec tact. Et tactique.
Je préconise ainsi l’acrostiche : c’est ni tâche, ni pastiche. Et fastoche.
 
Monsieur le talentueux blogueur, j’adore votre site
Y passer me ravit, votre aisance m’excite
Bravo pour ses moments de grâces que vous m’accordez
La prose est si virtuose que je n’oserai l’aborder
Allez, je me lance, et tant pis si j’échoue :
Ca vous tente un dîner ? Je possède un marsouin
Klaxonner à ma porte, sa cuisson est à 

Point
 
Oublier l’heure en y restant, les minutes seront secondes
Rares sont ceux qui réprouvent mes volutes fécondes
Galant homme je vous laisse, au plaisir de mon monde
 
 
2)     Martyriser les blogs populaires
 
La publicité dans les commentaires attire souvent la curiosité humaine, la même qui achète Closer sans savoir pourquoi. Mais elle n’est utile qu’à bon escient, bien déployée sur la table : inutile de noyer Le Blog de Jean-Michel Apathie par vos urls impérieux, les lecteur de celui-ci se contentant de s’insulter sans même lire les arguments inverses.
De plus, la publicité dans les commentaires agace ceux qui la subissent. Elle est jugée indécente, abusive, presque illicite.
Quitte à violer la loi, autant la faire jouir, non ?
 
Les blogueurs populaires ont aussi leurs codes d’accès. Les mêmes que le vôtre, le nom de leur chien ou de leur épouse – les deux sont généralement différents. Par exemple, le code d’accès du blog de Jean-Michel Apathie est « Martine », du nom de son chien.
Une fois les commandes de son intimité empoignées par vos mains d’internautes, il sera simple de référencer votre site. Subtilement, bien sûr, pour qu’il ne remarque pas l’emprunt !
Le procédé peut ainsi donner cela :

le-blog-d-apathie.JPG
 
 
3)     Faites confiance en votre talent
 
Non je plaisante, cette stratégie ne fonctionne absolument pas.
 
 
4)     Flatter l’auditoire
 
Attirer un lecteur, c’est comme séduire une femme : il n’est pas nécessaire de forcément penser tout ce qu’on dit. Il n’est pas nécessaire de penser tout court, d’ailleurs. En s’invitant sur un site dont le cœur est à prendre, prenez soin d’adapter votre langage : une flatterie sur ses goûts musicaux – que vous abhorrez -, une caresse sur sa verve – que vous trouvez flasque et périmée -, un compliment sur ses performances – alors que vous avez simulé la lecture tout du long.
N’oubliez jamais qu’un blogueur flatté est un blogueur heureux. Et un blogueur heureux, comme une femme après l’extase, commente.
 
 
5)     Devancez les Buzz en les créant vous-mêmes
 
Mes relations textuelles avaient triplé depuis ma légère prise de bec avec la mémoire de Grégory Lemarchal. Le buzz provoqué par les skyblogs de ses fans m’avait tellement interloqué que je n’avais rien prémédité, pour une fois.
Par contre, en dérobant dans les poubelles de l’appartement de Luca Marin les photos de Laure Manaudou nues, j’ai totalement prémédité les 800 euros de publicités obtenus en décembre dernier.
 
Mais, puisque vous n’avez pas ma carrure, il en va autrement pour vous.
Au lieu d’attendre le buzz, invitez-le à dîner. Annoncez que vous allez assassiner le président de la république, puis passer à l’acte. Claironnez un entartage de Christophe Willem, en préparant déjà la crème. Prétendez la publication imminente d’une preuve de l’homosexualité de Lord Kossity, et allez lui rendre visite la nuit tombée, votre preuve à la main.
 
 
Ou sinon rédigez un article de méthodologie publicitaire pour Blog en n’oubliant pas de choisir un titre comportant les mots « Pub » et « Blog ».
Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Samedi 29 décembre 2007 6 29 /12 /Déc /2007 00:08

Le canard saute du plat pour heurter violemment ma fourchette. Macabre volatile transformé en un éclair en mannequin de crash-test, en canard à l’orage. La famille est recomposée autour du buffet, de la nappe à couverts. Pique-nique avec le beatnik, oncle Pierre, l’associable du comté – il déteste viscéralement le fromage au point de ne pas en manger.

