Des enfants de rescapés de la Shoah ont intenté lundi 16
juillet un procès collectif contre l’Allemagne. Ces « rescapés de la 2ème génération » souffrent, à l’instar de leurs parents, de crises
irrationnelles et de lourdes dépressions. Ils demandent le remboursement de leurs frais psychiatriques, environ 10 millions de dollars par an, durant trois ans.
Le recours aux tribunaux est à la mode : rappelons que la chanson française vient également de porter plainte contre Lionel Florence pour génocide.
Je comprends tout à fait ces jeunes.
Nettoyer les plaies du passé avec des sparadraps ambrés recouverts d’or fin, si possible pas des Hansaplast, pour repartir de l’avant, en Amérique, comme les ancêtres chanceux des
années 30. Une béquille à 500 000 balles, sans le bruit des mitraillettes des SS.
10% du prix d'un char d'assaut israélien, environ.
Bon nombre de Juifs se sont fait enterrer avec leur argent, fidèle à leur réputation. Les déterrer pour en obtenir une dividende, finalement, quoi de plus naturel ? Faisons
preuve d’empathie. Ayons un geste, une accolade. N’oublions pas les victimes.
Je pense à eux chaque matin, lorsque je regarde mon savon. J’écoute les infos avec concentration et je me brosse, j’écoute les combats à Jérusalem et je me nettoie, je
m’en lave les mains. Je les ponce, pilate.
Avec du Vivelle Dop j’étale mon bonheur d’européen sur mes racines, fier d’elles, et mes cheveux moussent sans se soucier du sang, des caillots. Ensuite je déjeune en trempant mes
tartines dans mon Banania, et là elles ramollissent, s’écroulent au fond du bol, exécutées. Je me demande si je ne vais pas attaquer Banania, tiens.
Israël fait du cheval entre l’Europe et l’Asie, les jambes étirées en pleine Méditerranée : pas étonnant que les Juifs vivent avec cette continuelle impression de
toujours l’avoir dans le cul.
J’ignore s’ils gagneront, mais je les comprends.
A vrai dire, moi aussi j’envisage d’attaquer l’Allemagne. Pas en tanks, mais pour publicité mensongère. On nous avait promis l’extermination massive. J’estime avoir été déçu par la
marchandise pourtant livrée, à l’époque, par toutes les garanties du Führer. D’abord emballé, puis trompé sur l’emballage.
Aucun service après-vente : le bunker sonne dans le vide et je ne parle pas suffisamment bien l'espagnol pour appeler l'Amérique du Sud. La société a délocalisé, elle s'est implantée en
Iran. Mouais.
Les effets d'annonces, les rayements de la carte ne sont que marketing, à Bagdad. Le concret se fait attendre.
La prochaine fois, je commanderai mon génocide sur e-bay.
A cause de cet échec, les Judéens sont partout. Même en France.
Quand je rends visite à la banlieue parisienne, j’ai comme un arrière-goût de Pologne.
Une senteur de mépris sur les murs. Une miette de ghetto. Un RER qui respire Dachau. La nation qui laisse de côté sa race inférieure, en pissant sur les cages d’immeubles vétustes
sa politique timide. Du pétard mouillé. De l’eau dans le gaz.
Par chance je ne paye pas la note, j’habite dans le 12ème.
Mon procès risque d’être délicat.
Oh, oui, bien sûr, j’aurais quelques témoins, des partisans de la guerre, quelques pièces à conviction. Des pièces de résistance.
TF1 pour l’Harryanisation Rosselmack de sa chaîne, parti unique de la ménagère commandée par le fasciste de la connerie, avec Pernaud en fils spirituel de Goebbels, le bon à rien
de service.
Nicolas Hulocauste, dont le courage de sauver l’écologie des griffes du laissé-pour-compte s’est laissé emporter par un pacte de Munich-bis, au centre des présidentielles.
Le retour de l’affaire Dreyfus, le richissime président de l’OM, qui dilapide son portefeuille au lieu de le conserver dans ses banques.
Mais tout cela risque d’être rendu caduc par le bien-pensant populaire. Le jury me traitera probablement d’antisémite. Il aura tord : je n’ai rien contre les juifs, je
veux simplement me faire de l’argent sur leur dos. Ils devraient comprendre ça, non ?
L’antisémitisme érige un mur entre la communauté juive et le monde ; un mur entre le respect et les hommes. Un mur, moins rocailleux que celui séparant la Cisjordanie
d’Israël, mais un mur. Une sorte de clôture.
Les Palestiniens ont de la chance : ils ne sont pas abattus s'ils restent à l'intérieur.
Et lorsqu'ils se foutent à poil, c'est uniquement pour se reproduire.
Mes arguments sont rodés, aiguisés comme un sabre. Prêt pour la bataille juridique.
Et si la séance tourne au vinaigre, j’apporterai, en dernier joker, mes témoins de Jéhovah. D’autres enfants, hébreux, qui souffrent. Eux aussi. Crises irrationnelles. Lourdes
dépressions. Des escarpés de l’actuelle génération, qui voient péter les bombes et assistent, impuissants, aux déchirements de leur Etat, à l’incurie de leurs dirigeants.
Ils viendront en tutu et danserons le fox-trot. On n'est pas à un ridicule près.
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