Curriculum vital

2030. Je travaille pour une boîte dont le produit est l’humain. Chaque jour, je supprime les produits périmés. C’est simple, il n’y a qu’à appuyer sur un bouton.

Commentaires

Culture et Divertissement

Mardi 16 octobre 2007 2 16 /10 /Oct /2007 00:00


Il est toujours surprenant de constater que les articles les plus commentés sont ceux les plus rapidement écrits . Ainsi, le dernier jeu "A qui sont ces seins ? " a dépassé les 130, bien loin devant les tracteurs de milieu de voie. Le goût du sexe principal vecteur de curiosité : le Blog de Myblack n'en ignorait rien.
Il aurait d'ailleurs bien aimé recommencer mais le Blog de Myblack ne tire son coup qu'une fois l'an. Rendez-vous en septembre pour un prochain numéro, donc.
Lot de consolation : quelques notes de musique, pour noyer sa langueur. 
Les 5 misérables montages qui vont suivre représentent, laborieusement, une chanson célèbre. En tout cas que je connais. Il s'agit donc d'un jeu destiné à me faire gagner des commentaires. 
Je le dis direct, ça évitera les confusions.
D'aucuns auraient noyé le poisson à côté du petit Grégory. Pas moi. Lorsque j'entube mes lecteurs, je préfère les avertir. Libération l'a bien compris.
Fins mélomanes, montrez à l'espace votre érudition puis éteignez la lumière en partant, il fait froid.


1)

chanson-1.JPG
Foule Sentimentale. Alain Souchon (Full-Santi-mental)
Trouvé par Wizz


2)

CHANSON-3.JPG

Forme... Formidable, Charles Aznavour (Four mi, four-mi diable)
Trouvé par Hell Man


3)

chanson-2.JPG  
Ne me quitte pas, Jacques Brel (Nem-Kilt-Pas)
Trouvé par La betterave anarcho-syndicaliste



4)

chanson-4.JPG
La tribu de Dana, Manau (l'attribut de Diana)
Trouvé par Plagiaire, grâce à Lily Marlène


5)

chanson-6.jpg

Par Myblack - Publié dans : Culture et Divertissement
Voir les 38 commentaires - Ecrire un commentaire
Samedi 13 octobre 2007 6 13 /10 /Oct /2007 00:00

Guy Dumin, l’animateur vedette de « Pour ou contre ? », l’indispensable émission de débat du samedi soir, entre sur le plateau. Sur le sol un tapis carmin maculé de points d’interrogations verts fluorescents, ainsi qu’une tâche de moutarde jaunie par l’usure du temps et les sunlights du studio. Guy Dumin salue ses trois invités par une athlétique poignée de main – premier emblème de l’émission – et un grattage de nez sinusoïdale – second emblème de l’émission. Il colle discrètement son loulou sous la grande table centrale où s’agitent déjà ses fiches préparées par son assistant, un fils de charpentier juif du nord de la France.
 
[Début de l’émission]
 
Guy Dumin : " Bienvenue à tous pour ce 83ème numéro de « Pour ou Contre ?», le poil à gratter intellectuel du PAF. Je vous présente les quatre comparses qui m’accompagneront aujourd’hui. [cris du public] Le premier est le président du Conseil Français du Culte Musulman, Dalil Boubakeur. Le second est Sergueï Bubka, multiple champion du monde de saut à la perche. Le 3ème est Richard Anconina, acteur en perte de vitesse. Le 4ème est une tartine de Boursin aux herbes. "
 