Repas repu. A pu. Fin. Enfin presque. Mon secret digère mal le silence, l’omerta aux champignons.

Assez d’obliger ce genre de jeu de mot à faire grève. Il est grand tant que je me manifeste.

  

Moi : - « Papa, maman, j’ai à vous parler. »

 

Maman : - « Enfin ! Il a trouvé une copine ! »

 

Papa : - « Et merde, t’es homosexuel, c’est ça ? »

 

Moi : - « Non. »

 

Maman : - « Oh. »

 

Papa : - « Ah ? »

 

Moi : - « C’est une annonce vraiment difficile à faire… »

 

L’oncle Pierre : - « Il est candidat au Modem pour les municipales, putain, je le savais ! »

 

Papa : - « Impossible, je vote extrême droite et c’est une tradition dans la famille. »

 

Maman : - « Nous t’écoutons Maxime. »

 

Papa : - « Des problèmes d’argents ? »

 

Moi : - « Aucunement. Au contraire. Comment dire… »

 

Papa : - « Ne me dis pas que tu arrêtes encore une fois tes études… »

 

Moi : - « Pas du tout. »

 

Papa : - « Ouf. Bon ça va. A un moment j’ai eu peur. »

 

Maman : - « Tu as fait une tâche à l’un de tes t-shirts et tu n’oses me le dire ? »

 

Moi : - « Non. Euh… Bon ben en fait, euh… »

 

Papa : - « Quoi ? »

 

Moi : - « Je… je… »

 

Maman : - « Oui ?? »

 

Papa : - « QUOI ?? »

 

Moi : - « Je… je suis blogueur. »

 

Maman : - « Oh mon dieu. »

 

Papa : - « Blogueur ? Comment ça, blogueur ? »

 

Moi : - « Je tiens un blog, sur internet. »

 

Papa : - « Un blog ? »

 

Maman : - « Oh mon dieu. »

 

Papa : - « Un blog ? Comment ça, un blog ? »

 

L’oncle Pierre : - « Ah oui ? Un blog ? »

 

Maman : - « Oh mon dieu. »

 

Moi : - « Oui, un blog. Où j’écris un peu ce qui me passe par la tête. Le soir, par exemple. »

 

Papa : - « Putain mais je rêve ! »

 

Moi : - « Ca me prend pas beaucoup de temps, mais vu que j’aime bien écrire, cela me per…»

 

Papa : - « Putain de merde ! Un blog ! »

 

Maman : - « Calme moi, chéri, calme toi… »

 

Papa : - « Mais c’est pas vrai Bôôôôrdèèèl !! C’est pas VRAI !!! MON FILS EST BLOGUEUR ! »

 

Moi : - « J’ai longtemps hésité avant de vous l’ann… »

 

Papa : - « ALORS ON LUI PAYE UN LOYER A BOULOGNE-BILLANCOURT ET TOUT CE QUE TROUVE A FAIRE CE CON, C’EST DE FAIRE JOUJOU SUR UN BLOG !! »

 

Maman : - « Ton cœur, chéri, pense à ton cœur ! »

 

Moi : - « Je fais pas joujou. C’est pas comme ça… Enfin c’est amateur mais… »

 

Papa : - « Je me doute bien que c’est amateur ! Manquerait plus que tu sois payé pour ces conneries ! »

 

Moi : - « Ben dernièrement j’ai gagné un peu d’argent grâce à la pub, de euh j’ai même rencontrer Guy Birenbaum !! »

 

Papa : - « GUY qui ? »

 

Moi : - « Birenbaum. »

 

Papa : - « Connais pas. »

 

Moi : - « Tu sais genre il foutait la merde sur RTL ou Canal +, durant les présidentielles. »

 

Papa : - « Mais qu’est-ce que j’en ai à foutre de Guy Bibendum, là ! Putain mais il paye ton loyer, ce type ? »

 

Moi : - « Non, mais il… »

 

Papa : - « Mais rien du tout ! Il va se faire foutre, c’est tout ! Fils indigne ! Blôôôgueur ! Mon fils est blogueur ! »

 

L’oncle Pierre : - « C’est vraiment honteux. Dire qu’il aurait pu devenir comptable, comme son père, un métier sérieux. »

 

Papa : - « Et il date de quand, ce blog ? »

 

Moi : - « Plus d’un an. »

 

Papa : - « Et c’est seulement maintenant que tu nous le dis ? »

 

Moi : - « Je savais que cela ne te plairait pas. »

 

Papa : - « Noooon ? Sans déconner ?! Et il s’appelle comment ?»

