Samedi 4 juillet 2009
Jennifer s’assied à côté de sa sœur. Marianne ne tient plus en place.
« Accroche-toi bien, Mary-Jane, j’ai une super nouvelle à t’annoncer ! »
Marianne appelle sa sœur Mary-Jane parce que Jennifer ressemble trait pour trait à Mary-Jane de la série Miami District, une brunette avec les cheveux courts.
« Quoi, quoi ? »
Dans Miami District, Mary-Jane couche avec son coéquipier Norman, qui, dans l’épisode d’hier, a tué trois dealers asiatiques sur les quais artificiels de Miami. Dans la vie, Jennifer couche avec Xavier, qui, dans l’épisode d’hier, a commandé deux menus B6 à Tohama, un restaurant japonais du 8ème arrondissement.
« T’es prête, t’es sûre ? »
Dans Miami District, les perpétuels rebondissements du scénario donnent à l’histoire un rythme effréné. Dans la vie de Jennifer, il peut parfois se passer plusieurs années entre deux évènements importants.
« Oui ! Oui ! Vas-y ! Vas-y ! »
Miami District est une série policière. La vie de Jennifer, une sitcom policée.
« Je vais à New-York ! »
- Waouh !
- New-York ! Tu te rends compte !
- C’est dingue !
- Ouais, dingue ! »
Le champagne ne demande qu’à s’ouvrir. Oui, du moment qu’il ne me le demande pas à moi. Je ne sais pas ouvrir le champagne. Ca arrive. L’alcool et moi, nous vivons une relation plutôt sobre, assez étanche. Je n’en bois pas, ou très peu, disons suffisamment pour garder le contrôle de soi, suffisamment pour ne pas sombrer dans le même océan que les noyés. Ce qu‘il y a de pire dans l’alcool, ce sont les autres. Xavier se charge donc de décalotter la bouteille, avec l’air de celui se sachant indispensable.
« Je suis vraiment ravi pour toi. Tu pars quand ? s’informe Jennifer.
- Le 18, avec un confrère.
- Ah mais c’est samedi, s’écrie Xavier !
- Non, vendredi.
- Tes valises sont faites ? reprend-t-il en pleine exécution de bouchon.
- Pas encore, je ne l‘ai su que cet après-midi. Mon rédac’ chef a accepté de financer le voyage ! »
Marianne ressemble à Marianne lorsqu’elle s’enthousiasme pour ses aventures.
« C’est vraiment génial !
- Ton père sera fou de joie !
- Ca lui fera tellement plaisir ! » poursuit Jennifer, se rapprochant, mue par l’excitation, de ma personne.
Jennifer ressemble à un robot gynoïde recouvert de latex lorsqu’elle complimente, sa bouche rose prenant alors des tournures de ventouse. A une poupée gonflable, même. A une poupée gonflante, même. Xavier me regarde bizarrement. Je n’ai pas encore dit une phrase complète depuis mon arrivée. Je sais qu’il me juge, constamment, qu’il ne comprend pas ce qu’une femme comme Marianne fout avec un type comme moi, alors que lui fusionne depuis six ans avec sa sœur, tout aussi belle qu’elle. A ses yeux, moi et Marianne n’avons rien en commun, sinon le fait de vivre à deux.
« Ce que j’aime chez les Américains, dit-elle soudain en retrouvant ses esprits, c’est leur volonté de réussir coûte que coûte, de surmonter les épreuves en allant au-delà des difficultés.
- Comment ça ? dit Jennifer, pendant que Xavier finit de remplir les verres - il a bien entendu pris soin de commencer par ceux des femmes, soucieux de préserver son image frelatée de gentleman.
- Ils en veulent toujours davantage.
- Ouais.
- J’aime leur faculté à aimer la vie, leur facilité à discuter, à se tomber dans les bras en riant aux éclats.
- Ouais, déclare de nouveau Jennifer, qui vient d’envoyer un SMS.
- Ils sont curieux de tout et ouvert d’esprit, précise Marianne. Tous mes collègues ont été séduits par les Etats-Unis et veulent y retourner.
- L’un de mes potes trouve la culture américaine un peu superficielle », dit Xavier.
Je pense la même chose mais inutile de le brandir ostensiblement, cela risque de contrarier Marianne.