Richard Anconina : J’aimerais tout d’abord prendre la parole. 
Guy Dumin : Vous l’avez.
Richard Anconina : La question qui nous unie ce soir est délicate à traiter, puisque traditionnellement passée sous silence par les grands médias. Source de problèmes et objet de conflits, elle est, je le déplore hélas, soumise à la règle de l’omerta.
Dalil Boubakeur : A croire que certains tabous sont encore vivaces.
Richard Anconina : Ce n’est pourtant pas faute d’essayer. Mais les différentes polémiques qui la suivent comme des boulets l’empêche d’avoir un écho réel.
Sergueï Bubka: Même si le Nouvel Observateur lui a consacré un encart, le mois dernier.
Richard Anconina : Avouez que c’est insuffisant pour une question aussi épineuse. Quand les pouvoirs publics sortiront-ils de leurs oeillères ? Il en va de l’avenir de nos enfants !
Dalil Boubakeur : N’exagérons rien. 
Guy Dumin : Ah, une question d’un spectateur qui vous est adressée, Dalil. Dalil, êtes-vous du nord de la France ?
Dalil Boubakeur : Non, du tout, pourquoi ?
Guy Dumin : On me dit dans l’oreillette qu’il s’agissait d’un jeu de mot. Reprenons le débat.
Richard Anconina : Il faut dire les choses comme elles le sont. Les journaux, par exemple, ne l’ont pas évoqué au moment de l’affaire de septembre dernier. 
Sergueï Bubka: De fin juillet, plutôt. 
Guy Dumin : Je confirme, cette affaire s’est déroulée en juillet, et non en septembre. 
Richard Anconina : Qu’importe. Le principal, et je vous remercie, Guy Dumin, de nous libérer votre antenne…
Guy Dumin : Pas d’quoi. 
Richard Anconina : … pour disserter, calmement, sur les enjeux de la question et, éventuellement, y trouver une solution.
Sergueï Bubka: Ce n’est pas aussi simple que ça. Même avec toute la bonne volonté du monde, la situation est telle que toute tentative de concertation, de concorde, apparaît comme illusoire. Si déjà nous arrivons à fournir quelques explications simples et précises aux spectateurs qui nous écoutent, un grand pas sera fait.
Dalil Boubakeur : Oui, restons sérieux. Richard est comme ça, voilà, un peu idéaliste, de gauche, mais il doit se rentre compte qu’une émission de télévision ne réglera pas des désaccords aussi anciens. C’est plutôt une prise de conscience que nous allons essayer de délivrer aux téléspectateurs.
Guy Dumin : Et ils sont plus de quatre millions à nous suivre ce soir ! Merci de leur fidélité !
Richard Anconina : N’essayez pas de me faire passer pour ce que vous désirez que ce que je dois être, je suis assez grand pour…
Guy Dumin : On me signale dans l’oreillette que seulement 2% du public ont compris votre dernière phrase, Richard.
Richard Anconina : Ah. Je disais simplement que Dalil se trompe en me faisant passer pour quelqu’un d’idéaliste, sous prétexte que j’ai des ambitions plus grandes que les siennes sur le thème de ce soir.
Dalil Boubakeur : Ne vous faites pas passer pour un grand de ce monde qu’on met sous silence ! Il suffit d’un peu de bon sens pour savoir que c’est tout simplement irréalisable à l’heure d’aujourd’hui !
Sergueï Bubka: Même l’ONU s’est penchée sur la question. En vain.
Richard Anconina : Au contraire, Dalil ! Au contraire ! Est-ce votre accointance douteuse avec certains des protagonistes de l’affaire de juillet dernier qui vous force au scepticisme ?
Dalil Boubakeur : De quel droit jugez-vous mes accointances comme douteuses ? Je n’ai pas l’habitude de me faire insulter par un vulgaire tâcheron du cinéma !
Une tartine de Boursin aux herbes: Si vous me permettez, je…
Guy Dumin : Allons, allons, du calme, et recentrons le débat, revenons au concept fondateur de l’émission. Serguei, je vous pose la question tant redoutée : êtes vous pour ou contre ?
Sergueï Bubka: Contre. Je suis contre, bien sûr.
Guy Dumin : Il est contre ! [applaudissements du public]
Richard Anconina : Bien, très bien.
Dalil Boubakeur : Quelle surprise !
Sergueï Bubka: Pardon ?
Guy Dumin : Emettez-vous des doutes sur l’objectivité de Sergueï Bubka ?
Dalil Boubakeur : Enfin, voyons… Il est russe, non ?
Guy Dumin : Ukrainien.
Sergueï Bubka: Et alors ?
Guy Dumin : Oui, et alors ?
Dalil Boubakeur : Ukrainien, Russe, c’est pareil tout ça.
Richard Anconina : Mais quel rapport avec le thème d’aujourd’hui ?