 

Moi : - « Myblack. »

 

Papa : - « C’est français, ça ? »

 

Moi : - « C’est oui, enfin, euh, oui. »

 

Papa : - « Et il fait quoi dans la vie, ce blog ? »

 

Moi : - « De l’humour, essentiellement. »

 

Papa : - « L’inverse m’aurait étonné ! Du journalisme, aussi, non ? Des dossiers sur l’Iran ou la Bourse ? »

 

Moi : - « Pas trop.»

 

Papa : - « Et tes lecteurs sont au courant ? »

 

Moi : - « Bien sûr. Je n’ai aucun tabou à afficher ma vie de blogueur au grand jour. »

 

Papa : - « Putain mais je rêve, je rêve. Je rêve. Et vous vous êtes connus comment ? »

 

Moi : - « J’errais sans but sur le web lorsqu’il est venu vers moi, sur Overblog. »

 

Papa : - « Vous vous voyez souvent ? »

 

Moi : - « Trois à quatre articles par semaine. »

 

Papa : - « Bordel ! Ca va ! Tu prends ton pied en plus ! Monsieur se fait plaisir ! Et il a quelle situation, ce blog ? »

 

Moi : - « C’est un blog de bonne famille, environ 500 visites par jour. Dont Guy Birenbaum. »

 

Papa : - « Oh ça va, arrête avec ce type ! Moi une fois j’ai vu La Boule de Fort Boyard à Carrefour en train de dédicacer des melons, c’est pas pour ça que j’en parle sans arrêt ! »

 

Maman : - « Tu veux te confier à maman, mon poussin, à propos de ce blog ? »

 

Moi : - « Non non, ça va très bien. »

 

Papa : - « Il va très bien ! Monsieur va très bien ! On est sauvé ! Sôôové ! Monsieur est pote avec Guy Birenbaum alors tu comprends, il va TRES TRES BIEN ! »

 

Moi : - « Bon, je vais sortir de table, moi. Plus très faim. »

 

Grand-mère : - « Racaille ! Tu devrais avoir honte ! »

 

Patrick Sébastien : - « Ah elle est belle, la France ! Elle est belle ! »

 

Un couteau à fromage : - « Et ça possède le droit de vote, ça ! Et ben ! »

 

Papa : - « UN BLOGUEUR. PUTAIN, MAIS T’AURAIS PAS PU M’ANNONCER TON HOMOSEXUALITE, COMME TOUT LE MONDE ? »

 

Moi : - « Dans un prochain article, peut-être. »

 

Papa : - « Mais c’est qu’il me nargue, en plus, le petit con ! »

 

Maman : - « Bon hum euh. Qui veux du café ? »

 

Guy Birenbaum : - « Moi. Avec deux sucres, si c’est possible. »

 

 

Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /Déc /2007 00:00

 

Deux chercheurs macédoniens viennent de publier un article qui risque de faire du bruit. Selon eux, la France serait le pays européen possédant le plus fort taux de GCSC. La somme de leurs travaux, menés depuis 1999, regroupe graphiques, interviews des plus grands spécialistes de la question, extraits inédits du "Droit de Savoir" sous-titrés en serbe et analyses détaillées, le tout en 129 pages. Selon eux, la France arriverait loin devant la Suisse et l'Italie, détenant à elle seule 39% des GCSC européens, un record.

Si ce genre d'allégations se prête aisément à l'exagération, la somme d'arguments collectés par les chercheurs est un coup dur pour ceux qui soutenaient un arrêt de l'épidémie. A commencer par Steevy Boulay, qui n'a pas mâché ses mots : "il s'agit d'un ramassis de foutaises totalement ubuesques, si j'ose m'exprimer ainsi, et ces gens-là n'ont visiblement rien de mieux à faire que d'ennuyer les honnêtes citoyens. Ils feraient mieux de séparer le Bougrain-Dubourg du livret A". Il est vrai que l'ancien lofteur est directement cité en exemple dans les travaux des scientifiques balkaniques.

