Curriculum vital

2030. Je travaille pour une boîte dont le produit est l’humain. Chaque jour, je supprime les produits périmés. C’est simple, il n’y a qu’à appuyer sur un bouton.

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Restes du frigo

Lundi 11 février 2008 1 11 /02 /Fév /2008 00:00

 

Englué dans l’indécision de votre destin, vous hésitez encore sur la teneur de votre prochain métier. Vos cours de faculté retardent l’heure du choix. Impuissant, vous errez sans solution, sans but ni objectif.
Ce test vous permettra d’éclairer la lanterne encore sombre de votre carrière professionnelle. Faites-le consciencieusement, puis reportez-vous à l’analyse des résultats.
 
 
1) Premier cours de TD. Le professeur demande aux étudiants d’expliquer, chacun leur tour, les raisons qui les ont poussées à s’inscrire dans cette filière. Votre tour arrive.
 
a) Vous fondez en larme.
b) Vous rigolez bruyamment puis sortez de la salle en claquant violement la porte.
c) Vous faites diversion en demandant au professeur s’il aime son métier ; il fond en larmes.
d) Vous répondez en toute franchise que vous n’en savez rien, mais qu’avec l’excellent travail de Valérie Pécresse tout pourrait rapidement s’arranger.
e) Timide et rougi par la honte, vous baragouinez péniblement deux ou trois arguments pleins de sincérités que personne ne comprend, hélas.
 
2) Afin de réaliser des exposés sur l’art byzantin, cinq groupes de quatre étudiants doivent être constitués.
 
a) Vous n’avez strictement rien à foutre de l’art byzantin et décidez de vous mettre avec Thomas, qui a des beaux yeux, en espérant qu’il apprécie l’art byzantin.
b) Vous subtilisez les lunettes du premier de la classe en proposant de les lui rendre seulement s’il vous intègre dans son groupe.
c) Vous allez dans la pièce d’à côté pour tracer un tableau sur Excel afin de savoir, statistiques en main, lequel des cinq groupes semble le plus propice à obtenir la moyenne.
d) Vous promettez à vos trois futurs partenaires de réaliser 90% du travail, pour qu’ils acceptent de rejoindre le groupe de un que vous venez de créer.
e) Vous invitez gentiment l’élément perturbateur du TD à rejoindre votre groupe, afin qu’il vous rende vos lunettes.
 
3) 8 heures 20. Les étudiants sont assis dans la classe et attendent Monsieur Taylor, le professeur d’anglais, en retard. La classe meugle et certains envisagent de partir.
 
a) Vous poursuivez malgré tout cette conversation enrichissante avec Thomas sur le nombre croissant d’amphibiens dans le sud de la Catalogne.
b) Vous vous êtes déjà enfui il y a de cela 15 minutes, en premier de cordée, par la fenêtre.
c) En regardant la pluie tomber dehors, vous commencez à disséquer sur les motifs du retard de monsieur Taylor, schéma au tableau à l’appui.
d) Vous tentez de convaincre vos camarades de l’attendre, en bloquant la sortie avec votre sac pesant 28 kilos.
e) Vous profitez de cette pause imprévue pour faire à l’avance l’exercice sur les verbes irréguliers.
 
4) Installé dans le métro, vous écoutez le dernier Christophe Maé sur votre iPod. Soudain, un SDF à la peau blanche pénètre dans le wagon et commence un laïus sur la nécessité de lui donner de l’argent.
 
a) Absorbée par la musique et le derrière de Thomas, posté juste devant vous, vous n’avez pas aperçu l’arrivée du SDF.
b) Vous insultez le SDF en le traitant de fainéant et de noir, par réflexe.
c) Vous l’interviewez sur son parcours professionnel en insistant bien pour qu’il vous livre quelques noms de personnes à jeter en pâture.
d) Vous levant du siège, vous démarrez une tirade ardente sur l’indécence d’une société trop individualiste pour s‘occuper des nécessiteux, en incriminant Nicolas Sarkozy, la plupart des occupants de l’endroit et votre mère, jointe au téléphone ; puis vous sortez du wagon en bousculant par mégarde le SDF.
e) Emu par sa complainte et au bord des larmes, vous lui filez votre argent de la semaine, votre iPod et votre voisin de banquette.
 