Dalil Boubakeur : Oh, ne faites pas celui qui n’est pas au courant, cela ne sert pas votre cause !
Richard Anconina : Les horaires d’ouvertures des bibliothèques n’ont pas besoin que je les serve, je demande simplement quelques éclaircissements ! En quoi la nationalité ukrainienne de Serguei Bubka interfère-t-elle dans le thème de l’émission ?!
Dalil Boubakeur : Les horaires d’ouvertures des bibliothèques ?
Sergueï Bubka: Comment ça, les horaires d’ouvertures des bibliothèques ?
Richard Anconina : Oui. Sur le fait d’augmenter les heures d’ouvertures des bibliothèques. Vous me semblez contre, je ne vois pas en quoi le fait d’être Ukrainien pose un problème d’objectivité. Ils ont aussi des bibliothèques en Ukraine, non ?
Guy Dumin : Sergueï ? Une réponse ?
Une tartine de Boursin aux herbes : Je nage en pleine incompréhension.
Sergueï Bubka : Oui, nous avons des bibliothèques, et alors ? Ce n’est pas à l’ordre du jour !
Richard Anconina : Mais enfin, c’est le sujet du débat !
Dalil Boubakeur : Les horaires d’ouvertures des bibliothèques ? Vous l’entendez ? Non mais vous l’entendez ?!
Richard Anconina : Pardon ?
Sergueï Bubka: On croît rêver ! Un peu de sérieux, monsieur Anconina. J’ignore pourquoi on vous a invité ici, mais vous me semblez un peu égaré. L’alcool, peut-être. Les horaires d’ouvertures de… Surréaliste, tout simplement surréaliste !
Richard Anconina : Comment osez-vous traiter à la légère ce problème ? Vous n’avez donc aucun amour-propre ! Vous n’êtes qu’un monstre empli de cynisme !
Sergueï Bubka: Gardez votre sang-froid ! Je crois que tout le monde se contrefout des horaires des bibliothèques !
Richard Anconina : Fasciste ! Vous êtes un fasciste !
Guy Dumin : Messieurs, du calme, je vous en prie.
Dalil Boubakeur : Oui, inutile de s’écharper sur ce plateau. Richard a fait une erreur, cela arrive à tout le monde.
Sergueï Bubka: Une erreur ? Mais il pensait que le débat portait sur les horaires d’ouvertures des bibliothèques ! A ce niveau là je parlerais davantage de stupidité ou d’inconscience !
Richard Anconina : Ca ne vous a pourtant pas empêché de me soutenir en vous prononçant contre !
Sergueï Bubka: Ca n’a rien à voir, voyons !
Dalil Boubakeur : N’empêche que vous êtes Ukrainien.
Sergueï Bubka : Oui, évidemment. Ca vous dérange ?
Dalil Boubakeur : Quand on se présente à un débat portant sur la future indépendance ou non de la Tchétchénie, ce n’est pas vraiment une qualité.
Une tartine de Boursin aux herbes : Mais puisqu’il vous dit qu’il n’est pas Russe, mais Ukrainien !
Sergueï Bubka : Attendez, que vient faire la Tchétchénie là-dedans ?
Guy Dumin : On vous pose une question, Dalil Boubakeur.
Richard Anconina : Comment ça, la future indépendance de la Tchétchénie ? Et les horaires d’ouvertures des bibliothèques, alors ?
Sergueï Bubka : Oh mais lâchez-nous, avec vos bibliothèques ! Je n’étais pas venu pour ça ! Ni pour la Tchétchénie, d’ailleurs !
Dalil Boubakeur : Ben voyons !
Une tartine de Boursin aux herbes : C’est ça, foutez-vous de notre gueule ! Qui gobera ça ? Vous vous êtes même prononcé contre !
Sergueï Bubka: J’intervenais sur « Les vendeurs de meubles en kit proviennent-ils d’Uranus ? ».
Dalil Boubakeur : Ne… Quoi ? D’Uranus ? Pourquoi d’Uranus ?
Sergueï Bubka : Je sens poindre dans vos dires un racisme anti-uranus.
Une tartine de Boursin aux herbes : Attendez, l’émission ne porte pas sur « Les tartines de Boursin aux herbes doivent-elles avoir le droit de vote ? » 
Richard Anconina : Il n’en a jamais été question !
Dalil Boubakeur : D’Uranus ? Et pourquoi en kit ?
Guy Dumin : Et bien il est temps de se quitter, merci à tous de nous avoir suivi aussi nombreux et…
Sergueï Bubka: Comment ça, les horaires de bibliothèques doivent-elles avoir le droit de vote ?
Richard Anconina : Il est absolument indispensable que les Tchétchènes ouvrent après 18 heures 30 !
Guy Dumin : … rendez-vous la semaine prochaine pour un prochain numéro. D’ici-là, bonne année !
Une tartine de Boursin aux herbes : Mais pourquoi Uranus devrait-il être indépendant ? Je ne comprends pas.
Richard Anconina : Non, pas indépendant ! A monter en kit ! A monter en kit !
Dalil Boubakeur : Vous dîtes ça parce que vous êtes Ukrainien !
 
