On attendait un Sarko Show grandiloquent, avec paillettes argumentatives et convictions chorégraphiques, et nous n'avons pas été déçu : Nicolas Sarkozy a tenu la barre, deux heures durant, sur TF1. Naviguant en solitaire, il a profité de « J'ai une question à vous poser », nouvelle émission politique mettant face à face un candidat et 100 français soigneusement choisis par les Renseignements Généraux, pour faire valoir ses droits et son programme.
Nicolas Sarkozy, debout au parloir, costume sombre et cravate sans mickeys, a probablement gagné des points, hier soir. Le concept même de l'émission le favorisait : cet excellent orateur, maître de ses mots, ne pouvait qu'apprécier l'idée de présenter, points après points, questions après questions, les grands traits de son ambition présidentielle, sans réel opposant pour lui barrer la route. Oh, il y a bien eu cet étudiant tremblant aux cheveux défroqués, le taquinant sur son scooter, ou bien cet homme l'invectivant sur sa supposée homophobie, mais dans l'ensemble Sarkozy n'a guère été gêné.
« Après l'interdiction de fumer dans les lieux publics, y aura-t-il d'autres lois antilibertaires, monsieur Sarkozy ? » lui demande un homme. On ne sera jamais la réponse, le ministre de l'intérieur l'éludant par une anecdote rurale sur les dangers de la cigarette, insistant sur le tabagisme passif ou sur les affres du cancer. Certes, certes... On a ainsi pu constater à plusieurs reprises que Nicolas Sarkozy, quand il ne souhaite pas entrer dans les arcanes d'une réponse, détourne l'attention en maniant l'anecdote, généralement sur la vie quotidienne des français. Parlons français, ce sont ce qu'ils sont. Il s'est par exemple lancé sur une dissertation sur l'amour et le désir (l'amour c'est pour la vie, mon bon monsieur, alors que le désir...), sur le souvenir d'une phrase prononcée par un gamin three years ago ou encore sur l'évocation zolacienne de la journée d'une femme qui enchaîne travail, heure de métro, enfant et courses. Au passage, parmi les - trop ? - nombreuses questions posées, aucune ne lorgnaient du côté des relations internationales : la joute restait franco-française.
Une jeune femme d'origine algérienne, 29 ans, l'interpelle, choquée par un des propos du ministre concernant « les moutons égorgés dans les appartements », il est vrai particulièrement déplacé. Hakim, 25 ans, a du mal à se sentir français : l'attitude des policiers est insultante, humiliante. Sarkozy se montre bienveillant : il promet « des sanctions ». Pour l'exemple ? Mais concernant le problème de la discrimination en général, que compte-t-il faire ? Mystère.
Qu'on aime ou pas Sarkozy, il faut reconnaître qu'il a le don de bien connaître la majorité des dossiers, de parler de la pluie ou du beau temps avec autant d'aisance qu'un coiffeur, de sauter du coq à l'âne sans glisser sur la barrière. On aurait bien aimé que PPDA le relance plus souvent, soit plus incisif : hélas, le moulin à poivre semblait rouillé. Du mal à s'affirmer, à exister. Plusieurs fois au cours du spectacle, il veut couper le candidat UMP, mais celui-ci ne l'entend pas de cette oreille et continue ses évangiles. Ce système de question/réponse est pernicieux : il permet au candidat de s'exprimer, mais sans adversité, ou bien une adversité que contrôle Sarkozy. Ses détracteurs ont la fâcheuse tendance d'hausser le ton, de paraître agressif, ce qui fait son jeu. Pour que chacun puisse interroger le ministre, impossible de créer un échange sur la durée : à trop vouloir parler de tout, on finit par parler de rien, par parler de ce que souhaite l'invité. Etait-ce le but ?
Les cahiers de doléances se poursuivent : un autre homme n'a pas vu son fils depuis 2 ans ; il se lance et demande au ministre d'intervenir. « Je ne peux pas, c'est à la justice de décider ». Déception. Une viticultrice l'appelle. Jeu de séduction, stoppée par l'intervention d'un cow-boy, viticulteur lui aussi, mais beaucoup moins sexy. Un panéliste l'invite à prendre un verre après l'émission : Sarkonenbourg accepte, bon gré mal gré. Un calque de Vincent Delerm compare la France à une monarchie : « deux mandats, c'est trop », répond Nicolas. Peu après, un chauve, probablement ancien bassiste d'Iron Maiden, qui bafouille dans sa propre mélasse orale, suivi d'une blondinette de 20 ans, célibataire, dont la question m'a de ce fait échappé : pas grave, Sarkozy déroule, il fait le débat. Il est le débat.