5) Au supermarché, alors que l’ambiance monochrome des fins de soirées grisâtres commence sérieusement à vous assommer, une mémé vous double à la caisse.
 
a) Vous gloussez maladroitement et prenez le magazine télé sur le présentoir, pour patienter.
b) Vous l’abattez d’une balle en pleine tête.
c) Vous commentez tout haut l’action de manière à ce que les 65 autres clients dévisagent la vieille femme, pour la rendre mal à l’aise.
d) Vous en profitez pour voler en toute discrétion les pommes de son cabas.
e) Vous vous excusez
 
6) Ce qui vous séduit, dans le travail :
 
a) C’est Thomas, surtout quand il est assis devant votre rangée d’amphi.
b) C’est lorsque qu’il s’arrête
c) C’est de relever les fautes de français et les approximations syntaxiques des enseignants.
d) C’est cette chance indicible de côtoyer tous ces étudiants qui ne réussiront pas dans la vie, eux.
e) C’est le plaisir de lever la main en cours pour donner la bonne réponse, ce qui arrive 72 fois par jour.
 
7) Seriez-vous prêt, le mois prochain, à déboursez 10 euros pour lire le Blog de Myblack en format papier ?
 
a) Bien sûr, si Thomas s’occupe de la future rubrique sur le Sexe.
b) Bien sûr, si j’arrive à le revendre 20 euros.
c) Bien sûr, si cela peut me permettre de me rendre compte de l’incroyable médiocrité de ce blog.
d) Bien sûr, si cela peut me rendre populaire.
e) Bien sûr, s’il s’agit d’une option pouvant rapporter des points en fin d’année.
 
8) Quels souvenirs conservez-vous de vos années lycées ?
 
a) Tous ces garçons avec lesquels vous n’avez pu couché.
b) Aucun, vous les avez tous oubliés dans l’alcool.
c) Cette note de 19 en sport contrebalançant idéalement vos 3 en français, vos 5 en math et vos 4 en biologie.
d) Aucun, vous êtes directement passé du collège à l’université.
e) Une énorme cicatrice ventrale fort peu esthétique causée par un camarade, pendant une récrée.
 
9) Lors de votre anniversaire, votre ami et son groupe de jazz mettent le garage sans dessus dessous. Les 35 invités sont déchaînés. Votre ami vous invite alors à rejoindre son quatuor l’espace de quelques secondes.
 
a) Vous refusez, pour ne pas laisser le soin à Julie de danser avec Thomas quand vous serez sur la scène.
b) Vous bousillez l’ambiance en chantant « Le petit bonhomme en mousse » deux heures durant.
c) Vous acceptez, tout en émettant préalablement quelques critiques sur la justesse des voix et la qualité des paroles.
d) Tout heureux de l’opportunité, vous assommez votre ami à l’aide d’un couvercle de poubelle et prenez possession de son groupe, en débaptisant son style musical.
e) Cette situation n’a jamais pu arriver : vous n’avez pas d’ami.
 
10) Laquelle de ces citations vous colle le plus à la peau ?
 
a) « Oh oui, c’est sûr, tu as tout à fait raison Thomas, tout à fait raison. »
b) « Merde, y avait cours c’matin. »
c) « Honnêtement, mon petit Jean-Mimi, ne croyez-vous pas qu’il aurait fallu autre chose qu’un arbitre tunisien pour arbitrer un match de cette importance ? »
d) « Je vous ai compris. »
e) « La bibliothèque fermera ses portes à partir de 18 heures, les lundi, mardi, jeudi et vendredi. »
____________________________________________________________________________________________ 
 
Analyse des Résultats :
 
Vous avez une majorité de réponse a)
Vous êtes probablement une fille. Futile et rêveuse, vous persistez dans une post-adolescence incompatible avec la réalité du monde professionnel. Il est encore trop tôt pour déterminer le métier vous correspondant le mieux. Par contre une chose est sûre : laissez tomber Thomas et concentrez-vous sur des hommes plus à votre portée, tel l’auteur de ce test.
 