[Fin de l’émission]
Par Myblack - Publié dans : Culture et Divertissement
Voir les 31 commentaires - Ecrire un commentaire
Samedi 6 octobre 2007 6 06 /10 /Oct /2007 00:00

Lendemain de Sharko. Les plongeons dans la foule s’évanouissent, l’esprit récupère du concert. Hé oui : Myblack est sorti. Avec deux groupies, bien évidemment, premières spectatrices du show : quelques textes déclamés de-ci de-là ; des jets de courges en mosaïques ; quarante-cinq minutes de silence en la mémoire d’une quiche aux crevettes absorbées le midi. Un vrai mémorial de son génie, en somme.
Je visite les contours de mon école. Les rues sont racées, spécieuses. Agréables, malgré tout. Des mallettes de poker à 150 euros, des parts de pizzas vendues à l’unité : le genre de chose que l’Auvergne ignore. Près d’un bar, sélectif, une plaque dorée : « Tenues correctes éxigées », avec une haie devant le icks.
Les tenues correctes sont exigées, mais l’orthographe est accessoire. 
Les prix du bar montent au ciel. Comptez le redoublement par élèves. Hier bière minable, un billet fumé. Vivons euros, vivons caché. Je suis en phase terminale de concert : l’impression de n’être un gros con de lycéen qui prend plaisir à écouter du bruit. Mais comme ce bruit est gratuit, il s’intériorise. Ah, oui, sinon : j’ai vu un DJ. Une. Pour la première fois de ma vie, en vrai. Une femme, plutôt une fille – je ne sais pas trop, à partir de quelle âge doit-on appeler une fille une femme ? 22 ans ? 25 ans ? Lorsqu’elle couche avec des hommes, et non plus de simples garçons ? L’air joyeux, la tête en minuterie, tic-tac-tic-tac-tic-tac et dire qu’en plus je m’étais brossé trois fois les dents avant de partir, le comble. La DJ est finalement un être humain. Je lui ai parlé fugacement, en langage jeune. « HE I C EST OI A SON QUE U PASSE ? » ; « QUOI ? » ; « C EST OI A CHANSON ASSE ? » ; « ARDON ? QU EST TU I ? » ; « LA CHANSON ! » ; « NON ERCI, A NE M INTERESSE A. E SUIS CELIBATAIR ». Du Hugo, version Karen Chéryl.
Concert sympa, donc, enfin pas besoin de développer l’ambiance. Elle manque de conclusion. En intro une chanteuse de folk, jeune, en robe blanche ouverte sur les côtés. De là où j’étais, au fond, je n’ai pas tout vu. Au fond, ça n’a pas vraiment d’importance : on préfère écouter. S’ensuit des Gallois (Euros Childs), des Belges (Sharko), moi, puis quelques minutes de répit après moi, le temps que la salle récupère un peu d’émotion et mes sous-vêtements. 23 heures environ, seulement le début. Arrivent les Vivel’Dope, bourrés d’amphétamines. Surfant sur la mouvance Naast des petits cons rockeurs qu’on a envie de dézinguer. Ce qui fut fait vers 23 heures 04, par le vigile en personne. Par le fusil à pompe du vigile, plus exactement. La chanteuse Kghürk, d’inspiration norvégienne, nous a ensuite chanté des titres de son répertoire, comme l’écrivent modestement les chroniqueurs sans reliefs. Tout en orange, du fromage autour de la taille, elle jonchait une gigantesque assiette en porcelaine. « This is the mimodrame of the mimolette », crut-elle bon de préciser à l’assistance en perdition. J’en ai personnellement repris deux fois.
Bon, les Pierres qui Roulent, groupe parisien du 20ème arrondissement, m’ont par contre déçu. Leurs chansons sont plates, fades. Je n’ai pas de satisfaction navigue dans le réchauffé ; nous avons tous repris en chœur le refrain « je n’ai pas de satisfaction », mais cela relevait plus de la critique que du réel enthousiasme. Sympathie pour le devis est dédié à un électricien, une sorte de sérénade, de drague insistante. Angine était censé être un slow, sauf que le chanteur, fiévreux, empêche l’explosion du morceau. Atmosphère tiédasse, donc, que l’arrivée de Barge Gersbourg a ranimé. Le musicien n’a aucun complexe : imper, lunettes noires, clopes au bec, il revendique son clonage avec l’homme à tête de chou. De manière beaucoup plus affirmée : ce ne sont pas les billets qu’il brûle, mais les fans du premier rang. Y a pas à dire, il sait mettre le feu.
Je crois qu’après cette blague on peut légitimement stopper l’article, merci.
 