La semaine prochaine, ils seront quatre : Le Pen, De Villiers, Besancenot et Buffet. Rien d'autre à rajouter.
Ils étaient plus de 72, hier, à la salle des sports Jermaine Jackson de Châteauroux. Simples sympathisants, membres actifs, SDF venus chercher un peu de chaleur, journalistes s'étant trompés d'endroit : Raymond Bounaffou était attendu au tournant, et il n'a pas déçu.
"Ensemble, nous vaincrons peut être ! Je suis fin prêt à représenter tout ceux qui on en assez d'affronter sans relâche les plaies du quotidien, ces tartines beurrées qui tombent du mauvais côté, ces gens qui traversent au feu orange, ces digicodes cabalistiques que l'on fracassent à coup de chaussures pour rentrer ! Combattons l'incombattable ! Votez pour moi, même sans savoir pourquoi, mais votez ! Je suis l'homme qui séduira les français en cette année d'érection !", à-t-il clamé, en commettant un regrettable lapsus.
Les sextuplés de cette année sont fin prêt à relever le challenge frangipané : un plombier, un vendeur de voitures, un testeur de matelas, une dame-pipi, un cultivateur d'orange et un étudiant en histoire (absent de la photo, puisque ne s'étant pas réveillé). Au Liechtenstein, n'importe qui peut devenir président, ou roi, ou dictateur : en effet, une autre coutume locale permet au chef suprême de faire absolument ce qu'il souhaite, après s'être néanmoins préalablement regardé dans la glace. Ce système politique unique dans le monde tend aujourd'hui à être repris par plusieurs nations, comme par exemple les USA - qui envisagent de remplacer la galette par un hamburger.
Flaboutus 1er, dit "l'iguane", en raison de son anatomie princière.
Chaque bouchée de l'élection sera intégralement retransmise à la TNL (télévision nationale Liechtensteinoise), commentée par le chroniqueur officiel du royaume : Stefan Bernz.
Encore une fois, c'est un clochard habillé pour l'occasion qui délimitera les frontières de la galette, de manière à ce qu'aucun des présidentiables ne se sentent floués par le jeu démocratique. Il est bien entendu interdit de simuler une rencontre avec la fève en se tenant grossièrement la bouche, ou de s'asseoir à la table avec une dent déchaussée, ressemblant vaguement de loin au Graal de plastique.
Glandu III, victorieux en 1993. Son règne fut marqué par la victoire du pays contre le Luxembourg (3 à 1) et l'augmentation du nombre de fromages dans les pizzas 4 fromages (rebaptisées depuis pizzas 19 fromages).
Pince à épiler VII, dit "le bien-aimé". Il passa l'année 1705 à jouer à la Game Boy, déléguant le pouvoir à ses concitoyens. Une année marquée par un exode massif des roux en Suisse-Autriche.
Moustache de Guy Marchand V, élu en 1976, qui déclara immédiatement la guerre à l'URSS. Son armée entraînée de 16 valeureux combattants Liechtensteinois fut massacrée par une vieille dame leur jetant des cailloux.
Caleçon usagé de Patrick Bosso XVI, reine de l'an 1256 après J-C. Un règne festif, chaleureux, enjoué, numismate, quoique troublé par une chute de météorite qui anéantit 97% de la population. Caleçon usagé de Patrick Bosso XVI est l'une des rares reines n'ayant pas été brûlé vive par sorcellerie pendant son mandat - ce qui fut fait dès 1257.
Brouette phosphorescente appartenant à Mireille Mathieu XI, choisi en 1934, qui changea le temps de son règne le nom du pays en Blédinaland, et obligea les membres de son gouvernement à porter des couches - entraînant son assassinat le 19 Septembre.
Bouchon de bouteille de Coca retrouvé derrière le canapé XXVII, dit "le con", qui tenta pitoyablement de naturaliser Madonna en 1988 en lui offrant 60% des ressources de l'état, ce qu'elle refusa (après avoir néanmoins accepté le chèque). Il mourut en plein 1000 bornes, après s'être vu infligé quatre cartes "crevaison" consécutivement.
Et comment ne pas citer Reste de saucisses-lentilles en promotion se prenant pour Alain Delon II, qui fut destitué puis décapité après avoir fait construire en lieu et place du palais présidentiel une gigantesque carotte
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