Vous avez une majorité de réponse b)
Vous finirez chômeur ou en prison. Refusant tout effort et incapable de faire preuve de la moindre sociabilité, votre seule porte de sortie est pour le moment bouchée. D’un antisémitisme latent et capable du pire comme de l’effroyable, vous ferez mieux d’aller directement vous dénoncer au commissariat le plus proche, pour gagner du temps.
 
Vous avez une majorité de réponse c)
Vous êtes fait pour le journalisme sportif. Toujours soucieux de vilipender vos semblables, vos prises de positions éhontées n’ont pour unique but que de susciter une polémique aussi stérile que le jeu du PSG. Et, de toute manière, vous n’êtes doué pour rien d’autres.
 
Vous avez une majorité de réponse d)
Visez l’univers de la politique. Opportuniste mais attentif aux autres, vous démontrez un sens certain de la manipulation (vos parents pourraient en témoigner). Les tâches d’arrogances négligemment logées sur vos tee-shirts s’ajoutent à l’éclat de votre CV, que quelques pots-de-vin discrets à destination de l’association Tempo pourraient illuminer encore davantage.
 
Vous avez une majorité de réponse e)
Replié sur vous-même et incapable de communiquer vers le monde extérieur, les métiers de comptable et de bibliothécaire vous attendent, sagement. Bosseur et appliqué, les autres vous considèrent comme quelqu’un de « gentil », du moins lorsqu’ils prennent la peine de vous considérer. Bonne chance à votre carrière et fermez la porte en sortant.
 
Vous avez une majorité de réponse f) 
Recommencez le test, il y a visiblement eu une erreur.
Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /Fév /2008 00:07
 
 
Je porte des chaussettes, comme beaucoup d’entre vous. Au pied, comme beaucoup d’entre vous - enfin ceux qui possèdent des pieds, en tout cas. Mes chaussettes sont noires, et je m’en porte plutôt bien.
 
Mes chaussettes sont noires parce que… parce que… parce que je suis un mec, et que ça évite de les laver plus d’une fois par mois. J’ai des tendances au racisme, comme beaucoup d’entre vous – enfin ceux qui possèdent des noirs près de leur appart, en tout cas. Si mes chaussettes étaient blanches, mes panards sentiraient l’apartheid. Et l’appart se sentirait mal. En salissant du noir sans vraiment m’en rendre compte, je fais ça en silence : c’est mon côté européen qui parle.
 
Mes caleçons n’ont pas vraiment un côté européen. Ils ont un côté qui gratte, par contre. Qui dérange. Un côté américain, quoi. Noir. Comme beaucoup d’Américains – du moins ceux qui jouent au basket. Mes caleçons sont noirs, parce que… parce que… parce que je ne vais pas l’expliquer, tout le monde a compris – du moins ceux qui possèdent un anus.
 
Mes caleçons sont noirs et, forcément, ils sont un peu tristes, d’être noirs. Comme tous les noirs. Qui, comme la plupart de mes caleçons, sont dans la merde.
 
Bon, j’exagère un peu : j’ai également des slips. Qui sont asiatiques. Je crois que j’en ai déjà trop dit.
 
Bon, je noircis volontairement la situation de mes caleçons (c’est bien une métaphore) : certains sont propres. Propre à la consommation, vu que j’en utilise une dizaine par semaine. Certains apprécient le noir : ce sont des caleçons d’extrême gauche. L’avantage du noir, c’est qu’il va avec tout. Même avec l’extrême gauche, c’est pour vous dire la prouesse.
 
A vrai dire, je ne me promène jamais sans mon noir, à proximité de dague. Le noir se porte bien. Il sait rester discret. Il parle peu et, lorsqu’il s’y essaye, le fait mal, baragouine avec un accent encore plus ridicule que le circonflexe. Ca me donne une excuse pour ne pas le comprendre.

