Bonjour, ici Henri-Fabien Shwepps, aussi déprimé qu’une bibliothèque creusoise, pour vous narrer l’incroyable destin du Petit Bonhomme en mousse.
Le tube de Patrick Sébastien, sorti dans une relative
discrétion dans une date indéterminée introuvable sur Google, est plus qu’une simple chanson. Même ses critiques le reconnaissent : « ce n’est
pas une chanson. » C’est un remède contre la souffrance grimpé sur l’échelle internationale, une nouvelle manière de soulager les âmes désoeuvrées.
Avant de se lancer dans l’analyse proprement dite, un petit flashback en Dailymotion :
Patrick Sebastien - Le petit bonhomme en mousse
Bien.
A une époque où le mal-être a contaminé les foyers de populations européens et américains, pour ne citer que les endroits les plus civilisés, Le Petit Bonhomme en mousse a su apporter des solutions concrètes et efficientes à la morosité.
Un message intelligible mais profond, le plus bel anxiolytique contre la culture de masse, celle qui assomme.
N’en déplaise à la langue aristocrate de Carole Bouquet, pendue au sommet des balcons des pièces de théâtres raciniennes comme le sont les saucissons dans l’arrière-cuisine, l’homme en a cure de la fanfaronnade intellectuelle.
La Callas, Juliette, Biolay, Frédéric Taddeï : tous ces lourdingues du cerveau qui, trop soigneux de jouer de la harpe, en oublient les indispensables cacahuètes de la proximité.
Patrick Sébastien n’oublie jamais les cacahuètes.
La carrière du Petit Bonhomme en mousse a démarré au sud des Pays-Bas, à Dordrecht, fin 2002. Les Néerlandais du coin, tiraillés entre la monotonie de leurs épouses – dont les seins se situent en dessous du niveau de leur mère – et le barouf résultant du meurtre du leader populiste Pim Fortuyn attendaient un moyen d’en finir quand débarqua, droit dans ses sabots, Patrick Sébastien.
Là, face à ses hommes procrées par des prostitués édentées, sans père ni espoir, il apporta sa lumière.
D’un seul clignement de paupière, le saltimbanque compris pourquoi Dieu l’avait envoyé ici, au milieu des tulipes, des moulins à vent et des clichés ataviques.
Le petit bonhomme en mousse
Qui s'élance et rate le plongeoir
C'est comme la chanson douce
Que chantait ta maman le soir
La petite, petite marionnette
Qui s'étale et qui s'entête
C'est l'enfance qui revient
Le soir où tu as du chagrin
Un seul tour de chant lui aura suffi pour convaincre ses auditeurs de se jeter du haut des digues, dingues, donc.
Le déclic.
Des hordes de bataves plongeant dans l’eau, à la recherche de leurs
mères.
Désordre de bâtards longeant les côtes, les boyaux et les os.
Auréolé par ce succès, Sébastien repartit de plus belle et inaugure une série de miracles. On ignore encore comment, mais, par sa chanson, l’humoriste refleurit le parterre maussade du trop-sérieux français.
Le 15 septembre 2003, Lambert Wilson, lors de la première de son film Toi et moi sur un acacia, entame « La petite, petite marionnette, qui s’élance et qui s’entête » à la foule circonspecte, rompant ainsi avec son image de rigoriste du cinéma.
Le 29 mars 2004, peu après l’écoute imprévue de la chanson à la radio, l’écrivain Michel Houellebecq pénètre par effraction dans la ville cosy de la Baronne Brandstetter et sodomise celle-ci avec une éponge, puis, juché sur le toit, lance des pastèques moisies sur le crâne des passants.
Le 3 juin 2004, c’est au tour d’Etienne Mougeotte de briser son austérité légendaire ; une carte d’anniversaire musicale, sur l’air du Petit Bonhomme en mousse, provoque un schisme inattendu au sein des locaux des TF1. Les pro-petit Bonhomme en mousse, dont les fers de lance se prénomment Charles Villeneuve et Jean-Marc Sylvestre, s’opposent au reste de la rédaction. Les stigmates du combat ressurgissent aujourd’hui dans des livres incisifs contre la chaîne
Le 28 décembre 2004, la chorale des retraités de l’hospice du Puy-en-Velay, où traînent les savates gnomiques de Valéry Giscard-D’Estaing, entonnent à l’unisson et sous les rires le 5ème couplet du tube en brûlant des jeunes qui volaient des pommes.
Le 7 mars 2005, enfin, c’est le père de Patrick Sébastien qui décide d’assassiner son fils à coup de tromblon ; hélas, l’arme à la main et emporté par sa fougue, il glisse du haut des escaliers, ratant les marches et s’étalant sur le sol comme des Sénégalais à Verdun. « Le vieux bonhomme n’était pas en mousse, lui » diront plus tard les pompiers en ramassant les morceaux, et citant le morceau.
par Henri-Fabien Shwepps











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