Par Myblack - Publié dans : Culture et Divertissement
Voir les 9 commentaires - Ecrire un commentaire
Vendredi 28 septembre 2007 5 28 /09 /Sep /2007 00:02

G--rard-crobard-petit.JPG Salut les pisseux, c’est moi, Gérard Crobard, le grand manitou du cinéma français. J’ai toujours considéré Jean Dujardin comme un gros con lourdingue qui fait prout sous la douche et Frédéric Beigbeder comme un puceau myope à pellicules prétentieuses ; mais je suis un professionnel et je vais néanmoins effectuer la critique de 99 francs sans partis pris déplacés, en me focalisant simplement sur l’affiche.


99-francs.JPG
 
 


Le film semble se dérouler dans un supermarché de la région parisienne, à en juger par la géométrie du carrelage rappelant la ligne B du RER. Le personnage principal, un caddie à une roue, effectue ses courses hebdomadaires au rayon des acteurs bankables. Nous le devinons féminin :

 - Elle est venue seule, fragile et indépendante

- Elle occupe le devant de la scène, égoïste et fanfaronne

 - Elle s’est arrêtée au stand Dujardin, célibataire et coquine
 

Sans doute a-t-elle craqué sur le jeans court et les lunettes d’étudiant en latin du produit. Ce côté mystérieux qui attire les femmes autour d’un capuccino sans sucre et qui finit, inlassablement, par conquérir leur mont de Vénus. Les hommes à lunettes, outre une intelligence évidente, marient le charme sensuel des latins, la rigueur métaphysique des nordiques et l’énorme kiki des ivoiriens, aussi énorme que le nom en caractères gras de Brice de Nice auréolant le chariot à roulettes.

Autour du caddie des centaines, que dis-je, des milliers de Jean Dujardin en conserve. La bobine tournée vers le spectateur, ils font de l’ombre à l’interprétation de la poussette métallique. Choix logique, après tout : délaissant son caddie majeur pour diviniser la marchandise Dujardin, le réalisateur Jan Kounen conforte ainsi l’angle du film : le diktat de la publicité et de ses produits surfaits. Se voulant critique du milieu publicitaire et de ses attrape-mouches, 99 francs est finalement tombé dans le vide qu’il voulait dénoncer. L’acteur est à la mode : les salles de cinéma sont entrecoupées par son visage. Le loulou est devenu chouchou ; la crotte de nez a pris de l’assurance au point d’éclipser la lune de Jean Reno ou de Clavier, les vedettes de l’avant-siècle. Nous n’irons pas voir 99 francs, mais Jean Dujardin.
 
Lorsque je fais les courses, j’achète toujours une boîte de petits pois, généralement à l’étuvée. Bonduelle les propose extra-fins dans un excellent rapport qualité/prix ; la marque se prévaut même d’une sélection préalable (selon des critères de tendreté, de souplesse, de gravité, de circularité) à laquelle aucun être humain ne peut décemment résister plus de trois minutes. Facile d’accès, elle a su rester naturelle sans abuser de scènes érotiques avec Elisa Tovati. Le prix est raisonnable et permet plusieurs repas sans se ruiner : les différents formats s’adaptent aux différents heures du jour (matin, midi, goûter, soir) pour former, au rayon conserve, un alléchant présentoir tapissé d’émeraude. Il m’apporte les vitamines B dont j’ai besoin chaque jour pour coller les affiches du Front National sur les volets musulmans des voisins.
 