Le noir est pratique, le soir, par exemple, pour se camoufler. Non pas à cause de sa peau qui se confondrait avec l’absence de jour, non. Au contraire, même : assez souvent, après le crépuscule, quand je me fais attaquer dans la rue par des jeunes, c’est le noir qui prend. Il me sert de bouclier, en somme. En plus pratique, vu qu’il se déplace tout seul. Du moins avant qu’il ne se fasse casser la gueule.

Y a certains coins de Paris où j'évite de me promener en noir. Si je veux rentrer dans une boîte de nuit, par exemple. Ou quand je veux être crédible pour interviewer un ministre. Ou quand je veux être crédible tout court, même.
Je rencontre fréquemment des noirs oubliés sur des bancs, comme des vieux impers. Ils sont là, un peu... 
comment dire... 
Noirs... 
Non : pauvres, plutôt. Enfin c'est des synonymes, mais....
comment dire... 
Ils manquent de classe, voilà. Leur goût vestimentaire est assez douteux : ils pourraient au moins mettre une cravate, pour faire la manche. On est à Paris, merde ! Après on s'étonne qu'ils ne trouvent pas de travail !
Mes amis noirs – bien évidemment ceci est une invention, je n’ai pas d’amis noirs, soyons sérieux – portent du noir. Avant ils portaient des pierres mais ils trouvaient ça salissant, la roche. Ca ressemble à des pellicules, en plus fatiguant.
 
J’ai des amis qui sont arabes, également. Ils sont davantage arabes que mes amis. Je veux dire qu’on remarque plus leur couleur de peau que mon amitié. Je les invite parfois en soirées, lorsque je fais une tâche sur ma chemise. Mes arabes me servent de paravent, ils dissimulent la tâche. Bon du coup les invités ne viennent pas me parler, mais on ne peut pas avoir le beur et l’argent du beur. En même temps avec l’argent qu’il a, le beur…
 
Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /Fév /2008 00:00
 
Le Blog de Myblack a épousé jeudi au Bar-PMU « Le Domino » son confrère Le Teckel enragé, mettant ainsi fin aux rumeurs insinuantes de départ de Gérard Crobard au sein de la rédaction du site au paillasson.
 
« Le Blog de Myblack et Le Teckel Enragé annoncent qu'ils se sont pacsés ce matin en présence de leurs journalistes dans la plus stricte intimité », a indiqué Robert Fourmier, habitué des lieux, dans un communiqué d'une phrase.  
 
Depuis la fin janvier, la presse faisait état d’une scission entre Myblack et Gérard Crobard, son chroniqueur cinéma. Le barbu aux lunettes décaféinées n’appréciait plus le ton mollasson de son supérieur hiérarchique, jugé « incapable d’assumer son racisme et son goût pour la Tarte Tatin, les deux étant intimement liés ».
 
Venu chercher réconfort auprès de l’épaule cramoisie du Teckel Enragé, Gérard Crobard y a finalement trouvé du soutien, une relation homosexuelle et un abri pour la nuit. Brandissant la menace de fuir l’appartement conjugal, il a contraint Myblack à accepter ce PACS diplomatique. « Je suis bien conscient que Gérard Crobard plaît au public. Même si nous sommes fâchés, lui et moi, cet accord à l’amiable me permet de sauver la face. »
 
Plus amoureux que jamais, Gérard Crobard s’est engagé à déverser dans Le Teckel Enragé son fluide magique et sa plume pharaonique. Toujours devant monsieur le maire, il a annoncé son départ prochain pour l’Obravie, de manière à couvrir professionnellement le prochain festival du très court-métrage.
 
Ce PACS entre Le Blog de Myblack et le Teckel Enragé condamne Myblack à poursuivre son site au minimum jusqu’en juin, les procédures de divorces prévues pour la loi étant, pour le moment, juridiquement floues.
 