Sur cette carte, on remarque que les zones les plus touchées par les GCSC sont le Bassin parisien et le sud de la France, de sa bordure occidentale à sa bordure orientale. "Il est amusant de constater que la Corse a toujours présenté des cas élevés de GCSC, et ce depuis la nuit des temps. Rare sont les habitants qui lui échappent, d'après les dernières statistiques de 2006", nous explique Gérard Gerpon, médecin spécialisé domicilié à Rennes.

Si les premiers cas de GCSC sont apparus en France dès 1927, l'épidémie a littéralement explosé ces derniers années. Selon Jean-Marcelin Touillard, anthropologue dans le Loiret, "la multiplication de la télé-réalité est le principal facteur expliquant cette recrudescence. Enfin entre autres.".

Les cas de GCSC (Gros Cons Scientifiquements Certifiés) se présentent sous une multitude de symptômes, et il est difficile de sortir du lot quelques exemples réellement pertinents - Steevy Boulay excepté. Disons, par simplification scientifique, que le GCSC est majoritairement blanc, ou noir, ou d'origine arabe, voire asiatique, qu'il est essentiellement âgé entre 14 et 85 ans, que ses revenus mensuels tournent autour d'une fourchette avoisinant les 3000 euros (à 3000 euros près) - même si bon nombre de GCSC dépassent allégrement ce chiffre -, et que s'il n'est pas en couple, il est généralement célibataire. La plupart regarderaient Automoto, mais pas tous. Au premier tour des présidentielles, ils ont voté pour l'un des 12 candidats (sauf quelques cas d'abstentions). Si beaucoup admirent Yannick Noah, certains se reportent plutôt sur le rock et ses variantes les plus lointaines (punk, pop, jazz, techno, rap, musique classique). La plupart lisent actuellement ce blog et s'apprêtent à y poser un commentaire dénonçant la relative facilité du billet qui sent bon la fin de l'année et le foutage de gueule. Et ils auront raison.

Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Mardi 25 décembre 2007 2 25 /12 /Déc /2007 10:00
J’ai un problème avec les blondes.
Elles passent leur temps à allumer tous les mecs ; tous les mecs, sauf moi. Ca me donne des désirs de vengeance. Des désirs d’incendie.
Quelquefois, j’ai envie de les fumer.
C’est prouvé : les blondes prennent feu facilement. 
La texture de leur robe, de certains de leurs vêtements de coton aisément inflammables sont des sources de dangers évidents. De plus, lors des orages, la longueur de leurs cheveux qui traînent jusqu’au sol favorisent les électrocutions. Les blondes n’ont pas inventé le paratonnerre, on le sait tous. On peut fumer les blondes, c’est prouvé scientifiquement.
 
blonde-on-blonde.jpg  Voici une photo de blonde. Ca ne se voit pas du premier coup d’œil, mais comme j’ai tapé « blonde » sur google le doute n’est pas permis.
 
 
La morale populaire m’ordonne pourtant de les laisser tranquille. Les apparences sont trompeuses, je n’ai rien d'un monstre. Après tout, les blondes sont des gens comme tout le monde. Feu ma grand-mère, qui n’était pourtant pas blonde, me répétait souvent : « Julien (elle m’appelait Julien, car elle perdait un peu la tête, enfin bref), Julien, les blondes méritent le respect. L’humain mérite le respect, qu’il soit blond, brun, roux ou humoriste au Jamel Comedy Club. Les blondes n’ont pas à être fumées », me disait-elle, avant d'allumer son cigare cubain.
Et je suis d’accord avec ma grand-mère.
 
Les blondes n’ont pas être brûlées, incendiées, calcinées. Eventuellement, si on a des humeurs pyromanes, on peut brûler autre chose. On peut brûler un feu orange ! Ca n’embête personne, un feu orange. C’est fait pour être brûlé, sinon le feu passerait directement du vert au rouge. On peut brûler des étapes, aussi. C’est ce que font la plupart des garçons, d’ailleurs, lorsqu’ils rencontrent une blonde. On peut brûler des juifs, aussi, mais seulement s’ils ne sont pas blonds.
 