Ceux de chez D’Aucy n’appartiennent pas au même monde. La boîte est plus grosse, s’impose sans demander la permission. On se sent attaqué, agressé dans notre chair. Les légumes sont arrogants, travaillent pour Technikart. On aurait aimé plus de chaleur, plus d’introspection autour de nos états d’âmes de consommateurs. C’est cette marque, que j’achète. Je n’ai pas le choix, mon Auchan ne propose qu’elle. Bonduelle a oublié d’y faire sa promotion. Alors je parcoure les dalles macabres en pensant à cette rondeur que je ne retrouve pas chez sa concurrente. « Oui, j’achète des petits pois, et j’espère y trouver l’amour ! », vocifère-je à tue-tête devant ces D’Aucy froides et glacées, bravant le mépris des passantes inconscientes qui choisissent ces légumes bankable. Le manège dure depuis des années, lentement mon corps s’est déshydraté à force de le combattre stérilement. Ils m’épient – de maïs -, rigolent de mon malheur en salivant leurs injonctions. « Cosse toujours, tu m’intéresses ! », j’hurle comme un loup, en rampant sur la devanture des robes. Mais je ne suis qu’un mouton qu’on empêche de brouter à sa guise, enfermé entre des réductions sur les yaourts et des murs aussi grands que leur indifférence. « Mais où es-tu, toi que j’aime, ma divine promise ? », je m’égosille, en lançant sur des retraités podagres ces D’Aucy qui ne font qu’un avec Dujardin. Chacun de leurs pleurs me fige davantage devant mon désarroi, et je leur supplie le silence. « Taisez-vous, taisez-vous, taisez-vous, petits pois insolents », j’impose, je gémis, plus fort encore que les vieillards en sang, en multipliant les coups des pieds, les côtes fêlées et les braguettes désagrégées, puis je vais prendre de la margarine, du pain et de la moutarde, car il est déjà 18 heures 50 et je meurs de faim, avec toutes ces émotions.

 

99 francs

De Jan Kounen
Avec un caddie, des petits pois d’Aucy et des cadavres de grabataires
Durée : la vie entière
 
Note : ananas-copie-2.jpg

 

Par Gérard Crobard - Publié dans : Culture et Divertissement
Voir les 36 commentaires - Ecrire un commentaire
Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 00:00

Notre spécialiste cinéma Gérard Crobard, en expédition dans le Cantal pour les besoins d’un tournage (l’anniversaire de son petit cousin Cédric), a trouvé dans un grenier familial un chef-d’œuvre du 7ème art : l’Arroseur arrosé.
 
Pas la version pitoyablement comique de Louis Lumière soi-disant tournée en 1895, non : celle de Jean-Louis Yaourt, réalisée en 1892.
La similitude des titres entrevoit le doute : y a-t-il eu usurpation de la part de Louis Lumière ? L’opus de Jean-Louis Yaourt, de trois ans son aîné, contient déjà les ingrédients qui ont fait le succès de l’homme au tuyau farceur : du rire, de l’émotion, un jeu d’acteur époustouflant. Rendons à Jean-Louis Yaourt ce qui appartenait à Louis Lumière : la paternité du premier court-métrage français de l’histoire du cinéma.
 
Né en 1864 au Havre dans une famille protestante spécialisée dans l’industrialisation de bouts de bois, Jean-Louis Yaourt travaille un temps dans l'entreprise de son père avant de partir pour Singapour à cause d’un pari malheureux. Trois ans plus tard il rentre en France en remontant le Rhône en pirogue : il s’installe alors à Paris, près du Théâtre Bob Hazam où jouent alors les plus grandes troupes. En 1887 il s’achète un poster représentant une femme assis sur un parpaing et l’affiche dans sa chambre de bonne : c’est l’acte fondateur de L’arroseur arrosé - bien qu’on ignore pourquoi (les dictionnaires sur le cinéma restent vagues sur le sujet, certains omettent même l’anecdote).
En 1888, à l’occasion de la fête du pain d’épice tranché, Jean-Louis Yaourt s’achète un cinématographe. Il ne parvient à faire fonctionner l’appareil qu’en 1892, après plusieurs tâtonnements – les notices, à l’époque, n’avaient pas encore été inventées. Il fonde alors sa propre société de production et projette, seul, dans son garage, des interminables scènes de murs immobiles qui n’intéressent personne. Au chômage et désireux d’épater une certaine Julie, qu’il convoite ardemment, il se met alors en tête de réaliser un film. L’appât du gain et de la notoriété le pousse finalement, en mars 1892, à tourner L’arroseur arrosé. Hélas Julie meurt une semaine plus tard et Jean-Louis Yaourt, déprimé, range alors sa création dans la cave de son appartement parisien.
Après de nombreuses autres désillusions sentimentales et quelques courts-métrages supplémentaires (« Mon copain Rex », « Pique-nique de juillet », « Ouvre la bouche et tais-toi »), il s’y suicide en 1894 en inhalant Daniel Balavoine. La première personne qui constate l’odeur nauséabonde du cadavre en putréfaction dans l’immeuble est un voisin lui aussi implantée dans le milieu du cinéma : Louis Lumière. On connaît la suite…
 