« Je n’appelle pas ça de la superficialité. En Californie, d’accord, mais pas à New-York, tente-t-elle d’argumenter.
- En Californie les gens sont superficiels, c’est vrai, opine Jennifer en puisant dans ses souvenirs personnels - probablement un reportage de TF1 sur la mode des enfants californiens tatoués de haut en bas et bronzés aux UV.
- Mon pote a visité la Floride car il connaît là-bas une nana chez qui il crèche de temps en temps, explique Xavier, et apparemment ils sont incapables de placer la France sur une carte de l’Europe.
- C’est pas si évident que ça. C’est comme si, à toi, on te demandait de placer le Connecticut sur une carte des USA.
- C’est où le Connecticut ? questionne Jennifer.
- Aux USA. Mais me demande pas où ! » s’esclaffe Marianne. Son expression du visage, grand sourire béat et yeux éclos, me fait immédiatement penser à un smiley. A sa décharge, il est difficile d'être parfaitement calé en géographie, aujourd'hui : avec près de 306 états, l'ONU elle-même se perd en frontières.
Il est parfaitement inutile de connaître tous les nouveaux pays crées, de gré ou de force, depuis vingt ans. Mais certains valent toutefois le coup, notamment par leur drapeau.
Voici cinq drapeaux. A vous de découvrir à quel pays désormais affilié à l'ONU ils correspondent. Comme je suis sadique, il faudra attendre quelques jours pour que je vous révèle la réponse et une brève présentation de chacun d'entre eux.
DRAPEAU 1
DRAPEAU 2
DRAPEAU 3
DRAPEAU 4
DRAPEAU 5
« Accroche-toi bien, Mary-Jane, j’ai une super nouvelle à t’annoncer ! »
Marianne appelle sa sœur Mary-Jane parce que Jennifer ressemble trait pour trait à Mary-Jane de la série Miami District, une brunette avec les cheveux courts.
« Quoi, quoi ? »
Dans Miami District, Mary-Jane couche avec son coéquipier Norman, qui, dans l’épisode d’hier, a tué trois dealers asiatiques sur les quais artificiels de Miami. Dans la vie, Jennifer couche avec Xavier, qui, dans l’épisode d’hier, a commandé deux menus B6 à Tohama, un restaurant japonais du 8ème arrondissement.
« T’es prête, t’es sûre ? »
Dans Miami District, les perpétuels rebondissements du scénario donnent à l’histoire un rythme effréné. Dans la vie de Jennifer, il peut parfois se passer plusieurs années entre deux évènements importants.
« Oui ! Oui ! Vas-y ! Vas-y ! »
Miami District est une série policière. La vie de Jennifer, une sitcom policée.
« Je vais à New-York ! »
- Waouh !
- New-York ! Tu te rends compte !
- C’est dingue !
- Ouais, dingue ! »
Le champagne ne demande qu’à s’ouvrir. Oui, du moment qu’il ne me le demande pas à moi. Je ne sais pas ouvrir le champagne. Ca arrive. L’alcool et moi, nous vivons une relation plutôt sobre, assez étanche. Je n’en bois pas, ou très peu, disons suffisamment pour garder le contrôle de soi, suffisamment pour ne pas sombrer dans le même océan que les noyés. Ce qu‘il y a de pire dans l’alcool, ce sont les autres. Xavier se charge donc de décalotter la bouteille, avec l’air de celui se sachant indispensable.
« Je suis vraiment ravi pour toi. Tu pars quand ? s’informe Jennifer.
- Le 18, avec un confrère.
- Ah mais c’est samedi, s’écrie Xavier !
- Non, vendredi.
- Tes valises sont faites ? reprend-t-il en pleine exécution de bouchon.
- Pas encore, je ne l‘ai su que cet après-midi. Mon rédac’ chef a accepté de financer le voyage ! »
Marianne ressemble à Marianne lorsqu’elle s’enthousiasme pour ses aventures.
« C’est vraiment génial !
- Ton père sera fou de joie !
- Ca lui fera tellement plaisir ! » poursuit Jennifer, se rapprochant, mue par l’excitation, de ma personne.