Le célèbre blogueur de 23 ans a, comme des milliers et des milliers d'autres témoins de mariage, échangé les alliances et conclu la cérémonie par la « traditionnelle main au cul » avec le pacsé, 57 ans, tout de blanc vêtu. Une « partie de scrabble » a suivi, a raconté à Michel Sardou Pierre Palmade, dont la veste débordait alors de petits fours au nougat subtilisés à la barbe de Jeanne Moreau – où l’actrice y avait effectivement rangé 35 de ces délicieux desserts. 
mariage-crobard.jpg  Gérard Crobard, dans sa robe de pacsé (pour des raisons évidentes de droit à l’image, le visage du chroniqueur a été décapité au montage)
 
 
Le pacsage a eu lieu à 10H00, en présence des journalistes des dits blogs, de scientifiques albanais et des invités. Le marié était en blanc et l’autre marié recouvert d’intestins séchés de porc comme il se doit dans n'importe quel mariage civil. « Il était ravissante, enfin surtout l’autre », a précisé le père de celui-ci, décédé en mars 1995 lors d’une randonnée dans la Drôme avec Sylvie Joly et Jean-Paul Sartre.
 
Seule différence - mais de taille - avec des Blogueurs ordinaires : les bancs du mariage n’ont pas été publiés.



Par Jean-Henri Cervelat - Publié dans : Restes du frigo
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Lundi 4 février 2008 1 04 /02 /Fév /2008 05:57
Il est tout à fait possible qu’un jour ma mère appose sur ce blog un commentaire du genre « Maxime, t’as pensé à repasser tes T-shirts ? »
 
Depuis que mes parents m’ont annoncé pour Noël qu’ils lisaient leur fils, leur fils s’inquiète.
 
Où es-tu passée, toi, l’époque bénie où je pouvais écrire en toute impunité mes penchants misanthropiques d’ingrat à la face de ces gens dont je feins sans fin l’opinion ?
 
Depuis plusieurs mois, les relents miséricordieux de mon existence funèbre semblent s’être fait la malle, les valises et le baluchon. Envolés en catimini, ou n’importe où ailleurs. Disparus sans donner d’adresse. Quelle adresse.
 
Les confidences de ma vie se sont aujourd’hui rétrécies au lavage. L’éthique me gratte. Ma haine est devenue si douce que même Stéphane Bern peut la foudroyer du regard. Pourquoi ?
 
A cause du regard lointain de mes parents, qui retiendraient ma bile ?
 
Ou par la grâce de l’explosivité joyeuse de mon existence, si admirable qu’elle en rendrait mon ancienne bile maboule ?
 
La diète du Tiers-monde ne m’indiffère plus autant qu’avant, même si j’apprécie toujours autant le régime de Vichy.
 
Ma perception acrimonieuse des juifs s’est assagie depuis cette visite de synagogue où le rabbin m’a fait -30% sur les kippas.
 
Et j’ai changé d’avis sur les Chinois : ils font de l’excellent riz cantonnais.
 
Georges-Alain Moustiquaire s’est depuis longtemps écrasé. L’avatar Raymond Bounaffou s’est mué aviateur. Je parle de moins en moins de moi à la troisième personne, lorsque j’achète des croissants. Avant j'étais schizophrène, mais nous allons beaucoup mieux désormais.
 
Myblack est-il différent de Maxime ? Non, mais y a juste des articles dans la vie de Maxime où il est plus inspiré que d’autres. Comme sur son blog, en quelque sorte.
De là-haut, papa doit être fier de moi.
 
Je dis de là-haut car le petit-fils des voisins a catapulté son ballon sur le toit de la maison, et mon père, trop serviable, est monté le récupérer. Rassurez-vous, mon père n’est pas encore mort. Enfin en même temps, vous vous en foutez, il n’écrit pas sur ce blog.
 
En attendant les pages 33 de So Foot, mon père affiche dans sa bibliothèque les articles de Jean-Michel Lapoisse, qui ont, il faut bien l’avouer, une tout autre gueule que les auteurs de la Pléiade. Ainsi, c’est un peu comme si j’étais encore à la maison, en Auvergne, par l’intermédiaire de mes jeux de mots.
 
  
Car entre nous, vous avez réellement cru que j’allais fermer l’unique moyen de communication entre mon père et moi ? Arrêter mes conneries pile quand elles commencent à payer, à me payer ? Les revenus publicitaires viennent à peine de décoller ; je serais stupide d’en précipiter l’atterrissage.
 