Dans l’histoire, tous ceux qui ont essayé de fumer des blondes ont très mal fini. Prenez Jeanne D’Arc. Elle est morte brûlée vive en 1431, lors d’un procès odieux conduit par Monseigneur Cauchon, évêque de Beauvais. Drame de la vie, conséquence de cette fin tragique, aujourd’hui Beauvais n’est plus qu’une ville fantôme coincée en pleine Picardie, dans le froid et l’ennui. Chaque jour, en contemplant leur soupe au lard et le brouillard qui couvre leur télévision maussade, les Beauvaisiens regrettent d’avoir fumé Jeanne d’Arc.
 
Marilyn Monroe, pareil ! Elle n’est pas de Beauvais, mais, depuis les années 60 sa disparition est sous les feux de la rampe. On l’oublie trop souvent, mais Marylin Monroe, qui était blonde, a été brûlée vive. Enfumée. A Rouen. C’est mon grand-père qui disait ça. Je l’ai toujours cru et je le crois toujours. Fallait-il fumer Marilyn Monroe ? Non, bien sûr, non !
 
Et James Blonde, alors ? James Blonde, tout ceux qui ont osé l’attaquer, qu’ils soient russes, soviétiques, d’Europe de l’Est, ont tous fini abattu avant le générique. TOUS. A part dans où a moment y a un russe qui s’échappe dans la jungle juste avant que l’usine de produits chimiques explose et James Blonde qui se bat déjà avec une soixante de types le laisse s’enfuir. Mais les autres ont tous mal fini ! TOUS !
 
On peut fumer autre chose. On peut fumer des blondes, mais des cigarettes. Des cigarettes blondes. Ca existe. Ca existe ! Les cigarettes blondes ne demandent qu’à être fumées. C’est leur raison de vivre, de mourir, d’être incinérées.
 
On n’est pas obligé de les fumer, les blondes. On peut les boire. La bière blonde est très bonne. On peut les regarder, les blondes. On peut les haïr, les détester, les maudire, les envier,  les jalouser, les répugner, les bousculer, les frapper, les torturer, mais pas les fumer. Non, pas les fumer.
 
Car fumer coûte cher. La France est en déficit. De blondes, notamment. Nous ne sommes pas en Suède, je le rappelle, les blondes ne courent pas les rues. C’est pas aussi banal qu’une brune. Eventuellement, fumer des brunes, pourquoi pas. Moi, ça ne me dérange pas. Pour lutter contre ceux qui souhaitent fumer les blondes, le gouvernement français a pris des mesures.
Selon les mesures du gouvernement, les blondes font en moyenne 1 mètre 65. Vous avez déjà essayé de fumer une blonde ? Même une petite ? D’1 mètre 60 ? Un mètre 60 ! Vous imaginez la taille du briquet ?!
 
De toute façon, il est interdit de fumer dans les lieux publics depuis février 2007. En janvier 2008, il sera interdit de fumer dans les cafés, les hôtels, les restaurants et les discothèques. Or, où trouvent-on les rares blondes qui subsistent, noyées sous leur maquillage ? Dans les cafés, dans les restaurants. Mais surtout dans les discothèques.
Et oui : dans les discothèques.
On ne pourra bientôt plus fumer de blondes en discothèques. L’endroit où elles se terrent tous. A partir de là, le débat est vain, comme la loi.
 
Il ne faut pas les fumer les blondes, car les blondes sont des femmes avant tout. Des êtres fragiles, qui n’ont pas à vocation d’être fumées comme le cigare ou le saumon. Les femmes ne sont pas des saumons. Elles ne remontent pas les rivières à la recherche d’un coin où se reproduire pour finalement se faire dévorer à deux cents mètres de Beauvais par un ours à moitié ivrogne garé en double file, NON ! Les blondes ne sont pas des saumons.
Jean Ferrat, qui voulait fumer des blondes, chantait « la flamme est l’avenir de l’homme ». Il avait tord : l’avenir de l’homme, c’est la blonde.
Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /Déc /2007 10:01

J’ai finalement accepté l’invitation de Guy Birenbaum, éditeur et journaliste, qui souhaitait me rencontrer depuis fort longtemps. Vendredi matin, ma main ferme et inébranlable a donc serré la sienne. Secoué par la poigne, il chantait « Allo ma main, bobo. » La mienne ne chantait pas, elle riait à mes blagues introductives.
 
