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2030. Je travaille pour une boîte dont le produit est l’humain. Chaque jour, je supprime les produits périmés. C’est simple, il n’y a qu’à appuyer sur un bouton.

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Samedi 28 avril 2007 6 28 /04 /Avr /2007 00:00

 

De nouvelles casseroles pour le fondement de Nicolas Sarkozy ! Selon l'enquête de Guillaume Kourëc, du quotidien Bilération, et Jean-Guy Direnbaum, du Calamar Enchaîné, le candidat de l'UMP est au centre de plusieurs scandales. Publiées demain dans l'hebdomadaire Marialle, ces révélations confirment tout le machiavélisme et la toxicité de monsieur Sarkozy.

D'après les journalistes, Nicolas Sarkozy serait impliqué dans l'Angolagate, au même titre que Charles Pasqua et Jean-Christophe Mitterrand. Le candidat aurait lui-même vendu des armes en Angola, déguisé en marchand, et aurait touché des commissions avoisinant la centaine de milliers d'euros.

Second fait troublant : l'enquête confirme la vente, par Nicolas Sarkozy, de plusieurs millions d'actions d'entreprises spécialisées dans l'armement, l'immobilier et l'assurance. Des transactions inhabituelles survenues la veille du 11 septembre 2001 qui, selon Kourëc et Direnbaum, plongeraient Sarkozy en plein délit d'initié.

Troisième découverte : la fusion du réacteur nucléaire numéro 4 du réacteur de Tchernobyl, en 1986, serait due à Nicolas Sarkozy, en villégiature en Ukraine. Le présidentiable voulait ainsi, en provoquant la catastrophe, gêner Jacques Chirac, premier ministre de l'époque. Il aurait, à l'aide d'un pied-de-biche, provoqué une fissure ayant entraîné une irrépressible réaction en chaîne et aurait ensuite, en utilisant un soufflet à barbecue, permis la propagation du nuage radioactif jusqu'en France.

Mais ce n'est pas tout. Les journalistes ont déniché une photo compromettante réalisée le 22 novembre 1963 à Dallas. On y aperçoit Sarkozy, accoudé à une fenêtre, braquant un fusil sur le président John Fitzgerald Kennedy. S'il est encore trop tôt pour en faire un assassin, une interview de Jackie Kennedy enregistrée en mars 2007 l'incrimine fortement. "Oui, je reconnaîtrais entre mille cet air dangereux", a ainsi certifié la veuve.

La suite de l'investigation est formelle : l'invasion de la Pologne en 1939 a été menée par le seul Nicolas Sarkozy, et non par l'armée allemande. Les journalistes ont déterré - au sens propre du terme - des témoins de l'époque qui ont tous confirmé les dires de l'enquête. Autre preuve irréfutable : une moustache dessinée sur un portrait du candidat, rappelant à s'y méprendre celle d'un ancien Führer germanique.

Dernier scoop : la personne qui aurait livré Jésus aux grands prêtres de Jérusalem ne serait pas Judas, mais bel et bien Nicolas Sarkozy. L'hebdomadaire Marialle a retrouvé, conservés dans du sable datant du 1er siècle, des traces de pas de l'ancien ministre de l'intérieur menant tout droit à la résidence de Ponce Pilate, ami fidèle du candidat UMP (selon Jean-Guy Direnbaum).

   

Un travail de fond rondement mené, clarifiant enfin la véritable personnalité du candidat de droite, mais effectué "en toute objectivité et dans le but d'éclairer le vote des électeurs indécis", d'après les journalistes.

Par Myblack - Publié dans : Actualité
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Mardi 24 avril 2007 2 24 /04 /Avr /2007 00:00

 

 

C'était un beau roman, c'était une belle histoire, c'était une romance d'hier qui se termine en eau de boudin. Raymond Bounaffou a été battu, dimanche, et l'homme est laminé. C'est officiel : il arrête son blog de campagne. Il ignore quel sens donner à sa vie : animateur sur la TNT, commentateur de match de hockey ou doubleur de séries TV anglo-saxonnes ? Il ne m'a pas encore donné la réponse, et se mure dans un silence pesant, au bas mot, 82 kilos.

Probablement arrêtera-t-il la politique. Un tout jeune retraité de l'isoloir maintenant isolé, qui a néanmoins, tout au long de 4 mois de cérémonie avec le peuple, acquis une renommée certaine. Bounaffou a été idolâtré et mérite bien son entrée dans un gigantesque Larousse, à la rubrique noms propres, en majuscules d'imprimerie. Alors, malgré notre peine, partons à la découverte de la vie de notre ancien mentor, pour tenter d'y percevoir des raisons d'espérer.

 

Biographie de Raymond Bounaffou

Enfances et études

Issu d'une famille auvergnate, Raymond Bounaffou s'initie rapidement à la politique : dès la crèche, il mène une rébellion anti-compote de carottes et réclame sans coup férir des milk-shake à la vanille. Très influencé par l'athéisme de son père, mais marqué par l'homosexualité de sa mère, il fait des études un bienheureux échappatoire. A cette époque Bounaffou est, comme on l'appelle communément, un fayot. Fils unique, sans ami, il voit dans les cours de grammaire un compagnon d'infortune. Il rentre en 6ème en 1982 et fait la connaissance de Jojo Brantouillard. Cette rencontre le marque à jamais : Jojo, grand gaillard, fait de Raymond Bounaffou le bouc émissaire de la salle. Il lui casse ses lunettes, lui baisse son jogging en cours de gymnastique et lui envoie des bouts de gommes en classe de sciences-physiques.  