Vous savez le prix que cela coûte, une petite amie ?
 
Lire mon blog, ça évite à papa de m’appeler au téléphone. Il me l’a dit, d’ailleurs, « qu’on prend de tes nouvelles en lisant ton blog. »
Il aurait pu tomber plus mal.
Je sais pas, moi.
Prendre de mes nouvelles en lisant la rubrique nécrologique du Parisien.
 
Même si mes écrits se sont adoucis, les repas de famille restent probablement tendus. La crispation de papa ne s’est sans doute pas encore totalement dissipée. Je l’imagine, bataillant avec son pâté de campagne, marmonner « il abuse, quand même, de se foutre de la gueule des myopathes. Ils ne lui ont rien fait, les myopathes. » Et ma mère de lui répondre : « Ah, si seulement son frère avait été myopathe. Maxime aurait eu de la compassion pour les malades. »
Et mon frère d’ajouter : « Je peux reprendre du pâté ? »
Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Samedi 2 février 2008 6 02 /02 /Fév /2008 00:00
Le chiffre à quatre bulles pétille en commentaires. Myblack l’a soufflé en ingurgitant un peu de savon ; le Petit Marseillais écoute Lemarchal si fortement qu’il pète les statistiques en tâchant le paillasson.
10 000, soit treize fois le nombre d’albums vendus par Cyril Cinélu.
Après 10 mois de course, Tournée annulée pour Grégory Lemarchal s’est enfin rattrapé d’avoir emmené ici-bas tant de déchets humanitaires ; la barre symbiotique entremêlant la naïveté adolescente et l’humour a été franchie vendredi soir dans l’allégresse totale.
 
10-000-myblack.jpg  Un lecteur pétri de bonheur à l’annonce du cap
 
 
Sonnez hautbois, résonnez au bal musette, là où la bonne musique se dodeline de ses vieux restes avec l’élégance caractéristique des ancêtres à un pied.
De provocations en justifications, de caresses en fouets, d’insultes faciles à élocutions faciales, l’accouchement tant attendu a maintes fois failli avorter. Remercions les nombreux maïeuticiens d’avoir su prolonger le dialogue en laissant la connerie s’exprimer dans le Blog opératoire de Myblack.
 
Les nouveaux-nés de l’an 2008 sont au moins aussi stupides que leurs aînés, mais ce sont finalement eux que retiendra l’histoire. La joie qu’ils ont apportée au lectorat impatient de célébrer les 10 000 se répand jusque dans les dicos ; gravée dans la roche, et capturée par l’image.
 
Paillasson.JPG    Ainsi, pour célébrer dignement l’apothéose, Le Blog de Myblack organise demain une Journée paillasson ouvert, pour permettre à ses lecteurs de découvrir l’envers de son décor.
 
De 6 heures à 22 heures pour les filles, et de 11 heures 30 à midi pour les garçons, la porte de l’appartement de Myblack sera accessible à n’importe quel fan dégénéré désireux de scruter à la loupe les intimités de son créateur tout-puissant – bien que, selon ce même créateur tout-puissant, « il n’y a nullement besoin d’une loupe pour scruter mes intimités ».
 
Cette Journée paillasson ouvert constitue une dernière chance unique de partir à la rencontre des chroniqueurs du Blog de Myblack, qui seront tous, de gré ou de force, enrôlés dans les stands. Le cinéaste Gérard Crobard près du micro-ondes (une barquette de lasagnes à réchauffer y sera à l’affiche), Jean-Michel Lapoisse dans le placard à balai (malencontreusement enfermé par une fille qu’il courtisait) ou encore Guy Dumin, le présentateur vedette, reconverti guide de musée.
 
« J’espère bien inciter certaines lectrices à improviser elles-mêmes une journée paillasson ouvert dont je serais l’unique et vibrant visiteur », prévient déjà Gérard Crobard, en triturant sa braguette.
 