L’arroseur Arrosé, de Jean-Louis Yaourt :

 
 
 
 
P.S : Un grand merci à Crobard pour avoir trifouillé les bobines du film afin de rajouter l’adresse de mon Blog. Du bon boulot, Gégé.
Par Myblack - Publié dans : Culture et Divertissement
Voir les 20 commentaires - Ecrire un commentaire
Samedi 25 août 2007 6 25 /08 /Août /2007 00:01

 

po--te-maudit.jpg  Hello, this is Henri-Fabien Shewpps, tout droit sorti de prison pour avoir traduit illégalement en français le dernier Harry Potter. Aujourd’hui, et exclusivement pour le Blog de Myblack, je vais vous parler du dernier recueil d’Anna Galvaudé : Pérégrinations contemporaines éclectiques de l’absolu alimentaire.
 
 
4 nouvelles nous sont ainsi livrées à domicile, au prix modique de 15 euros le repas. Anna Galvaudé, dont les deux précédents opus (« Ensemble, c’est mieux que pas ensemble » et « La vie est un tambour ») nous avait, il faut bien le dire, sacrément gonflé, change de style.
Le ton est plus mordant, plus caustique, plus lyrique, bien que particulièrement mauvais.
Abandonnant ses sempiternelles nomenclatures du quotidien des gens dont on se fout, Anna Galvaudé implante son récit dans l’univers du réfrigérateur, lieu des intrigues de la cuisine. Hélas, son inexpérience de l’endroit se reflète à chaque ligne, tel un miroir de l’ignorance un peu trop éclatant.
 
Joe le steak haché nous narre l’existence paisible de Joe, steak haché de son état, amoureux d’une biscotte Heudebert. Au fil des soubresauts de l’épisode, on sent, clairement, qu’il meurt d’envie de la beurrer. L’histoire n’est en soi pas mauvaise : la psychologie de la tranche de viande est fidèlement retranscrite, au gré de ses humeurs ; ce Joe porte l’amour en lui, et Anna reste douée pour le retranscrire : « Sirène de mon souffle, callaïs de mes nuits, avalanche de beauté nivale,  m’entends-tu, ô biscotte adorée, jonchée sur cette assiette landaise ? »
Demeure une erreur, majeure et tragique : que vient donc foutre une biscotte dans un frigo, alors que son emplacement est plutôt dans un tiroir, un placard ? L’angoisse de la réponse qui s’évade, énigmatique, nous gâche le récit.
 
Etats d’âme du gras-double à la lyonnaise se veut dérangeant. Planté dans une atmosphère de banlieue contaminée par les excès de cholestérol, le cynisme du gras-double explose au visage de ses voisins, étrangers. Prétendue parabole du racisme, la fable est autant loupée que le cake au poire dont elle offre le second rôle : trop véhément pour paraître crédible, il tombe à plat.
 
Perpétuité du faux-semblant se défausse dès son titre. Un coq au riesling, instituteur dans le secondaire, se retrouve englué dans un mariage qui n’a que trop longtemps duré. Ayant trompé sa femme (une morue à l’aïoli) avec une soupe au lard aux croûtons véritables, il persiste dans son mensonge. « Et le voilà revenant de sa soupe, les baisers nettoyés, embrassant son épouse sur la joue, sans y croire. Le coq au riesling salue le carré d’agneau à la moutarde, qui n’ignore rien du manège. Et celui-ci tourne, tourne, tourne, sans que personne ne l’arrête, sans que le flan aux trois légumes, conservés dans son tupperware, ne se révolte et l’alerte, malgré ses cris résonnants jusqu’aux points cardinaux de l’appareil. » Comme si les cris du flan pouvaient s’entendre, barricadés dans leur tupperware… Comment une écrivaine ose-t-elle donc écrire des inepties pareilles, sans documentation ?
 