Pour échapper à cette situation, il s'engage dans l'armée argentine et, intégré au bataillon du sergent Lopechardo, mène ses premiers meetings. En plein conflit des Malouines, il prononce "Si la guerre est le vice de l'homme, la paix est l'écrou des lâches". Il est porté aux nues par ses camarades d'infanterie qui, le lendemain, se font tous massacrer par l'armée britannique. Bounaffou parvient néanmoins à rentrer en France sans dommages, en brasse papillon.

 

Formation politique

En 1990, à 20 ans, il fonde dans sa chambre le Mouvement Neutre, malgré l'opposition de Boulotte, sa peluche en forme de dindon. Rapidement, la notoriété du parti explose et monte à deux adhérents, après la rencontre, dans une boîte échangiste de Brive-la-Gaillarde, de l'Oncle Dick, un pruneau d'un mètre 90. Son idéologie contestataire s'aiguise : atterré par la nonchalance de la société, Bounaffou prêche le djihad contre tout ceux qui entravent la bonne marche de la vie. Lors d'un stage au Crédit Agricole, il se rebelle contre une imprimante récalcitrante. La même année, il achète un pot de confiture de pomme Andros qui, malgré ses efforts, reste indéfectiblement fermé : son combat contre les objets impossible à ouvrir prend forme.

Fin septembre, ses parents décèdent lors d'une course de pousse-pousse. Pour survivre, Bounaffou enchaîne les petits boulots : nain de fort boyard, vendeur de sandwich SCNF, doublure de Mimi Mathy. Avec l'argent collecté, il s'offre un dépucelage avec une prostituée congolaise, qui restera marquée à vie par l'anatomie du voyageur (selon la biographie officielle de la jeune femme, éditée chez Plon). Bounaffou monte à Paris et s'inscrit au cours Florent : s'il est l'un des meilleurs en mime d'asperge, son bégaiement l'empêche d'apparaître dans les dramaturgies raciniennes.

En 1995, Bounaffou se présente, au nom du Mouvement Neutre, pour les élections municipales de Caracas (Venezuela). Ne parlant pas un mot d'espagnol, il mène une campagne basée sur la suppression du port de la moustache et la remplacement du pétrole par l'Orangina, jugé meilleur pour le goût. A la foule de moustachus vénézuéliens assistant à son seul et unique meeting de la campagne, il lance "Ich bin ein maquereau au vin blanc" qui ne recueille pas le succès escompté. Il termine 746ème et bon dernier, avec 0,00001% des suffrages. Quelque peu abattu, il est sollicité en rentrant par un maire sans étiquette d'un petit village de l'Allier. Après moult hésitations, il pactise avec cet homme, qui lui apprend les rouages de la politique. Son gourou le forme et l'initie aux poignets de mains baveuses, à la propagande, au sens du show et de l'à-peu-près.

 

L'idole de Villeneuve-sur-Allier

Germain Pouillard, son mentor, est réélu maire  de Villeneuve-sur-Allier (473 habitants) en 1997. Ces deux-là forment un couple complice : Bounaffou prend en charge plusieurs gros dossiers. Ainsi, il s'occupe de tourne-crayonner les mines du maire, puis de les mettre à la poubelle. Il exerce cette fonction pendant 3 mois. "C'était comme si le taille-crayon et lui ne faisait qu'un", dira Ernest Mouchard, un élu local.

Pourtant, en 1999, Germain Pouillard doit quitter son poste. Suspecté d'insulte à contractuelles et de détournement de capuchon de stabylo, il est démis de ses fonctions puis pendu par le verdict populaire. Raymond Bounaffou succède alors à son formateur, après un émouvant hommage : "Ce sont souvent les meilleurs qui partent les premiers, saluons-le pour avoir dérogé à la règle". Sa première mesure est d'importer de Suède plusieurs jeunes adolescentes, pour égayer la bourgade : il séduit ainsi les hommes du village - mais se met à dos leurs femmes. Bounaffou, en juin 2000, se révolte contre l'implantation d'une centrale nucléaire aux environs de Villeneuve-sur-Allier : il entame alors une grève de la faim, qu'il stoppe après trois jours, aux abois. Néanmoins, le préfet accepte de délocaliser la centrale en Ex-Yougoslavie.

Fin 2001, à quelques mois des législatives, des critiques injustes s'abattent. "Il passerait davantage de temps au babyfoot qu'à la mairie", déplorent ses détracteurs. Bounaffou dément et réaffirme son amour de la politique : "La politique, c'est comme le cul d'une femme : une fois qu'on est dedans, on ne veut plus jamais en ressortir". Il est finalement réélu à une large majorité de 68 % devant le candidat PS.