Entre les ateliers d’initiations aux blagues antisémites et les techniques d’apprentissages accélérées de rédaction d’articles à l’arrache, quelques photographies disséminées de-ci de-là retracent avec aisance 17 mois de Blog. Un ersatz de musée en l’image de Myblack, entre le kéké branleur et le Musée du larve.
 
telephone-myblack.jpg  « Et vous pouvez apercevoir, sur ce tableau, la reconstitution historique de l’appel de Myblack à Guy Birenbaum, le 14 décembre 2007. »
 
 
Promenade culturelle repue d’éloges dithyrambiques à caractère commémoratifs, la Journée paillasson ouvert du Blog de Myblack balise son parcours de souvenirs à empoigne et poignants : l’endive à voyager dans le temps, le procès du professeur Whitman et, cerise sur la gâteau, la partouze du 200ème article.
 
 
 
tourn--e-annul--e-mus--e.jpg  « 10 000 commentaires plus tard, on reste encore subjugué par le stradivarius de la collection et la connerie galactique de l’espèce humaine »
 
 
 
 Prière d'essuyer vos panards en partant et de laisser ce Blog en favori. On ne sait jamais.
 
Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Lundi 28 janvier 2008 1 28 /01 /Jan /2008 10:02
L’assemblée générale extraordinaire des 8 chroniqueurs et 0 salariés du Blog de Myblack réunie le 28 janvier 2008 dans un sachet de Frolic bœuf carotte, sous la présidence du ventre gargouillant et autoritaire de Myblack, a :
 
- décidé de repousser l’arrêt du Blog de Myblack, initialement prévu le 14 février 2008, au 1er juin de la même année, en raison du retour en force des commentaires de l’article Tournée annulée pour Grégory Lemarchal où fleurissent de nouveau, comme au bon vieux temps, les pseudos célébrant le IIIème Reich.
 
- choisi de prononcer la fermeture du Blog de Myblack lorsque les commentaires de l’article Tournée annulée pour Grégory Lemarchal auront atteint la barre symbolique des 10 000 exemplaires, pour partir en beauté, la tête haute et un diplôme sous le bras.
 
- pris acte du communiqué de la vie sentimentale de Myblack, de retour après 23 ans d’errance, soulignant l’incompatibilité d’emploi du temps entre la mise à jour de son blog et la mise à jour de sa petite amie.
 
- décrété la fin de la boulimie de postage de Myblack en l’obligeant à ne Maurice pas pondre plus de 18 articles par mois, à l’instar de ce que font les blogueurs plus fainéants tels que Raph de Bon pour Ton poil – et ses 2000 visiteurs suisses par jour.
 
- pris en compte la faillite du groupe facebook Lecteurs du Blog de Myblack, où même Lulla Paf ne s’est pas inscrite.
 
- envisagé un moment de conclure un accord commercial avec Otto Le chauffeur de Buzz pour gagner encore davantage d’argents sales, avant de se rétracter sous l’effet des grognements d’un lectorat tout aussi sale.
 
- refusé tout projet de relecture et de correction des fautes d’orthographe dans les articles du Blog de Myblack, notamment en raison d’une scolarité déficiente et d’un apprentissage du français sur le tas, seul, en fac d’histoire, grâce au dictionnaire et aux éditos balzaciens de Christophe Barbier dans l’Express.
 
- profité d’un problème de vessie de Myblack pour déshabiller Corinne Coman, miss France 2003.
 
- procédé à une augmentation de capital d’un montant de deux euros prime d’émission comprise, par l’émission d’actions ordinaires nouvelles à souscrire et à libérer intégralement par compensation superfétatoire avec des créances liquides trois boules pistache-cassis-meringue et exigibles tous les jeudi soir à partir de 20 heures au Caveau de la république.
 
- offert à Nandou Guanaco la possibilité de choisir le thème d’un prochain article du Blog de Myblack, du moment que Myblack puisse y placer le mot atrabilaire. 
 