Jennifer ressemble à un robot gynoïde recouvert de latex lorsqu’elle complimente, sa bouche rose prenant alors des tournures de ventouse. A une poupée gonflable, même. A une poupée gonflante, même. Xavier me regarde bizarrement. Je n’ai pas encore dit une phrase complète depuis mon arrivée. Je sais qu’il me juge, constamment, qu’il ne comprend pas ce qu’une femme comme Marianne fout avec un type comme moi, alors que lui fusionne depuis six ans avec sa sœur, tout aussi belle qu’elle. A ses yeux, moi et Marianne n’avons rien en commun, sinon le fait de vivre à deux.
« Ce que j’aime chez les Américains, dit-elle soudain en retrouvant ses esprits, c’est leur volonté de réussir coûte que coûte, de surmonter les épreuves en allant au-delà des difficultés.
- Comment ça ? dit Jennifer, pendant que Xavier finit de remplir les verres - il a bien entendu pris soin de commencer par ceux des femmes, soucieux de préserver son image frelatée de gentleman.
- Ils en veulent toujours davantage.
- Ouais.
- J’aime leur faculté à aimer la vie, leur facilité à discuter, à se tomber dans les bras en riant aux éclats.
- Ouais, déclare de nouveau Jennifer, qui vient d’envoyer un SMS.
- Ils sont curieux de tout et ouvert d’esprit, précise Marianne. Tous mes collègues ont été séduits par les Etats-Unis et veulent y retourner.
- L’un de mes potes trouve la culture américaine un peu superficielle », dit Xavier.
Je pense la même chose mais inutile de le brandir ostensiblement, cela risque de contrarier Marianne.
« Je n’appelle pas ça de la superficialité. En Californie, d’accord, mais pas à New-York, tente-t-elle d’argumenter.
- En Californie les gens sont superficiels, c’est vrai, opine Jennifer en puisant dans ses souvenirs personnels - probablement un reportage de TF1 sur la mode des enfants californiens tatoués de haut en bas et bronzés aux UV.
- Mon pote a visité la Floride car il connaît là-bas une nana chez qui il crèche de temps en temps, explique Xavier, et apparemment ils sont incapables de placer la France sur une carte de l’Europe.
- C’est pas si évident que ça. C’est comme si, à toi, on te demandait de placer le Connecticut sur une carte des USA.
- C’est où le Connecticut ? questionne Jennifer.
- Aux USA. Mais me demande pas où ! » s’esclaffe Marianne. Son expression du visage, grand sourire béat et yeux éclos, me fait immédiatement penser à un smiley. A sa décharge, il est difficile d'être parfaitement calé en géographie, aujourd'hui : avec près de 306 états, l'ONU elle-même se perd en frontières.
Il est parfaitement inutile de connaître tous les nouveaux pays crées, de gré ou de force, depuis vingt ans. Mais certains valent toutefois le coup, notamment par leur drapeau.
Voici cinq drapeaux. A vous de découvrir à quel pays désormais affilié à l'ONU ils correspondent. Comme je suis sadique, il faudra attendre quelques jours pour que je vous révèle la réponse et une brève présentation de chacun d'entre eux.
DRAPEAU 1
DRAPEAU 2
DRAPEAU 3
DRAPEAU 4
DRAPEAU 5
Trouve la première lettre de chacun de ses mots/animaux/gens pour
découvrir ce qu'aimerait tenir entre ses mains Mahmoud Ahmadinejad.
Serge Lama a arrêté la musique en 2026 à la suite d’une mauvaise expérience : cette
année-là, déjà très âgé, il voulu imiter la plupart des groupes et musiciens à la mode en proposant les chansons de son dernier album en téléchargement légal sur le web. C’était de toute manière
le seul moyen encore acceptable pour vendre des disques, puisque les circuits traditionnels étaient parasités par internet, alors que les concerts ne rapportaient eux-mêmes plus grand-chose
puisque ringardisés par la technologie Synvonia, qui permettait à ses utilisateurs de monter sur scène à la place de leurs idoles. « Le net, c’est l’avenir », se décida donc Serge Lama
en 2026. Hélas, déjà très âgé cette année-là, il ne trouva jamais le bouton d’allumage de son ordinateur. Le projet fut rapidement abandonné.
La multiplication des chaînes de télévision a offert à chaque spectateur une fenêtre sur sa ou ses propres passions. Ainsi relié à ce qu'il aime par dessus tout, il évite de s'éparpiller vers
l'inutile, vers l'inconnu, vers ses peurs. Vers toutes ces choses dont il se met progressivement à oublier l'existence.
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