« C’est bizarre, je vous imaginais davantage charismatique, pour un mec qui a fait de la télé. »
 
Des kilomètres de couloirs plus au moins fréquentés laissaient passer nos blancs respectifs ; on se trouvait en pleine maison d’édition, à court de papier. Je le semblais ému. Il me montra son poste de travail, logé dans un bureau édénique, même si ce jour-là il portait des Reebok. Sur les murs une palanquée de coupures de presse où trône sa pomme, surlignée en golden. Dans les coins des personnes de couleur, ivoire. Guy me propose un siège, je réponds gentiment que j’en possède déjà trois à la maison. J’emprunte le sien ; désappointé, il s’assoit sur le rebord de la fenêtre.
 
« Depuis le temps que je voulais vous voir, Myblack ! »
« Je sais, ils disent tous ça. Il vient ce café ? »
« Quel café ? »
« Celui que vous avez oublié de m’offrir en arrivant. »
« Bien sûr ! Où avais-je la tête ?! »
 
Profitant de l’absence, je m’isole près de ses tiroirs. Des milliers de contacts, un réseau professionnel bien plus vaste que le web. Je note le téléphone d’Albert Algoud, car son nom me fait rire. Le ménage a été effectué, guère de poussières sinon sur ses écrits. Sur ses écrits, guerre de poussières.
 
« Re ! Voilà votre café. »
« Merci. Dites, qui sont ces personnes de couleur dans votre bureau ? »
« Mes nègres »
 
Il saisit un crachoir de dessous une pile de manuscrits refusés puis dégobille le Figaro de la veille.
 
« Des pigistes ? »
« Non, des Burundais. »
« Mais ils savent écrire ? »
« Non, mais pourquoi me demandez-vous ça, en tant que blogueur ? »
 
Guy Birenbaum est une sorte de belluaire pénétré de fêlures ; sous sa carapace perce la fragilité de l’artiste, du sage, du timide qui s’agite avec tempête pour masquer la vérité. Il connaît ce monde, ses arcanes, ses Ariane et Dorothée. Son strass et son stress. Il a compris le secondaire du net, son bluff, sa puissance. Une folle envie de l’embrasser me pourchasse, mais je n’ose me faire rattraper.
 
« Alors donc, vous êtes étudiant en journalisme ? »
« Voilà, c’est ma couverture, effectivement. »
« Bien. Dommage que les SDF ne soient pas journalistes, alors, ils auraient moins froid ! Hahaha ! »
 
C’était évident qu’il craquerait un jour ou l’autre, qu’il essayerait d’être aussi drôle que le maître. C’est humain, après tout, de vouloir ressembler à ses modèles. « Non mais la couverture, les SDF, s’ils étaient journalistes enfin vous voyez ? » Je ne lui en veux point. Il s’excuse et me promet dorénavant d’arrêter l’humour, que c’est à moi de m’en charger. J’acquiesce.
Un moustachu rentre dans la pièce : « Guy, alors, elles viennent ces photocopies ? »
Il s’absente puis revient, puis nous discutons de tout et de rien, boulot, femmes, Edouard Herriot. Il m’informe qu’il est prêt à écrire pour le Blog de Myblack. « Pourquoi pas ? », fais-je poliment, pour ne pas le vexer. « Et si vous vantiez mes mérites sur Europe 1, plutôt ? ». Emballé par l’idée, il me promet de passer à l’acte le 23 ou 24 janvier prochain. S’en suit un long laïus sur le cul à Manaudou, que j’écoute avec attention. Un autre café. Des numéros, des sourires, des regards. Un geste, furtif, que j’interprète à confusion. Emoustillée, elle se lève. Lui aussi, enfin peu après.
 