Son second mandat est celui de l'émergence : émergence démographique pour le village, qui dépasse alors les 1100 habitants, attirés par la bonhomie du personnage, émergence culturelle, puisqu'un musée Alain Chamfort est construit en plein milieu de la cité (une trentaine de maison sont ainsi rasées, un lundi, entre 3 et 6 heures du matin, profitant du sommeil de leurs propriétaires), émergence économique, enfin, Bounaffou se jumelant avec Kwouza, mégalopole polonaise de 200 000 habitants. "La Pologne est une nation d'avenir et le restera pendant longtemps", se justifie-t-il à La Montagne, le journal du coin.

Pour résoudre le problème de l'emploi, il ouvre une mine à charbon où il fait travailler les enfants en bas âge et les vieillards. Et cela fonctionne : le nombre de chômeurs chute - ainsi que le nombre d'habitants. Bounaffou se fend d'un "Le chômage, ce sont surtout les gens sans emploi que cela préoccupe, vous savez", qui passe dans le zapping de Canal+. Le 29 Mai 2005, lors du référendum de ratification du traité européen, il oublie d'aller voter après une soirée trop arrosée : ne sachant sur quelle position danser, ses électeurs décident d'aller se recoucher. Le taux de participation du village est le plus bas de France : 2%.

Juin 2006 : Bounaffou en a assez de la vie intrépidante de l'Allier. Il décide de retourner à Paris, avec comme seul bagage de solides convictions et une boîte de Miel Pops à demi-entamée. Au bois de Boulogne, il rencontre par hasard Myblack, avec qui il sympathise immédiatement.

 

L'élection présidentielle de 2007

 

Le 2 décembre 2006, Raymond Bounaffou devient le candidat officiel du Blog de Myblack pour les présidentielles. A cette occasion, il crée un blog et nomme un premier ministre, après des primaires échevelées : Kolia lui prête allégeance en agrafant un buste du candidat sur son site.

Sa campagne est enchevêtrée : tantôt moribond, tantôt primesautier, il peine à se démarquer. En janvier, il n'est d'ailleurs crédité que de 0,2 % des intentions de votes. Plusieurs évènements viennent à sa rescousse : c'est d'abord un voyage au Groeland qui le fait connaître, puis une partie d'échec avec Jean-Pierre Coffe, où il déclare "Je n'ai rien d'autre à offrir que du sang, des larmes et un égouttoir à salade !". Puis, Le 20 février, il saborde une émission télévisée avec Ségolène Royal. Arrêté, puis relâché, il apparaît comme un Mandela du pauvre aux yeux de l'opinion. Progressivement, ses prises de positions tranchées surprennent, interpellent, séduisent. Son comité de soutien dépasse les 50 signataires. Il grimpe à 1% dans les sondages. Invité à RTL, il déclare "c'est toujours un plaisir de parler politique avec des journalistes de talent. Et d'ailleurs, où sont-ils ?". On se surprend à l'apprécier. Myblack, son ami, lui donne quelques coups de pouces en relatant certaines de ses avaries qui touchent le petit peuple : enlevé par les milices soudanaises du Darfour, Bounaffou voit sa côte de sympathie considérablement augmenter à son retour.

Le 14 Avril, il avoisine les 8% d'amour. Le 18, il s'approche de la barre des 13% mais échoue le 22 au soir sur le barre des 16,64 %. Drame internationale : il doit laisser sa place à Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, et prend une retraite (définitive ?). Juste avant de partir, à la foule en larme, il prononce "qu'un poulet au Tex-mex abreuve nos sillons". 20 ans de politique résumés en une si laconique sentence : bravo, Raymond. Et à bientôt.

Par Myblack - Publié dans : Actualité
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Samedi 21 avril 2007 6 21 /04 /Avr /2007 00:00

 

Demain soir, deux gros candidats vont repartir pour un tour : le deuxième. Ce jubilant binôme va connaître sa composition en même temps que des millions de téléspectateurs. La pression se fait ressentir chez les rédactions. PPDA a ainsi, selon des sources que je ne divulguerais évidemment pas, frappé sa mère à coup d'antivol de scooter, par excès de stress. TF1 joue gros : depuis l'échec de son poulain Balladur en 1995, le chaîne a tout misé sur l'avènement de Sarkozy pour conforter sa grille de programmation ultralibérale.

 Accouplé de la toujours fraîche Claire Chazal (déodorant Narta oblige), le journaliste-guignol le plus célèbre de France a prévu d'annoncer la nouvelle en cravate rose, comme le prouve cette photo. Tiendra-t-il parole ? Ce sera le principal enjeu de la soirée (avec le nom de deux lauréats, je vous l'accorde).

Sur France 2, David Pujadas mènera le bal, du haut de son mètre 56 ah ok on a dit pas le physique, ok, il mènera rien du tout, donc, probablement accompagné d'un quota féminin qui, malheureusement pour elle, ne pourra rivaliser avec la blonde d'en face.

 De la meuf aussi sur M6, puisque Nathalie Renoux officiera, avec, en seconde partie de soirée, Marco Fogiel. Les deux finalistes de la Nouvelle Star de la politique émergeront lors d'une spéciale "présidentielle" impliquant la plupart des locataires de la chaîne : Mac Lesggy se chargera de déclamer avec sa précision légendaire les scores exactes de chacun des candidats (à la virgule près), Valérie Damidot (reine de la déco d'intérieur) ira relooker le siège de campagne du malheureux 3ème et Thierry Roland se livrera au petit jeu de l'analyse technico-tactique, en prenant soin d'incriminer l'arbitre de la rencontre (probablement François Bayrou).

 

 Cuisine TV ne sera pas en reste, puisque la chaîne culinaire invitera plusieurs représentants de chacun des candidats : un soufflé pour Bayrou, une quiche aux champignons pour Royal, un maquereau pour Le Pen et un plat de nouille pour les autres. Seul Sarkozy sera là en chair et en os, vu qu'il tournera sur les différents plateaux à raison de 14 par minutes - ah, omniprésence médiatique, quand tu nous tiens !

 Sur Canal J, le débonnaire Casimir annoncera à 21 heures tapantes les résultats. Rappelons que l'animal s'était fait viré de la chaîne parlementaire après avoir ouvertement déclaré "qu'il voterait Le Pen, dinosaure de la politique". Pour équilibrer la balance, Titeuf (représentant l'extrême gauche) interviewera Gérard Schivardi, invité de l'émission, le seul candidat présent sur un des plateaux-télé de ce soir ! (les autres chaînes ignorant, à juste titre, l'identité de ce monsieur).

  delperier.jpg  La sobriété légendaire d'Alexandre Devoise animera sur Choc TV un spécial "trash présidentielles 2007", sur les grands moments de la campagne : les petites phrases racistes de Le Pen, la vidéo hard-core entre Nicolas Sarkozy et sa porte-parole Rachida Dati, des photos en gros plan de l'herpès d'Olivier Besancenot, la collection de bijoux gothiques d'Arlette et l'ours en peluche de Frédéric Nihous (criblé de balles). De l'émotion en veux-tu en voilà.

 

 Les hautes pointures de l'analyse politique exerceront leur bagout sur FillesTV, en talons et en jupes fushia. Déborah prévoit ainsi "que ouais Sarko il peut gagner, enfin sauf si Bayrou le devance. Pour ma part, je vote Royal ! Elle est pour les pauvres et vous avez vu son trench coat rose ? Un président bien habillé, ca fait toute la différence, à l'ONU !" Claude Askolovitch en frémit déjà.

 Enfin, sur Pink TV, Steevy Boulay devait donner sa vision des résultats en direct, jugements à l'appui, prévisions sur le second tour et auto-dissertation sur le taux d'abstention. Finalement, après avoir bien réfléchi, la chaîne a programmé un film de cul.

 

Par Myblack - Publié dans : Actualité
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Mercredi 4 avril 2007 3 04 /04 /Avr /2007 00:00

 

Les janjawids, proches du gouvernement du sinistre Omar El-béchir, détiennent Nicolas Sarkozy. C'est du moins ce qu'ils pensent : en réalité, le prisonnier n'est pas l'ancien ministre de l'intérieur, mais Raymond Bounaffou, le 13ème homme de la campagne, toujours en course pour 2007.

Venu samedi au Soudan pour tenter de mettre fin à la guerre, le président du Mouvement Neutre avait été dans un premier temps chaleureusement accueilli par son homologue. Croyant recevoir Sarkozy, Omar l'a fait visité son rutilant palais. Ne voulant décevoir son hôte, monsieur Bounaffou n'a osé déclamer sa véritable identité. Avant, hélas, d'attirer les foudres d'El-béchir : le dictateur du gigantesque état africain, après avoir refusé les 300 euros généreusement offerts par Bounaffou pour arrêter les crimes, n'a guère apprécié ses remarques sur la religion ("Et la religion ? Quand comptez-vous l'abolir, cette vaste fumisterie?").

Emmené à dos de chameau jusqu'à une grotte taciturne, Raymond Bounaffou est actuellement enfermé dans une geôle, avec comme seule compagnie un verre en plastique et un petit pot de terre. Son journal intime, envoyé par la poste par les milices islamistes qui le retiennent, prouve l'horreur vécu par le numismate le plus célèbre de France : vous pouvez le retrouver sur son blog.

En échange de sa libération, les janjawids réclament :

- 10 millions de dollars, en pièces de 1 franc.

- Le retrait au Darfour du JEM (mouvement pour la justice et l'égalité), du SLA (armée de libération du Soudan), du FLOUZE (factions libertaires d'ouverture et d'union des zooplanctons encapuchonnés) et du PIF (confrérie des adorateurs de Pif le chien).

- La participation à l'Eurovision du Soudan pour 2008.

- La rélegation en L2 du club de Sedan, pour presque usurpation d'identité à deux voyelles près.

 

A l'heure actuelle, un seul chef d'état a réagi : Alain Cayzac, le président du PSG. Il s'est montré favorable à la libération de Bounaffou, sans en préciser véritablement les raisons. Quant à Nicolas Sarkozy, il n'est à l'heure actuelle pas au courant de l'affaire. Sachez que nous allons tout mettre en oeuvre pour tenter de sauver notre camarade à lunettes. Nous sommes prêt à faire confiance à Philippe Douste-Blazy pour le sortir de ce guêpier. Enfin un peu.

Le Blog de Raymond Bounaffou, relayé par celui de Myblack, tentera d'effectuer un point quotidien sur les soubresauts de la capture. A l'heure où des matelots britanniques accaparent l'actualité, il serait dommage de négliger l'un des plus illustres de nos citoyens,

Pour la liberté, pour l'égalité, pour les plats surgelés.

 

 

  

Par Myblack - Publié dans : Actualité
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Mardi 3 avril 2007 2 03 /04 /Avr /2007 00:00

 

Sur ces simples mots emplis d'enthousiasmes je prononce solennellement l'ouverture d'"Interviou", le nouveau prototype du Blog de Myblack. Interviou, où la rencontre avec un homme, une femme, un animal, un concept qui fait l'actualité. Interviou, un mélange de questions dérangeantes, d'interrogations immorales et d'introspections numismates. Interviou, pour mieux connaître les gens qui font le monde, tout simplement.

Pour ce premier numéro je me pose, non sans entrain, en tant qu'interviouveur. L'ensemble des collaborateurs de ce blog (Raymond Bounaffou, Jean-Michel Lapoisse, Gérard Crobard, Günter, les frères Bogdanoff) pourra, plus tard, si le coeur leur en dit, me succéder à ce poste prestigieux d'Alain Dumahel du riche. Pour l'instant, j'ai souhaité mener le bal, en partie parce que le premier invité m'intéresse au plus haut point. Mahmoud Ahmadinejad, pour ne pas le citer.

 Né en 1956 dans une bourgade limitrophe de Téhéran, Madmoud (Mad' pour les intimes) est président de la République islamique d'Iran depuis août 2006. Sa politique nucléaire, ses relations diplomatiques fiévreuses avec les USA, ses menaces anti-israëliennes  : au coeur de l'actualité, l'homme intrigue. C'est donc avec intransigeance que je lui ai servi une liqueur de poire, juste avant de commencer le bras de fer.

Myblack : Bonjour à vous.

M..Ahmadinejad : Bonjour.

Myblack : Tout d'abord merci d'avoir accepté mon invitation.

M. Ahmadinejad : C'est normal.

Myblack : Non, non, vous n'étiez pas vraiment obligé.

M. Ahmadinejad : C'est un réel honneur d'être ici.

Myblack : Honneur réciproque.

M. Ahmadinejad : Un blog tel que le vôtre, aux jeux de mots perçants jusqu'en Iran, je ne pouvais refuser.

Myblack : Votre emploi du temps surchargé n'incitait pas à l'optimisme concernant une éventuelle venue, vous savez.

M; Ahmadinejad : Mais je suis là, et c'est le principal.

Myblack : Et j'espère que vous ne regretterez pas le déplacement !

M. Ahmadinejad : [rires] Mais non ! Puisse cet interviou être aussi enrichissante que vos récents articles.

Myblack : Merci. Je l'espère aussi.

M. Ahmadinejad : Surtout que j'ai l'honneur de commencer la série, une certaine pression se fait ressentir.

Myblack : Oh, il n'y a pas de raison.

M. Ahmadinejad : Hum... Je connais votre style... Sous des allures de naïfs, vous savez avec pertinence croquer les défauts des gens qui vous entourent...

Myblack : Je prends cela pour un compliment.

M. Ahmadinejad : C'en était un.

Myblack : Merci.

M. Ahmadinjead : Pas d'quoi.

Myblack : Même si, disons le franchement, je ne vous considère pas comme un homme très fréquentable, le fait d'être reconnu à ma juste valeur par un politicien d'influence ravit mon égo !

M. Ahmadinejad : Héhé. C'est normal. Vous êtes jeune, mais séduisant. Il va de soi qu'un entretien avec vous ne se refusait pas.

Myblack : Oh, ne me flattez pas excessivement, je ne suis pas dupe.

M. Ahmadinejad : Oui. Excusez. Mais c'était sincère.

Myblack : Une nouvelle fois merci. Mais sachez que vos félicitations, toutes franches qu'elles soient, ne m'empêcheront pas de vous posez quelques questions, disons-le, "dérangeantes"

M. Ahmadinejad : Je comprends tout à fait.

Myblack : Surtout que vos randonnées dans l'hexagone se font rare, et c'est plutôt moi qui devrez vous remercier pour cette interviou sans tabou que vous avez accepté de m'accorder.

M. Ahmadinejad : Disons que je réservais ma visite pour le bon moment, avec la bonne personne. Vous êtes cette bonne personne.

Myblack : Je débute, ce n'était pas forcément évident de...

M. Ahmadinejad : Allons, allons ! L'important c'est que je sois la, n'est-ce pas ?

Myblack: En effet.

M. Ahmadinejad : Heureux de vous l'entendre dire.

Myblack : Il va bien entendu de soi que l'intégralité de l'interviou sera reproduite sur Le Blog de Myblack.

M. Ahmadinejad : Je n'y vois pas d'objecter.

Myblack : Pardon ?

M. Ahmadinejad : je n'y vois pas d'objecter. D'objections ?

Myblack : D'objections, oui. Mais ce n'est pas grave [rires]

M. Ahmadinejad : [rires] Mon français est loin d'être parfait !

Myblack : Oh, je connais beaucoup de barbus qui aimeraient parler français aussi bien que vous !

M. Ahmadinejad : J'ai étudié le français à l'Université Iranienne des Sciences et de la Technologie.

Myblack : Vraiment ?

M. Ahmadinejad : Oui, oui ! Avec monsieur Bernard ! Le connaissez-vous ?

Myblack : Bernard, vous dites ? Un rapport avec Bernard Montiel, peut-être ?

M. Ahmadinejad : Bernard Mon... Non, il ne me semble pas. Il n'avait pas de cheveux, le pauvre homme.

Myblack : Ah, il était chauve, autrement dit. Et malgré tout, il était compétent ?

M. Ahmadinejad : Oui. Comme quoi ! [rires]

Myblack : [rires]

M. Ahmadinejad : Je venais souvent le voir, dans sa bicoque d'Esfahan, rue Sarasate. Nous aimions parler littératures, musique - il était très Beach Boys - et cinéma. Je revois encore son chien, un corniaud nommé Bourvil, qui...

Myblack : Il n'avait pas de Shah ?

M. Ahmadinejad : De Shah ?

Myblack : Non, oubliez, c'était une blague.

M. Ahmadinejad : Ah, oui, un chat ! [rires] Je vois ! Humour "à la française", n'est-ce pas ?

Myblack : C'est pas faux.

M. Ahmadinejad : La fameux sens de l'humour qui sied si bien à votre pays ! Ah, la France ! Paris ! La tour Eiffel ! Les petites femmes de Pigalle !

Myblack : Je vois que monsieur est connaisseur.

M. Ahmadinejad : J'ai déjà fait l'amour avec une française, dans ma jeunesse.

Myblack : Vraiment ? Comment s'appelait-elle ?

M. Ahmadinejad : Patrice.

Myblack : Patricia.

M. Ahmadinejad : Pardon ?

Myblack : Patricia. Elle devait s'appeler Patricia. Votre français approximatif vous a tr...

M. Ahmadinejad : Non, non, elle s'appelait Patrice. Pourquoi, cela pose un problème ?

Myblack, gêné : Pas le moindre.

M. Ahmadinejad : Enfin bon, c'est de l'histoire ancienne, tout ça.

Myblack : Je ne vous le fais pas dire.

M. Ahmadinejad : Exactement.

Myblack : Et sinon, vous avez fait bon voyage ?

M. Ahmadinejad : Oui, aucun problème.

Myblack : Très bien. Nous allons donc commencer l'interviou.

M. Ahmadinejad : Tiens, c'est étrange.

Myblack : Oui ?

M. Ahmadinejad : Non, rien, poursuivez.

Myblack : Qu'est-ce qui est étrange ?

M. Ahmadinejad : Ces figurines, sur votre télévision.

Myblack : Ces figurines ? Ah ! Des jouets de Kinder Surprise. Rien de sensationnel.

M. Ahmadinejad : Vraiment impressionnant. Combien en possédez-vous ?

Myblack : Cinq.

M. Ahmadinejad : Et celui-là, que fait-il ? On dirait qu'il joue de la trompette ?

Myblack : Tout à fait. C'est un cerf qui joue de la trompette.

M. Ahmadinejad : Surprenant.

Myblack : C'est bien pour cela que je l'expose sur mon poste. Donc, je disais, concernant Israël, vous...

M. Ahmadinejad : C'est peu courant, un cerf qui joue de la trompette.

Myblack : avez... Ah, euh, bah c'est probablement un cerf mélomane.

M. Ahmadinejad : Certes, mais pourquoi un cerf en particulier, et non un hippopotame ou une marmotte ?

Myblack : Mystère. Effectivement, un hippopotame qui joue de la trompette aurait été plaisant aussi. Enfin bref. Israël, donc, que vo...

M. Ahmadinejad : Il y a assez peu de cerf, en Iran.

Myblack : Vraiment ?

M. Ahmadinejad : Des crocodiles, parfois.

Myblack : A ce point ? Des crocodiles ?

M. Ahmadinejad : Oui, mais je vous rassure : ils ne jouent pas de la trompette ! [rires]

Myblack : [rires] Encore heureux ! Ils auraient des difficultés, avec leurs dents et leur museau allongé ! Ce qui nous ramène à votre politique nucléaire. Dernièrement, les Etats-Unis ont déc...

M. Ahmadinejad : J'aurais tant aimé jouer de la trompette.

Myblack : ..laré que... Comment ça ?

M. Ahmadinejad : Ca m'aurait plu, la trompette.

Myblack : C'est un instrument plutôt chouette.

M. Ahmadinejad : Vous êtes spécialiste ?

Myblack : Occasionnellement.

M. Ahmadinejad : A chaque fois que je tente d'en jouer, je me trompe de côté, et je souffle du mauvais endroit.

Myblack : Effectivement, c'est embêtant.

M. Ahmadinejad : Et comme je suis le président, mes conseillers n'osent rien me dire, et alors je me ridiculise.

Myblack : Ok. Dernièrement, 15 marins britanniques ont été capturés par le...

M. Ahmadinejad : Vous avez vu la Nouvelle Star ?

Myblack : Non, mais je ne pense pas qu'il s'agit d'un sujet suscep...

M. Ahmadinejad : J'aimais bien l'Human Box, moi. Il a été viré ?

Myblack : L'Human Box ?

M. Ahmadinjead : Ouais. Un gars qui fait des bruitages et des sons avec sa bouche. Ca m'a vraiment impressionné, pas vous ?

Myblack : Bon. Récemment, la Russie a tenté, lors de la conférence de Badgad, d'agir en...

M. Ahmadinejad : Et que devient Mireille Mathieu, cette formidable trompettiste ?

Myblack : Mireille Mathieu ? Oh, rien de neuf.

M. Ahmadinejad : Rassurez-moi, elle vit toujours ?

Myblack : Il me semble, mais que...

M. Ahmadinejad : C'est une grande star, de par chez nous.

Myblack : En Japon elle est célèbre, mais... En Iran également ?

M. Ahmadinejad : Depuis son duo avec Christophe "la tortue", de la Nouvelle Star, elle est un peu la vice-présidente du pays ! [rires]

Myblack : J'ignorais qu'elle avait fait un duo avec Christophe de la Nouvelle Star.

M. Ahmadinejad : Ou peut-être confonds-je... Excusez-moi, reprenons le cours de cette interviou.

Myblack : Ah, malheureusement, le temps qui nous était imparti est hélas écoulé. Merci d'avoir répondu à mes questions, monsieur le président.

M. Ahmadinejad : Ce fut un plaisir.

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Lundi 2 avril 2007 1 02 /04 /Avr /2007 00:19

 

Entrée en bourse fracassante pour Le Blog de Myblack, ce matin, à Paris. Les habitués de la corbeille n'envisageait pas un tel succès dès le premier jour d'introduction : une hausse de 24% pour un premier jour de cotation, voilà qui n'était plus arrivée depuis l'entrée au Nasdaq de William Saurin S.A, en 1988.

Initialement côtée à 18 euros, l'action Myblack a rapidement atteint le pic vertigineux de 75 euros. Chimène Badi, interrogée par notre reporter (c'était la seule 'people' disponible à proximité), n'a pas caché sa stupéfaction. "Ouias bah enfin moi j'y connais trop en économique mais ouais c'est sûr que ça fait beaucoup, comme chiffre", a déclaré la Magalie Vaé du riche. Jean-Pierre Gaillard, spécialiste de la bourse, juge que "l'appétit des investisseurs sur l'action Myblack démontre son leadership incontestable sur le marché du blog humoristique français".

 L'entrée en bourse de Myblack a entraîné un tremblement de terre économique de 6.5 sur l'échelle de Richter.

 

L'introduction a non seulement séduit les investisseurs institutionnels, mais également les particuliers : ainsi, une grande majorité de lecteurs ont adhéré au projet du groupe, achetant kilos d'actions sur kilos d'actions.

 Cours de l'action Myblack pour le 01/04 (on distingue nettement la baisse du coefficient ICB à l'annonce de l'accord SO-M&B sur les taux de change ENI Loyds PNB)

 

Cette année, le chiffre d'affaires du Blog de Myblack a quadruplé, passant de 14 euros, 3 canettes de coca en réserve dans le frigo à 60 euros et 13 canettes de coca en réserve dans le frigo.

 Sur cette autre graphique, on peut remarquer une dent de dessinée (les analystes-experts pencheraient sur une pré-molaire).

 

Myblack, Président Directeur Général Dictateur mégalomane célibataire du Blog de Myblack, a remercié "tout ceux qui nous ont fait confiance" et a promis "une croissance humoristique de l'ordre de 5% d'ici les prochains mois, en corréalation avec l'inflation des jeux de mots"

 C'est finalement Ludovic qui a gagné la partie de Trivial Poursuit

 

Après des débuts prodigieux (2 semaines après sa création, le Blog franchissait le cap des 384 visiteurs), la réjouissante entreprise s'était jumelée avec Francfort, en Novembre 2006. Malgré un léger tassement d'audience, l'annonce de la candidature, le 2 Décembre, de Raymond Bounaffou avait provoqué un sursaut médiatique qui depuis n'a fait qu'enfler. Même la mort temporaire de son fondateur pendant près d'un mois n'a pu endiguer l'irrésistible ascension vers le sommet.

Le Cac 40 a clôturé hier à 5641 points, soit 5593 de plus que l'Olympique Lyonnais (d'après le dernier classement de L1 de l'Equipe).

 
 

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Samedi 31 mars 2007 6 31 /03 /Mars /2007 00:00

 

Angelo Hoekelet, la personne arrêtée par la police mardi à la gare du Nord, a livré sa version des faits au journal Le Monde. Son contrôle musclé a été l'élément déclencheur de six heures d'affrontements entre la police et des jeunes. Quelques extraits de sa déclaration :

"Ce jour vers 16h20, je me trouvais dans la gare du Nord. J'avais rendez-vous avec une personne qui m'attendait sur le quai de la ligne 5. (...) Un contrôleur RATP m'a demandé mon titre de transport. J'ai expliqué à cet individu que je venais de jeter mon ticket au sol et je lui ai proposé de retourner à l'endroit où j'avais jeté mon ticket pour le reprendre. Le contrôleur m'a alors demandé mes papiers. (...) Ce contrôleur m'a alors fait comprendre que de toute façon il me ramènerait de force, il m'a parlé avec un langage de cité. Je lui ai alors dit d'arrêter. (...) C'est alors que les autres contrôleurs RATP m'ont saisi au niveau des chevilles puis m'ont fait chuter au sol. Ils m'ont ensuite maintenu au sol jusqu'à l'arrivée des gendarmes. (...) Je me suis rendu compte qu'une foule importante s'était ameutée autour de nous. (...) Ensuite, j'étais dépassé par les événements et je les ai bombardé d'insultes.

Connaissant bien la gare du Nord pour m'y être perdu plusieurs fois, j'ai décidé d'y retourner. L'occasion de me faire une idée plus précise de la situation. Aucun agent ne m'a sauté dessus - dommage, j'aurais bien aimé faire la une des journaux -, so mon petit calepin orangé s'est dirigé vers l'un des protagonistes de l'affaire, le contrôleur du train qu'allait emprunter Angelo Hoekelet. Un témoignage bouleversant.

"J'étais en train de faire une grille Sudoku niveau master en attendant le départ quand j'ai entendu du bruit, vers 16h30. Inquiet, je me suis immédiatement rendu sur place, une fois ma grille terminée, aux alentours de 19h10. Il y avait plein de jeunes, de groupes d'acnéiques qui me bouchaient la vue. Mes sautillements ne m'ont pas permis d'en savoir plus. Les petiots m'obstruaient la vue. Du coup, je suis allé me refaire un second Sudoku."

Devant la gravité des évènements, je suis allé ensuite recueillir les impressions d'un membre central de l'affaire : le tourniquet du métro par lequel est passé Angelo Hoekelet. Un tourniquet de race blanche, installé dans la région parisienne depuis 1997, qui nous dépeint une vision radicalement différente :

"Bah je faisais mon job, routinier, enfin faut bien nourrir ses gosses quoi hein pi j'l'ai vu arriver, le gars. Congolais, hein, c'est ça ? Ouais. Bah bon noir, quoi. J'ai senti qu'il allait m'ignorer, et ça a pas manqué. Je l'attends toujours son ticket, moi, au gars ! Puis derrière mon dos ça commençait à grogner, mais manque de bol les usagers passaient tous chez Bernard, mon pote tourniquet. Moi j'ai rien vu, je suis resté immobile. Trop dégoûté, sérieux. Putain."

On n'en saura pas plus. Pour croiser les sources, pour étayer l'enquête, un 3ème intervenant s'est confié à mon charisme indéniable. Un participant qui, hélas, a subi de plein fouet les violences : la canette de bière envoyée par un jeune sur l'un des policiers.

Je bullais peinard, tu vois, quand tout mon coup l'un des ivrognes avec lesquels j'avais sympathisé m'a lancé sur les forces de l'ordre ! Youuuuouuu, je volais, sur le coup j'ai pas fait gaffe, l'illusion d'être Superman ou un Chateau Laffite 1964 me rendait ivre d'allégresse ! Puis je me suis scratché comme une merde sur la tête d'un moustachu avec une matraque, un chauve en plus, enfin j'te raconte pas la honte que je me suis tapé en rentrant à la maison avec ma femme "mais c'est pas vrai où que t'étais donc encore passé t'a vu l'heure qu'il est rahh mais tu vas la fermer pétasse oh mais tu me parles pas sur ce ton espèce d'enculé j'aurais du écouter ma mère fallait pas t'épouser mais allez ouais va plutôt sortir les poubelles fainiasse enfin bref."

Un peu déconcerté, j'ai tenté, dans un dernier élan journalistique, d'aller questionner une dernière personne. Bouleversée, elle m'a tenu des propos très dur.

"Je savais que cela finirait ainsi, m'a déclaré Françoise, la barrière métallique du magasin de téléphone portable qui s'est faite agresser par des jeunes. Dès qu'il y a du grabuge, des bandes de, excusez-moi l'expression, des bandes de voyou s'approchent et commencent à me prendre à partie. Ca ne pas manqué. Des jeunes, des arabes principalement. Toujours les mêmes. Je les revoie encore, barres de fer à la main, tentant d'élargir mon intimité je..."

En pleurs, je l'ai laissée partir. Fatigué, j'ai alors délaissé ce no man's land et son actualité. Sur le chemin du retour, pendant que je repensais à d'anciennes camarades de classe, j'ai croisé un vieux monsieur rabougri : Jean-Marie Le Pen. Devant la place restante sur mon calepin inquisiteur, je l'ai laissé s'exprimer, en guise de conclusion :

"Je regardais la télévision, voyez-vous, quand les chaînes d'info du câble ont commencé à relater les évènements, à montrer les vols, les agressions, la police, les cris, les heurts. De ma chaise, un paquet de BN à la main, j'ai tout vu. L'homme noir, Congolais, sans papiers. Les groupes de jeunes de banlieues. Cette violence. J'ai tout vu, et je savourais. Mes BN et la télé. Je savourais."

Par Myblack - Publié dans : Actualité
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