 
Toutes les résolutions soumises au vote des chroniqueurs et salariés du Blog de Myblack ont été approuvées à l’exception de la troisième résolution visant à autoriser Gérard Crobard à rédiger un article apologétique sur le viol (mais ce n’est assurément que partie remise).
Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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Samedi 26 janvier 2008 6 26 /01 /Jan /2008 00:00

En journalisme, un bon titre de Une se doit d’être accrocheur et informatif. Parfois, il s’adonne à l’humour, ce qui lui fait généralement perdre sa touche informative.
Le Journal Aujourd’hui en France, édition nationale du Parisien, se prête assez peu à la gaudriole, dans ces titres de Une.

Eunuque.jpg
 
 
Le numéro de vendredi nous aguichait le kiosque par des danseurs du ventre explosifs, de Jérôme Kerviel à Hier à Melbourne (à moins qu’il ne s’agisse de Jo-Wilfriend Tsonga, j’y connais rien en tennis). De quoi pousser les ménageurs (*) à se ruer sur l’encre.
 
 
(*) ménageur : masculin de ménagère ; un ménageur, une ménagère, des ménageurs - surtout s’ils sont Bretons.
 
 
A mon sens, ce journal est un bon journal. Un journal intelligent, juxtaposant avec – Ralph - finesse l’analyse didactique et le populisme du micro-trottoir (c’est vrai, après tout : pourquoi s’emmerder à écrire des conneries quand des gens interviewés dans la rue peuvent les dire à notre place ?)
« Le millionnaire touchait le RMI » m’a immédiatement interpellé. Intriguant, plutôt original, il donne envie d’en savoir plus. La curiosité sursaute. L’oxymore me séduit. Les titres construits à base d’oxymore sont assez fréquents, dans la presse. Je me souviens notamment d’un « Le coiffeur était chauve » dans Ouest-France, d’un « Le missionnaire pratiquait la sodomie » dans La Croix et même d’un « Le conducteur de tramway regardait Auto-moto en cachette », dans Tramway Hebdo. L’oxymore me fait bander. L’oxymore mais ne se rend pas. Je l’aime, ce gros con, avec son caractère de merde.
 
Pas autant que le palindrome, toutefois. Un palindrome est une phrase ou un mot qui peut être pris dans les deux sens, comme Bob, Laval ou Karine alla en Irak.
Bizarrement, s’il peut également être pris dans les deux sens, Homosexuel n’est pas un palindrome. Sauf s’il s’appelle Bob et qu’il habite Laval. Et qu’il ne couche pas avec Karine, bien évidemment – en même temps elle est en Irak, alors bon, ça risque d’être difficile.
 
On voit assez peu de palindrome en Une de journaux. Il est vrai que placer « Zeus a été à Suez » a perdu de sa facilité, depuis le décès de Mitterrand. Dans l’histoire de la presse, les trois devantures les plus sensationnelles sont, par ordre d’apparition à l’écran :
- Sacha Distel et le Général de Gaulle ne font qu’un (L’Aurore du 8 mars 1965)
- Karol Wojtyla est une femme (France Soir du 22 juin 1994)
- Myblack a trouvé une petite amie (VSD du 25 janvier 2008)
 
On voit aisément l’écueil de ces gros plans : la crédibilité.
Par chance, les journalistes ne sont plus crédibles depuis longtemps. Mais il y a des limites au foutage de gueule. A trop vouloir le scoop, on n’obtient que le scalp. Bien sûr, en visant maladroitement, on peut parfois tomber juste. Mais le journaliste n’a pas vocation à jeter des pierres dans l’eau en espérant l’éventuel ricochet de la vérité ; il doit vérifier ses sources, croiser ses informations, ne pas s’engager sans certitudes.
Par chance, je ne suis pas encore journaliste.
 
 
Je prévois donc, pour 2008, les Unes suivantes :
 
- Cécilia Sarkozy fait une fausse couche
- Jérôme Kerviel se donne la mort
- Françoise de Panafieu perd les municipales à Paris
- La France remporte l’Euro 2008
- Magalie Vaé devient caissière de supermarché
- Marion Cotillard remporte le César de la meilleure actrice
- Myblack arrête Le Blog de Myblack
Par Myblack - Publié dans : Restes du frigo
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