« Bien. Ecoutez, je dois y aller, Myblack. Ce fut un plaisir de vous rencontrer, mais je dois y aller, j’ai un billet pour CaravaneHebdo à terminer. Et que cela ne sortent pas de ce bureau, surtout. »
« De toute manière ils sont attachés, vos nègres. »
« Je parlais de ma blague de tout à l’heure, sur les SDF. »
« Ah, oui. Très bien. Evidemment. » 
 « A une prochaine fois, j'espère, Myblack ! » 
 « Si j'ai besoin de vous pour un piston, ouais, bien entendu ! Bye » 
 « Bisous !» 


Epilogue :
 
guy-bibirendaum.jpg  « Ah, si seulement je possédais ne serait-ce qu’un millième du talent de Myblack… Je pourrais avoir un blog qui marche… »
Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Vendredi 21 décembre 2007 5 21 /12 /Déc /2007 17:19
Manaudou plonge mais sa notoriété augmente ; depuis plusieurs jours la sirène retentit dans les médias, le net, les machines à café. 

Chercher ses photos est devenu le sport à la mode, bien loin devant la natation.

Le Blog de Myblack a tiré profit de l’affaire en devançant dès dimanche le buzz, grâce à un contact de Tallende (Google Map). J’ai vu les photos. Les avocats de la championne se promènent par-delà les sites pour les bannir. Quoi de plus normal ? Elles sont indignes.
Elles sont indignes mais, comme tout le monde, je suis allé les voir lorsqu’elles étaient encore accessibles facilement.
J’ai vu les photos, alors j’ai souhaité ne pas en parler, de façon biaisée. 
En commentaire de mon article sur la question, des obsédés dispersent leur MSN de manière libertine, aussi dénudé que lesdites images. 
Je le confesse : j’ai utilisé le cul pour vendre. Enfin pour acheter, plutôt.
 
17-d--cembre.JPG
Lundi 17 décembre
, 1776 visiteurs ont tapoté Google pour dénicher cet article, soit 1300 de plus qu’à l’accoutumée. Une augmentation de 285% du nombre de visiteurs uniques. La publicité m’octroie 1 euros par jour. Ce jour-ci, le nombre avoisine les 3. 
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Les statistiques bandent. Rien d’anormal pour l’instant, j’ai déjà obtenu des scores identiques lors de l’affaire Grégory Lemarchal. C’est mardi que l’étonnement grimpe au rideau.
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Mardi 18 décembre
. De 1776, la fréquentation passe à 70 107. Les recherches Google (« Photos de Manaudou », « Manaudou nue », « Sexe Manaudou ») pointent vers moi, tétons dressés ; j’apparais dans le premier volet des moteurs de recherche. Je récolte 120 euros de publicités, pour 79 de Blog Rank.
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Mercredi 19 décembre.
Avec 224 143 visiteurs uniques, mes revenus de droits d’auteur frisent les 400 euros. Décoiffants. Je suis 5ème sur Google sur la recherche « Laure Manaudou nue ». Sans savoir pourquoi, mon Blog Rank tombe à 72. Un chiffre difficilement compréhensible, puisque le Blog Rank est en partie calculé avec le nombre de visiteurs uniques. Avec 80 de Blog Rank, j’aurais touché 50 euros de plus. 
 
Jeudi 20 décembre, le chiffre redescend à 34758, soit le code de mon digicode à quelque chose près. En ce milieu de semaine, les provenances des visites depuis lundi sont les suivantes :
-        34889 pour « Laure Manaudou nue »
-        15372 pour « Manaudou nue »
-        5232 pour « Laure Manaudou »
-        5060 pour « Laure Manaudou photos. »
 
 
Il est vendredi, le site de Manaudou est « en cours de modifications » et j’attends l’agitation retomber. Le sexe fait acheter, pour ceux qui n’étaient pas encore au courant. Ca tombe bien, c’est Noël.
Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Vendredi 21 décembre 2007 5 21 /12 /Déc /2007 00:09

- Ca fera 3 euros 50, monsieur.
- Combien vous avez dit ?
- 3 euros 50.
- 3 euros 50 les yaourts ? C’était marqué 3 euros 20 là-bas.
 
 
Les yaourts sont des yaourts natures vendus par pack de huit, et valent effectivement 3 euros 20. De personnalité effacée, le yaourt passe le réveillon dans le rayon produit laitier de Franprix. Pauvre en calories, le yaourt a une vie de merde puisque les jolies filles dont il rêve lui préfèrent généralement les Taillefine Vanille, voire saveur framboise. 
 
 
- Non c’est 3 euros 50 les yaourts, monsieur.
- Attendez, attendez, j’ai pas rêvé : les yaourts sont à 3 euros 20, pas à 3 euros 50. J’ai pas rêvé !
- Je sais pas monsieur, moi c’est marqué 3 euros 50 sur la machine.
- Non mais attendez vous êtes qui, là ?
 
 
La caissière est une caissière arabe vendue par famille de sept, et a effectivement bien du mal à se différencier des autres caissières. De personnalité effacée, la caissière passe le réveillon chez son mec, ou chez un autre si son mec décide finalement de la tromper. Pauvre, la caissière a une vie de merde puisque les jolis garçons dont elle rêve lui préfèrent généralement les filles ne s’appelant pas Amira.
 
 
- C’est pas moi qui fait les prix, monsieur.
- C’est pas vous qui faites les prix ? Mais vous êtes à la caisse !
- Les prix sont indiqués là-bas.
- C’était marqué 3 euros 20.
- Ces yaourts sont à 3 euros 50, monsieur.
- Je rêve… Où se trouve votre responsable ?
 
Le responsable est un responsable absent vendu par correspondance qu’il vient de rater. De personnalité effacée malgré son poste, le responsable passe le réveillon avec des amis dont la plupart sont des ratés tout court, sans correspondance. Pauvre en vie sexuelle, le responsable a une vie de merde puisque les jeunes adolescentes bourgeoises dont il rêve préfèrent aller acheter des sandwichs à 4 euros dans les boutiques d’à côté plutôt qu’au Franprix.
 
 
- Si vous voulez aller voir vers les yaourts pour vérifier les prix, je vous attends.
- Ecoutez je n’ai pas le temps, c’est stupide. Je suis sûr d’avoir vu 3 euros 20.
- Excusez-moi, mais pour 30 centimes je sais pas si ça vaut vraiment le coup de faire tout ce ramdam.
 
Le mec qui emploie le mot ramdam est un blogueur de type auvergnat vendu et vaut approximativement 14 000 visites par mois, hors période de buzz. Pauvre en temps libre lors des intercours, le mec qui emploie le mot ramdam ne rêve que d’une chose, c’est de péter la gueule à ce trou du cul de cinquantenaire habillé en Lagardère.
 
 
- Pardon ?
- Pour 30 centimes c’est pas utile de faire tout ce bordel.
- Non mais là phrase d’avant, là ? Vous avez dit quoi ?
- De ?
- Ce trou du cul habillé en Lagardère ? C’est de moi dont vous parlez ?
- Comment ? Mais comment vous… lisez dans les… pensées ou quoi ?
- C’est bien vous, Myblack ?
- Ouais, pourquoi ?
- Je lis votre blog !
- Ah ouais ?
- Ouais !
- Ca fait 3 euros 50, monsieur.
- Attendez vous voyez pas qu’on discute, là ? Alors donc vous lisez mon blog ? Depuis quand ?
- Environ deux mois. Bravo, c’est vraiment bien.
- Ah ben merci. Merci beaucoup.
- Dites, ça fait 3 euros 50, je…
- Oh mais tu vas la fermer, oui, la gitane !
- Putain, tout ça pour huit yaourts ! Hé, pas très sympa le coup du « trou du cul de cinquantaine », quand même. Une chance que je sois inscrit à la newsletter pour lire les articles au moment même de leur conception.
- Ouais oh c’était histoire d’écrire un truc. Allez, je vous les paie, moi, ces yaourt ! 
- Ouais non mais je vais les payer, pas de problème. C'était juste pour emmerder mon monde.
- Comme vous voulez. On va boire un café ?
- Bien sûr. Alors comme ça vous avez fait l’amour avec Guy Birenbaum ?
Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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