Enfin, Rendez-vous nocturne autour du croque au bleu achève le dîner. Indigeste et lourde, cette romance à l’eau de rose ne mérite pas qu’on s’y attarde. Son protagoniste, un diplomate aux abricots, passe ses nuits à attendre une promise qui ne vient jamais. Face aux lenteurs des phrases et des réflexions anesthésiantes sur l’incongruité des relations amoureuses, le lecteur subit sans jamais s’épanouir. Je vous laisse juger : « Je suis là, près du croque, au second étage de notre monde. J’entends la musique, le nain sur les épaules qui me galvanise. Le cœur monte, l’envie d’agir me bloque, me stresse, me panique. Plongée dans son téléphone portable, elle ne meremarque pas encore. Elle doit pressentir que quelqu’un l’observe. Les salades tièdes de gambas sentent ce genre de chose. » 
 
 
 
Pérégrinations contemporaines éclectiques de l’absolu alimentaire.
D’Anna Galvaudé 
Note : 5/20
Par Henri-Fabien Shewpps - Publié dans : Culture et Divertissement
Voir les 11 commentaires - Ecrire un commentaire
Jeudi 16 août 2007 4 16 /08 /Août /2007 00:08

Le cinéma nous réserve parfois de belles surprises, si l'on écarte les films de Samy Nacéri. Je profite de l'été pour découvrir avec vent de face les salles de cinéma, et j'avoue avoir été agréablement surpris par une petite pépite cinématographique : "J'aime", avec, dans les rôles principaux, Clara Morgane et Lord Kossity.

 

Clara Morgane y interprète une concessionnaire de chez Renault dévastée par la mort de son chien, un yorkshire nommée Desireless. Devenu schizophrène, elle s'identifie aux voitures qu'elle vend et décide de retrouver son cabot en parcourant l'hexagone ("je suis libre comme l'air, marche avant ou arrière"). Le film narre sa rencontre avec José, un vendeur de croque-monsieur ambulant (joué par Lord Ko).


Rapidement séduit par la carrosserie de la belle, il lui propose de participer à sa petite entreprise de restauration. Clara hésite. Ce n'est pas son monde. L'occasion du mois aime le goudron, la vitesse : a-t-elle sa place comme simple serveuse ?
José a repéré son don pour ce métier et, pour s'atticher son talent, lui donne tout ce qu'elle désire.
Le pouvoir du fromage râpé qu'on étale sur le pain.
La saveur du jambon qui croustille sous le palais.
L'argent. Beaucoup. "C'est pas une question d'money money", assure l'étalon. Clara Morgane Renault accepte le défi.

Le temps passe. Le fleuve, par delà les mers, sort de son lit en pyjama pendant que les écureuils bourgeonnent. Le vent éclaire les routes de l'avenir et fait resplendir le soleil du destin. La sensualité de la faune se joue de l'atmosphère, dans un méli-mélo clair-obscur, quand, soufflé par les braises du printemps, le réalisateur se perd en gros-plan pompeux et en péripéties charabiatesques.
Le spectateur que nous sommes se prend néanmoins au jeu. Les deux tourtereaux apprennent à se connaître, près du four où rissolent les bons petits plats. 
"Lord Ko et Clara Morgane au cro-mi cro-mi", encore et toujours, et le micro-onde scintille. 
L'intrigue rend le petit commerce florissant. José engage même plusieurs serveuses, ce qui ne plaît guère à Carla, reléguée à l'arrière-boutique. Se prenant d'affection pour une tranche de gouda, elle liquéfie peu à peu ses ambitions pour servir les desseins de son patron - et les clients, par la même occasion. 
Mais les clients ne sont pas dupes : ils ont remarqué cette fille de la ville, ce véhicule étranger. Le racisme provincial, le plus dur, le plus saignant. Clara est rayée, ses essuies-glaces font du va et vient dans l'intérieur cuir de son âme.
Les quolibets écument les semaines, infatigables comme un chasse-neige : "Hey, salut, tunning ?"
Clara, piquée au vif, craque. Elle
prend conscience que son rêve n'est pas de servir des apéritifs ("je ne suis pas celle que tu crois"). L'Espace lui manque - sa voiture favorite. Ses pneus sont crevés, sa jauge est à sec.
Le clash ne manque pas d'arriver et elle décide, dans un final émouvant, d'abandonner son mentor. Il pleure. Il la réclame, vainement. Le mentor palpite, le mentor se calle.
Son mentor a rendu l'âme. Panne des sens.
Breack définitif.
Les Bonnie and Clyde du snack se séparent sans même un dernier smack.
Et dans la moiteur de la nuit, José l'appelle au secours, prévient des dangers de la route qui guette son héroïne.
"Oh Clara warning warning."
"Oh Clara warning warning."
"Oh Clara warning warning."

Dernier appel de phare. Rideau.
 

Par Gérard Crobard - Publié dans : Culture et Divertissement
Voir les 17 commentaires - Ecrire un commentaire
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés